Archives par mot-clef : littérature jeunesse

Le Prix NRP littérature jeunesse 2016-2017

Publié le par La rédaction NRP

Bientôt, le suspens sera levé et nous saurons quels sont les trois lauréats du prix NRP de littérature jeunesse. Nous vous attendons le 2 décembre au salon du Livre jeunesse de Montreuil.  Et pour patienter, découvrez les romans en lice, leur auteur et les avis du jury. (Cliquez sur l’image pour afficher le supplément).

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Rentrée littéraire et nouveaux programmes

Publié le par La rédaction NRP

Dans sa chronique livres de la rentrée, Édith Wolf a choisi parmi les publications récentes un livre de littérature jeunesse par niveau en accord avec les nouveaux programmes. Voici le livre proposé en 4e.

livre_4eNadia Coste, L’empire des auras, Seuil Jeunesse, 304 pages, 13,90 €

La confrontation des valeurs dans un roman d’anticipation

En 2059, il n’y a plus de racisme ni d’homophobie mais les humains sont divisés en deux catégories suivant la couleur de leur « aura ». Les scientifiques ont découvert en effet que chaque individu émet une aura, invisible à l’oeil nu, blanche à la naissance, bleue ou rouge ensuite. Or les porteurs d’une aura bleue sont des privilégiés alors que les « rouges » sont ostracisés. La société s’organise dans un véritable apartheid. Si la séparation n’est pas totale, c’est d’une part que la couleur de l’aura ne se transmet pas des parents aux enfants et d’autre part que des bleus peuvent « basculer » et devenir des rouges. Chaque bleu, lorsqu’il entre en contact avec quelqu’un, vérifie la couleur de l’aura de son interlocuteur grâce à une application de son téléphone portable. La mère de Chloé, l’héroïne, est une bleue fanatique, et elle « scanne » ainsi chaque matin sa propre fille. Le père de la jeune fille
est chômeur, ce qui oblige Chloé à fréquenter un lycée public qui accueille les élèves sans distinction de couleur.
C’est alors qu’elle découvre que certains rouges sont honnêtes et que certains bleus sont de franches crapules. Elle tombe amoureuse d’un rouge et, mettant en question le fanatisme de sa mère, commence à se faire une opinion personnelle. Se détournant des fausses valeurs de la « pureté bleue », elle leur préfère celles de la solidarité. Elle découvre les manipulations criminelles d’un chercheur qui veut à tout prix prouver l’origine organique de la « bascule ». Or cette cause est la culpabilité, que
seuls les rouges éprouvent. Chloé s’engage dans la lutte qui permettra la révélation de cette vérité.
La dimension d’anticipation, discrète, est centrée sur le propos du livre. Des adolescents ordinaires découvrent les failles des adultes, l’autonomie et l’amour. Les élèves s’identifieront aisément à eux, et apprécieront l’action bien menée de ce roman qui permet d’approfondir une réflexion sur la confrontation des valeurs. On peut aussi le proposer en 3e autour du thème « Agir dans la cité ».

Publié le par La rédaction NRP
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Découvrez la sélection du prix NRP 2015-2016

Publié le par La rédaction NRP

L’été dernier, notre jury, vos collègues professeurs de lettres et professeurs documentalistes, ont lu les 13 romans tous soigneusement choisis par les éditeurs de littérature jeunesse.

Découvrez les remerciements des trois lauréats : Clémentine Beauvais, Françoise Dargent et Eric Pessan

