Les systèmes éducatifs scandinaves

Publié le par La rédaction NRP

En ces temps où les politiques exposent leurs projets pour l’École, les systèmes scandinaves sont souvent désignés comme des modèles. Qu’en est-il exactement ? Un débat sur le modèle éducatif finlandais est accompagné d’un article pour en comprendre les principes.

Régulièrement placée en haut du classement proposé par les enquêtes PISA, la Finlande est également l’un des pays qui affiche le moins de disparités entre les meilleurs élèves et les plus faibles. Depuis les années 2000, la Finlande fait donc figure de modèle en matière d’éducation. À l’instar de Paul Robert et de Fred Dervin (voir l’extrait du débat ci-dessous et en p.5 de la NRP collège de mars 2017) nombreux chercheurs voyagent chaque année jusqu’en Finlande pour tenter de comprendre son système éducatif, qui ne fait pourtant pas l’unanimité.

Un système curriculaire

Le système éducatif finlandais actuel est le fruit d’une réforme ambitieuse entreprise en 1970. Le gouvernement décide alors de mettre en place un système curriculaire abolissant les notions de « classe » ou de « filière » au profit de l’école fondamentale (l’équivalent en France du primaire et du collège) qui est obligatoire pour tous les enfants dès l’âge de 7 ans et ce jusqu’à leurs 16 ans. Cette dernière propose un parcours scolaire organisé autour de classes d’âge réparties sur neuf années, au cours desquelles les élèves acquièrent, à leur rythme, les contenus des programmes. La scolarité est scindée en deux cycles distincts : les six premières années les élèves suivent un enseignement général inculqué par un seul professeur, puis ils suivent un enseignement disciplinaire les trois dernières années. Bien que le redoublement n’existe pas dans le système finlandais et que tous les élèves passent nécessairement dans les classes d’âge suivantes, ils doivent se soumettre à un examen au terme du premier cycle, ce qui permet de mettre en exergue leurs éventuelles faiblesses et peut donner lieu à des cours de soutien. Si le début de la scolarité obligatoire est fixé à l’âge de 7 ans, il est toutefois possible pour les élèves d’entreprendre une année « préscolaire » (ce qui est le cas de 97 % des élèves) durant laquelle les enfants appréhendent, par le biais du jeu, leur futur rôle d’élève. Au terme de l’école obligatoire, les élèves auront le choix de poursuivre ou non leur cursus scolaire dans un lycée général ou un établissement professionnel, selon les résultats obtenus lors de leur « matriculation», qui certifie la fin de la scolarité obligatoire sous la forme d’un contrôle continu. Les élèves peuvent néanmoins choisir de rester une année supplémentaire à l’école fondamentale dans le but d’améliorer les résultats de leur matriculation. La continuité pédagogique caractérise le système éducatif finlandais, puisque l’ensemble de la scolarité est pensé comme un tout, de l’école préscolaire au lycée. […]

 Extraits du débat

Un système exemplaire

Par Paul Robert, agrégé de lettres classiques, proviseur du lycée Jacques Prévert à Saint-Christollès-Alès et auteur de La Finlande : un modèle éducatif pour la France ? (ESF éditeur, 3e édition 2010)

Un des aspects intéressants du modèle finlandais est le processus de réforme : à partir du moment où des principes clairs sont établis, ils sont mis en œuvre de façon très progressive, très déterminée et en allant toujours dans le même sens, quels que soient les changements de majorité. C’est vraiment ce qui manque en France, car malgré l’évolution du système éducatif qui est réelle et somme toute relativement cohérente, il y a toujours cette fâcheuse impression qu’un changement de majorité va tout mettre par terre. J’en veux pour preuve la réforme initiée par Vincent Peillon, qui n’a pas été toujours accueillie avec enthousiasme par les professeurs, parce qu’ils ont toujours à l’esprit qu’elle risque de ne pas être pérenne. […]

Une renommée exagérée

Par Fred Dervin, professeur en éducation interculturelle à l’université d’Helsinki et auteur de La Meilleure Éducation au monde ? Contre-enquête sur la Finlande (L’Harmattan, Paris, 2013)

Les façons de présenter le « modèle finlandais» se fondent souvent sur des réalités déformées, construites par les médias, les hommes politiques ou les exportateurs de l’éducation finlandaise. Un discours a-critique et parfois exagéré est apparu sur cette éducation (il n’y a pas d’évaluation ; tous les enseignants sont bons ; la formation des enseignants est exemplaire, etc.). Présenté comme révolutionnaire, le nouveau curriculum finlandais contient des idées déjà un peu vieilles voire dépassées (autonomisation des apprenants, prise en compte de la diversité culturelle, interdisciplinarité, approche par le jeu, politesse, etc.). Ces idées sont comprises et interprétées de façon différente selon les enseignants, les décideurs locaux et mises en place en fonction des moyens financiers disponibles localement. Les derniers résultats (moins bons) de la Finlande aux études PISA montrent d’ailleurs qu’un écart est en train de se creuser entre les régions. […]

 

Lire la suite dans la NRP collège de mars 2017

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La passion des histoires : Le Monde comme il va de Voltaire

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Nabokov demandait à ses étudiantes d’aimer d’abord les histoires. Dans les cours de littérature que j’ai suivis, ce postulat devait rester tacite, attaché à un reste de naïveté – celle de l’enfant –, signe d’une attente de distraction un peu simpliste, peut-être même d’une méconnaissance de l’art le plus exigeant. Pourtant, nous avons besoin des histoires, elles restent le ressort le plus puissant du roman ; c’est à travers les récits et les fables que nous nous comprenons, nous sentons révélés à nous-mêmes, nous sublimons, et trouvons à combler dans « la poésie des événements » notre attente rêveuse devant le monde.

À propos de Nabokov

D’abord cette anecdote à propos de Nabokov : il enseignait la littérature dans le collège d’une université  américaine et avait pour habitude, au début de l’année, de demander à ses étudiantes (exclusivement des jeunes filles) pourquoi elles avaient choisi son cours. On imagine naturellement les étudiantes cherchant la réponse la plus intelligente, la plus stimulante, en un mot la plus « universitaire », mais le romancier s’avoua comblé par la réponse la plus « naïve » – et peut-être la plus honnête – qu’il obtint un jour : « parce que j’aime les histoires ». Je ne suis pas sûre que la formule aurait autant de succès auprès de nos universitaires. Elle ferait suspecter la naïveté, l’amateurisme, pire : le  « bovarysme ». Emma Bovary, elle aussi aime les histoires. Et on en rit.

N’importe. Je me sens du côté d’Emma, non du côté de ceux qui se moquent d’elle. Moi aussi, j’ai commencé à lire, – et continué à lire, surtout parce que j’aimais les histoires, « les beaux contes d’amour et de mort ». Malheureusement, je n’ai pas suivi les cours de Nabokov. Je le regrette, car j’ai dû dissimuler ce penchant au cours de mes études, ce qui est tout de même un paradoxe. Je crois que c’est précisément ce paradoxe que Nabokov veut souligner. J’ai toujours également dissimulé le petit faible que j’avais pour les « histoires » d’amour. Tournant le dos à mes faiblesses, remontant ma « pente », comme Gide, je me suis scolairement attachée aux ennuyeuses (et desséchantes) questions de technique narrative : « Qui voit ? », « Qui parle ? ». J’ai appris à lire et à apprécier les romans pour autre chose que leur histoire : le style, les enjeux esthétiques ; j’ai vénéré l’hypothèse du « livre sur rien », du livre sans la moindre histoire qui se tiendrait devant nous, opaque et ambigu, dense comme la vie, peut-être illisible. Loin de moi, d’ailleurs, l’idée de critiquer cette hypothèse. Elle me hante. Je mets Flaubert au sommet de mon Panthéon personnel. Mais l’anecdote de Nabokov touche en moi un point sensible. Elle me libère (c’est donc que j’ai été contrainte) ; elle autorise l’aveu d’un plaisir un peu clandestin. Notre goût des histoires doit rester tacite, s’il n’est pas suspect. Il y a des raisons à cela, – et bien compréhensibles. C’est vrai que le mot « histoire » a des relents enfantins. C’est celui de l’enfant qui réclame un conte. Il ne fait pas partie des instruments de la critique. Il est trop flou. Le dictionnaire propose comme définition : « récit d’actions, d’événements réels ou imaginaires », puis aligne une suite de synonymes : fable, conte, mensonges, aventure. C’est vague ; autant dire qu’on ne sait pas trop ce qu’on saisit.

Lire la suite du dossier dans le numéro NRP collège de mars 2017.

Cliquer sur l’image pour découvrir un extrait de la séquence 3e « La critique implicite dans Le monde comme il va de Voltaire ».

Séquence 3e : la critique implicite dans "Le Monde comme il va" de Voltaire

 

 

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« Le goût des livres » compte rendu du colloque du 20 octobre 2016

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LOGO_70ANS_NRPPour ceux qui n’ont pas pu se rendre au colloque NRP (organisé le 20 octobre dernier à l’ENS) sur la transmission des œuvres littéraires au collège et au lycée, voici un compte rendu détaillé des interventions de Cécile Ladjali, Blandine Longhi, Pierre Péju, Antony Soron et Aurélie Stauder.

 

Les interventions

  • La petite musique de nuit des classiques, par Cécile Ladjali, écrivain
  • Entrer dans les textes littéraires par une approche concrète, par Antony Soron, maître de conférences à l’ESPE Paris-Sorbonne
  • Faire aimer la littérature médiévale, par Blandine Longhi, professeur-formatrice à l’ESPE Paris-Sorbonne
  • Des journées pour jouer avec la littérature par des associations d’élèves de l’ENS
  • Enseigner la littérature à l’heure d’Internet,par Aurélie Stauder, professeur de lettres
  • Le goût des livres et la chair de l’écrivain, par Pierre Péju, écrivain

Compte rendu du colloque

Une approche documentaire

Lisez à vos élèves une lettre de Madame de Sévigné. Si élégante que soit la plume de l’épistolière, il y a fort à parier qu’ils seront tout à fait insensibles aux accès d’inquiétude, de tristesse et d’espoir de cette mère éloignée de sa fille de quelques centaines de kilomètres. Mais parlez-leur de la poste au XVIIe siècle, des lettres qui n’arrivent jamais, de celles qui mettent des semaines à parvenir à leur destinataire, des routes envahies de brigands, et les élèves partageront les émotions de la marquise, son inquiétude extrême. Ils verront même une forme de suspense dans ces échanges différés et interrompus. C’est grâce à cette approche documentaire qu’Antony Soron, maître de conférences à Paris I et responsable du parcours lettres à l’ESPE, dessine des chemins vers l’œuvre d’art.

L’association Journées Découvrir l’Antiquité animée par des élèves de l’ENS propose aussi une approche concrète pour aborder une littérature plus lointaine encore, celle de l’Antiquité. Les collégiens et lycéens accueillis rue d’Ulm sont conduits par le biais d’objets, d’images et d’histoires vers les textes difficiles d’Euripide, d’Aristo­phane ou de Cicéron.

Le corps et l’esprit

Un moment clé du cours de français est la mise en voix du texte. Christine Culerier et Florient Azoulay, tous deux comédiens, ont montré, si besoin était, qu’une lecture précise autant qu’expressive est non seulement un outil de compréhension, mais aussi un cadeau pour l’auditoire. Cécile Ladjali, professeur et écrivain, est une militante de l’oralisation des textes, et du par-cœur. Ainsi, dit-elle, on n’apprend plus seulement avec la tête, mais aussi avec le cœur. Le texte inté­riorisé nous appartient.

Le sens avant toute chose

Cela a été un leitmotiv : on n’entre pas dans la littérature en se demandant qui est le narrateur ou en repérant des figures de style. En 2005, Pierre Péju a eu l’agréable surprise de voir qu’on avait choisi pour le brevet des collèges un extrait de son roman La Petite Chartreuse. Mais les questions posées aux élèves de 3e ont suscité en lui une certaine perplexité : il se savait pas très bien que répondre. Comment peut-on imaginer aider les élèves à ressentir de l’empathie avec cette petite fille sur le point de se faire renverser par une voiture et dont le destin bascule en demandant : « Qui les expressions « imperméables humides », « parapluies dégoulinants » et « silhouettes » désignent-elles ? » ? C’est pourtant la première question de l’exercice. Il faudra attendre une vingtaine de questions pour que le mot « accident » soit prononcé. Lui à qui le goût des mots est venu très tôt, par le rêve, dit avoir eu en lisant cet énoncé une impression de dessèchement. Pour Pierre Péju, il faut beaucoup de subtilité et de délicatesse au professeur de littérature, qui confirme et incarne ce rapport fragile à la langue et aux histoires, construit dans la petite enfance.

Aurélie Stauder, professeur de lettres, cherche des méthodes pour que ses élèves se concentrent sur l’essentiel : le sens texte. Pour cela, elle a aussi recours aux outils numériques. Forums, sites contributifs, enregistrements permettent à l’élève de s’engager dans la lecture, et de confronter une œuvre à ses propres représentations. Ses propositions ont déclenché des questions, des commentaires, des objections. Les outils numériques ont-ils un intérêt spécifique pour lire et comprendre un texte ? La littérature est-elle compatible avec le caractère cumulatif du savoir numérique ?

La musique des classiques

Ce qu’on aime, il faut le partager. C’est le sens de notre engagement de professeurs, d’écrivains, d’éditeurs. Blandine Longhi, professeur et formatrice à l ‘ESPE, nourrit depuis longtemps une véritable passion pour la littérature médiévale. En décodant des vers de Guillaume de Machaut comme s’il s’agissait d’un jeu, en comparant une ballade de Villon au lyrisme plus accessible de Victor Hugo, elle ouvre la porte aux raffinements des poètes du Moyen Âge. Cécile Ladjali a montré quant à elle qu’on ne gagne rien à vouloir adapter les contenus à un niveau supposé des élèves ou à l’idée fallacieuse que certains publics ne pourraient recevoir que ce qui est en lien avec le monde qui les entoure. Au contraire, c’est l’altérité du texte littéraire, son étrangeté qui en font le prix. Le rôle du professeur est de croire à la transmission d’une culture, de montrer à ses élèves que le patrimoine littéraire est notre bien commun. Soyons élitistes, dit-elle, en enseignant à tous ce qu’il y a de meilleur.

Les interventions

À venir

 

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Si c’est un homme, Primo Levi

Publié le par La rédaction NRP

nrp_supplement_college_janvier_couverture_miniLe supplément collège de la NRP de janvier contient de nombreuses activités pour rendre accessible Si c’est un homme. Ainsi guidée, la lecture du témoignage et de la pensée de Primo Levi est pour les élèves de 3e une expérience littéraire et morale exceptionnelle.

 L’étude de Si c’est un homme de Primo Levi (1947), est autant un devoir de mémoire qu’un engagement citoyen pour le professeur ; elle n’en pose pas moins des questions. Doit-on faire lire l’horreur en 3e ? Comment accompagner les élèves dans leur découverte, parfois choquante, souvent marquante, du texte ?

 Accompagner les élèves dans leur lecture du témoignage de Primo Levi

Pour cela, nous avons pris le parti d’insérer des avertissements au fil des séances pour mettre en garde les professeurs sur des points pouvant heurter les collégiens. Il nous a également semblé particulièrement pertinent de prévoir un accompagnement à la lecture du récit, qui se présente comme des séries de questions propices à la discussion. Elles pourront être soumises aux élèves pour ponctuer leur lecture. À chacune des étapes, vous pourrez échanger sur un point du récit, lire un passage et le commenter en classe. L’objectif est d’amener tous les élèves à donner du sens à leur lecture.

 Une séquence exigeante, en lien avec le cours d’histoire

Si c’est un homme est une œuvre majeure de la littérature européenne du XXe siècle. Ancrée dans le programme d’histoire, elle peut constituer le point de départ d’une réflexion sur la déportation. Nous avons donc souvent abordé des aspects historiques, en écho à ce que les élèves auront appris en cours d’histoire. Cependant, l’objectif de l’étude du livre de Primo Levi est ici avant tout littéraire et vise à « comprendre en quoi les textes littéraires dépassent le statut de document historique et visent au-delà du témoignage » (IO, « Agir dans la cité »).

 Mode d’emploi de la séquence

La séquence proposée permet un travail à partir de l’entrée thématique « Agir sur le monde » du cycle 4 (3e : Agir dans la cité : individu et pouvoir). Cette étude complète aussi l’entrée « Se raconter, se représenter ». Dans sa progression annuelle, le professeur pourra la placer après une séquence consacrée à l’écriture de soi et avant une séquence organisée autour de l’entrée « Dénoncer les travers de la société ». Cette séquence est exigeante : elle requiert des capacités de mémorisation et d’argumentation de la part des élèves et ne peut donc être proposée qu’en fin d’année de 3e.

