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Falstafe, pour tous les âges

Publié le par La rédaction NRP

Par Gaëlle Bebin

Falstafe © Christophe Raynaud de Lage

Falstafe © Christophe Raynaud de Lage

Falstafe de Valère Novarina, pièce directement inspirée du personnage de Falstaff dans le Henry IV de Shakespeare, est adapté pour tout public à partir de 9 ans par le jeune metteur en scène Lazare Herson-Macarel. Son spectacle a été créé cet été au Festival d’Avignon où une attention particulière est portée au jeune public par le nouveau directeur, Olivier Py, qui monte à nouveau son spectacle inspiré d’un conte de Grimm, La Jeune fille, le diable et le moulin.

Lazare Herson-Macarel a raccourci le texte de Novarina, resserré le nombre de personnages, conservé tout ce qui permet de mettre en valeur les ressorts comiques de la pièce et choisi les répliques qui font du personnage principal un Peter Pan. Falstafe est un vieil enfant qui ne veut pas grandir. « Je voudrais que ce soit déjà le soir, que je sois déjà au lit et que tout se soit très bien passé », dit-il, effrayé. Ce poltron truculent, voleur et menteur, refuse le réel. Clin d’œil à Don Quichotte, les scènes sont annoncées comme des chapitres de roman d’aventures : « Où l’on verra… ». Falstafe vit dans l’imaginaire, passe son temps à faire semblant – se déguisant en roi Henry IV, faisant le mort sur le champ de bataille, prétendant avoir combattu vaillamment contre de nombreux assaillants…

Créer une autre réalité, n’est-ce pas justement ce que fait l’artiste ? Falstafe est aussi une pièce sur le théâtre. Le personnage principal, ce Matamore, s’invente des exploits guerriers avec une telle énergie, une telle jubilation du langage, que le public, complice, se prend à y croire et se prête même au jeu de ses mensonges. « Au fond, à ce moment-là, tout le monde a 8 ans dans la salle ! », commente le metteur en scène. Il aime à rappeler ce que lui a confié Novarina : « Il n’y a que les enfants qui me comprennent ». Transformer l’ensemble des spectateurs en jeune public, pourquoi pas ? La démarche de la troupe, qui s’appelle la Compagnie de la jeunesse aimable (en référence à Rimbaud), est de défendre un théâtre populaire avec l’obsession de travailler pour ceux qui n’ont pas l’habitude du théâtre, grâce à l’engagement et la générosité des acteurs.

Le début de la pièce montre l’amitié scandaleuse entre un jeune prince (le futur Henry V) et le vieux Falstafe. Insouciants, ils font la fête sur un air de Don Giovanni, « Fin ch’an dal vino ». Dans un « décor de temps de crise », comme le décrit le metteur en scène – une sorte de décharge où s’amoncellent des objets du quotidien – les deux compères ne cessent de se déguiser, se jouer des tours, car ce lieu est aussi un paradis de l’enfance où l’on fait théâtre de tout ce qui traîne. Dans cet univers burlesque, la couronne est une assiette en papier, le trône du vieux roi Henry IV une poubelle, un instrument de cuisine devient sceptre ou tambour… Mais c’est précisément au cours d’un jeu, lors d’une scène de théâtre dans le théâtre, qu’ils sont amenés à se dire des vérités qu’ils n’auraient pas exprimées autrement, et que le prince va prendre conscience de ses responsabilités, se transformant réellement… Surchargé au début, l’espace se vide à la fin, laissant Falstafe seul. Car cette pièce est aussi le parcours initiatique d’un jeune homme qui accède à l’âge adulte, se réconcilie avec son père, assume son héritage, va de l’avant en abandonnant une part de lui-même. « Je ne te connais pas, vieil homme », dit-il à son ancien compagnon de débauche. Tout se termine en chanson, celle de la fin de la Nuit des Rois, qui est un adieu de la troupe au public.

Que peut apporter Falstafe aux plus jeunes ? « Le sentiment de leur propre liberté », répond Lazare Herson-Macarel. « Le théâtre est un endroit où lancer l’homme, le jeter autrement, le jouer d’un trait, le renouveler d’un saut, le ressusciter d’une chute » (Valère Novarina, L’Envers de l’esprit, 2009).

Des élèves du collège Anselme Mathieu à Avignon ont réalisé avec l’aide de deux journalistes une courte WebTV à partir de leur rencontre avec l’équipe de Falstafe, juste après avoir assisté à la représentation.