Les Petites reines, Clémentine Beauvais, Sarbacane

Les petites reines Cette année, Mireille Laplanche, Hakima Idriss et Astrid Blomvall ont respectivement été élues Boudin de Bronze, d’Argent et d’Or du collège-lycée Marie-Darrieussecq de Bourg-en-Bresse. Mais il en faut plus pour démonter Mireille qui a bien d’autres soucis en tête, comme son père biologique Klaus Von Strudel qui refuse de la reconnaître ou encore la future naissance du parfait Jacques-Aurélien. Aussi, lorsque les Boudins se rencontrent et découvrent que chacune d’elle a une bonne raison de se rendre à l’Élysée le 14 juillet, elles décident d’y aller et de s’introduire à la garden-party organisée ce jour-là ! Et voilà nos trois « boudinettes » lancées sur les routes de France, reliant, à vélo, Bourg-en-Bresse à Paris en vendant des boudins ! Ce ne sera pas un voyage de tout repos, mais elles peuvent heureusement compter sur le soutien de Kader, alias le Soleil, et les encouragements de nombreux internautes sur les réseaux sociaux. Leur périple ayant provoqué un engouement inattendu de la part des Français, journalistes de presse, de télévision et de radio suivent l’improbable trio tout au long de leur route. Mais quelles sont donc ces mystérieuses raisons qui les poussent à se rendre à Paris ?

Le Choix de Rudi, Françoise Dargent, Hachette jeunesse

Le choix de RudiRudi a cinq ans lorsque sa mère l’emmène pour la première fois à l’Opéra d’Oufa assister à un ballet. Dès cet instant, il sait ce qu’il sera danseur. Mais c’est sans compter sur le retour de son père, ancien soldat, pour qui un homme doit être ingénieur ou médecin, aimer la chasse, se comporter en bon camarade et participer aux réunions du Komsomol. Autrement dit, se fondre dans la masse et obéir aveuglément. Précisément tout ce que ne supporte pas Rudi. Lui, il veut danser, se montrer, il veut voyager dans les pays de l’Ouest, il ne veut pas qu’un obscur parti dirige sa vie. Il est fier, obstiné et insolent. Mais cela peut se révéler dangereux au milieu d’une époque troublée où l’URSS est refermée sur elle-même et où se démarquer du Parti risque à tout moment de vous mener dans un camp de rééducation. Cependant, c’est aussi ce qui permettra Rudi de s’imposer peu à peu à sur scène jusqu’à devenir Rudolf Noureev, le danseur étoile le plus admiré du XXe siècle.

Aussi loin que possible, Eric Pessan, L’École des loisirs

Aussi loin que possibleAntoine et Tony ont disparu. Tout commença par un défi : savoir lequel des deux courrait le plus vite. Rien ne fut prémédité. Aucune concertation. Pourtant, ce défi qui ne devait durer que quelques secondes se transforme en un marathon qui entraîne les deux collégiens loin de chez eux. Un sentiment nouveau de liberté s’empare d’eux, leur permettant d’échapper quelques instants à leurs problèmes : Antoine, à la violence de son père, Tony, à la peur d’être à tout moment expulsé de France avec sa famille. Mais, recherchés et à bout de force, les deux adolescents veulent donner un sens à leur course afin de transformer en victoire ce qui aux yeux de tous passe pour une simple fugue. C’est alors qu’Antoine a une idée…

Vous découvrirez dans un dossier riche et illustré les résumés, biographies et extraits des livres qui ont concouru au prix. Sans oublier des avis de lecture de chaque membre du jury sur les livres qui leur ont particulièrement plu. (Cliquez sur l’image pour le découvrir).

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Interviews des lauréats du Prix NRP 2014-2015

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Par Claire Beilin-Bourgeois

Élise Fontenaille,Les Trois sœurs et le dictateur Le Rouergue

Les trois soeurs et le dictateur, Elise Fontenaille, Le RouergueLe 25 novembre 1960, Patria, Minerva et María Tereza Mirabal sont assassinées sur ordre de Rafael Trujillo, l’homme qui régna sans partage sur la République dominicaine pendant près de trente ans. À travers le regard de Mina, jeune Californienne partie sur les traces de sa grand-mère Minerva, Élise Fontenaille nous raconte cette histoire dans Les Trois Sœurs et le Dictateur (Le Rouergue, 2014).