Assez longue, cette séquence peut être utilisée lors de l’étude intégrale ou fragmentée de l’œuvre. Certaines activités peuvent accompagner un projet de participation au Concours national de la Résistance et de la Déportation par exemple. Il est également possible d’utiliser des fiches et des séances dans le cadre d’un EPI consacré à la connaissance de la déportation (avec l’histoire) ou sur les langues (avec un enseignement d’italien).

 Avertissement

Dans son récit, Primo Levi désigne les déportés les plus éloignés de leur humanité, condamnés à survivre au prix d’une grande déchéance physique et psychologique, sous le nom de Musel­männer, comme on le faisait dans le camp d’Auschwitz. Ce terme, traduit par « musulmans » dans la version française (p. 135), peut choquer les élèves et porter à confusion. Il nous semble bon de leur expliquer que, dans ce contexte, son origine est inconnue et qu’elle n’a pas de lien avec l’islam. Selon Philippe Mesnard (Primo Levi, 2011), il peut s’agir d’une déformation de l’allemand Mushelmann (homme coquillage), du yiddish Mozlemener (hommes atteints de la rougeole).

Cliquer sur l’image pour afficher le sommaire.

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L’Épreuve de Marivaux en 4e

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nrpns_janvier17_seq4Les cinéastes et les romanciers contemporains évoquent souvent Marivaux lorsqu’ils parlent d’amour et d’adolescence. La séquence 4e sur la courte pièce L’Épreuve permet de goûter la délicatesse du langage des sentiments au XVIIIe siècle.

Présentation et problématique

• « Je ris parce que je vous récite du Marivaux et que vous n’y voyez que du feu », se réjouit le personnage principal du dernier roman de Camille Laurens, Celle que vous croyez (2015). En effet, la langue de Marivaux dit avec simplicité les élans du cœur : c’est sans doute pour cela que les pièces du dramaturge ont toujours autant de succès aujourd’hui.

• Dans L’Épreuve, pièce en un seul acte, les sentiments sont dits en peu de scènes et peu de mots. Sa forme courte d’une extrême concision permet aux collégiens une entrée directe et aisée. Le langage de l’amour est aussi celui du cœur et du corps que la dramaturgie de Marivaux exploite pleinement, alliant l’intensité dramatique à la légèreté de la comédie.

• À l’âge où l’on peine à se dire et à dire, où la communication est une difficile exposition de soi, L’Épreuve, pièce sur la jeunesse et pour la jeunesse, est l’occasion d’aborder le langage voire les langages de l’amour. Qu’est-ce qu’aimer et être aimé ? Comment être sûr des sentiments de l’autre ?

Choix pédagogiques

• Conformément aux Instructions Officielles, nous avons respecté la proposition d’étude du programme de 4e qui préconise dans l’entrée « Se chercher, se construire » le questionnement « Dire l’amour » pour « comprendre les nuances du sentiment amoureux et quelques-unes des raisons qui ont en font un thème majeur de l’expression littéraire et artistique ».

• Cette séquence prend en compte une variété importante d’approches autour de la pièce de Marivaux, et s’attache particulièrement aux relations entre les échanges sociaux et les échanges amoureux. Il s’agit d’amener les élèves à saisir les enjeux de la comédie du XVIIe siècle qui s’inscrit dans la continuité de Molière tout en renouvelant le genre. L’enseignant peut choisir d’exploiter quelques séances seulement au gré de sa programmation.

• Le mot « épreuve » appartient à une famille aux dérivés nombreux. Ce travail permet une ouverture sur les LCA et peut être mené en collaboration avec le professeur de latin, en particulier s’il s’inscrit dans un EPI.

 

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Les 3 lauréats du Prix NRP Littérature Jeunesse 2016

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Les trois lauréats cette année sont, dans des genres très divers, particulièrement attachants. Les voici brièvement présentés par ordre alphabétique. Pour vous donner envie de les lire et de les faire lire à vos élèves. C’est un régal.

Sylvie Allouche, Twist again (Syros, 2016) se lit comme un polar, on ne le lâche pas avant de l’avoir fini. L’action se déroule principalement dans une banlieue dont les noms de quartier et les barres fleurent bon les bouquets de printemps : Les Magnolias, Les Iris… Sauf que rien n’y est rose. Et que le sang y coule et va y couler. Un roman d’amitié, de fratrie choisie, de famille, sans mièvrerie aucune, fort.

Pour Anne Lanoë, ce premier roman est un coup de maître. Le Ciel est la limite allie un récit de résilience et de voyage vers un pays lointain, avec une histoire d’amour. Pour reprendre les mots d’un membre du jury : « la plume est limpide et simple, elle nous emmène en voyage avec délicatesse et nous offre l’opportunité de découvrir un Brésil haut en couleur. Au-delà de l’histoire personnelle du narrateur, les questionnements de Sam sont universels : cesser de souffrir, est-ce trahir ? » Un très beau roman paru chez Fleurus.

Le livre de Bertrand Santini navigue à travers beaucoup de genres : le roman, le conte, fantastique, le polar, le gore… Hugo, poursuivi par un homme en noir, dans la nuit, tombe dans un étang et se noie. Tout pourrait s’arrêter là et ce serait un drame. Mais c’est là que le livre commence, enchanteur, drôle et surprenant Hugo de la Nuit,qu’on ne lâche pas non plus avant la dernière phrase. (Grasset Jeunesse, 2016.)

Le prix NRP a été remis aux lauréats au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil le 2 décembre 2016. Merci à tous d’être venus nombreux pour cet événement et pour vos contributions enrichissantes au débat sur les pratiques de lecture au collège. Continuer, plus que jamais, à donner le goût de lire aux collégiens, voici notre vocation pédagogique commune !

Bonnes lectures à toutes et à tous ! laureatsNRP2016

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Le Prix NRP littérature jeunesse 2016-2017

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Bientôt, le suspens sera levé et nous saurons quels sont les trois lauréats du prix NRP de littérature jeunesse. Nous vous attendons le 2 décembre au salon du Livre jeunesse de Montreuil.  Et pour patienter, découvrez les romans en lice, leur auteur et les avis du jury. (Cliquez sur l’image pour afficher le supplément).

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L’éducation aux Médias et à l’Information

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NRP supplément collègeEn novembre, le supplément collège est entièrement consacré à l’Éducation aux Médias et à l’Information. Rédigé en partenariat avec le site Jalons de L’INA, il contient cinq dossiers pour participer à la Semaine de la Presse, monter une classe médias, exploiter des ressources culturelles et historiques pour évoquer la liberté de la presse, décrypter les médias et étudier le personnage du reporter dans un roman.
En attendant le numéro à paraître en novembre, découvrez en exclusivité une séance consacrée aux points de vue. (Cliquez sur l’image pour afficher l’extrait)

 

 

Question de points de vue

 

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Se questionner sur la notion d’héroïsme avec Jean-Paul Kauffman

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Jean-Paul Kauffmann

© D.R.

Notre séquence sur Le Colonel Chabert en 4e permet d’engager une étude du réalisme. Mais c’est aussi l’occasion de proposer aux élèves un véritable questionnement sur la notion d’héroïsme, à travers l’entretien que nous a accordé Jean-Paul Kauffmann, auteur d’Outre-terre, un récit sur la bataille d’Eylau. En voici un extrait.

Et Chabert, quel écho trouve-t-il chez les hommes d’aujourd’hui ?
Chabert, c’est le revenant. On peut davantage s’identifier à lui aujourd’hui qu’au XIXe siècle. Les nombreuses guerres qui ont ravagé le monde au XXe siècle le rendent encore plus contemporain. C’est un personnage inépuisable. Ne sommes-nous pas tous des revenants, dans la mesure où l’on revient de prison, de camp de concentration, d’une maladie ? Pour moi, Le Colonel Chabert est un livre sur les revenants, les spectres, les fantômes. Comparable à un volcan – parfois éteint, parfois en éruption –, le colonel Chabert n’est plus de son temps. Il est un sans-papiers, un enfant trouvé et un enfant de la Révolution. La première version du roman de Balzac s’intitulait La Transaction et la seconde La Comtesse a deux maris, ce qui mettait l’accent sur Rose, sa femme qu’il aime toujours et qu’il ne parvient pas à récupérer. Sa nomination au grade de colonel dans l’armée impériale, la Grande Armée, en fait un pur produit de l’ascension sociale. Il a combattu en Égypte, à Iéna. Il veut retrouver son identité à son retour, mais il dérange. Comme les revenants, il est repoussé par tout le monde.

D’où vient la séduction du personnage ?
Le Colonel Chabert est une histoire bouleversante, éminemment tragique, mais aussi très drôle quand on se met à la place du personnage. Il voit bien que les autres lui font des crasses, et pourtant il leur oppose un stoïcisme remarquable. Dans une des versions du texte, il admet que sa femme soit remariée mais demande à exercer son devoir conjugal deux fois par mois (Rose est une ancienne prostituée)… Le personnage de Derville, qui s’est pourtant au départ présenté comme l’avoué de la comtesse Ferraud, fait aussi preuve d’une distance amusée, presque ludique. Le jeu de Balzac avec ses personnages est savoureux. Ceux du Colonel Chabert apparaissent ailleurs dans La Comédie humaine. La comtesse Ferraud devient ainsi la dernière maîtresse de Louis XVIII. L’avoué, qu’on retrouve dans Le Père Goriot, représente une profession qui a disparu. Contrairement à l’avocat, il ne plaide pas : ses plaidoiries sont écrites. Il prononce cette phrase qui laisse augurer de nombreuses intrigues romanesques : « Nos études sont des égouts qu’il est impossible de curer. »

Chabert est-il un héros ?
Dans une certaine mesure, bien sûr. Chabert se présente d’abord comme celui qui commandait un régiment de cavalerie à Eylau, sous les ordres de Murat. Son rôle est déterminant dans le succès de cette charge de cavalerie – la plus grande charge de cavalerie européenne de l’Histoire, qui rassemble près de 12 000 cavaliers contre l’armée russe. Après sa blessure, il mène une vie d’errance qui dure un an. Finalement, il revoit Paris. Mais ce n’est pas seulement le soldat qui est un héros. Il l’est aussi dans son opiniâtreté, dans sa façon d’apprécier le genre humain. Il y a beaucoup de sagesse dans sa décision de retourner d’où il vient, c’est-à-dire à l’anonymat. À la fin du roman, il redevient en effet l’enfant trouvé, un homme sans nom.

Lire la suite de l’interview dans le numéro NRP collège de novembre 2016.

 

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Prix NRP 2016-2017

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Prix NRP

 

À venir : la remise du Prix NRP littérature Jeunesse. Cette année 15 romans ont été lus cet été par les membres du jury, tous enseignants ou documentalistes au collège.

 

 

 

Dans l’ordre alphabétique de leurs auteurs :

Allouche Sylvie, Twist again, Syros

Ben Kemoun Hubert, La Fille quelques heures avant l’impact, Flammarion Jeunesse

Brunet Marion, Dans le désordre, Sarbacane

Cassabois Jacques, Les Mille et Une Nuits, Livre de Poche Jeunesse

Cassim Shaïne, Camarades, École des Loisirs

Chabas Jean-François, La Fée des maamouls, Magnard Jeunesse

Desmarteau Claudine, Jan, éditions Thierry Magnier

Kalouaz Ahmed, Les Regards des autres, Rouergue

Lanoë Anne, Le ciel est la limite, Fleurus

Pierrat-Pajot Lucie, Les Mystères de Larispem, Gallimard Jeunesse

Santini Bertrard, Hugo de la nuit, Grasset Jeunesse

Serra Gaëtan, Les hirondelles se posent sur les filles électriques, éditions du Dahu

Silène Edgar, Les Lettres volées, Castelmore

Vareille Marie, Elia, la passeuse d’âmes, Pocket Junior

Vantal Anne, Méduse, le mauvais œil, Nathan

À bientôt pour le résultat et le nom des trois lauréats !

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Concours national de la Résistance et de la déportation 2016-2017

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monument-1106015_640Comme tous les ans depuis 1961, le concours national de la Résistance et de la déportation a été lancé. Cette année, le thème en est : « La négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi ».

Institué par des résistants et des déportés pour que les jeunes générations ne perdent pas la mémoire de ce que furent les barbaries et la vie sous l’oppression nazie, ce concours permet aux classes d’aujourd’hui de toujours conserver une vigilance face à ce que l’humanité peut avoir d’inhumain.

Voir aussi pour plus d’info sur le site de la Fondation de la Résistance ou sur le site du ministère de l’Éducation nationale.

La Fondation pour la Mémoire de la Déportation coordonne la brochure pédagogique nationale qui a été envoyée dans les établissements scolaires à la rentrée et mise en ligne. Des documents sont disponibles sur leur site et sur le site de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et sur le Portail du CNRD

 

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Une séquence d’EPI en mathématiques

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En 3e, un EPI sur Pythagore et Thalès permet de comprendre la réalité historique, scientifique, humaine aussi qui se cache derrière ces noms qui occupent une partie importante du programme de mathématiques. Découvrez ce que vous réserve la séquence.

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Rentrée littéraire et nouveaux programmes

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Dans sa chronique livres de la rentrée, Édith Wolf a choisi parmi les publications récentes un livre de littérature jeunesse par niveau en accord avec les nouveaux programmes. Voici le livre proposé en 4e.

livre_4eNadia Coste, L’empire des auras, Seuil Jeunesse, 304 pages, 13,90 €

La confrontation des valeurs dans un roman d’anticipation

En 2059, il n’y a plus de racisme ni d’homophobie mais les humains sont divisés en deux catégories suivant la couleur de leur « aura ». Les scientifiques ont découvert en effet que chaque individu émet une aura, invisible à l’oeil nu, blanche à la naissance, bleue ou rouge ensuite. Or les porteurs d’une aura bleue sont des privilégiés alors que les « rouges » sont ostracisés. La société s’organise dans un véritable apartheid. Si la séparation n’est pas totale, c’est d’une part que la couleur de l’aura ne se transmet pas des parents aux enfants et d’autre part que des bleus peuvent « basculer » et devenir des rouges. Chaque bleu, lorsqu’il entre en contact avec quelqu’un, vérifie la couleur de l’aura de son interlocuteur grâce à une application de son téléphone portable. La mère de Chloé, l’héroïne, est une bleue fanatique, et elle « scanne » ainsi chaque matin sa propre fille. Le père de la jeune fille
est chômeur, ce qui oblige Chloé à fréquenter un lycée public qui accueille les élèves sans distinction de couleur.
C’est alors qu’elle découvre que certains rouges sont honnêtes et que certains bleus sont de franches crapules. Elle tombe amoureuse d’un rouge et, mettant en question le fanatisme de sa mère, commence à se faire une opinion personnelle. Se détournant des fausses valeurs de la « pureté bleue », elle leur préfère celles de la solidarité. Elle découvre les manipulations criminelles d’un chercheur qui veut à tout prix prouver l’origine organique de la « bascule ». Or cette cause est la culpabilité, que
seuls les rouges éprouvent. Chloé s’engage dans la lutte qui permettra la révélation de cette vérité.
La dimension d’anticipation, discrète, est centrée sur le propos du livre. Des adolescents ordinaires découvrent les failles des adultes, l’autonomie et l’amour. Les élèves s’identifieront aisément à eux, et apprécieront l’action bien menée de ce roman qui permet d’approfondir une réflexion sur la confrontation des valeurs. On peut aussi le proposer en 3e autour du thème « Agir dans la cité ».

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Rencontre NRP à l’occasion des 70 ans de la revue

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 LENSe goût des livres Ou comment transmettre la passion de la littérature

Le 20 octobre 2016 –  De 14h à 18h à l’ENS, 45 rue l’Ulm Paris

 Qui n’a pas un jour eu une révélation en lisant : « Non, non, mon cher amour je ne vous aimais pas ! » ou : « C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. » Ou encore : « Exilé sur le sol au milieu des  huées / Ses ailes de géants l’empêchent de marcher. » Je parle de nos propres révélations ou chocs littéraires. La passion de la littérature a souvent ses origines dans une lecture de hasard ou scolaire, le plus souvent. Léguée par un enseignant. Comment poursuivre cette transmission aujourd’hui ? Quels sont les chemins actuels pour mener les élèves à une lecture qui fait sens, un goût des livres qui recèle des mondes inconnus ? À l’école, on a développé une approche très technique de la lecture et du commentaire, au risque, parfois, de masquer et d’anesthésier le sens, les sens.  Comment alors envisager cette part de notre métier qui relève autant de l’initiation que de l’enseignement ? Nous avons demandé  à des écrivains, des écrivains et professeurs, des professeurs, des formateurs d’enseignants de répondre à ces questions.  Ils nous diront chacun à leur manière comment susciter cette nécessité vitale qu’est la lecture de la littérature. Où l’on découvre que le goût du livre est aussi un goût de vivre. 