Tournée de Falstafe :
- Le 29 novembre à l’Espace du Séquoia à Corné
- Du 15 au 19 décembre au Nouveau Théâtre d’Angers
- Les 7 et 8 avril 2015 au Théâtre du Luxembourg à Meaux
- Du 15 au 25 avril 2015 au Théâtre Paris – Villette<
- Les 27 et 28 avril 2015 au Théâtre Sorano – Jules Julien à Toulouse

Publié le par La rédaction NRP
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Jeunes critiques en Avignon

Publié le par La rédaction NRP

Par Gaëlle Bebin

Le Prince de Hombourg, mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti © Christophe Raynaud de Lage

Le Prince de Hombourg, mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti © Christophe Raynaud de Lage

Au Festival d’Avignon, des collégiens et des lycéens ont pour la première fois été invités à réaliser, parallèlement au dispositif annuel « Lycéens en Avignon », de brefs reportages sur quatre spectacles, menant une véritable enquête avec micros et caméras.

L’idée est de développer non seulement leur connaissance du spectacle vivant et leur regard critique grâce aux questions qu’ils posent aux équipes artistiques, mais aussi, via la vidéo, de partager leur compréhension de ce qu’ils ont découvert. Reporters en herbe, 36 jeunes d’Avignon (provenant pour certains d’entre eux du collège Anselme Mathieu et du lycée Aubanel) ont participé à l’opération pendant 5 jours avec l’aide de deux journalistes de A Way to Wake Up Productions, qui leur ont appris les bases de la réalisation et du montage. L’ensemble de leurs travaux sont en ligne sous forme de WebTV.

Ainsi, à propos de la mise en scène du Prince de Hombourg de Kleist par Giorgio Barberio Corsetti, les 3e du collège Anselme Mathieu ont interrogé techniciens et comédiens sur le défi technique que constitue la Cour d’honneur du Palais des papes, qui est aussi hantée de fantômes à travers 60 ans de théâtre…

WebTV des collégiens, dossier pédagogique Pièce (dé)montée et captation intégrale du spectacle  (à visionner sur Culturebox d’ici janvier 2015) sont en ligne.

Tournée du Prince de Hombourg :

- Gémeaux, scène nationale de Sceaux : du 5 au 8 et du 10 au 14 février 2015
– Théâtre Liberté à Toulon : les 19 et 20 février 2015
- Théâtre National Populaire à Villeurbanne : du 25 au 8 mars 2015

En visitant la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, les collégiens ont également cherché à comprendre comment ce lieu originellement destiné aux moines a pu s’adapter pour accueillir des spectacles. Accès à la Web TV.

Les lycéens, eux, se sont aventurés entre autres du côté de la carrière de pierre de Boulbon pour en explorer les coulisses et interviewer l’équipe artistique japonaise avant la représentation de leur Mahabharata-Nalacharitam. Les questions portent sur  cette épopée indienne et sur leur propre culture, mais aussi sur leurs magnifiques costumes blancs, proches du papier – une matière propre à représenter l’existence abstraite des personnages, éloignés de la vie quotidienne, explique le metteur en scène Satoshi Miyagi. WebTV  et extraits du spectacle .

Espérons que cette belle initiative des « Jeunes critiques en Avignon » sera offerte l’année prochaine à davantage d’élèves parmi ceux qui sont accueillis par les CEMEA pendant le Festival.

 

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Queue de poissonne d’Ilka Schönbein et Laurie Cannac

Publié le par La rédaction NRP

Queue de poissonne d’Ilka Schönbein et Laurie Cannac (c) Marinette Delanne

Après Faim de loup (tiré du « Petit Chaperon rouge », une pièce dont vous retrouver une activité dans les ressources du numéro de mai 2011) Ilka Schönbein et Laurie Cannac s’inspirent de « La Petite sirène » pour raconter une autre histoire d’émancipation, de métamorphose et de rencontre destructrice avec le masculin…

 
 
 
 
 

Queue de poissonne, avec Laurie Cannac et Alexandra Lupidi. Mise en scène : Ilka Schönbein.
Conception, marionnettes, manipulation et jeu : Laurie Cannac.
Composition musicale originale : Alexandra Lupidi.
Durée : 1heure, tous publics.

En tournée :

– les 24 et 25 janvier à Pau (Espaces Pluriels) ;
– les 29 janvier et 2 février à Hendaye (Salle Mendizolan) ;
– du 19 au 21 février à Amiens (Maison du théâtre) ;
– le 27 février à Laval (Théâtre de Laval) ;
– le 15 mars à Charleroi (Palais des Beaux-Arts) ;
– le 21 mars à Homécourt (Centre Culturel Pablo Picasso) ;
– le 28 mars à Pont-Scorff (Le Strapontin) ;
– du 1er au 3 avril à Grenoble (Espace 600) ;
– du 13 au 15 mai à Saint-Étienne (Comédie de Saint-Étienne).