Qu’est-ce qui vous a menée vers ce récit?
C’est un couple de professeurs documentalistes. En poste au Canada, ils avaient aimé mon livre Les Disparues de Vancouver. Ils m’ont donc invitée à en parler, et nous avons sympathisé. Ils ont ensuite déménagé en République dominicaine, où je suis allée leur rendre visite. Or, c’était le 25 novembre, jour de l’assassinat des sœurs Mirabal. Nous avons visité la maison des Mirabal ce jour anniversaire, où a lieu le rassemblement des descendants. Je me suis retrouvée au cœur d’une famille très chaleureuse. Les petites-filles que j’ai rencontrées étaient élégantes, raffinées. Je me suis attachée à ces femmes qui n’étaient pas des pasionaria, qui représentaient à mes yeux la sophistication contre la barbarie, l’intelligence contre la bestialité. Parce qu’elles constituaient à mon sens une belle mythologie, très solaire, en revenant en France, j’ai proposé spontanément au Rouergue d’en faire un roman.
Comment cette rencontre s’est-elle déroulée ?
J’ai rencontré la dernière sœur survivante. D’une certaine manière, j’ai recueilli ses dernières paroles, puisqu’elle est morte peu après la parution du roman. Le jardin m’a marquée, car c’est là que j’ai rencontré la famille des sœurs Mirabal. Lieu de révélation mais aussi symbole, il est aussi devenu un personnage essentiel du roman.
Comment concevez-vous un roman historique ?
J’aime révéler des histoires méconnues. Chaque fois que j’écris un roman, je fais de telles recherches que j’apprends beaucoup, et j’en transmets une partie. Je n’avais jamais entendu parler de Trujillo, et mes amis m’ont prêté tous les livres possibles. Dans le roman, on invente pour transmettre quelque chose. Ce morceau d’Histoire avait pour moi quelque chose de mythologique : une trinité, le combat du bien contre le mal. C’est certes un texte politique, mais leur histoire dit bien davantage le combat de la liberté contre la tyrannie et de la culture contre la barbarie.
Comment envisagez-vous votre métier d’écrivain ?
J’écris une histoire pour que les enfants lisent. Chaque lecteur est créateur, l’impact du livre est différencié. Je suis très contente de la réception de ce livre ; l’accueil a été immédiatement chaleureux.
Est-ce qu’écrire pour la jeunesse est une activité particulière pour vous ?
J’écris très vite pour la jeunesse. Je peux écrire un roman en trois jours. Ça va beaucoup plus vite que pour les adultes, parce que je me sens proche des jeunes, ça m’est très naturel de communiquer avec eux. C’est la plus belle part de mon travail d’écrivain, et je crois que c’est le lectorat qui m’importe le plus. Je continue pour les adultes parce que ça me confère un statut : en n’écrivant que de la littérature jeunesse, on prend le risque de se sentir un peu en marge. Mais il n’y a pas pour autant de division entre les deux : le livre jeunesse doit être lu par des adultes avec plaisir. Cependant, soyons honnête : il faut plus de simplicité pour la jeunesse. La Fête au bouc de Vargas Llosa ne peut pas être lu par la jeunesse. J’écris court aussi pour que tous les jeunes de tous les milieux me lisent. Je n’ai qu’une règle, c’est ne pas désespérer la jeunesse. Il me faut une note d’espoir.
Qu’est-ce qui a motivé la forme de la fiction, à mi-chemin entre le récit et la lettre ?
Ce récit adressé par la petite fille à son amie d’origine haïtienne restée en Californie est un clin d’œil à la dualité Haïti-Saint-Domingue. La forme est donc symbolique. Les deux amies illustrent la dualité de l’île. Je voulais parler des Haïtiens car la dichotomie entre les deux côtés est très forte, et le racisme très présent. J’écris davantage par imprégnation. Pour Les
Trois Sœurs, je me suis laissée porter par le lieu, et par ces deux faces d’un même milieu.
Et comme c’est une histoire de sororité, le dialogue des deux amies fait miroir.
Quels sont vos projets ?
Mon prochain roman pour la jeunesse se passera au Pérou. Ce sera l’histoire d’une
jeune fille qui vient d’avoir son bac, et prend l’avion avec sa mère pour rejoindre son père.
L’avion est pulvérisé, et la jeune fille survit à une chute de dix mille mètres, sauvée d’une mort certaine par les arbres, qui ralentissent sa chute. C’est un personnage incroyable de survivante, et cette histoire vraie est aussi un conte de fée. Il me tarde vraiment de m’y mettre.