Yun Sun Limet, Directrice de la NRP et Claire Beilin-Bourgeois, Conseillère pédagogique

Programme (le programme est en cours d’élaboration, il est susceptible d’être modifié) 

  • Ouverture et présentation de la NRP : petite et grande Histoire par Yun Sun Limet
  • Savoir lire par l’association Dys 
  • La petite musique de nuit des classiques par Cécile Ladjali
  • Lecture par Christine Curelier
  • Le goût des livres et la chair de l’écrivain par Pierre Péju
  • Lecture par Florient Azoulay
  • Quelques entrées concrètes dans la littérature par Antony Soron
  • Un exemple : faire aimer la littérature médiévale par Blandine Longhi
  • Lectures par Christine Culerier et Florient Azoulay

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Vous pouvez dès à présent vous inscrire en cliquant ici

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Sur le site de la NRP, une mine de ressources en lien avec les nouveaux programmes

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reforme_collegePour la rentrée 2016, la NRP a sélectionné pour vous des séquences et des ressources pour chaque question au programme. Elles sont classées par niveau et par thème et recouvrent les programmes de français des cycles 3 et 4. Voilà une aide supplémentaire que vous apporte la NRP pour bien commencer la nouvelle année !

Comme toujours, la NRP vous propose des séquences riches et variées, accompagnées de fiches pour les élèves, d’études d’images et de films.

Toutes les ressources sont gratuites pour les abonnés. Pour les non-abonnés, des séquences en accès libre sont indiquées par l’absence de cadenas. Il suffit de cliquer pour ouvrir le PDF de la séquence.

À l’ombre d’un arbre ou sous un parasol, connectez-vous dès à présent pour découvrir parmi ce choix de séquences conformes aux nouveaux programmes celles que vous partagerez avec vos élèves.

Accéder aux ressources 6e 
Accéder aux ressources 5e
Accéder aux ressources 4e
Accéder aux ressources 3e

 

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Au musée de l’Orangerie, Apollinaire, le regard du poète

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03._de_chirico_portrait_premonitoire_de_guillaume_apollinaireEn ce moment, au musée de l’Orangerie, se tient une très belle exposition sur Apollinaire. De quoi accompagner le numéro de mai de la NRP Collège sur Apollinaire et la modernité. Vous pourrez visiter avec vos élèves l’Orangerie pour une dernière sortie de classe instructive, riche et… amusante.
Au fil des salles de cette exposition, on se rend compte à quel point Apollinaire est le point focal de toute une génération d’artistes : il les met en valeur, il les fait exister par ses critiques d’art, les met en contact avec des amis marchands d’arts, il les fait se rencontrer. Les fauvistes, les cubistes, les futuristes, les surréalistes. De nombreuses œuvres importantes de ces peintres sont présentées (Matisse, Derain, Picasso, Chirico, Marie Laurencin, Le Douanier Rousseau…) mais aussi des dessins d’Apollinaire, des manuscrits, des corrections d’originaux de ses Calligrammes par exemple. Des photos qui nous montrent tous ces artistes, joyeux, insouciants, avant la Grande Guerre. La plupart de ces photos sont très connues, mais de les voir ainsi en vrai, c’est autre chose. D’autres le sont moins. En particulier un film qui montre l’appartement d’Apo comme s’il venait de quitter les lieux, avec accrochées au mur des toiles qui aujourd’hui n’ont pas de prix. On découvrira aussi avec bonheur des cartes de vacances envoyées des uns et des autres, de Picasso beaucoup, et l’on se dit en les lisant qu’ils avaient des vies pas si éloignées de la nôtre, dans le fond. À faire découvrir aux élèves, pour rendre les artistes plus proches.
Jusqu’au 18 juillet 2016.

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La NRP engage une réflexion sur l’éducation aux médias

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Radio France / Christophe Abramowitz.

Radio France / Christophe Abramowitz.

L’éducation aux médias, à laquelle sera consacré un prochain hors-série NRP (à paraître en novembre 2016), est depuis longtemps une mission des professeurs, en particulier du professeur de français. Mais la violence des événements actuels rend plus urgente, plus nécessaire, une pratique citoyenne des médias et de l’information.Pour apprendre aux élèves à maîtriser les mécanismes de l’information, des médias du service public ont souhaité s’engager dans des projets concrets. France Inter a ainsi imaginé le dispositif InterClass’ : toute l’année, les élèves de cinq collèges ont fabriqué des émissions qui seront diffusées cet été sur l’antenne de France Inter.

 

Fabriquer une émission qui sera diffusée cet été sur l’antenne de France Inter, c’est la mission confiée par la radio de service public à des élèves de cinq collèges, guidés par des journalistes et des professeurs. Ce dispositif a obtenu le premier prix Éducation aux médias à la neuvième édition des Assises du journalisme à Tours début mars.

Au collège Pierre de Geyter de Saint-Denis, une expérience inédite Par Isabelle Garreau, professeur de français au collège Pierre de Geyter (Saint-Denis)

Nos élèves ont choisi le thème de l’amour, qui s’est construit lors d’une séance de deux heures de brainstorming en septembre. Emmanuelle Daviet est alors venue en classe avec plusieurs revues de presse autour de l’amour, et c’est à partir de ces lectures que nous avons constitué quatre groupes. Les élèves se sont ensuite inscrits dans chacun d’eux : Suis-je libre d’aimer qui je veux ?, L’amour n’a pas d’âge, L’amour en prison, L’amour et les réseaux sociaux. Chaque journaliste aide un groupe à construire une problématique, à resserrer l’angle retenu. Au début des séances, nous écoutons et analysons un zoom de France Inter pour qu’ils se familiarisent avec le format qu’ils auront à produire (4 min 30 par thème). Les journalistes ont organisé des jeux de rôle pour expliquer le fonctionnement des enregistreurs pour les interviews. Nous avons aussi des séances en salle informatique, pour rechercher de la documentation sur les sujets retenus et trouver des interlocuteurs, et d’autres, plus scolaires, pour rédiger les questions et les mails pour demander des rendez-vous. La principale difficulté est de garder le cap sur un projet toute l’année : une fois tous les quinze jours, le rythme est assez lâche. Ensuite, il a fallu vaincre les réticences de certains qui ne souhaitaient pas réellement participer, par timidité pour certains. Et puis, les premiers sondages effectués au début du projet ont montré que d’une façon écrasante les élèves se défiaient des journalistes et de l’information en général, perçue systématiquement comme mensongère. Cependant, l’alchimie du groupe a bien fonctionné et certains élèves sont extrêmement motivés. Plusieurs d’entre eux souhaitent aujourd’hui devenir journalistes, ce qui me paraît être une victoire. Enfin, il a fallu surmonter des difficultés d’ordre technique, par exemple, deux interviews en même temps à deux endroits  différents… Il faut savoir s’adapter et les élèves ont apprécié cette souplesse et cette réactivité dans leur emploi du temps du jeudi. En tant que professeur de français, c’est bien sûr le travail sur la langue, orale et écrite, qui me semble être le point crucial de ce projet. C’est un marqueur social très fort et je souhaite que les élèves puissent se libérer de cette emprise pour avoir accès à d’autres langages. Interviewer un chercheur par exemple nécessite un niveau de langue inhabituel pour eux, travailler dans une ambiance de salle de rédaction le jeudi libère la parole… D’un point de vue citoyen, nos élèves se tiennent aujourd’hui beaucoup plus informés, ils adoptent aussi une attitude critique en apprenant à identifier les sources de l’information. Il y a eu des moments particulièrement forts. J’avais invité deux sociologues du CNRS, Julie Pagis et Sybille Gollac, à nous faire une petite conférence sur le choix du conjoint d’un point de vue sociologique. C’était la première fois que les élèves s’emparaient des enregistreurs, circulaient en silence dans la classe pour suivre la parole des uns et des autres, communiquaient par signes pendant la présentation. C’était intense et pourtant nous étions vingt-six dans la salle ! Je me souviens aussi de notre premier déplacement à Radio France… deux élèves jusque-là très discrètes se sont révélées être d’excellentes présentatrices radio ! Cela a véritablement changé leur rapport à la scolarité.

 

Un deuxième témoignage  et le point de vue d’un journaliste de France Inter sont à découvrir dans le numéro de la NRP collège de mai 2016.

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La NRP et vous : Enseigner à la campagne

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Par Jeanne

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Lorsque j’ai reçu mon affectation, pour mon premier poste, j’ai regardé une carte pour localiser B., une commune distante d’une soixantaine de kilomètres de la ville dans laquelle j’habite, au bout de la quatre-voies, au milieu des champs, au pied des Vosges. La campagne…

 

 

Parmi les questions qui figurent sur la fiche de renseignement que j’ai préparée pour inaugurer l’année, je demande a mes élèves ce qu’ils font de leur temps libre. Si les jeux vidéo et les rencontres avec les copains restent les activités les plus pratiquées ici comme ailleurs, la chasse et la pêche arrivent juste derrière. Dans les couloirs, je m’amuse des bribes de conversation que j’entends. Les records de production de telle race de vache, la maladie de tel taureau reproducteur… Mes élèves customisentleurs classeurs et leurs agendas avec des photos de vaches et de tracteurs, les plus petits s’échangent des figurines de vaches qui d’ailleurs portent bonheur pour les contrôles. Si je menace d’une sanction ou quand je rends une mauvaise note, j’entends souvent s’exprimer leur peur de ne plus pouvoir « aller à la ferme ».
Passé les premiers temps d’étonnement et d’incompréhension – ce monde-la existe encore ?! –, j’ai pris gout à ce qui est encore pour moi une forme d’exotisme. Mais puisque je demande aux élèves de s’intéresser à mes livres, je m’intéresserai à leurs vaches ! Trouver dans la littérature les pages bovines, s’enquérir des inséminations et des vêlages, commercer avec les producteurs locaux… Assez vite, mes efforts portent leurs fruits. On me prend désormais à témoin : « Madame, elle me dit que les vaches ont sept estomacs, c’est n’importe quoi, elles n’en ont que quatre, hein ? »
C’est en rendant visite aux élèves qui font leur stage de 3e dans le milieu agricole que je comprends vraiment l’importance que revêt pour eux cet ancrage rural. Levés depuis l’aube, vêtus de leur cotte, des bottes boueuses aux pieds et une fourche a la main, ils sont aussi crottés que souriants, attablés autour du pâté et du vin rouge que me sert leur tuteur à 10 heures du matin. Je comprends alors que lorsque la documentaliste m’a dit que Le Petit Manuel du bon pécheur et L’Encyclopédie des tracteurs sont les livres les plus empruntés du CDI, ce n’était pas une boutade !
Finalement, je m’habitue aisément au lait frais qu’on m’apporte chaque semaine dans le cartable, au saucisson à l’ail maison qu’on veut me faire gouter a 8 heures, aux rédactions dans lesquelles on me raconte comment soigner une mammite. Les noms de l’inséminateur et du négociant en bestiaux du secteur me sont désormais familiers. La vie de notre collège est imprimée par le rythme des saisons et des récoltes. On sait ici qu’il vaut mieux ne pas programmer une sortie ou un devoir « lorsqu’il y a ensilage ». On sait aussi que pour ces enfants, le travail agricole passe bien avant le travail scolaire. Et alors ? Je n’échangerai pas ma place contre celle de mes collègues des villes. Ces jeunes-là ont le sens et le goût de l’effort, et sont attachés aux valeurs d’un monde qui n’a pas complètement disparu. Quand une mamie ne sait pas écrire un mot, on envoie le petit-fils demander au Professeur, ce même petit-fils qui conduit le tracteur dès lors que ses jambes sont assez longues pour toucher les pédales et qui se lève plus tôt en vacances qu’en période scolaire pour s’occuper des animaux.
Cette année, j’ai reçu un SMS la semaine de la rentrée : « Madame, vous voulé du sanglier ? » C’est un ancien élève désormais en lycée agricole qui pense a moi, pauvre citadine, lors de l’ouverture de la chasse. Échec cuisant pour ce qui est de mon enseignement de la conjugaison, mais j’ai réussi mon intégration à la campagne !

 

Si vous aussi vous souhaitez témoigner, écrivez a nrpediteur@nathan.fr

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Calligramme Guillaume Apollinaire
Les Calligrammes d’Apollinaire – présentation de la séquence 6e

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Présentation
• Si les élèves et les enseignants connaissent tous au moins quelques poèmes d’Alcools, il n’en va pas de même pour Calligrammes, poèmes de la guerre et de la paix, quatre-vingt-quatre poèmes composés par Guillaume Apollinaire entre 1913 et 1917, pendant sa mobilisation.
Le recueil est composé de six sections, approximativement chronologiques, d’une réelle diversité, et qui alternent calligrammes figuratifs et poèmes en vers libre.
• La réception du recueil ne fut pas très bonne. Beaucoup de lecteurs se demandent encore ce qu’apporte la disposition de ces mots en dessin, la condamnant comme un jeu inutile et une complexification sans objet. Voici pourtant ce qu’Apollinaire en disait, dans une lettre à l’écrivain André Billy : « Quant aux Calligrammes, ils sont une idéalisation de la poésie vers-libriste et une précision typographique à l’époque où la typographie termine brillamment sa carrière, à l’aurore des moyens nouveaux de reproduction que sont le cinéma et le phonographe. »

La séquence proposée
• Écrits tout d’abord à Nîmes lors de l’instruction militaire d’Apollinaire, puis sur le front, les poèmes du recueil ne sont pas aussi légers qu’ils n’y paraissent. Il ne s’agit pas seulement d’un jeu, d’une expérimentation poétique sur la relation entre le texte et l’image, mais aussi d’un témoignage du poète sur la Grande Guerre.
• Nous avons choisi de travailler sur une sélection large de poèmes et pas seulement sur les calligrammes figuratifs. La séquence s’organise selon un parcours progressif allant du général au particulier : donner sa défi nition de la poésie (séance 1) pour mieux la nuancer (séance 3), découvrir Guillaume Apollinaire (séance 2), le lyrisme (séances 4 et 5) et la modernité des poèmes (séance 6). Elle se termine par un travail créatif : mettre en voix (séance 7) et écrire des poèmes à la manière des calligrammes (séances 8 et 9).

À suivre dans le n° collège de mai 2016

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Langues anciennes : nouveaux programmes

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Les programmes de l’enseignement de complément en langues anciennes sont (enfin!) parus dans le BO du 17 mars. Dans   les pages « Langues anciennes » de la NRP, Claire et Arnaud Laimé conjuguent rigueur des apprentissages et passion pour la culture latine.

Dans les numéros de mars et de mai-juin, un exercice-bilan vous aidera à préparer vos élèves aux exigences de la seconde. Nous vous proposons ici de découvrir la fiche du numéro de mai-juin.

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Pour les lecteurs de la NRP, une interview de Dany Laferrière - NRP ...
www.nrp-college.com/pour-les-lecteurs-de-la-nrp-une-interview-de-dany-laferriere/
Entretien avec Dany Laferrière, propos recueillis par Françoise Rio
Pour les lecteurs de la NRP, une interview de Dany Laferrière

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Entretien avec Dany Laferrière, propos recueillis par Françoise Rio
Entre son premier roman Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (VLB Éditeur, 1985) et son récent Journal d’un écrivain en pyjama (Grasset, 2013), Dany Laferrière a écrit une vingtaine de romans et d’essais réunis sous le titre général Une autobiographie américaine. Né à Port-au-Prince en 1953, il a quitté Haïti pour Montréal en 1976, contraint d’échapper à la dictature de Duvalier. En 2013, il a été élu à l’Académie française, devenant ainsi le premier écrivain haïtien et québécois à siéger sous la Coupole. Parmi d’autres plaisirs, il cultive l’art de lire dans sa baignoire et d’écrire en pyjama.

De la baignoire à l’académie

Les références multiculturelles  qu’on entend dans plusieurs  titres de votre œuvre visent-elles à éviter toute étiquette  identitaire ?
Cela prend beaucoup de temps pour écrire un livre, encore plus pour en écrire vingt-cinq ; dans mon cas ce fut trente ans, alors il se passe toutes sortes de choses dans notre vie durant le processus d’un tel projet. J’ai écrit mon premier livre en toute naïveté. On a parlé de provocation à cause du titre, en fait je voulais m’amuser, voir si la littérature était réellement un espace de liberté. Je n’avais aucune conscience d’être un écrivain noir. Par contre, je savais que j’étais noir, comment l’ignorer quand on vit en Amérique du Nord ? Je commençais par un sujet que je connaissais.
Ce n’était pas un engagement politique. Je prenais « la question de couleur », comme on disait à l’époque, sous un angle pictu­ral, me prenant plus pour Matisse, que j’ai d’ailleurs évoqué dans ce premier livre, que pour Senghor ou même Baldwin. Plus tard, quand j’ai senti qu’on voulait m’enfermer dans le tunnel, j’ai écrit Je suis un écrivain japonais (Grasset, 2009) pour rappeler aux gens que la littérature nous permet préci­sément d’être qui on veut : un homme, une femme, un animal ou même un objet. Mais je n’ai pas fait que me battre pour un droit, j’ai écrit d’autres livres pour mon plaisir.