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Une nuit au théâtre

Publié le par La rédaction NRP

Par Gaëlle Bebin

Ali Baba de Macha Makeieff - La Criee - Theatre National de Marseille © Brigitte Enguerand

Ali Baba de Macha Makeieff – La Criée – Théâtre National de Marseille
© Brigitte Enguerand

Dans une ville de Perse, il y avait deux frères, dont l’un se nommait Cassim et l’autre Ali Baba…

Ali Baba, Cassim et sa femme bientôt veuve, la rusée Morgiane et un peu moins de quarante voleurs se retrouvent sur le plateau dans la mise en scène de Macha Makeïeff. Si l’on voit souvent des contes européens – ceux de Grimm, Perrault, Collodi – adaptés au théâtre, notamment par Olivier Py et Joël Pommerat, la directrice du théâtre de La Criée à Marseille a choisi un récit oriental très ancien à l’origine incertaine. Ajouté a posteriori au recueil des Mille et une Nuits, Ali Baba et les quarante voleurs en est devenu l’un des plus célèbres épisodes. On reconnaît dans le spectacle les caractéristiques principales du récit, comme les frères que tout oppose, la magie du hasard et du « Sésame, ouvre-toi » ; des éléments arabes traditionnels sont bien présents dans le décor, les costumes, la musique et les danses. Mais certains sont modernisés à plaisir, comme la relation entre Ali et Aziz, son fils paresseux, ou le mariage de celui-ci, non avec Morgiane mais avec un autre… Le spectacle, plein de fantaisie et très rythmé, mélange les langues (perse, arabe, française) et les genres.

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Il était une fois Cendrillon, Matamore et quelques tours de piste

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Par Carole Guidicelli

Profitez du printemps pour (re)découvrir trois spectacles très inventifs : Cendrillon, (J. Pommerat), Grand fracas issu de rien (d’après V. Novarina), et Matamore (Cirque Trottola / Petit Théâtre Baraque).
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« Caligula » en marionnettes et en musique à la Scène Nationale Evreux

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Par Gaëlle Bebin

La marionnette de Cesonia dans Caligula © Maroussia Podkosova

Imaginons le dangereux empereur romain – chez Camus une figure de la cruauté qui met en évidence le non-sens de l’existence – réduit à la taille d’une marionnette manipulée à vue, qui chante en italien avec une voix de ténor…

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Ouverture de la saison des spectacles

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Par Carole Guidicelli

Liste des spectacles cités dans l’article « spectacle » du numéro de septembre

Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand, mise en scène par Dominique Pitoiset avec Philippe Torreton dans le rôle de Cyrano

  • du 20 février au 2 mars 2012 TnBA (Bordeaux)
  • du 6 mars au 9 mars 2013 au théâtre de Chateauvallon (Ollioules)
  • du 20 au 30 mars 2013 au MC2 (Grenoble)
  • du 17 au 20 avril 2013 à la Comédie St-Étienne (Saint-Étienne)
  • du 22 mai au 1er juin 2013 au théâtre des Célestins (Lyon)
  • le 13 et 14  mai 2013 au Phénix (Valenciennes)

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Marivaux, Musset, comédies en un acte

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Par Gaëlle Bebin

Le personnage de Merlin, dont le costume et l’attitude sont inspirés de L’indifférent de Watteau

« Si l’amour est une comédie, cette comédie, vieille comme le monde, sifflée ou non, est, au bout du compte, ce qu’on a encore trouvé de moins mauvais. Les rôles sont rebattus, j’y consens ; mais, si la pièce ne valait rien, tout l’univers ne la saurait pas par cœur » dit le Comte à la Marquise, lassée de devoir sempiternellement écouter les mêmes galanteries. Dans Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, Musset resserre le dialogue sur la déclaration d’amour et la difficulté à échapper à l’expression codifiée des sentiments. Cette brève comédie proverbe, suivie de On ne saurait penser à tout est montée cette année par Frédérique Plain. Elle est aussi l’assistante de Jean-Pierre Vincent pour sa mise en scène des Acteurs de bonne foi de Marivaux, actuellement en tournée. Une pièce dont l’enjeu est aussi un mariage, et où la comédie de l’amour se donne ouvertement, ainsi que l’amour de la comédie…

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Les rendez-vous de la compagnie Montalvo-Hervieu

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Photo Laurent Philippe Copyright CCN Créteil Cie M-H (Muriel Henry et danseurs)P.27
Vous avez pu découvrir dans les pages du numéro de janvier 2011,  une fiche « histoire des arts »  consacrée au spectacle « On danfe » de la compagnie Montalvo-Hervieu.

Découvrez dès maintenant  la dernière création de José Montalvo et Dominique Hervieu : Orphée. Actuellement en tournée, la troupe jouera en février au théâtre de Namur, en mars au théâtre de Caen et à l’Opéra de Vichy, en avril au  MC2 Grenoble et en mai à l’Olympia-Arcachon Culture et à la Maison de la Danse de Lyon.

D’autres rendez-vous avec la compagnie s’offrent à vous :

Du 3 au 12 mars le festival Anticodes, au Théâtre National de Chaillot, qui proposera danse, théâtre, performances, installations et débats. Vous pouvez dès à présent réservez vos places.

Enfin suivez tout au long de la saison le fil rouge de la compagnie : Savant & Populaire.  Les ateliers et conférences qui l’accompagnent sont  à découvrir sur le site du théâtre de Chaillot.

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