Johan Héliot ,Les Substituts Le Seuil jeunesse

Les substituts, Johan Héliot, le Seuil
Dans le monde imaginé par Johan Heliot, les substituts sont des esclaves dotés d’un vocabulaire minimum, privés de tout savoir superflu. Mais Tya n’est pas comme les autres, elle le sait, et quand, à l’âge de 14 ans, elle part travailler comme les autres substituts, elle trouve les moyens de décupler cette force qui l’habite. Les Substituts (Seuil, 2014) est un roman haletant, mais aussi une réflexion sur la puissance du savoir.

Le projet de ce roman très politique est-il né dans un contexte particulier ?
Pas vraiment, sinon l’envie de m’intéresser à un personnage dont l’intelligence et la perception du monde évoluent de manière radicale entre les premières et les dernières pages du roman, et de jouer avec le style en ce sens, puisque ce personnage est aussi la narratrice. Ce procédé a déjà été utilisé dans un classique de la science-fiction, Des fleurs pour Algernon, mais je l’ai adapté au cadre d’une dystopie dans laquelle la limitation de l’intelligence constitue une sanction à l’encontre des descendants des responsables de la catastrophe initiale.
Au-delà du plaisir d’être embarqué dans l’aventure, qu’attendez-vous du jeune lecteur ?
Qu’il réalise sa chance de vivre et grandir dans une société comme la nôtre, malgré ses imperfections, car la transmission des connaissances y joue un rôle prépondérant – mais est-elle un principe acquis pour toujours ? Je ne cite pas pour rien Condorcet en exergue ! J’aimerais que le jeune lecteur comprenne quel cauchemar serait une société sans apprentissage (donc sans école !), car elle ne produirait que des populations d’esclaves, comme les substituts.
Quelle liberté vous apporte le choix de la science-fiction ?
Celle de repousser très loin les limites du cadre réaliste, justement, pour mettre en lumière des problèmes très actuels, par effet d’opposition. La science-fiction utilise le futur comme décor, mais elle parle des problèmes d’aujourd’hui. Par exemple, la suppression des cours d’histoire dans certains niveaux de formation m’apparaît un phénomène inquiétant – quelles autres matières seront ensuite rayées de la carte ? Partant, quels élèves formera-t-on, coupés de leur passé ? Un problème actuel que j’ai donc transposé dans un futur relativement proche, et développé à l’extrême, car décrire un monde cauchemardesque est toujours plus amusant ! Ensuite, la science-fiction m’apporte une totale liberté dans le choix des personnages et créatures qui jalonnent le parcours de mes héros, dans l’élaboration de décors propres à frapper les imaginations (du moins je l’espère !).
Dans quel but avez-vous peuplé votre roman de personnages assez complexes, et rarement d’une seule pièce ?
J’assume totalement leur complexité et l’absence de manichéisme ! Chacun, qu’il soit d’abord perçu comme bon ou mauvais, est animé d’intentions justifiables de son point de vue, et mon héroïne finit par les comprendre, même si elle ne peut toutes les accepter. Son apprentissage du monde passe d’abord par celui du vocabulaire – elle découvre que nommer les choses lui confère un pouvoir sur elles – puis par celui de la complexité du réel. Elle poursuivra ce cheminement sur un plan plus personnel dans le tome 2, d’ailleurs.
Pour ce roman très dynamique, avez-vous voulu une écriture qu’on pourrait qualifier de cinématographique ?
J’aborde généralement tous mes romans avec un point de vue cinématographique, dans la mesure où je visualise les scènes avant leur écriture, imaginant parfois même les mouvements de caméra. Je ne sacrifie pas pour autant l’introspection, mais je m’arrange pour la mêler à l’action autant que possible. Cela me vient, je pense, de mon côté cinéphage (plutôt que cinéphile) et aussi de mon amour du roman noir où, le plus souvent, la psyché des personnages apparaît dans l’action.
Avez-vous pensé à d’autres romans qui allient ainsi la science-fiction, l’aventure, à la philosophie et la politique, en écrivant celui-ci ?
Je pourrais citer la plupart des dystopies classiques produites par la science-fiction, comme Le Meilleur des mondes ou Farenheit 451, pour le rôle crucial de la préservation et de la transmission des connaissances. Chaque fois que j’écris un roman de science-fiction, je sais – plus ou moins ! – sur quelles bases je m’appuie dans la déjà longue histoire de cette littérature, même si ce n’est pas forcément conscient au départ.
Vous écrivez des romans pour tous les publics : vous imposez-vous des contraintes spécifiques quand vous écrivez pour des enfants ou des adolescents ?
Pas au niveau de la complexité, surtout – les ados ne sont pas idiots, ils ont le même cerveau que nous, juste un peu moins rempli ! Au niveau du rythme de l’action, je m’efforce de le maintenir soutenu. J’écris plus rarement pour les plus jeunes, car justement de nouvelles contraintes s’imposent alors.