Votre expérience de l’exil a-t-elle déterminé votre vocation d’écrivain ?
J’étais journaliste à Port-au-Prince avant de partir pour Montréal. J’occupais mon temps à deux choses : lire et écrire. Je n’avais pas en tête à ce moment-là d’écrire des romans. Le roman se déroulait sous mes yeux et c’était la dictature. Les scènes d’horreur se succédaient. Mes amis étaient journalistes comme moi ou poètes, comé­diens. Nous étions un petit groupe qui brandissait l’arme lumineuse de la passion, comme dirait Césaire, face au dragon. C’est en arrivant à Montréal que, finalement au repos, j’ai commencé à penser à écrire un roman. Je l’ai fait parce que j’avais du temps, je n’étais plus dans la chaudière de Port-au-Prince où l’on se sentait constamment en danger, et aussi pour quitter l’usine qui m’abrutissait. En effet, j’ai démissionné de mon travail, me suis acheté une machine à écrire, la Remington 22, et me suis mis à écrire dans ma petite chambre. Montréal a accéléré le mouvement, mais même étant à Port-au-Prince j’aurais fini par écrire, comme l’ont fait beaucoup de mes amis qui n’ont pas quitté Haïti.

De Haïti à Montréal, en passant par Miami et Paris, entretenez-vous des liens avec des communautés d’écrivains ?
Je dirais comme Malraux « Je marche mais je marche seul ». J’ai toujours évité les groupes littéraires ou autres. Je ne crois pas qu’on ait besoin de faire partie d’un groupe littéraire pour devenir écrivain, même si chacun agit selon son inclination. Je ne fais lire mes manuscrits que par mon éditeur, et quand j’estime qu’ils sont terminés. Bien sûr que j’attends ses suggestions. Je sais qu’il y a des écrivains qui agissent autrement. Il n’y a pas une bonne manière de faire. Ce qu’il faut, c’est un bon livre au bout de la ligne. Je n’écris pas dans les cafés. Je lis dans la baignoire, quand j’en trouve dans un hôtel, et j’écris au lit. C’est une affaire intime. Par contre, j’ai beaucoup d’amis avec qui je discute souvent de littérature et j’adore les festivals littéraires, les rencontres dans les librairies et les salons du livre. L’écriture est une affaire privée ; être écrivain est une chose publique.

Quel est votre rapport aux langues françaises et créoles ?
Dès qu’on parle de langue, on est dans le flou total. Rien n’est précisé. Une charge de non-dits. Pourquoi, dès qu’il s’agit d’un écrivain du Sud (une façon de parler), la question de la langue liée à la colonisa­tion doit-elle faire surface ? J’ai écrit vingt-six livres en français, cela devrait clarifier amplement les choses. Mon rapport avec la langue française, c’est que j’écris en fran­çais. Et avec la langue créole, c’est que je vis dedans quand je suis en Haïti. La langue créole est, à mes yeux, beaucoup plus qu’une langue, c’est ma culture. La langue française me structure, et c’est aussi ma fenêtre sur le monde. Je remarque aussi que le débat sur la langue n’intéresse pas les gens dont la vie quotidienne est si dure qu’ils doivent lutter pour leur survie. Ils ne se demandent même pas s’ils parlent une langue, ils sont toujours dans les rues à « chercher la vie », comme disait ma grand-mère. Et pourtant ce sont eux qui font vivre les langues. Ils ne savent pas qu’ils apportent de l’oxygène à la littérature, car quand ils n’y sont pas, le roman perd de son souffle et devient théorique, comme s’il n’avait plus de vie. Ils ne parlent pas une langue ou une autre, ils parlent tout sim­plement. Je voudrais qu’on parle dans mes livres, comme je voudrais être un écrivain et non un écrivain noir, ou haïtien ou québécois. Est-ce possible ? J’y crois de moins en moins.

De L’Odeur du café au Goût des jeunes filles, du Charme des après-midi sans fin à L’Art presque perdu de ne rien faire, quel art d’écrire ou de vivre revendiquez-vous ?
On pourrait ajouter aussi ce titre Journal d’un écrivain en pyjama, et enfin Chronique de la dérive douce pour que le lecteur sache définitivement à qui il a affaire. Je ne fais nullement l’éloge d’un art de la paresse. Je prétends simplement qu’il y a diverses manières de travailler. Et que celle que je privilégie est la lenteur, tout nous permet d’observer le paysage qu’on traverse. Visi­blement nous allons trop vite vers le mur. C’est bête à mourir. Nous sortons dans la rue chaque matin déjà fatigués, on ne doit pas s’étonner alors de tous les accidents pos­sibles qu’entraîne un tel état. Nous sommes de moins en moins courtois avec ce corps qui porte nos idées, nos sensations, nos sentiments, nos projets, son propre poids jusqu’à épuisement. N’y a-t-il pas une autre manière de vivre ? De concevoir ce monde ? Héraclite affirmait que « L’homme qui dort construit l’univers » et ce n’est pas une vieille blague grecque, c’est la stricte vérité. Nous avons tous expérimenté ce fait : on a un pro­blème insoluble, on va dormir et le lende­main la solution nous saute aux yeux. Nous sommes trop fatigués pour trouver des solutions étonnantes, originales. Et plus gra­vement nous sommes dirigés par des gens encore plus fatigués que nous. Une bonne sieste pour la planète changerait le monde plus sûrement qu’une nouvelle idéologie.

Votre élection au rang d’immortel a-t-elle changé votre vie d’écrivain ?
Je ne trouve pas que j’ai beaucoup changé. La vie autour de moi a changé. Les gens me regardent autrement, pas mes amis heureusement. Ne serait-ce que le mot « immortel » qui me colle à la peau alors que je ne me sens ni plus ni moins en forme qu’avant. J’ai beau expliquer que ce mot s’adresse à la langue française et non à l’Académicien dont le titre ne lui ajoutera pas un jour de plus, on continue à me faire porter la charge des siècles et la sagesse éternelle. Heureusement que les enfants ne sont pas dupes. Ils me regardent toujours, dans le métro, avec la curiosité d’un entomologiste qui découvre un insecte. J’ai croisé dernière­ment un enfant de deux ans, et il y avait une telle énergie dans ce petit paquet de chair, d’os et de nerfs que je me suis dit que c’est à lui que devrait revenir le titre d’immortel. Et de sage car après m’avoir bien observé il est passé à autre chose. Curiosité insatiable. On ne peut l’enfermer dans une boîte car il s’intéresse à tout. Les questions de race, de classe, de sexe, de genre et de religion le laissent absolument froid. Il ne s’intéresse ni à la peinture, ni à la musique, ni à la littérature, étant lui-même tout cela. Il est simplement là. Je l’ai quitté en murmurant : « Adieu, maître ».

Que représente Legba, ce dieu du panthéon vaudou sur la poignée de votre épée d’Académicien ?
C’est le dieu des carrefours, des croi­sements et des frontières qu’il nous aide à traverser. Il garde la barrière qui permet de passer du monde visible au monde invisible, et vice-versa. C’est donc, à mes yeux, le dieu des écrivains.

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Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes – Présentation de la séquence

Publié le par La rédaction NRP

Une séquence écrite par Anne-Laure Darcel, professeure de lettres modernes au collège Évariste Galois (Meyzieu)

Présentation et problématique

Auteur de science-fiction, Daniel Keyes est surtout connu pour sa nouvelle Des fleurs pour Algernon qui reçoit le prix Hugo en 1960 et dont il tire quelques années plus tard un roman qui sera porté à plusieurs reprises à l’écran. Ses études de psychologie à Brooklyn College ont fortement influencé son œuvre : s’intéressant à tout ce qui touche à cette science, Keyes va puiser dans ses rencontres, ses analyses dans ce domaine pour créer ses romans. Devenu professeur, alors qu’il enseigne dans une classe pour élèves défavorisés, un élève vient vers lui et lui demande de quitter la « classe des idiots parce qu’il veut être intelligent ». De cette remarque naît Charlie Gordon. Plus tard, le cas très médiatisé de Billy Milligan inspire à Keyes deux autres romans.

Le choix du corpus

Ce roman plonge les élèves dans la science-fiction et ses enjeux, pour les faire réfléchir sur les rapports aux autres et sur les conséquences des avancées scientifiques : peut-on tout faire sous prétexte de faire avancer la science ? Est-ce par humanité ou par orgueil que ces recherches sont faites ? Les élèves suivent ainsi l’évolution d’un personnage attachant, de son ascension intellectuelle fulgurante à sa régression ; ils sont partagés entre admiration et effroi pour ce personnage.

La séquence proposée

Le roman prend la forme d’un compte rendu qui devient peu à peu un journal intime. Cette séquence pourra ainsi avoir lieu après l’étude du récit fantastique ou de l’écriture épistolaire. À travers cette séquence, les élèves sont amenés à reconnaître les ressorts psychologiques d’une œuvre de science-fiction ainsi que ses enjeux idéologiques et axiologiques.

À suivre dans le n° collège de mars 2016

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La science-fiction au collège

Publié le par La rédaction NRP

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Natacha Vas-Deyres, docteur en littérature française, francophone et spécialiste de la science-fiction a concocté pour les abonnés de la NRP collège un dossier passionnant autour du genre. Et comme une cerise sur un gâteau, elle a interviewé quatre auteurs de science-fiction pour la jeunesse. Extraits.

La science-fiction, une machine à écrire les futurs.

En 1976, Ray Bradbury, auteur des célèbres Chroniques martiennes (1950), écrivait que la science-fiction était devenue « une littérature centrale de notre temps » : « Nous retrouvons dans chaque récit de science-fiction l’ensemble des problèmes idéologiques, philosophiques et moraux posés par le développement de l’humanité ». La science-fiction, dont la nature originelle est littéraire, s’est métamorphosée aujourd’hui en un domaine culturel polymorphe. Son caractère transmédiatique se décline entre littérature, cinéma, séries télévisuelles, jeux de rôle ou jeux vidéos. Cette transversalité formelle, iconographique, thématique est aujourd’hui intégrée de manière évidente dans la culture des jeunes générations.

Le mot : un américanisme

Pour éclairer les origines, aujourd’hui encore discutées par les exégètes, du domaine science-fictionnel, sans doute faut-il, dans un premier temps, revenir à l’étymologie du mot lui-même. Le terme français « science-fiction » a pour origine l’expres­sion anglaise science fiction, sans tiret, apparu pour la première fois en 1851 sous la plume de l’écrivain britannique William Wilson : « We hope it will not be long before we may have other works of Science Fiction, as we believe such books likely to fulfil a good purpose, and create an interest, where, unhappily, science alone might fail… » (Nous espérons que peu de temps s’écoulera avant de lire d’autres ouvrages de science-fiction que nous croyons capables d’objectifs pertinents et de créer un intérêt, là où, malheureusement, la science a échoué.)
Il faut attendre presque soixante-dix ans pour retrouver l’utilisation de ce néologisme anglophone que Gérard Klein, écrivain et éditeur français, fon­dateur entre autres de la collection « Ailleurs & Demain » chez Robert Laffont, estime être un amé­ricanisme. Hugo Gersnback, créateur du magazine américain Amazing Stories en 1926, est considéré comme le fondateur de la science-fiction aux États- Unis. En 1929, suite à un éditorial qu’il a écrit dans le premier numéro du Pulp Science Wonder Stories, le terme commence à s’imposer en Amérique du Nord, aussi bien dans les milieux professionnels que chez les lecteurs, remplaçant ainsi d’autres vocables alors en usage dans la presse spécialisée comme scientific romance ou scientifiction. Pour les Américains, qui se voient comme les créateurs modernes de la science-fiction, le terme exprime « un courant littéraire nouveau à mettre au service de l’idéal représenté par le Nouveau Monde. [...] En faisant table rase du passé, l’imaginaire moderniste de la nation américaine projette fièrement dans le futur son désir d’âge d’or 3 ».
Les années 1930 ont donné naissance aux plus grands maîtres du genre. En 1937, John Campbell, écrivain déjà confirmé, est nommé à la tête de la revue Astounding Stories 4. Pour lui, la science-fiction n’a pas seulement valeur littéraire : elle propose un outil de réflexion sur l’évolution scientifique de l’hu­manité. Ce travail d’exigence fit en grande partie le succès de la revue. Il aurait eu cependant moins de portée si Campbell n’avait su repérer le talent d’une poignée de jeunes auteurs : Robert Heinlein, Isaac Asimov, Theodore Sturgeon, Alfred Elton van Vogt ou Clifford D. Simak, autant d’écrivains considérés aujourd’hui comme des maîtres de la science-fiction américaine. Leurs œuvres sont devenues des classiques de la littérature mondiale : Une porte sur l’été (Heinlein, 1956), Fondation et Les Robots (Asimov, 1951, 1950), Les Plus qu’humains (Sturgeon, 1953), Le Monde des A (Van Vogt, 1945) 5, Demain les chiens et Le Torrent des siècles (Simak, 1952, 1952).

La science-fiction jeunesse : des écrivains qui rêvent et qui osent

Pierre Bordage, Christian Grenier, Danielle Martinigol et Joëlle Wintrebert, tous quatre romanciers, nous livrent quelques secrets de fabrication d’une science-fiction destinée à un jeune lectorat.

Pourquoi, en tant qu’écrivain de science-fiction – entre autres –, avez-vous choisi d’écrire pour un jeune public ?

Christian Grenier : Si j’ai choisi, en 1968, d’écrire de la science-fiction, Barjavel et les missions Apollo y étaient pour beaucoup. Depuis l’adolescence et le lancement du premier Spoutnik (1957), j’étais passionné par l’astronomie et je suivais les progrès de la conquête spatiale. À la suite du chagrin de mon épouse qui venait d’achever, en pleurs, la lecture de La Nuit des temps, j’ai décidé d’écrire spécialement pour elle « un roman de science-fiction qui se terminerait bien ». Seule destinataire de ce récit, elle m’a encouragé à le publier. C’est Tatiana Rageot, qui avait alors 70 ans, qui l’a édité, et à ma grande surprise, je suis devenu un « écri­vain de science-fiction » pour les garçons de 14-15 ans.

Danielle Martinigol : L’écriture est un processus d’imitation. On lit, on aime, on imite, on écrit. Je parle là d’enthousiasme, d’admiration, d’amour pour un genre et des auteurs qui génèrent l’envie d’en faire autant. J’ai découvert la science-fiction à onze ans avec les romans de la collection « Anticipation » que lisait mon grand-père. Devenue professeur de lettres, j’ai cherché des romans adaptés pour faire découvrir le genre à mes élèves. J’en ai trouvé d’excel­lents, mais peu. Le besoin d’imitation s’est alors installé, lentement… J’ai mis cinq ans pour écrire L’Or bleu.

Pierre Bordage : Je ne l’ai pas vraiment choisi. Alain Grousset, directeur de la col­lection « Ukronie » chez Flammarion, me l’a proposé. Résultat, j’ai écrit trois romans : Ceux qui sauront, Ceux qui rêvent et Ceux qui osent. Auparavant, j’avais adapté le film d’animation Kaena, la prophétie, pour lequel j’avais été scénariste au tout début.

Joëlle Wintrebert : Je n’ai pas non plus vraiment choisi d’écrire pour un jeune public, j’étais même plutôt réticente. Cas­terman, l’éditeur de la collection « L’Ami de poche », m’a sollicitée avec insistance en m’assurant que l’écriture à destination d’adolescents n’était pas différente de l’écri­ture pour adultes, à l’exclusion du sexe et de la violence. Ainsi est né Nunatak, devenu Les Gladiateurs de Thulé chez Flammarion.

À suivre… dans le numéro collège de mars 2016

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Réforme du collège : La NRP vous accompagne

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Les modalités de la réforme se précisent. La NRP concocte un programme pour vous accompagner, sans rien abandonner de ses exigences.

Pour préparer les EPI, en attendant un numéro spécial en novembre prochain, vous pouvez dès à présent vous appuyer sur le travail interdisciplinaire proposé dans le numéro de janvier consacré à des projets lettres/histoire des arts, en particulier en 4e autour de la légende napoléonienne.

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L’histoire des arts en classe de français – Extrait d’une séquence

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Découvrez un extrait de la séquence 3e C’était la guerre des tranchées, un témoignage en bande dessinée, issue du numéro de la NRP de janvier L’histoire des arts en classe de français.

