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Un supplément d’âme pour un collège

Publié le par La rédaction NRP

Par Claire Beilin-Bourgeois

maj  10/06 : Les dates du spectacle à la fin de l’article !

Sarah Koné (c) Paul Aymé

Depuis six ans, Sara Koné fait chanter, danser et jouer les élèves du collège François Couperin à Paris. A chaque rentrée, la Compagnie intègre quelques élèves de 6e de plus et construit un nouveau projet de Comédie musicale.

Comment le projet est-il né ?
En 2007, j’étais surveillante au collège Pierre Mendes-France, dans le 20e arrondissement de Paris. J’ai commencé à donner des cours de chant. L’idée me plaisait, mais les conditions n’étaient pas réunies pour un projet ambitieux.L’année suivante, j’ai décidé de changer d’établissement, et j’ai proposé un atelier chant au collège François Couperin.En septembre 2009, tout a changé avec l’arrivée d’une nouvelle principale, Dominique Gory. Elle a eu une oreille attentive. Nous avons monté un atelier classique, mais les conditions étaient optimales. J’ai eu le droit de recruter autant d’élèves que je voulais avec une séance par semaine, le midi, et nous avons réussi à produire une première comédie musicale, Starmania. L’atelier du midi a évolué, grandi avec moi ; j’ai créé la Compagnie Sans Père, qui encadre les Classes chantantes.La Grande Troupe, celle du collège, a donné naissance à la Petite Troupe qui regroupe quelques élèves qui jouent dans des conditions vraiment professionnelles : on les engage, ils sont rémunérés…

Sur quels critères les élèves sont-ils choisis ?
Chaque année, le rituel est le même. J’auditionne des dizaines d’élèves de 6e volontaires ; j’en choisis une douzaine qui intégreront la troupe formée depuis 2009. Aujourd’hui, ils sont plus de quatre-vingts collégiens et ex-collégiens de Couperin, âgés de 11 à 20 ans. Certains élèves arrivent de classes Cham (Classes à horaires aménagés en musique) ou ont une formation au conservatoire, d’autres n’ont jamais vu un instrument. Leur culture musicale n’est pas un critère de sélection. Je suis issue des populations qui ont reçu un enseignement artistique élitiste, de ceux qui croisent l’information et pour lesquels les parents ont des ambitions. J’ai grandi dans un opéra à l’âge de 10 ans. J’y ai appris l’endurance et l’exigence. Mais parallèlement, je suis une enfant de l’école de la République, et j’ai toujours eu ses valeurs en tête. Adulte, j’ai voulu m’adresser à un autre public, sans dévaluer la discipline. On travaille donc pour produire un spectacle de qualité, pour voir le fruit de nos efforts. Cette année, ce sera Alice au pays des merveilles.

Comment construire un projet aussi ambitieux avec des élèves non musiciens ?

Je mets tous les élèves à égalité. Tout est transmis oralement : je chante une mélodie, ils la retiennent. D’année en année, les progrès sont considérables. En 3e, ils arrivent à apprendre une chanson en une séance. Mais je me suis rendu compte qu’au bout d’un certain temps, lorsque je leur mets une partition entre les mains, sans avoir fait de solfège, ils suivent. Je ne leur parle jamais en langue de vulgarisation ; j’utilise toujours les termes musicaux appropriés. Je dirige avec une technique orchestrale. Quand je leur propose de me remplacer, ils reprennent ce langage très technique. J’ai grandi en Savoie près de la Suisse, où est utilisée une méthode très dynamique d’apprentissage de la musique, la méthode Dalcroz, dont je m’inspire beaucoup. Ce qui m’aide aussi pour transmettre le goût de la musique, ce sont mes origines : comme beaucoup de mes élèves, mon père africain ne comprenait rien aux techniques qu’on m’enseignait quand je chantais Carmen. Enfin, ce qui fait beaucoup, c’est la loi de la troupe : les grands s’occupent des petits. Cette structure installe une grande discipline dans le travail. Ils savent que je les choisis mais qu’ils choisissent aussi, et ils sont engagés, dans tous les sens du terme.

Pour lire la suite de l’interview et connaître le point de vue de Dominique Gory sur cette aventure, rendez-vous à la page 14 de votre numéro NRP de novembre ou connectez-vous à votre édition numérique.
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Le spectacle aura lieu les 22, 23 et 24 juin 2016 au théâtre Monfort, Paris 15e arrondissement. Pour plus de renseignements, cliquer sur l’image.

VISUEL-ALICE-FINAL

 

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