Yann Rambaud , Gaspard des profondeurs Hachette Jeunesse

Gaspard des profondeurs, Yann Rambaud, Hachette
La mère de Gaspard ne va pas bien. Elle passe ses journées à fabriquer des rideaux assise à sa machine à coudre. Et cela fait trop longtemps que Gaspard n’a pas vu son père. Technicien dans un théâtre, il est en tournée et ne répond à aucun de ses appels. Un soir, c’est est trop, il part le chercher pour le ramener à la maison. Mais chemin faisant, une étrange musique l’entraîne dans une forêt peuplée de rêves et de cauchemars. Ce premier roman, Gaspard des profondeurs (Hachette Jeunesse, 2014), nous raconte l’épopée de Gaspard, sa rencontre avec Honoré, un ami, un vrai, et le voyage initiatique qui le conduira à lui-même.

Quel était votre projet en amorçant l’écriture de ce roman : écrire sur l’enfance ?
J’avais envie avant tout d’écrire sur l’enfance, mais aussi sur l’histoire d’une amitié forte. Au départ, j’avais en tête les deux mondes, avec l’alternance des deux histoires, c’est à peu près tout. J’avais le début et la fin, mais pas grand-chose entre les deux.
Quel sens donnez-vous au thème de la « profondeur », par rapport à l’« épaisseur » psychologique, plus attendue ?
Quand j’ai travaillé sur les créatures de la forêt, j’ai fait en sorte que chacune renvoie à une partie de la vie de Gaspard, que chacun des personnages se rattache à des émotions.
À travers eux et grâce à eux, il affronte toutes ses peurs. Ils ont beau appartenir à un autre monde, ces personnages existent vraiment. Mamie est d’ailleurs, avec Honoré, un des personnages auxquels les lecteurs disent le plus s’identifier. Au début, le roman devait s’appeler Gaspard et les touchécorces. Le titre définitif est venu naturellement, il s’est imposé peu à peu. Il disait bien la troisième dimension du roman, la manière dont ce monde de la forêt rend compte de la complexité psychologique. Et puis, comme certains l’ont perçu, il crée un jeu de mots qui annonce la fin : la profondeur est une sorte d’annonce du De profundis de la messe des morts.
Diriez-vous de votre roman que c’est un récit fantastique ?
Ce n’est pas un univers fantastique comme on peut le penser. J’utilise le fantastique pour mieux encore ancrer mon histoire dans la réalité, celle des rêves, de l’intérieur. Je recherche ces moments où la frontière entre le surnaturel et le réel est ténue. Cela tient aussi à ma profession : je suis éducateur et je travaille avec des adultes handicapés mentaux. Avec eux, la confusion est souvent totale, et j’aime quand la frontière entre le monde tangible, rationnel et celui des rêves, de l’intérieur, de la folie est fragile. Et puis, j’ai choisi le fantastique parce qu’il véhicule de la poésie et de la mythologie. Je trouve utile de raviver le lien que les enfants peuvent entretenir avec le mythe.
Gaspard des profondeurs est un premier roman, et on a le sentiment que vous le portiez depuis longtemps : à juste titre ?
J’ai mis longtemps, en effet, à le digérer. J’ai dû aussi beaucoup travailler pour construire