Histoire des arts

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Découvrez la sélection du prix NRP 2015-2016

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L’été dernier, notre jury, vos collègues professeurs de lettres et professeurs documentalistes, ont lu les 13 romans tous soigneusement choisis par les éditeurs de littérature jeunesse.

Découvrez les remerciements des trois lauréats : Clémentine Beauvais, Françoise Dargent et Eric Pessan

Les Petites reines, Clémentine Beauvais, Sarbacane

Les petites reines Cette année, Mireille Laplanche, Hakima Idriss et Astrid Blomvall ont respectivement été élues Boudin de Bronze, d’Argent et d’Or du collège-lycée Marie-Darrieussecq de Bourg-en-Bresse. Mais il en faut plus pour démonter Mireille qui a bien d’autres soucis en tête, comme son père biologique Klaus Von Strudel qui refuse de la reconnaître ou encore la future naissance du parfait Jacques-Aurélien. Aussi, lorsque les Boudins se rencontrent et découvrent que chacune d’elle a une bonne raison de se rendre à l’Élysée le 14 juillet, elles décident d’y aller et de s’introduire à la garden-party organisée ce jour-là ! Et voilà nos trois « boudinettes » lancées sur les routes de France, reliant, à vélo, Bourg-en-Bresse à Paris en vendant des boudins ! Ce ne sera pas un voyage de tout repos, mais elles peuvent heureusement compter sur le soutien de Kader, alias le Soleil, et les encouragements de nombreux internautes sur les réseaux sociaux. Leur périple ayant provoqué un engouement inattendu de la part des Français, journalistes de presse, de télévision et de radio suivent l’improbable trio tout au long de leur route. Mais quelles sont donc ces mystérieuses raisons qui les poussent à se rendre à Paris ?

Le Choix de Rudi, Françoise Dargent, Hachette jeunesse

Le choix de RudiRudi a cinq ans lorsque sa mère l’emmène pour la première fois à l’Opéra d’Oufa assister à un ballet. Dès cet instant, il sait ce qu’il sera danseur. Mais c’est sans compter sur le retour de son père, ancien soldat, pour qui un homme doit être ingénieur ou médecin, aimer la chasse, se comporter en bon camarade et participer aux réunions du Komsomol. Autrement dit, se fondre dans la masse et obéir aveuglément. Précisément tout ce que ne supporte pas Rudi. Lui, il veut danser, se montrer, il veut voyager dans les pays de l’Ouest, il ne veut pas qu’un obscur parti dirige sa vie. Il est fier, obstiné et insolent. Mais cela peut se révéler dangereux au milieu d’une époque troublée où l’URSS est refermée sur elle-même et où se démarquer du Parti risque à tout moment de vous mener dans un camp de rééducation. Cependant, c’est aussi ce qui permettra Rudi de s’imposer peu à peu à sur scène jusqu’à devenir Rudolf Noureev, le danseur étoile le plus admiré du XXe siècle.

Aussi loin que possible, Eric Pessan, L’École des loisirs

Aussi loin que possibleAntoine et Tony ont disparu. Tout commença par un défi : savoir lequel des deux courrait le plus vite. Rien ne fut prémédité. Aucune concertation. Pourtant, ce défi qui ne devait durer que quelques secondes se transforme en un marathon qui entraîne les deux collégiens loin de chez eux. Un sentiment nouveau de liberté s’empare d’eux, leur permettant d’échapper quelques instants à leurs problèmes : Antoine, à la violence de son père, Tony, à la peur d’être à tout moment expulsé de France avec sa famille. Mais, recherchés et à bout de force, les deux adolescents veulent donner un sens à leur course afin de transformer en victoire ce qui aux yeux de tous passe pour une simple fugue. C’est alors qu’Antoine a une idée…

Vous découvrirez dans un dossier riche et illustré les résumés, biographies et extraits des livres qui ont concouru au prix. Sans oublier des avis de lecture de chaque membre du jury sur les livres qui leur ont particulièrement plu. (Cliquez sur l’image pour le découvrir).

Prix NRP

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L'épopée d'Héraclès, Jacques Cassabois
« L’Épopée d’Héraclès, le héros sans limites » de Jacques Cassabois (éditions Livre de poche Jeunesse, 2015)

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Du mythe, Jacques Cassabois sait faire un roman. Après la réussite du Premier roi du mondeL’Épopée de Gilgamesh (Le livre de poche, 2004) à partir de la matière dense et complexe des récits antiques, il raconte Héraclès. Loin d’être simplement érudit, son texte est aussi une œuvre d’imagination.

Jacques Cassabois : « Adapter suggère un travail extérieur de recherche puis un effort d’organisation et de mise en forme. Mais cette démarche ne rend pas compte d’un aspect fondamental : l’intériorisation. Il faut commencer par s’imprégner de l’époque qui a produit l’œuvre dont on s’occupe, la ruminer, en respirer les parfums, pour ensuite pouvoir s’identifier à chaque personnage. En un mot la vivre. La documentation et les recherches ne font pas tout. J’écris des romans. Je dirais plutôt des poèmes épiques – rien à voir avec une conférence ou un cours magistral. Il faut pour y parvenir un ingrédient majeur, l’engagement personnel, le souffle du cœur. » C’est ce souffle qui habite son Épopée d’Héraclès et qui rend sa lecture à la fois passionnante et instructive. Ce mois-ci dans le supplément de la NRP Collège.

Attention, contrairement à ce qui a été annoncé dans la revue NRP de novembre, ce titre est publié aux éditions Livre de Poche Jeunesse et non pas J’ai lu.

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Un supplément d’âme pour un collège

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Par Claire Beilin-Bourgeois

maj  10/06 : Les dates du spectacle à la fin de l’article !

Sarah Koné (c) Paul Aymé

Depuis six ans, Sara Koné fait chanter, danser et jouer les élèves du collège François Couperin à Paris. A chaque rentrée, la Compagnie intègre quelques élèves de 6e de plus et construit un nouveau projet de Comédie musicale.

Comment le projet est-il né ?
En 2007, j’étais surveillante au collège Pierre Mendes-France, dans le 20e arrondissement de Paris. J’ai commencé à donner des cours de chant. L’idée me plaisait, mais les conditions n’étaient pas réunies pour un projet ambitieux.L’année suivante, j’ai décidé de changer d’établissement, et j’ai proposé un atelier chant au collège François Couperin.En septembre 2009, tout a changé avec l’arrivée d’une nouvelle principale, Dominique Gory. Elle a eu une oreille attentive. Nous avons monté un atelier classique, mais les conditions étaient optimales. J’ai eu le droit de recruter autant d’élèves que je voulais avec une séance par semaine, le midi, et nous avons réussi à produire une première comédie musicale, Starmania. L’atelier du midi a évolué, grandi avec moi ; j’ai créé la Compagnie Sans Père, qui encadre les Classes chantantes.La Grande Troupe, celle du collège, a donné naissance à la Petite Troupe qui regroupe quelques élèves qui jouent dans des conditions vraiment professionnelles : on les engage, ils sont rémunérés…

Sur quels critères les élèves sont-ils choisis ?
Chaque année, le rituel est le même. J’auditionne des dizaines d’élèves de 6e volontaires ; j’en choisis une douzaine qui intégreront la troupe formée depuis 2009. Aujourd’hui, ils sont plus de quatre-vingts collégiens et ex-collégiens de Couperin, âgés de 11 à 20 ans. Certains élèves arrivent de classes Cham (Classes à horaires aménagés en musique) ou ont une formation au conservatoire, d’autres n’ont jamais vu un instrument. Leur culture musicale n’est pas un critère de sélection. Je suis issue des populations qui ont reçu un enseignement artistique élitiste, de ceux qui croisent l’information et pour lesquels les parents ont des ambitions. J’ai grandi dans un opéra à l’âge de 10 ans. J’y ai appris l’endurance et l’exigence. Mais parallèlement, je suis une enfant de l’école de la République, et j’ai toujours eu ses valeurs en tête. Adulte, j’ai voulu m’adresser à un autre public, sans dévaluer la discipline. On travaille donc pour produire un spectacle de qualité, pour voir le fruit de nos efforts. Cette année, ce sera Alice au pays des merveilles.

Comment construire un projet aussi ambitieux avec des élèves non musiciens ?

Je mets tous les élèves à égalité. Tout est transmis oralement : je chante une mélodie, ils la retiennent. D’année en année, les progrès sont considérables. En 3e, ils arrivent à apprendre une chanson en une séance. Mais je me suis rendu compte qu’au bout d’un certain temps, lorsque je leur mets une partition entre les mains, sans avoir fait de solfège, ils suivent. Je ne leur parle jamais en langue de vulgarisation ; j’utilise toujours les termes musicaux appropriés. Je dirige avec une technique orchestrale. Quand je leur propose de me remplacer, ils reprennent ce langage très technique. J’ai grandi en Savoie près de la Suisse, où est utilisée une méthode très dynamique d’apprentissage de la musique, la méthode Dalcroz, dont je m’inspire beaucoup. Ce qui m’aide aussi pour transmettre le goût de la musique, ce sont mes origines : comme beaucoup de mes élèves, mon père africain ne comprenait rien aux techniques qu’on m’enseignait quand je chantais Carmen. Enfin, ce qui fait beaucoup, c’est la loi de la troupe : les grands s’occupent des petits. Cette structure installe une grande discipline dans le travail. Ils savent que je les choisis mais qu’ils choisissent aussi, et ils sont engagés, dans tous les sens du terme.

Pour lire la suite de l’interview et connaître le point de vue de Dominique Gory sur cette aventure, rendez-vous à la page 14 de votre numéro NRP de novembre ou connectez-vous à votre édition numérique.
Si vous souhaitez vous abonner c’est par ici.

Le spectacle aura lieu les 22, 23 et 24 juin 2016 au théâtre Monfort, Paris 15e arrondissement. Pour plus de renseignements, cliquer sur l’image.

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L’édito du supplément de septembre : Ceux qui ont dit non

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Découvrir des romans engagés en 3e
Par Laure Péborde

Suite aux attentats de janvier, l’Éducation nationale a rappelé l’une des missions essentielles de l’école : « L’école de la République transmet aux élèves une culture commune de la tolérance mutuelle et du respect. Chaque élève y apprend à refuser l’intolérance, la haine et le racisme et la violence sous toutes leurs formes. » (Lettre de la ministre Najat Vallaud-Belkacem écrite le 7 janvier 2015). Or, l’enseignement moral passe d’abord par la culture et en particulier par la fiction. Le professeur de français est, autant que le professeur d’histoire, au cœur des préoccupations qui concernent l’éducation civique.
La collection « Ceux qui ont dit non » chez Actes Sud Junior

La collection « Ceux qui ont dit non », dirigée par Murielle Szac et publiée aux éditions Actes Sud Junior, regroupe des romans accessibles et courts pour faire découvrir à de jeunes lecteurs des hommes et des femmes qui ont su s’élever contre ce qu’il leur paraissait inacceptable. Ces œuvres sont de difficultés variées, ce qui permet de s’adapter facilement au niveau des élèves. De plus, la collection s’intéresse aux « incontournables » de la résistance comme Zola, Gandhi ou Mandela, ainsi qu’à des figures moins connues : Sophie Scholl ou Mordechaï Anielewicz. En proposant des modèles de papier, nous offrons aux élèves des parcours et nous leur permettons ainsi de s’identifier ou de se révolter contre un personnage, de se mettre à la place d’autrui et d’adopter pour une durée limitée son point de vue.

Choix pédagogiques
De nombreux thèmes sont abordés : la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, les opposants aux différentes dictatures, thèmes qui sont faciles à utiliser en classe puisqu’au cœur des programmes de 3e, mais également d’autres qui posent des questions concernant la société dans laquelle nous vivons. C’est le cas des romans consacrés à Harvey Milk (Non a l’homophobie), Gisèle Halimi (Non au viol) ou Gabriel Mouesca (Non a la violence carcerale), autant de sujets plus polémiques et plus délicats à traiter dans le cadre d’un cours, mais qui peuvent aussi être vecteurs de réflexion et de prise de conscience chez les élèves. Pour ce cahier, nous avons choisi des romans liés au thème de la Seconde Guerre mondiale afin de donner une unité au corpus et de faciliter l’articulation entre ce travail et le reste du programme de français. Dans la première partie, je vous propose l’étude d’une œuvre intégrale, Sophie Scholl, écrite par Jean-Claude Mourlevat, pour sa simplicité, sa clarté et sa pertinence. Dans un second temps, nous élargissons la réflexion à des récits qui abordent la question de la résistance à la dictature, essentiellement pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela permet un travail de lecture comparée et la mise en place d’échanges entre les lecteurs. Enfin, la dernière partie présente des activités orales et des activités d’écriture afin qu’à leur tour, les élèves s’interrogent sur ce à quoi ils diraient NON. Partout, une place importante est faite à l’oral et aux débats qui permettent aux élèves de s’exprimer et de s’interroger collectivement sur ce qu’ils lisent. Le travail proposé dans ce cahier sera aussi l’occasion en 3e d’aborder un point essentiel des programmes de 2de et 1re : la valeur argumentative et la force politique des textes littéraires.

Pour vous abonner à la revue, c’est par ici.

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A lire dans la revue de septembre : Un établissement pas tout à fait comme les autres…

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Par l’équipe pédagogique du lycée Louis Pasteur (Mantes-la-Jolie)

Le nouveau collège Pasteur,  par Maria Chartier, principale adjointe
Il y a trois ans, le collège Pasteur à Mantes-la-Jolie a choisi de (presque) tout changer. Dans cet établissement, il fallait chercher des solutions pour prendre en charge les difficultés d’un grand nombre d’élèves tout en répondant à l’appétence des autres. En modifiant de manière radicale l’organisation des enseignements et en développant de nouvelles pratiques pédagogiques, c’est un véritable défi que l’ensemble de la communauté éducative s’est lancé.

Une nouvelle organisation
L’expérimentation a débuté en 2012 et s’articule autour de deux axes. Nous avons tout d’abord opté pour un nouveau rythme de travail pour tous avec des séances de 45 minutes ou assez souvent d’1 heure 30. Pour les niveaux 6e et 5e, nous avons imaginé deux temps pédagogiques distincts : tout d’abord un enseignement disciplinaire classique hebdomadaire de 19 heures en 6e et 16 h 50 en 5e. En 6e , pour le français, par exemple, cela représente 3 heures sur les 4 heures 30 obligatoires. À ces heures de tronc commun on ajoute un enseignement  modulaire de 6 heures (quatre modules de 1 h 30), personnalisé en fonction des besoins et des choix des élèves.

Les modules, mode d’emploi
Un module n’est pas par nature interdisciplinaire, mais il peut le devenir. Il peut donc être dispensé par un ou plusieurs professeurs en co-animation et concourt à l’acquisition de compétences communes à plusieurs disciplines. Il est enseigné sur une période de dix semaines. Chaque enseignant a pour objectif la réalisation de tâches complexes ou de projets. Il construit un parcours de compétences et de capacités à exploiter. L’élève est mis au cœur des apprentissages en produisant forcément quelque chose. Une volonté forte de l’équipe pédagogique de travailler avec des groupes à effectif allégé a conduit l’établissement à abonder des moyens supplémentaires (mais pris sur ses fonds propres) dans l’enseignement modulaire.

Un exemple de module
Initier les élèves de 6e à l’histoire des arts, par Blandine Morée, professeur d’histoire-géographie
J’ai vu dans l’organisation modulaire la possibilité de construire et d’approfondir un enseignement d’histoire des arts sur un temps plus long que celui de la classe. L’objectif de ce module était triple. Il s’agissait d’abord de faire acquérir aux élèves la compétence « s’informer » et donc de maîtriser les principaux éléments pour décrire, analyser et interpréter une œuvre d’art, en vue de l’exigence de l’oral d’histoire des arts en classe de 3e. J’ai voulu ensuite amener les élèves à « être capable de porter un regard critique sur une œuvre d’art » en leur expliquant comment émettre un jugement de manière argumentée. Au fil des séances s’est ajouté un troisième objectif, celui de faire prendre conscience aux élèves de leur capacité à mémoriser un grand nombre d’informations.
Chaque séance a été construite autour d’une œuvre d’art sélectionnée dans le programme de 6e et conservée au musée du Louvre. Le fait d’avoir étudié les œuvres en amont a créé un réel intérêt et une impatience des élèves pour la visite au musée du Louvre qui a clôturé le module. La tâche finale demandée se composait de la réalisation d’un carnet de visite des œuvres d’art étudiées et d’une présentation orale d’une œuvre d’art au choix de l’élève. Chaque cours commençait par un rappel des éléments d’étude d’une œuvre d’art, puis sous forme de jeu, les élèves essayaient de se remémorer toutes les informations qu’ils avaient apprises lors des cours précédents. L’étude se faisait toujours de manière différente, à partir d’un texte, d’une vidéo ou du récit oral du professeur et s’achevait par la rédaction d’une fiche d’identité de l’œuvre. Enfin, les élèves devaient porter un avis argumenté sur d’autres œuvres d’art. Nous n’avons pas vu passer les dix séances !

