Redécouvrir Pagnol et La Gloire de mon père en 5e

Publié le par La rédaction NRP

nrp_supplement_college_mai_couvertureLoin des clichés et des stéréotypes, l’écrivain provençal décrit les liens familiaux avec humour et tendresse. Il restitue aussi la lumière et la richesse de la nature méditerranéenne, ce qui faisait dire à Mauriac que Pagnol était parmi les écrivains de son temps « le seul qui sente l’air du dehors ».

Marcel Pagnol est un immortel : il a été reçu à l’Académie française en 1947. À la lecture de ses œuvres, on aurait pourtant du mal à l’imaginer engoncé et sérieux dans son habit vert si celui-ci n’était brodé de rameaux d’olivier. François Mauriac, dans Bloc-notes, écrivait à ce sujet : « Pagnol, le seul à ne pas avoir de socle. Il semble s’être glissé dans cette antichambre de l’éternité en passant par la fenêtre, le seul qui sente l’air du dehors. »

L’œuvre choisie et les questions au programme

La Gloire de mon père, récit d’enfance publié en 1957 et porté à l’écran en 1990 par Yves Robert, nous semble probablement familier. Il évoque aussitôt le chant des cigales, l’odeur du thym et l’accent provençal qui s’impose de lui-même à la lecture. Il appartient à ces classiques de l’enfance que chaque relecture nous fait découvrir autrement.

Si les élèves citadins sont bien souvent étrangers aux plaisirs des jeux, en toute liberté, dans la nature, ils seront invités dans cette séquence à un double dépaysement : géographique d’une part et historique d’autre part. À l’heure où l’on évoque avec nostalgie l’autorité des maîtres d’autrefois, l’œuvre de Pagnol est l’occasion aussi pour les élèves de découvrir ce qu’étaient vraiment la vie et l’instruction des enfants au début du xxe siècle. À travers la figure de l’instituteur anticlérical Joseph, ils seront sensibilisés au prestige lié au savoir et comprendront mieux la notion de laïcité en remontant aux lois de séparation des Églises et de l’État.

La littérature remplit ici pleinement son rôle qui consiste à rencontrer l’altérité pour mieux se comprendre et se connaître soi-même. Elle pose également des questions cruciales, intimes, auxquelles elle aide à réfléchir. Ici, c’est la relation de Marcel à son père Joseph qui pose la question de la gêne, voire de la honte, qu’un enfant peut être amené à ressentir pour ses parents malgré tout l’amour qui les unit. Cela rejoint le thème au programme de la classe de 5e : « Avec autrui : familles, amis, réseaux » et en particulier l’objectif « Comprendre la complexité de ces relations, des attachements et des tensions qui sont figurés dans les textes, en mesurer les enjeux ».

Une séquence organisée en quatre étapes

Trois premières séances sont consacrées à la découverte du genre autobiographique et au choix du récit en prose que l’auteur préfère ici au théâtre. Une recherche familiarise les élèves avec la vie de Marcel Pagnol puis les invite à mesurer l’écart poétique entre biographie et autobiographie.

La seconde étape est centrée sur la famille et les relations entre ses membres perçues à travers leurs actions ou même à travers leurs discours sur les objets du quotidien. On distingue le point de vue de Pagnol, écrivain adulte, de celui de Marcel enfant que l’auteur retrouve notamment pour dire l’amour envers son père.

L’immersion dans la nature occupe la troisième étape : le paysage provençal ne se réduit pas à un simple décor pittoresque, il plonge Marcel dans un univers riche et vivant qui aiguise les sens autant que la curiosité. La langue de Pagnol anime cette nature et en fait un lieu poétique et merveilleux, aux airs de Paradis perdu.

L’épisode de la chasse à la bartavelle et la gloire qui en résulte pour Joseph après son « coup du roi » constituent l’acmé du récit. Cette dernière étape, qui met en relation des extraits de Vipère au poing d’Hervé Bazin et de La Gloire de mon père, invite à une réflexion sur la complexité des relations parents-enfants. Elle amène également à réfléchir aux ressources spécifiques du cinéma par rapport au récit en prose, à travers l’étude de l’épisode de la chasse dans l’adaptation cinématographique d’Yves Robert.

Les objectifs de la séquence

La séquence accompagne les élèves dans leur découverte progressive de l’œuvre  en alternant lectures analytiques et synthétiques, l’objectif poursuivi étant d’acquérir de l’autonomie dans la lecture. Une séance de méthodologie et un exercice de lecture différenciée les aideront ainsi à naviguer dans l’œuvre et à l’interpréter. Les élèves apprennent à sélectionner des citations et à les insérer dans leur réponse, à formuler des hypothèses de lecture. La quatrième étape de la séquence insiste sur une participation active du lecteur, aussi bien pour comprendre la différence entre l’explicite et l’implicite que pour réfléchir au processus d’identification qui lui permet de partager les émotions du personnage.

Certaines séances proposent un travail sur le vocabulaire et sur la langue pour comprendre la dimension poétique du récit. Les élèves abordent ainsi les figures de la comparaison et de la métaphore et sont attentifs aux changements de points de vue. Régulièrement, des exercices d’écriture les aident à s’approprier les notions étudiées.

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