les deux mondes parallèles. Le monde de la forêt a imposé une construction et beaucoup de réflexion pour qu’il soit cohérent et qu’il ait du sens. Il a fallu aussi prendre garde à ne pas tout dire, et à conserver une certaine linéarité pour ne pas perdre le lecteur.
Avez-vous éprouvé une difficulté particulière à traiter le thème du deuil dans un roman pour la jeunesse?
Le thème du deuil est un thème difficile, dont on a toujours tendance à vouloir trop protéger les enfants, ce qui n’est pas nécessairement une idée très judicieuse. Et on arrive dans notre société à une situation inquiétante : on surprotège les enfants, et on voit des adultes qui à un âge avancé n’ont jamais été confrontés à la mort, qui n’ont jamais vu un cadavre.
Pourquoi, pour un premier roman, avez-vous choisi d’écrire un roman pour la jeunesse ?
Moi, je ne savais pas que j’écrivais pour la jeunesse. J’écrivais cette histoire, je la faisais lire, et progressivement, les lecteurs ont évoqué la littérature jeunesse. C’est aussi la rencontre avec Cécile Terouanne chez Hachette jeunesse qui a clairement orienté l’écriture vers ce public. Mais le roman s’adresse aussi à un public adulte. Lors d’une signature, un homme assez âgé qui avait perdu son père jeune m’a dit avoir retrouvé, dans cette lecture, des émotions qui le renvoyaient à cette période.
Avez-vous d’autres projets ?
Oui, plusieurs. J’ai écrit un livre qui sortira en avril, Teddy n’a qu’un œil. Il raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur qui vivent près d’une maison de retraite. Ils s‘aventurent souvent vers la maison de retraite et découvrent Teddy, un gros lézard qui n’a qu’un œil. Intrigués, ils cherchent à comprendre de quoi se nourrit le gros lézard. J’ai écrit ce livre pour des enfants plus jeunes, mais il parle aussi de sujets graves.

Interviews parues dans la revue NRP Collège de janvier 2015

Publié le par La rédaction NRP
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Remise du Prix NRP au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

Publié le par La rédaction NRP

Mais avant d’annoncer les trois lauréats, revenons un peu en arrière… L’été dernier, notre jury, vos collègues professeurs de lettres et professeurs documentalistes, ont lu 16 livres  sélectionnés par les éditeurs de littérature jeunesse. Chacun d’eux a écrit pour vous un avis de lecture  sur deux ou trois livres qu’ils ont particulièrement aimé. Nous vous invitons donc, comme un amuse-bouche avant le plat principal, à découvrir ces avis, ainsi que les résumés, biographies et extraits des livres qui ont concouru pour ce Prix 2014-2015. (Cliquez sur l’image pour le découvrir).

 Prix NRP la sélection

Bon, allez, nous n’allons pas vous faire patienter plus longtemps… les heureux lauréats du prix NRP sont :

Les trois soeurs et le dictateur, Elise Fontenaille, Le Rouergue 

Élise Fontenaille, Les Trois sœurs et le dictateur, aux éditions du Rouergue

 

Les substituts, Johan Héliot, le SeuilJohan Héliot, Les Substituts, au Seuil Jeunesse

 

 

Gaspard des profondeurs, Yann Rambaud, HachetteYann Rambaud, Gaspard des profondeurs, chez Hachette romans

 

 

 

 

Toutes nos félicitations à eux trois ! Et félicitations également aux 13 autres qui n’ont pas démérité.