Pour lire un deuxième témoignage, la méthode d’évaluation et le bilan, rendez-vous à la page 16 de la NRP de septembre 2015 ou connectez-vous à votre édition numérique.

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A lire dans la revue de septembre : La séquence didactique en question

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Propos recueillis par Claire Beilin-Bourgeois

Depuis un quart de siècle, la séquence pédagogique semble constituer l’alpha et l’omega de l’enseignement du français. L’idée est séduisante : associer au sein d’unités cohérentes toute la gamme des activités qui font l’objet du cours de français. Aujourd’hui pourtant, ce principe est contesté par de nombreux professeurs. Voici quelques rappels sur le cadre institutionnel, et un retour critique sur ces vingt ans de pratique avec Véronique Marchais, professeur à Joué-lès-Tours et auteur du manuel Terre des Lettres chez Nathan.

Le principe de la séquence pédagogique s’est imposé assez brusquement : comment l’expliquer ?
La séquence est apparue il y a un peu plus de vingt ans dans un enthousiasme sans précédent. Elle prétendait remédier à un supposé cloisonnement entre les domaines du français, censé occulter le sens des apprentissages. À rebours de ce cloisonnement, la séquence, c’était le grand œuvre de la pédagogie, la fusion réussie des éléments disparates d’une discipline. Finis, la grammaire pour elle-même, les conjugaisons à la chaîne et les sujets de rédactions tombés du cocotier : désormais, tous les domaines du français allaient concourir à la réalisation d’un même objectif. Le modèle semblait parfait, indépassable. Sur le terrain, les IPR se sont assurés de sa mise en œuvre immédiate.

Quelles ont été les premières réserves ?
Très vite, quelques esprits chagrins ont pointé quelques travers du parfait modèle. Dès 1999, l’académie de Versailles publiait un bilan très critique  : absence de progression cohérente en grammaire, caractère trop impressionniste des leçons, manque d’exercices systématiques, instrumentalisation des textes qui devenaient des prétextes à l’étude du discours, dérive techniciste, abandon du vocabulaire… Finalement, la séquence ne profitait ni à la langue, atomisée jusqu’à la quasi-disparition, ni à la littérature, aliénée jusqu’à provoquer le dégoût de lire. Quelle misère que d’étudier Les Misérables pour travailler sur le portrait de personnages dont jamais l’élève ne connaîtra l’histoire, les expansions du nom, la connotation des termes et l’emploi de l’imparfait, plutôt que sur la relation de Valjean et Javert, la question de la rédemption, la capacité pour l’homme de changer, les combats hugoliens… Côté enseignants, nombreux sont les professeurs qui, lassés des errements du travail en séquences, ont décidé de s’essayer à deux progressions séparées en langue et en littérature. Ce fut souvent pour eux un travail difficile. Il n’existait plus guère de manuels – hormis Terre des Lettres, et nous en sommes fiers – proposant un travail différent. C’est à peine s’il existe encore des manuels de grammaire…

Pour lire la suite de l’interview, rendez-vous à la page 12 de votre numéro NRP de septembre ou connectez-vous à votre édition numérique.
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Le harcèlement scolaire : une tragédie silencieuse

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Le harcèlement scolaire est un phénomène très inquiétant qui commence de plus en plus tôt. Pour le combattre, il faut s’engager, réveiller les consciences, le dénoncer, pour que cesse le calvaire de ces milliers d’élèves qui chaque année en subissent les conséquences, parfois fatales.
Voici donc quelques témoignages et ressources pour ouvrir les yeux sur ce fléau et aider vos élèves à s’en sortir. 

Noémya Grohan, De la rage dans mon cartable,
Hachette Témoignages, 2013, 154 pages, 11,90 €

De la rage dans mon cartable, Noemya Grohan

Par Edith Wolf

Le harcèlement scolaire, drame privé, est aussi un danger social qui touche plus d’un million d’élèves. Constitué de faits qui, pris isolément, peuvent sembler petits, il a de grandes conséquences qui vont jusqu’à la mise en danger de la vie psychique et de la vie tout court des victimes.
L’auteure raconte la persécution qui a commencé pour elle dès la première semaine de l’année de 6e. La moquerie et le mépris affiché par deux filles sont relayés et se généralisent à l’ensemble des élèves de la classe. Des insultes, des coups, un quasi-racket, une mise à l’écart systématique sont les attitudes de ses persécuteurs. Cela dure quatre années entières, pendant lesquelles la jeune fille ne trouve de soutien auprès d’aucun adulte : elle dissimule la situation à sa mère, son père ne semble aucunement concerné par ce qui lui arrive ; et ni ses professeurs ni son CPE ne veulent voir ce qui se passe. L’arrivée au lycée met fin à son supplice mais les conséquences perdurent : la narratrice a perdu toute confiance en elle et toute capacité à apprendre.
Son parcours d’études et de formation est chaotique. Elle entame alors une difficile reconstruction, qui passe par l’aide aux autres : successivement éducatrice auprès de handicapés, volontaire du service civique, elle est devenue une porte-parole des victimes de harcèlement et a fondé sa propre association. L’écriture de son témoignage, commencée pour elle-même, est devenue un moyen pour la narratrice de faire connaître la réalité qu’elle a vécue.
Le constat de la situation est difficile à accepter pour un professeur tant il met en question l’attitude des enseignants envers leurs élèves. L’image donnée des adolescents est encore plus terrible : conformistes, jouissant du sentiment de puissance que leur donne la violence, certains paraissent dépourvus de toute capacité d’empathie.
Mais il faut faire cette lecture, pour prendre conscience de l’ampleur et de la gravité du problème que soulève cet ouvrage utile.

L’association de Noémya Grohan, Généraction Solidaire, mène des actions de prévention contre le harcèlement scolaire. Si vous souhaitez en savoir plus, organiser une intervention (elles ont lieu partout en France) ou soutenir l’association, rendez-vous sur le site de Généraction Solidaire.
Écoutez également son témoignage sur le site d’Europe 1.

Autres ressources

 - Du côté institutionnel, le ministère de l’Éducation,  a mis en place un site, Agir contre le harcèlement à l’école, pour expliquer et agir contre le harcèlement scolaire. De nombreux documents pédagogiques seront mis à disposition pour aider les parents, élèves et professeurs à faire face à ces situations. 

 - À lire également, le manifeste créé en collaboration avec France Télévision, il recueille des témoignages, parfois anonymes, de victimes ou proches de victime de harcèlement.  Un document a été diffusé en février 2015 à ce sujet.  Harcèlement scolaire, ils se manifestent  raconte l’enfer qu’ont vécus 6 jeunes à l’école.

 - Enfin, ce témoignage vidéo, d’une youtubeuse bien connue des adolescentes, EnjoyPhœnix  qui raconte le harcèlement qu’elle a vécu au lycée, comment cela a commencé, ce qu’elle a ressenti. Au-delà du témoignage, elle encourage ses abonné(e)s à parler, les rassure, les conseille  mais les met aussi en garde sur la portée des mots et des actes.

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Programme collège 2015-2016

Publié le par La rédaction NRP

Découvrez le nouveau programme de la NRP !

Septembre 2015

Revue Contes et nouvelles
Séquence 6e : Lire, rire et jouer en 6e avec Le Petit Chaperon Uf de Jean-Claude Grumberg
Séquence 5e : Le Graal selon Barjavel, entre tradition et modernité
Séquence 4e : Nouvelles à chute, un défi au lecteur

Supplément
Savoir dire non : lectures de Sophie Scholl de Jean-Claude Mourlevat et de quelques romans historiques – Niveau 3e

Novembre 2015

Revue Quelques figures du roi
Séquence 5e : Arthur et le roi médiéval
Séquence 4e : Représentations du pouvoir royal dans le théâtre de Corneille
Séquence 3e : Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco, figure tragique ou dégradée du roi

Supplément
Jacques Cassabois, L’Épopée d’Héraclès  – Niveau 6e

Janvier 2016

Revue Intégrer l’histoire des arts au programme de français
Séquence 6e : Musique, dessins, textes : autour de l’album L’Opéra volant
Séquence 4e : Les arts au service de la légende napoléonienne
Séquence 3e : C’était la guerre des tranchées de Jacques Tardi, un témoignage en bande dessinée

Supplément
Jack London, Nouvelles du Grand Nord – Niveau 5e

Mars 2016

Revue Le monde de la science-fiction
Séquence 6e : Chevaliers modernes : les figures de super-héros
Séquence 5e : L’or bleu de Danielle Martinigol
Séquence 4e : Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, l’homme tout puissant grâce à la science  ?

Supplément
Philippe K. Dick, Ubik– Niveau 3e

Mai-juin 2016

Revue Modernité de Guillaume Apollinaire
Séquence 6e : Poésie en formes : Calligrammes d’Apollinaire
Séquence 5eLe Bestiaire d’Apollinaire, à la croisée des arts
Séquence 3e : Apollinaire, artiste parmi les artistes

Supplément
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac– Niveau 4e

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Le Français dans les nouveaux programmes pour l’école et le collège

Publié le par La rédaction NRP

La première version du projet de programmes que Le Café pédagogique s’est procurée induit un changement profond dans l’esprit et la lettre du texte officiel.  Si l’orientation choisie est confirmée, ces programmes ne sont plus le bréviaire qu’on a connu mais une feuille de route.

La scolarité suivra désormais 4 cycles de trois ans. La 6e appartient au cycle 3, la 5e, 4e, 3e constituent le cycle 4. Le projet fixe seulement des objectifs à atteindre en fonction des compétences à maîtriser, ce qui a pour conséquence un accroissement considérable de la liberté pédagogique.

Un exemple pris dans les programmes de 4e pour illustrer le changement de cap :
Réalisme : films, fiction audiovisuelle, peinture

 
Programme de 2008 :
Le récit au XIXe siècle :  Le professeur fera lire au moins deux œuvres choisies dans les deux entrées suivantes : – une nouvelle réaliste et/ou une nouvelle fantastique, intégralement ; – un roman, intégralement ou par extraits. Les œuvres sont choisies parmi celles d’auteurs français ou étrangers : Honoré de Balzac, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Prosper Mérimée, George Sand, Théophile Gautier, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Emile Zola ; E. T. A. Hoffmann, Alexandre Pouchkine, Edgar Allan Poe, Nicolas Gogol, Charlotte ou Emily Brontë, Ivan Tourgueniev.
 
Projet de programme de 2016
La fiction pour interroger le réel
Repères : nouvelles et romans réalistes
Réalisme : films, fiction audiovisuelle, peinture

Reste la question de la langue. La maîtrise de la langue est affirmée dans les nouveaux programmes comme un objectif prioritaire. Pourtant, on note peu d’évolution de ce côté : la langue reste intégrée à la séquence :  « Des séances spécifiques en étude de la langue peuvent se trouver justifiées à l’intérieur de la séquence. L’étude de la langue se fait néanmoins prioritairement dans une dynamique d’ensemble incluant activités de lecture, d’écriture et d’oral dans une même perspective de développement des compétences langagières.»
Attention, rien n’est définitif dans ce texte. Il ne le sera qu’en septembre 2015, à l’issue de la consultation organisée par le ministère.

Cliquez pour voir la progression envisagée pour le cycle 4.

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Les jeunes années de la NRP…

Publié le par La rédaction NRP

Cela ne se voit pas, mais la Nouvelle Revue Pédagogique fête cette année ses 70 ans. À l’occasion de cet anniversaire, nous vous invitons à découvrir des pages publiées en 1948. On y trouvait alors de tout, mais seulement pour le collège : orthographe, physique, mathématiques, histoire, langues vivantes, sans oublier l’utile leçon de « morale et instruction civique ». Comme aujourd’hui, la revue voulait être au plus près de ses lecteurs auxquels elle lançait déjà des appels à témoignage, et qu’elle invitait à débattre de sujets déjà polémiques. Nous vous laissons réviser votre cours sur les glaciers de montagne, et méditer le sens que Jean Jaurès donne au mot courage.

 


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Pour écrire de l’autobiographie, rencontre avec Philippe Lejeune

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Propos recueillis par Claire Beilin-Bourgeois

Philippe Lejeune DR/Philippe Lejeune

Philippe Lejeune DR/Philippe Lejeune

Après avoir posé les jalons de l’écriture autobiographique dans le désormais « classique » Pacte autobiographique, paru au Seuil en 1975, Philippe Lejeune s’est interrogé sur la pratique de l’autobiographie en dehors du champ de la littérature. En créant l’APA (Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique), il s’est intéressé aux autobiographies ordinaires, dont l’association recueille et lit les textes. Professeur, il a choisi de ne pas se cantonner à l’étude des œuvres patrimoniales pour tenter l’expérience, souvent délicate, de l’écriture de soi dans un cadre scolaire. Pour lui, c’est un défi qu’on peut relever, à condition de trouver un mode opératoire pertinent.

Des cours d’écriture autobiographique

« J’ai fait l’expérience directe de la provocation autobiographique en milieu scolaire. Il y a deux principes essentiels. Le premier est de savoir si les élèves sont là volontairement. C’est un peu difficile de répondre à cette question dans le secondaire. Mais j’ai mené cette expérience en faculté, où c’est différent, car un étudiant qui suit un enseignement en autobiographie l’a vraiment choisi. Le second principe est de ne pas faire écrire en classe : je donne des consignes d’écriture, et les élèves rendent leur texte la semaine d’après, selon une série d’indications. J’avais toujours des petits groupes de dix à quinze étudiants pendant six ou sept semaines. Je donne alors une première consigne : aller dans la cabine d’un photomaton et raconter ce qui se passe. Cette consigne a toujours eu beaucoup de succès parce qu’elle pouvait se lire avec une certaine distance, de manière ludique. Les copies sont ramassées la semaine suivante, sans que les élèves aient l’obligation de rendre quelque chose. Bien entendu, il n’y a pas de note. L’étudiant doit avoir la liberté totale de ne pas faire. Pour l’étudiant ou pour l’élève, c’est une chance qui lui est donnée d’être écouté, mais il doit conserver la liberté de rester à l’écart. Une seconde consigne peut alors être donnée : qu’évoque pour vous votre nom ? Quand je proposais cette consigne, je payais de ma personne en écrivant au tableau PHILIPPE LEJEUNE et en commentant. Sur cette consigne, vous prenez un risque. On va attendre de vous beaucoup plus que vous ne pouvez donner. Un tel sujet peut être le lieu de transferts puissants, avec le risque de déclencher des confidences ou des appels au secours face auxquels vous serez impuissant. Il faut donc être très prudent. Les textes sont ramassés la semaine suivante. Ils sont alors lus mais pas corrigés : j’écrivais seulement ma réaction et un mot de commentaire. La troisième semaine, je présentais une analyse de l’ensemble des productions, une sorte de compte rendu sous la forme d’une fresque, sans dire de qui cela venait. Il m’arrivait alors aussi de lire certains passages particulièrement beaux. Je ne rendais pas les textes en classe : les étudiants venaient chacun dans mon bureau pour les récupérer, un peu comme au confessionnal. Selon les années, les sujets pouvaient varier. Une année, j’ai choisi :  »racontez un tournant de votre vie ». Sur ce sujet, j’ai lu des textes extrêmement impressionnants, et j’ai eu le sentiment d’avoir commis une imprudence. Il en est résulté des relations parfois compliquées avec des étudiants, avec le danger, toujours, d’établir une relation plus personnelle. Le grand problème reste de trouver la distance qui convient. À cela, il y a la solution d’être plusieurs adultes, puisque ce « groupe » éloigne les problèmes de transferts. On peut aussi échanger, prendre la mesure des choses. Constituer une équipe d’enseignants rend la situation plus confortable. Les dernières années, j’ai partagé cet enseignement avec Françoise Simonet-Tenant et on était plus libres. »

L’APA : l’Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique

« En 1992, nous avons fondé l’association APA avec des amis. L’idée générale était d’assurer un accueil et une survie à tous les textes autobiographiques de gens inconnus. Ces textes peuvent être un épisode ou le bilan d’une vie. La question était de savoir ce qu’allaient devenir tous ces textes. Leurs auteurs se demandent s’ils peuvent intéresser quelqu’un d’autre et leur survivre. L’association leur offre une réponse, un retour de communication d’un être humain, lecteur sympathisant et inconnu. On peut bien sûr déposer des textes en demandant qu’ils ne soient pas lus avant un certain nombre d’années, mais c’est plutôt rare. Les textes sont lus au sein de groupes de lecture, et un retour est envoyé sous la forme d’un compte rendu de lecture. Les textes ne sont pas publiés mais les comptes rendus le sont, les rendant accessibles à la consultation des chercheurs (historiens, sociologues).

