Xavier-Laurent Petit à l’honneur

Publié le par La rédaction NRP

image_petitOn ne présente plus Xavier-Laurent Petit, un écrivain plébiscité par les adolescents … et leurs parents.  Il nous a accordé un entretien à l’occasion de la parution du supplément NRP consacré aux trois romans de La trilogie Galshan publiés chez Flammarion.

 

 

Propos recueillis par Claire Beilin-Bourgeois

Depuis plus de 20 ans, les romans de Xavier-Laurent Petit, nourris de voyages, de rencontres et de lectures, entraînent son jeune public vers d’autres terres et d’autres hommes, loin de la cour de l’école et du collège. C’est un écrivain méticuleux et exigeant que nous avons rencontré à l’occasion de la sortie du Supplément NRP sur les trois romans qui constituent la trilogie de Galshan.

Comment êtes-vous devenu écrivain ?
Pendant une période de congé parental, je me suis mis à écrire. Deux premiers romans sont nés, des polars destinés à un public adulte. J’ai ensuite écrit un recueil de nouvelles. Mais l’éditeur qui les publiait m’a demandé d’en retrancher une. J’ai alors décidé de la « recycler » et d’en faire un récit court pour les jeunes enfants qui avait un drôle de titre, Colorbelle-ébène, et qui a été publié par L’École des loisirs. Cela m’a conduit à rencontrer l’éditrice Geneviève Brisac qui m’en alors demandé d’en écrire un second…

Vos romans s’adressent à des jeunes d’âges divers. Pensez-vous à eux en écrivant ?
Je ne crois pas les auteurs qui disent qu’ils écrivent sans savoir qui les lira. Je fais très attention justement aux destinataires de mes livres, et à la classe d’âge à laquelle ils appartiennent. Comme cesont des enfants, j’écris très souvent à la première personne – les aventures de Galshan échappent à cette règle. La plupart du temps, le personnage principal a l’âge des lecteurs. Enfin, je n’ajoute pas de description physique des personnages, à l’exception des éléments qui sont indispensables. Mais le plus important pour moi, c’est que les mots doivent faire image. Je fais beaucoup de photos, et je vis depuis longtemps avec une femme qui est peintre et sculpteur, ce qui me rend très attentif à l’aspect visuel de mes textes. L’enjeu est de produire des images grâce au choix des mots, sans trop charger les descriptions. Et tant que je n’ai pas le bon mot, celui qui sonne juste et qui fait apparaître une image, je cherche. C’est pourquoi l’écriture de chaque livre me prend beaucoup de temps.

Le voyage est-il votre source principale d’inspiration ?
Il y a certes le voyage. Mais je n’ai pas forcément voyagé dans les pays dont je parle. Ce qui m’intéresse surtout, c’est de décentrer ceux qui vont me lire. Les jeunes ont une grande habitude des écrans et des images, et ont l’impression d’avoir accès à beaucoup d’informations à travers ces multiples médias. Mais il manque toujours les odeurs de marchés, la musique de la langue qu’on entend dans la rue, les sensations provoquées par les différents climats. Plein nord ou plein sud, les humains ont des coutumes, des langues d’une diversité incroyable. Cet aspect du monde tend à s’estomper, malheureusement, mais c’est de cela que je veux parler.

Comment est née l’idée de la trilogie de Galshan ?
153 jours en hiver a pour origine un trek au Népal, où j’ai vu des gens qui vivaient dans une grande solitude, entourés de leurs bêtes, isolés comme le sera le vieux Baytar dans le roman. L’impression que j’ai eue était celle d’un voyage géographique mais aussi d’un voyage dans le temps. Je me suis aussi inspiré d’un écrivain mongol, Galsan Tschinag, auquel j’ai d’ailleurs emprunté le prénom du personnage principal et dont les parents étaient bergers et nomades. Or, à un moment, le gouvernement mongol a décidé que tous les enfants devaient aller à l’école ; il a dû abandonner cette liberté pour se retrouver enfermé dans une sorte de pensionnat. Mais cela lui a permis de faire des études, et il est devenu chroniqueur de la vie nomade qu’il avait menée auparavant. Après ce premier tome, mon éditrice chez Flammarion a eu l’idée de reprendre le personnage de Galshan pour en faire un personnage récurrent, même si les trois histoires ne constituent pas une suite et sont indépendantes les unes des autres.

Dans vos romans, comment trouvez-vous le juste équilibre entre l’évocation d’un pays et d’une situation réels et les éléments propres à la fiction ?
Je n’ai écrit qu’un roman de science-fiction. Tout le reste est enraciné dans le monde. Je n’écris pas de romans historiques, et j’essaie d’éviter toute profusion de détails inutiles à l’histoire elle-même. Je n’ai aucune intention didactique, et ne pense jamais à une lecture scolaire de mes livres. Mes histoires frôlent la réalité. On comprend que les trois Galshan se passent en Mongolie, mais le nom du pays n’est jamais cité. Sous la chronique, je mêle des éléments variés : l’expérience du voyage, ce que j’ai lu, ce qu’on m’a raconté. Même si derrière, il y a beaucoup de documentation, l’essentiel reste de raconter des histoires qui représentent d’autres modes de vie et d’autres paysages, loin de notre quotidien.

Cliquez sur l’image pour afficher le sommaire du supplément.

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