Marivaux, Musset, comédies en un acte

Publié le par la redaction nrp

Par Gaëlle Bebin

Le personnage de Merlin, dont le costume et l’attitude sont inspirés de L’indifférent de Watteau

« Si l’amour est une comédie, cette comédie, vieille comme le monde, sifflée ou non, est, au bout du compte, ce qu’on a encore trouvé de moins mauvais. Les rôles sont rebattus, j’y consens ; mais, si la pièce ne valait rien, tout l’univers ne la saurait pas par cœur » dit le Comte à la Marquise, lassée de devoir sempiternellement écouter les mêmes galanteries. Dans Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, Musset resserre le dialogue sur la déclaration d’amour et la difficulté à échapper à l’expression codifiée des sentiments. Cette brève comédie proverbe, suivie de On ne saurait penser à tout est montée cette année par Frédérique Plain. Elle est aussi l’assistante de Jean-Pierre Vincent pour sa mise en scène des Acteurs de bonne foi de Marivaux, actuellement en tournée. Une pièce dont l’enjeu est aussi un mariage, et où la comédie de l’amour se donne ouvertement, ainsi que l’amour de la comédie…

« Lorsque vous peignez les hommes, il faut peindre d’après nature » énonce Dorante dans La Critique de l’Ecole des femmes de Molière. Dans Les Acteurs de bonne foi, pièce en un acte publiée en 1757, Marivaux souligne le naturel de ses personnages grâce à l’artifice du théâtre dans le théâtre : chez les maîtres comme chez les valets, on se donne la comédie aux dépens des autres, pour révéler des sentiments ou donner une leçon. Et pour rire, bien sûr. « Qui l’aurait cru ? Il n’y a plus qu’à rire » dit Angélique à la fin. Mais elle est en pleurs, ainsi que la jeune paysanne, dans la mise en scène de Jean-Pierre Vincent.
Préparant pour la maîtresse de maison un impromptu à l’occasion du mariage d’Eraste et Angélique à la campagne, le valet Merlin décide d’exploiter le naturel de ses quatre acteurs improvisés – lui-même, la servante Lisette, la fille du jardinier et le fils du fermier : « Je n’ai fourni que ce que nous autres beaux esprits appelons le canevas ; la simple nature fournira les dialogues, et cette nature-là sera bouffonne ». Mais les jeux de séduction et les conflits qui résultent de la confusion entre ce qui est joué et ce qui est éprouvé ne sont pas du goût de Madame Argante, la mère de la fiancée, qui n’apprécie pas le théâtre et fait annuler la représentation prévue par Madame Amelin. Cette dernière, tante du fiancé, décide alors de la prendre pour dupe grâce à une feinte qui va l’obliger non seulement à réclamer la comédie, mais encore à la mettre en scène, et à jouer son propre rôle… « Jouera-t-elle bien son rôle ? – Oh ! D’après nature ».

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