Les groupes, composés en majorité de professeurs, de femmes et de retraités, fonctionnent par cooptation. Il est indispensable de renoncer à tout jugement négatif. Cela exige une certaine hauteur de vue car il faut tout accepter. Ce serait une tâche impossible pour un individu isolé, alors que dans le groupe on trouve toujours quelqu’un pour lire. Les textes sont tous conservés à la médiathèque d’Ambérieu-en-Bugey, qui a mis sa salle de lecture et ses rayonnages à la disposition de l’APA qui dispose désormais de plus de trois mille textes, dont la longueur peut aller de dix feuilles à soixante cahiers. Cela fait entre 250 et 300 mètres linéaires d’archives. Un de ces textes est assez emblématique : il s’agit du journal d’Ariane Grimm, née en 1967 et morte en 1985 dans un accident de moto. À sa mort, sa mère, Gisèle, a publié les derniers de ses journaux sous le titre La Flambe ; je suis entré en contact avec elle. Nous avons alors réalisé un film dont je me suis servi plusieurs fois pour des interventions avec des adolescents. Gisèle Grimm a légué à l’APA tous les journaux de sa fille, qui se comportait déjà elle-même comme une archiviste, répertoriant tout ce qu’elle composait : récits, contes, bandes dessinées… Cette publication a soulevé de nombreux débats : la démarche n’était-elle pas impudique ? Ariane aurait-elle été d’accord ? Le journal a aussi donné lieu à un spectacle dans lequel quatre adolescentes se partageaient le rôle d’Ariane.

À côté de ces tâches de conservation et de lecture, l’association peut avoir des activités diverses. Par exemple, une collaboration est née entre l’APA et l’académie d’Aix-Marseille.

Est alors venue l’idée de faire travailler des classes sur le thème de l’exil, proposé cette année-là à des adhérents lors d’un weekend de rencontre. Dans cette région qui est une terre de migrations, plusieurs classes ont participé au projet et sont venues nous montrer leurs productions. L’expérience, pilotée par Françoise Lott, s’est prolongée et a duré treize ans, prenant de plus en plus d’ampleur. Nous avons organisé des ateliers d’écriture pour les professeurs, qui bénéficiaient de l’aide d’un plasticien ou d’un comédien pour mettre en valeur le travail de leurs élèves. Cela a fini par concerner une vingtaine d’établissements et s’est achevé par une rencontre à Aix à la bibliothèque Méjanes. Toute la journée, suivant une forme de rituel, se succédaient des groupes, du CM2 au lycée professionnel, avec à la fin

un temps de discussion et de réflexion. Le contenu de ces rencontres était ensuite publié dans un petit cahier. Nous avons arrêté l’année dernière, mais espérons que le relais sera pris ailleurs. Depuis quelques années, l’arrivée du numérique a modifié notre fonctionnement. En effet, on ne le sait pas toujours, mais la BNF conserve tous les textes numériques mis en ligne sur Internet. Deux fois par an, elle fait une saisie brute de tout ce qui est écrit en langue française, et édite un choix consultable sur les ordinateurs de la BNF. L’APA participe à cette sélection. »

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On parle de nous dans la presse : L’Enfant de Schindler, Leon Leysson

Publié le par La rédaction NRP

À l’occasion de la sortie du supplément collège de mars 2015  L’Enfant de Schindler  de Leon Leysson deux articles sont parus dans L’Est Éclair.  Si le premier est consacré à l’ensemble du supplément, le second s’attache plus particulièrement au devoir de mémoire et présente la ressource numérique intitulée Pourquoi commémorer ? L’exemple d’une commune de l’Aube.  Exceptionnellement, cette ressource est accessible à tous, vous pourrez la télécharger dans l’espace « Ressources abonnés » du site de la NRP collège.

Les abonnés numériques, auront accès à une ressource exclusive composée de documents d’époques inédits. Une première à la NRP.

Nous en profitons pour remercier chaleureusement Léo Lamarche, notre auteur, grâce à qui nous avons pu vous proposer ce contenu exclusif.

Article du 11 janvier 2015

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Article du 19 février 2015

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Interview de Jérôme Leroy pour son livre « Norlande »

Publié le par La rédaction NRP

Par Claire Beilin-Bourgeois

norlandeLauréat du Prix NRP 2013-2014, Jérôme Leroy n’écrit pas seulement pour la jeunesse. Dans ses romans, qui doivent beaucoup au roman noir, il aborde des sujets politiques. Dans Norlande chez Syros, un pays imaginaire, on reconnaît à travers les lettres de Clara à son amie française celles d’une survivante de la tuerie d’Utoya.

Claire Beilin-Bourgeois. – Comment ce projet de roman est-il né ?
Jérôme Leroy. – La tuerie perpétrée par Breivik, en juillet 2011, m’a touché pour des raisons presque personnelles. Les victimes de ce tueur étaient des jeunes gens, très jeunes même, qui s’étaient engagés politiquement dans un combat pour l’émancipation et le vouloir vivre-ensemble. J’en connais un certain nombre dans mon entourage et j’ai pensé à eux. Je me suis aussi revu à leur âge. Il me semble aussi que cet événement marque une date décisive en Europe. Un tueur, conditionné par une idéologie xénophobe qui envahit le Net depuis quelques années en se nourrissant de la crise économique, est passé à l’acte. Et il n’a marqué aucun regret, persuadé d’être un des premiers combattants d’une guerre raciale. Il faut prendre ce qui s’est passé ce jour-là très au sérieux, comme un avertissement effrayant : nous devons de toute urgence refondre une société plus juste, plus égalitaire qui n’ira pas chercher des boucs émissaires chez les plus faibles, les immigrés, les Roms, etc…

C. B.-B. – Pourquoi avez-vous choisi de situer l’événement clé du roman, à savoir la tragédie d’Utoya, dans un espace imaginaire ?
J.-L. – Je parlerais plutôt d’un espace parallèle que d’un espace imaginaire. La Norlande résume tout ce qui me séduit dans les sociétés scandinaves et j’ai réuni dans un seul pays les caractéristiques de la Norvège, de la Suède, du Danemark afin de montrer le monde d’avant Breivik comme une utopie possible, une utopie concrète. Malgré leurs défauts, les sociétés nordiques ont quand même été, longtemps, des sociétés ouvertes où l’autre n’est pas vu a priori comme un concurrent mais comme un partenaire, où l’on préfère la coopération à la compétition, où l’on s’efforce de réduire les inégalités pour que tous aient l’impression de vivre, à peu près, dans la même société sans se sentir exclu.

C. B.-B. – En mêlant des personnages réels et des personnages fictifs de manière assez troublante, quel effet recherchez-vous ?
J.-L. – Je pense que vous donnez la définition même du roman, ou en tout cas de ce que j’aime dans le roman. Je n’arrive pas, en tant que lecteur, à adhérer à un univers qui ne me renvoie pas, d’une certaine manière, au monde dans lequel je vis. On peut appeler ça le réalisme, si vous voulez. Sinon, j’ai une impression de gratuité, je n’y crois pas. Et j’ai besoin d’y croire, même dans une fiction.

C. B.-B. – Qu’avez-vous gardé, dans ce roman-là, de la forme du roman policier ?
J.-L. – En règle générale, je préfère le terme de roman noir à roman policier. Le roman noir est un roman de la critique sociale qui prend en compte les contradictions parfois violentes de nos sociétés. C’est un roman qui aborde de front la violence, qui ressemble d’ailleurs à la tragédie, au sens classique du terme. Il y a souvent une enquête, ou une quête, dans le roman noir comme dans le roman policier, mais cette enquête n’a pas forcément besoin d’aboutir ou de ramener un ordre rassurant. Dans Norlande, l’enquête, c’est Clara qui la mène, sur ellemême et sur la Norlande. Elle recherche des réponses, et d’une certaine manière, elle y réussit en parvenant à dire le nom du tueur et à lui faire baisser les yeux. Et même si elle ne peut évidemment pas effacer ce qui s’est passé, c’est une victoire.

C. B.-B. – Vous avez publié en 2011 Le Bloc, dans lequel vous évoquez, comme dans Norlande, l’évolution en Europe des partis nationalistes : quel peut être aujourd’hui, le rôle, ou l’influence, de ces textes engagés ?
J.-L. – Il ne faut pas surestimer le pouvoir des livres, du roman. Mais il ne faut pas non plus le sous-estimer. Un roman engagé, ou même qui expose simplement des problématiques de notre temps, peut aider à des prises de conscience, à pousser une réflexion.

C. B.-B. – Dans vos choix de lectures, accordez- vous une importance particulière à la dimension politique d’une œuvre ?
J.-L. – Disons que la dimension sociale, politique, et même historique, me semble importante. J’aime les écrivains qui ont rendu compte de leur temps, des enjeux de leur époque. Je pense même que c’est ce qui assure leur postérité.Mais la dimension politique, je la prends au sens large. Il y a une dimension éminemment politique chez Rimbaud, par exemple, que je cite en exergue de Norlande.

C. B.-B. – Abordez-vous l’écriture d’un roman pour la jeunesse de la même manière que celle d’un roman destiné à un public plus large ?
J.-L. – À peu de choses près, oui. C’est même la philosophie des collections Souris noire et Rat noir. On traite des « problèmes d’adultes » en prenant le point de vue de l’adolescent ou de l’enfant qui est souvent oublié dans l’histoire.

C. B.-B. – Le personnage d’Émilie relie Norlande à un précédent roman pour la jeunesse, La Grande Môme : pensez-vous ajouter un autre volume à cette série ?
J.-L. – Sans doute. J’ai envie de créer un univers romanesque cohérent avec des personnagesqui vivent dans le même univers et ont donc pu se croiser.

Article paru précédemment dans la NRP collège de janvier 2014

Publié le par La rédaction NRP
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Anthony Soron nous parle des ESPE

Publié le par La rédaction NRP

Créées dans l’urgence au printemps 2012, les ESPE, prononcez èspé, se dessinent peu à peu dans le paysage de l’Éducation nationale. Après la disparition progressive des IUFM amorcée en 2009, il fallait reconstruire, repenser aussi la formation et le métier de professeur. Antony Soron, maître de conférences responsable du parcours Lettres à l’ESPE de Paris Sorbonne, est depuis le début, en 2012, embarqué dans cette aventure.

Propos recueillis par Claire Beilin-Bourgeois

Pouvez-vous rappeler l’historique de la création des ESPE ?
Les Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation ont été « opérationnelles » à partir de la rentrée 2013. Leur création par le ministère Peillon a fait moins de bruit que la mise en place des nouveaux rythmes scolaires mais elle a constitué une sérieuse « avancée » après une parenthèse désenchantée où l’enseignement ne semblait plus considéré comme un métier qui s’apprend. Conjointe à la rénovation du CAPES, la création des ESPE a permis d’endiguer l’inquiétante désaffection pour le professorat.

En quoi se distinguent-elles des défuntes IUFM ?
L’accent a été mis sur la mutualisation des interventions. L’ESPE n’est en rien une « bulle » éloignée de la réalité du terrain et des différents partenaires de l’institution. La structure implique une bonne entente non seulement avec les universités mais aussi avec le rectorat de référence. Ainsi, nous travaillons ensemble à ce que les étudiants de M1 bénéficient de stages avec accompagnement de formation tout en n’abandonnant pas spécifiquement pour le cas des lettres la recherche sur la littérature avec la proposition de séminaires universitaires. En M2, soit l’année qui suit la réussite au CAPES, les professeurs stagiaires à mi-temps sont accompagnés et formés à l’exercice de leur métier sans délaisser pour autant la recherche, qui passe entre autres par la rédaction d’un mémoire et l’inscription à des séminaires. Il va de soi que l’on n’est pas ici dans la recherche pure. Néanmoins, on part de l’idée que l’approfondissement de la didactique de la littérature n’est pas forcément l’ennemie de la recherche sur la littérature.

C’est donc ce lien avec l’université qui fait la spécificité de l’ESPE ?
Il est important d’entendre « ESPE » de deux façons. L’ESPE au sens strict c’est effectivement le lieu de formation des professeurs du premier et du second degré ainsi que des personnels d’éducation. Néanmoins, l’ESPE doit être aussi considérée au sens large, répondant en cela à une volonté institutionnelle de mutualisation. Autrement dit, selon cette deuxième perspective, l’ESPE doit être comprise comme une structure partenariale où les universités ont pleinement leur place dans les Masters 1 et 2. Chaque parcours bénéficie ainsi d’une commission pédagogique, composée du responsable du parcours et des référents des universités partenaires, qui se réunit régulièrement. En clair, un étudiant de M1 ou de M2 aura des cours dispensés dans les universités comme il aura des cours dispensés à l’ESPE au sens strict. En lettres, sur Paris, les choses se passent correctement du point de vue partenarial même si bien entendu nous tâtonnons encore. Bien des choses, comme le lien entre recherche et didactique de la discipline, restent à parfaire.

Dans les nouvelles ESPE, qui sont les formateurs?
Je ne vous étonnerais pas en vous disant qu’il s’agit des anciens IUFM autrement dit des formateurs des anciens IUFM. Mais votre question n’est sans doute pas dénuée d’implicite. Aussi, je m’empresse de dire qu’il est très rare de voir des formateurs ESPE sans la moindre connaissance du terrain. Le recrutement des formateurs, en tant que professeur détaché de l’enseignement secondaire ou en tant qu’enseignant-chercheur, n’a en général rien d’artificiel. Chacun a des compétences spécifiques, en matière pédagogique ou didactique, et à tout le moins une expérience professionnelle suffisante.

Il y a eu une forme de « vacance » de formation pendant quelques années : cette période
« sans » a-telle permis de mieux cibler les besoins des nouveaux professeurs ?

Maître de conférences à l’IUFM puis à l’ESPE de Paris depuis 2007, je vous rassure, je n’ai jamais été au chômage technique ! Néanmoins, nous avons quand même ressenti le vent du boulet. À titre personnel, je pense qu’il n’est jamais mauvais de se remettre en question. Nouveaux publics, exigences parentales accrues, nouvelles missions (enseigner le numérique, etc.)… Il n’est plus possible de se penser seulement professeur d’une discipline donnée. C’est d’ailleurs tout le sens du sigle ESPE. Indubitablement, il faut prendre en compte la transversalité du métier. « Vacance » de formation ou pas, les « néo-profs » ne sont pas nés de la dernière pluie ! Personne n’est dupe sur ce qui l’attend. En conséquence, on est certainement, plus encore qu’auparavant, amené à parler « concret », « terrain » en faisant se corréler principe de réalité et principes didactiques.

Chaque ESPE a-t-elle une forme d’autonomie au plan pédagogique ?
Je pense qu’il faut raisonner davantage au niveau des parcours de formation : lettres, histoire. Il va de soi que le directeur de l’ESPE a un rôle à jouer dans l’impulsion d’une ligne « force » de formation mais l’action du responsable de parcours reste fondamentale. Ce qui n’est pas de tout repos, croyez-le bien !

Vous, à Paris, sur quoi mettez-vous l’accent ?
L’affectation des stagiaires M2 se fait non seulement sur l’académie de Paris mais aussi sur les académies limitrophes, Versailles et Créteil. Les berceaux de stage demeurent par conséquent variés voire hétérogènes en termes de public et de conditions d’enseignement. Dès le mois d’août, nous essayons d’appuyer là où ça peut faire mal si on n’y prend pas garde. Autrement dit, nous nous appliquons à ne pas isoler la pédagogie de la didactique. Apprendre aux « néo-profs » à se questionner est une chose, leur donner des réponses en est une autre certes, mais tout aussi fondamentale. Que ce soit en séances dites de « tutorat » (en groupes restreints) ou en groupes plus complets, nous insistons sur la nécessité de construire sa méthode d’apprentissage en apportant aux « néo-profs » les éléments les plus concrets possibles pour construire séances et séquences. Toutefois, notre objectif consiste aussi à les mettre en confiance en leur disant et leur redisant que l’essentiel demeure leur bon sens, leurs intuitions et leur goût pour la littérature.

