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A lire dans la revue de septembre : La séquence didactique en question

Publié le par La rédaction NRP

Propos recueillis par Claire Beilin-Bourgeois

Depuis un quart de siècle, la séquence pédagogique semble constituer l’alpha et l’omega de l’enseignement du français. L’idée est séduisante : associer au sein d’unités cohérentes toute la gamme des activités qui font l’objet du cours de français. Aujourd’hui pourtant, ce principe est contesté par de nombreux professeurs. Voici quelques rappels sur le cadre institutionnel, et un retour critique sur ces vingt ans de pratique avec Véronique Marchais, professeur à Joué-lès-Tours et auteur du manuel Terre des Lettres chez Nathan.

Le principe de la séquence pédagogique s’est imposé assez brusquement : comment l’expliquer ?
La séquence est apparue il y a un peu plus de vingt ans dans un enthousiasme sans précédent. Elle prétendait remédier à un supposé cloisonnement entre les domaines du français, censé occulter le sens des apprentissages. À rebours de ce cloisonnement, la séquence, c’était le grand œuvre de la pédagogie, la fusion réussie des éléments disparates d’une discipline. Finis, la grammaire pour elle-même, les conjugaisons à la chaîne et les sujets de rédactions tombés du cocotier : désormais, tous les domaines du français allaient concourir à la réalisation d’un même objectif. Le modèle semblait parfait, indépassable. Sur le terrain, les IPR se sont assurés de sa mise en œuvre immédiate.

Quelles ont été les premières réserves ?
Très vite, quelques esprits chagrins ont pointé quelques travers du parfait modèle. Dès 1999, l’académie de Versailles publiait un bilan très critique  : absence de progression cohérente en grammaire, caractère trop impressionniste des leçons, manque d’exercices systématiques, instrumentalisation des textes qui devenaient des prétextes à l’étude du discours, dérive techniciste, abandon du vocabulaire… Finalement, la séquence ne profitait ni à la langue, atomisée jusqu’à la quasi-disparition, ni à la littérature, aliénée jusqu’à provoquer le dégoût de lire. Quelle misère que d’étudier Les Misérables pour travailler sur le portrait de personnages dont jamais l’élève ne connaîtra l’histoire, les expansions du nom, la connotation des termes et l’emploi de l’imparfait, plutôt que sur la relation de Valjean et Javert, la question de la rédemption, la capacité pour l’homme de changer, les combats hugoliens… Côté enseignants, nombreux sont les professeurs qui, lassés des errements du travail en séquences, ont décidé de s’essayer à deux progressions séparées en langue et en littérature. Ce fut souvent pour eux un travail difficile. Il n’existait plus guère de manuels – hormis Terre des Lettres, et nous en sommes fiers – proposant un travail différent. C’est à peine s’il existe encore des manuels de grammaire…

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Publié le par La rédaction NRP
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