La remise du prix a eu lieu le mercredi 26 novembre au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en présence des auteurs, de leurs éditeurs et attachés de presse et de quelques membres du jury qui avaient fait le déplacement exprès. En attendant la vidéo, voici quelques photos.

Discours d'introduction par Yun Sun Limet, directrice de la rédaction NRP

Discours d’introduction par Yun Sun Limet, directrice de la rédaction NRP

 

Claire Beilin-Bourgeois présente les lauréats

Claire Beilin-Bourgeois présente les lauréats

 

Johan Héliot reçoit son prix...

Johan Héliot reçoit son prix…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand merci à toutes et à tous pour votre investissement, votre participation et pour tous ces beaux ouvrages qui nous ravissent chaque année.  Nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine pour de nouvelles aventures !

 

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Clôture des inscriptions « jury » pour le prix NRP littérature jeunesse 2014-2015

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Vous avez été très nombreux à vous porter candidat pour faire partie du jury du prix NRP littérature jeunesse et nous vous en remercions vivement. C’est le signe de l’intérêt que vous portez à la littérature jeunesse et à sa transmission.

Nous devons clore ces inscriptions pour cette année.
Nous informerons les 7 membres retenus d’ici la fin de ce mois de mai.

Comme chaque année, vous pourrez suivre les étapes de ce prix dans la revue, sur le site et sur les réseaux sociaux : début novembre, une présentation des livres en lice, fin novembre remise du prix aux 3 lauréats, et début janvier, les interviews des écrivains lauréats.

Encore merci pour votre enthousiasme !

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Devenez membre du jury du prix NRP 2014-2015

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COUV

Vous êtes abonnés à la NRP et professeur de lettres ou documentaliste en collège, vous vous intéressez à la littérature jeunesse, vous pouvez devenir membre du jury de notre prix Littérature jeunesse.

Comme chaque année, la NRP Collège fait appel à ses abonnés pour constituer le jury du Prix NRP Littérature Jeunesse.

Devenez membre du jury de l’édition 2014-2015 !

Votre mission est simple et votre participation vous permettra d’avoir un beau panorama des meilleurs romans parus en 2014 :

  • Vous recevez fin juin à votre domicile les ouvrages sélectionnés par les éditeurs participants
  • Vous les lisez durant l’été
  • Vous nous adressez en septembre votre classement puis un avis de lecture sur les 3 ouvrages que nous vous indiquerons, choisis en fonction de vos préférences.

Pour devenir membre du jury, il vous suffit de nous écrire en nous expliquant en quelques lignes votre motivation. Merci de préciser également vos coordonnées (téléphone notamment) et votre fonction à :
nrpediteur@sejer.fr

Les 7 abonnés sélectionnés seront contactés par la rédaction d’ici fin juin.

Au plaisir de vous lire…

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Prix NRP 2013-2014… Les résultats

Publié le par La rédaction NRP

Et voilà nous y sommes… les résultats tant attendus de cette nouvelle édition du Prix NRP littérature jeunesse vont être dévoilés.  Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps…                   

Les lauréats sont : 

 

COUV bacha posh OK HDBacha Posh  de Charlotte Erlih, aux éditions Actes Sud junior

 

 

SweetSixteen HDSweet Sixteen d’Annelise Heurtier, aux éditions Casterman


 

norlande

Norlande de Jérôme Leroy, aux éditions Syros

 

 

Félicitations à nos trois lauréats… Merci également aux autres auteurs et éditeurs qui ont participé avec de très beaux ouvrages.  

Le prix à été remis officiellement ce mercredi 27 novembre dans une ambiance festive à l’occasion d’une rencontre entre les auteurs, les éditeurs, les membres du jury et bien sûr l’équipe NRP.

Charlotte Erlih, l'auteur de "Bacha Posh" chez Actes Sud Junior entourée de son éditeur et de son attachée de presse.

Charlotte Erlih, l’auteur de « Bacha Posh » chez Actes Sud Junior entourée de son éditeur et de son attachée de presse.

 

Brigitte Ventrillon, l'éditrice d'Annelise Heurtier, lit ses remerciements pour "Sweet Sixteen" (Casterman).

Brigitte Ventrillon, l’éditrice d’Annelise Heurtier, lit ses remerciements pour « Sweet Sixteen » (Casterman).

 

 

 

Natalie Beunat, directrice de la collection Rat noir chez Syros, lit les remerciements de l'auteur de "Norlande" Jérôme Leroy en compagnie de Sandrine Mini.

Natalie Beunat, directrice de la collection Rat noir chez Syros, lit les remerciements de l’auteur de « Norlande » Jérôme Leroy en compagnie de Sandrine Mini.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur nos trois gagnants et sur les autres livres de la sélection ? Découvrez notre supplément interactif, en cliquant sur le visuel ci-dessous .  Vous y trouverez : biographie des auteurs, extraits, résumés, avis du jury… À moins d’un mois de Noël, cela vous donnera peut-être quelques idées de cadeaux… 

COUV

 

Encore merci à tous les participants et à l’année prochaine !

Publié le par La rédaction NRP
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Prix NRP
Devenez membre du jury du prix NRP 2013-2014

Publié le par La rédaction NRP

Vous êtes abonnés à la NRP et professeur de lettres ou documentaliste en collège, vous vous intéressez à la littérature jeunesse, vous pouvez devenir membre du jury de notre prix Littérature jeunesse.

Comme chaque année, la NRP Collège fait appel à ses abonnés pour constituer le jury du Prix NRP Littérature Jeunesse.
Devenez membre du jury de l’édition 2013-2014 !

Votre mission est simple et votre participation vous permettra d’avoir un beau panorama des meilleurs romans parus en 2013 :

 

  • Vous recevez fin juin à votre domicile les ouvrages sélectionnés par les éditeurs participants
  • Vous les lisez durant l’été
  • Vous nous adressez en septembre votre classement puis un avis de lecture sur les 3 ouvrages que nous vous indiquerons, choisis en fonction de vos préférences.

Pour devenir membre du jury, il vous suffit de nous écrire en nous expliquant en quelques lignes votre motivation. Merci de préciser également vos coordonnées (téléphone notamment) et votre fonction à :
nrpediteur@sejer.fr

Les 7 abonnés sélectionnés seront contactés par la rédaction d’ici fin juin.

Au plaisir de vous lire…

Publié le par La rédaction NRP
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Littérature jeunesse et récits de vie : « Nos étoiles contraires » de John Green

Publié le par admin

L’émergence de la littérature jeunesse dite Young adults, a mis en avant les récits de vie au travers de collections dédiées, « DoAdo » au Rouergue, « Exprim » chez Sarbacane, « Scripto » chez Gallimard, etc. Conséquence, les débats sur la violence des textes adressés aux adolescents sont relancés. Alors jusqu’où peut-on aller en littérature jeunesse ?

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Publié le par admin
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PRIX NRP
Prix NRP littérature jeunesse 2012-2013

Publié le par La rédaction NRP

 

En cette nouvelle année découvrez le l’ensemble de la sélection du prix NRP littérature jeunesse 2012-2013 et ses trois lauréats.

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Publié le par La rédaction NRP
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Pour un été sur la route au son des guitares électriques…

Publié le par la redaction nrp






Pour bien finir l’année scolaire et bien commencer les vacances, voici une petite sélection de romans rock n’roll pour les ados d’aujourd’hui. Trois livres (et une collection) qui ont retenu notre attention par leurs histoires touchantes et authentiques et leurs styles particulièrement rythmés. Un subtil mélange de divertissement et de réflexion, des histoires de jeunes à la recherche d’eux-mêmes et d’une place dans la société.

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Publié le par la redaction nrp
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