En français, dans la mesure où les programmes désacralisent les séquences et permettent de recloisonner certains enseignement, comment abordez-vous la question des contenus ?
Notre objectif reste institutionnel. Il ne s’agit pas, loin s’en faut d’ailleurs, de combattre l’esprit des programmes. L’idée est plutôt de trouver de nouveaux moyens de transmettre les textes patrimoniaux. La formation n’est pas là pour saborder la littérature classique. L’enjeu se situe plutôt autour de « comment renouveler son enseignement ? » (recours à l’image, à la version « audio » des textes, etc.). Quand on effectue comme chaque formateur ESPE une dizaine de visites de classe par an, on est à même de bien se rendre compte de tout ce qu’il faut faire pour que ça marche et bien entendu de tout ce qu’il ne faut pas faire. À titre personnel, je suis très favorable à l’introduction de l’histoire des arts dans l’enseignement du français. Néanmoins, il semble tout aussi fondamental de redonner à notre enseignement de la littérature une dimension contextuelle, tant sur le plan historique que biographique. Sur la question de l’enseignement de la langue, différents courants nous traversent, il ne faut pas se le cacher. Mais ce n’est pas gênant car c’est au « néo-prof » de faire le tri dans les informations et conseils qu’on lui donne. Au collège notamment, nous devons prendre en compte la réalité du niveau des élèves en orthographe et en grammaire. À ce titre, notamment pour un débutant, je vois mal comment une séquence intégrative pourrait ménager une véritable progression en langue. En outre, plus que de recloisonnement, je parlerai plus volontiers de recloisonnement relatif en insistant sur le fait que les frontières entre séances de langue et séances de littérature demeurent poreuses.

Quelle place accordez-vous à des formations qui ne sont pas directement disciplinaires,  comme la gestion des classes, la médiation ?
Je ne veux pas parler pour tout le monde mais à « mon petit niveau » je n’exclus jamais ces aspects relevant a priori d’éléments transversaux de la formation des séances dites de « didactique » de la discipline. Une séance de littérature mal organisée a en effet des incidences sur la gestion de classe. Le choix d’un texte trop résistant ou mal contextualisé aussi. De fait, il nous faut être constamment à l’écoute du vécu des stagiaires sans pour autant bien entendu n’être que le réceptacle de leurs expériences amères. La formation disciplinaire ne peut plus être unidimensionnelle. Les stagiaires ne veulent d’ailleurs plus de cela. Cela nous conduit nous-mêmes à une démarche autocritique permanente avec cette question « cruelle » constamment au fond de nos caboches de formateur, « et, toi au fait, comment tu ferais à sa place ? »

Comment vous y prenez-vous pour rendre les ESPE proches du terrain, puisque c’était un reproche fait aux formations antérieures, et finalement depuis la disparition des Écoles normales d’instituteurs ?
Mon propos, vous l’aurez compris, s’attache à ce que je connais le mieux, le second degré. Cependant, je crois qu’on a parfois fait un mauvais procès aux IUFM. Pour ma part, j’ai toujours eu l’impression d’être en dedans et non en dehors de la réalité de la classe. Si vous saviez le nombre de fois où l’on a envie de se lever dans une classe que l’on visite et de dire « allez, je vais te montrer…». Il faut bien comprendre qu’un formateur ESPE est aussi quelqu’un qui va dans les classes, qui rencontre des tuteurs « terrain ». Il n’est jamais là pour faire la leçon ! Chacun a bien entendu sa façon de penser et d’être mais je ne pense plus possible de s’abstraire du réel. Pour finir, je vous donnerai l’exemple récent d’une réunion dite de régulation avec les inspecteurs de lettres parisiens. Le face-à-face entre les « institutionnels» (les inspecteurs et moi-même) et les stagiaires de M2 réunis en amphi du fait de leur nombre aurait eu tout lieu d’inhiber les seconds. Il n’en fut rien. Tout le monde s’est lâché. Et tout le monde y a gagné. Comme si, selon un accord tacite, il était entendu que le temps de la langue de bois était bel et bien révolu !

Publié le par La rédaction NRP
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Interviews des lauréats du Prix NRP 2014-2015

Publié le par La rédaction NRP

Par Claire Beilin-Bourgeois

Élise Fontenaille,Les Trois sœurs et le dictateur Le Rouergue

Les trois soeurs et le dictateur, Elise Fontenaille, Le RouergueLe 25 novembre 1960, Patria, Minerva et María Tereza Mirabal sont assassinées sur ordre de Rafael Trujillo, l’homme qui régna sans partage sur la République dominicaine pendant près de trente ans. À travers le regard de Mina, jeune Californienne partie sur les traces de sa grand-mère Minerva, Élise Fontenaille nous raconte cette histoire dans Les Trois Sœurs et le Dictateur (Le Rouergue, 2014).

Qu’est-ce qui vous a menée vers ce récit?
C’est un couple de professeurs documentalistes. En poste au Canada, ils avaient aimé mon livre Les Disparues de Vancouver. Ils m’ont donc invitée à en parler, et nous avons sympathisé. Ils ont ensuite déménagé en République dominicaine, où je suis allée leur rendre visite. Or, c’était le 25 novembre, jour de l’assassinat des sœurs Mirabal. Nous avons visité la maison des Mirabal ce jour anniversaire, où a lieu le rassemblement des descendants. Je me suis retrouvée au cœur d’une famille très chaleureuse. Les petites-filles que j’ai rencontrées étaient élégantes, raffinées. Je me suis attachée à ces femmes qui n’étaient pas des pasionaria, qui représentaient à mes yeux la sophistication contre la barbarie, l’intelligence contre la bestialité. Parce qu’elles constituaient à mon sens une belle mythologie, très solaire, en revenant en France, j’ai proposé spontanément au Rouergue d’en faire un roman.
Comment cette rencontre s’est-elle déroulée ?
J’ai rencontré la dernière sœur survivante. D’une certaine manière, j’ai recueilli ses dernières paroles, puisqu’elle est morte peu après la parution du roman. Le jardin m’a marquée, car c’est là que j’ai rencontré la famille des sœurs Mirabal. Lieu de révélation mais aussi symbole, il est aussi devenu un personnage essentiel du roman.
Comment concevez-vous un roman historique ?
J’aime révéler des histoires méconnues. Chaque fois que j’écris un roman, je fais de telles recherches que j’apprends beaucoup, et j’en transmets une partie. Je n’avais jamais entendu parler de Trujillo, et mes amis m’ont prêté tous les livres possibles. Dans le roman, on invente pour transmettre quelque chose. Ce morceau d’Histoire avait pour moi quelque chose de mythologique : une trinité, le combat du bien contre le mal. C’est certes un texte politique, mais leur histoire dit bien davantage le combat de la liberté contre la tyrannie et de la culture contre la barbarie.
Comment envisagez-vous votre métier d’écrivain ?
J’écris une histoire pour que les enfants lisent. Chaque lecteur est créateur, l’impact du livre est différencié. Je suis très contente de la réception de ce livre ; l’accueil a été immédiatement chaleureux.
Est-ce qu’écrire pour la jeunesse est une activité particulière pour vous ?
J’écris très vite pour la jeunesse. Je peux écrire un roman en trois jours. Ça va beaucoup plus vite que pour les adultes, parce que je me sens proche des jeunes, ça m’est très naturel de communiquer avec eux. C’est la plus belle part de mon travail d’écrivain, et je crois que c’est le lectorat qui m’importe le plus. Je continue pour les adultes parce que ça me confère un statut : en n’écrivant que de la littérature jeunesse, on prend le risque de se sentir un peu en marge. Mais il n’y a pas pour autant de division entre les deux : le livre jeunesse doit être lu par des adultes avec plaisir. Cependant, soyons honnête : il faut plus de simplicité pour la jeunesse. La Fête au bouc de Vargas Llosa ne peut pas être lu par la jeunesse. J’écris court aussi pour que tous les jeunes de tous les milieux me lisent. Je n’ai qu’une règle, c’est ne pas désespérer la jeunesse. Il me faut une note d’espoir.
Qu’est-ce qui a motivé la forme de la fiction, à mi-chemin entre le récit et la lettre ?
Ce récit adressé par la petite fille à son amie d’origine haïtienne restée en Californie est un clin d’œil à la dualité Haïti-Saint-Domingue. La forme est donc symbolique. Les deux amies illustrent la dualité de l’île. Je voulais parler des Haïtiens car la dichotomie entre les deux côtés est très forte, et le racisme très présent. J’écris davantage par imprégnation. Pour Les
Trois Sœurs, je me suis laissée porter par le lieu, et par ces deux faces d’un même milieu.
Et comme c’est une histoire de sororité, le dialogue des deux amies fait miroir.
Quels sont vos projets ?
Mon prochain roman pour la jeunesse se passera au Pérou. Ce sera l’histoire d’une
jeune fille qui vient d’avoir son bac, et prend l’avion avec sa mère pour rejoindre son père.
L’avion est pulvérisé, et la jeune fille survit à une chute de dix mille mètres, sauvée d’une mort certaine par les arbres, qui ralentissent sa chute. C’est un personnage incroyable de survivante, et cette histoire vraie est aussi un conte de fée. Il me tarde vraiment de m’y mettre.

Johan Héliot ,Les Substituts Le Seuil jeunesse

Les substituts, Johan Héliot, le Seuil
Dans le monde imaginé par Johan Heliot, les substituts sont des esclaves dotés d’un vocabulaire minimum, privés de tout savoir superflu. Mais Tya n’est pas comme les autres, elle le sait, et quand, à l’âge de 14 ans, elle part travailler comme les autres substituts, elle trouve les moyens de décupler cette force qui l’habite. Les Substituts (Seuil, 2014) est un roman haletant, mais aussi une réflexion sur la puissance du savoir.

Le projet de ce roman très politique est-il né dans un contexte particulier ?
Pas vraiment, sinon l’envie de m’intéresser à un personnage dont l’intelligence et la perception du monde évoluent de manière radicale entre les premières et les dernières pages du roman, et de jouer avec le style en ce sens, puisque ce personnage est aussi la narratrice. Ce procédé a déjà été utilisé dans un classique de la science-fiction, Des fleurs pour Algernon, mais je l’ai adapté au cadre d’une dystopie dans laquelle la limitation de l’intelligence constitue une sanction à l’encontre des descendants des responsables de la catastrophe initiale.
Au-delà du plaisir d’être embarqué dans l’aventure, qu’attendez-vous du jeune lecteur ?
Qu’il réalise sa chance de vivre et grandir dans une société comme la nôtre, malgré ses imperfections, car la transmission des connaissances y joue un rôle prépondérant – mais est-elle un principe acquis pour toujours ? Je ne cite pas pour rien Condorcet en exergue ! J’aimerais que le jeune lecteur comprenne quel cauchemar serait une société sans apprentissage (donc sans école !), car elle ne produirait que des populations d’esclaves, comme les substituts.
Quelle liberté vous apporte le choix de la science-fiction ?
Celle de repousser très loin les limites du cadre réaliste, justement, pour mettre en lumière des problèmes très actuels, par effet d’opposition. La science-fiction utilise le futur comme décor, mais elle parle des problèmes d’aujourd’hui. Par exemple, la suppression des cours d’histoire dans certains niveaux de formation m’apparaît un phénomène inquiétant – quelles autres matières seront ensuite rayées de la carte ? Partant, quels élèves formera-t-on, coupés de leur passé ? Un problème actuel que j’ai donc transposé dans un futur relativement proche, et développé à l’extrême, car décrire un monde cauchemardesque est toujours plus amusant ! Ensuite, la science-fiction m’apporte une totale liberté dans le choix des personnages et créatures qui jalonnent le parcours de mes héros, dans l’élaboration de décors propres à frapper les imaginations (du moins je l’espère !).
Dans quel but avez-vous peuplé votre roman de personnages assez complexes, et rarement d’une seule pièce ?
J’assume totalement leur complexité et l’absence de manichéisme ! Chacun, qu’il soit d’abord perçu comme bon ou mauvais, est animé d’intentions justifiables de son point de vue, et mon héroïne finit par les comprendre, même si elle ne peut toutes les accepter. Son apprentissage du monde passe d’abord par celui du vocabulaire – elle découvre que nommer les choses lui confère un pouvoir sur elles – puis par celui de la complexité du réel. Elle poursuivra ce cheminement sur un plan plus personnel dans le tome 2, d’ailleurs.
Pour ce roman très dynamique, avez-vous voulu une écriture qu’on pourrait qualifier de cinématographique ?
J’aborde généralement tous mes romans avec un point de vue cinématographique, dans la mesure où je visualise les scènes avant leur écriture, imaginant parfois même les mouvements de caméra. Je ne sacrifie pas pour autant l’introspection, mais je m’arrange pour la mêler à l’action autant que possible. Cela me vient, je pense, de mon côté cinéphage (plutôt que cinéphile) et aussi de mon amour du roman noir où, le plus souvent, la psyché des personnages apparaît dans l’action.
Avez-vous pensé à d’autres romans qui allient ainsi la science-fiction, l’aventure, à la philosophie et la politique, en écrivant celui-ci ?
Je pourrais citer la plupart des dystopies classiques produites par la science-fiction, comme Le Meilleur des mondes ou Farenheit 451, pour le rôle crucial de la préservation et de la transmission des connaissances. Chaque fois que j’écris un roman de science-fiction, je sais – plus ou moins ! – sur quelles bases je m’appuie dans la déjà longue histoire de cette littérature, même si ce n’est pas forcément conscient au départ.
Vous écrivez des romans pour tous les publics : vous imposez-vous des contraintes spécifiques quand vous écrivez pour des enfants ou des adolescents ?
Pas au niveau de la complexité, surtout – les ados ne sont pas idiots, ils ont le même cerveau que nous, juste un peu moins rempli ! Au niveau du rythme de l’action, je m’efforce de le maintenir soutenu. J’écris plus rarement pour les plus jeunes, car justement de nouvelles contraintes s’imposent alors.

Yann Rambaud , Gaspard des profondeurs Hachette Jeunesse

Gaspard des profondeurs, Yann Rambaud, Hachette
La mère de Gaspard ne va pas bien. Elle passe ses journées à fabriquer des rideaux assise à sa machine à coudre. Et cela fait trop longtemps que Gaspard n’a pas vu son père. Technicien dans un théâtre, il est en tournée et ne répond à aucun de ses appels. Un soir, c’est est trop, il part le chercher pour le ramener à la maison. Mais chemin faisant, une étrange musique l’entraîne dans une forêt peuplée de rêves et de cauchemars. Ce premier roman, Gaspard des profondeurs (Hachette Jeunesse, 2014), nous raconte l’épopée de Gaspard, sa rencontre avec Honoré, un ami, un vrai, et le voyage initiatique qui le conduira à lui-même.

Quel était votre projet en amorçant l’écriture de ce roman : écrire sur l’enfance ?
J’avais envie avant tout d’écrire sur l’enfance, mais aussi sur l’histoire d’une amitié forte. Au départ, j’avais en tête les deux mondes, avec l’alternance des deux histoires, c’est à peu près tout. J’avais le début et la fin, mais pas grand-chose entre les deux.
Quel sens donnez-vous au thème de la « profondeur », par rapport à l’« épaisseur » psychologique, plus attendue ?
Quand j’ai travaillé sur les créatures de la forêt, j’ai fait en sorte que chacune renvoie à une partie de la vie de Gaspard, que chacun des personnages se rattache à des émotions.
À travers eux et grâce à eux, il affronte toutes ses peurs. Ils ont beau appartenir à un autre monde, ces personnages existent vraiment. Mamie est d’ailleurs, avec Honoré, un des personnages auxquels les lecteurs disent le plus s’identifier. Au début, le roman devait s’appeler Gaspard et les touchécorces. Le titre définitif est venu naturellement, il s’est imposé peu à peu. Il disait bien la troisième dimension du roman, la manière dont ce monde de la forêt rend compte de la complexité psychologique. Et puis, comme certains l’ont perçu, il crée un jeu de mots qui annonce la fin : la profondeur est une sorte d’annonce du De profundis de la messe des morts.
Diriez-vous de votre roman que c’est un récit fantastique ?
Ce n’est pas un univers fantastique comme on peut le penser. J’utilise le fantastique pour mieux encore ancrer mon histoire dans la réalité, celle des rêves, de l’intérieur. Je recherche ces moments où la frontière entre le surnaturel et le réel est ténue. Cela tient aussi à ma profession : je suis éducateur et je travaille avec des adultes handicapés mentaux. Avec eux, la confusion est souvent totale, et j’aime quand la frontière entre le monde tangible, rationnel et celui des rêves, de l’intérieur, de la folie est fragile. Et puis, j’ai choisi le fantastique parce qu’il véhicule de la poésie et de la mythologie. Je trouve utile de raviver le lien que les enfants peuvent entretenir avec le mythe.
Gaspard des profondeurs est un premier roman, et on a le sentiment que vous le portiez depuis longtemps : à juste titre ?
J’ai mis longtemps, en effet, à le digérer. J’ai dû aussi beaucoup travailler pour construire
les deux mondes parallèles. Le monde de la forêt a imposé une construction et beaucoup de réflexion pour qu’il soit cohérent et qu’il ait du sens. Il a fallu aussi prendre garde à ne pas tout dire, et à conserver une certaine linéarité pour ne pas perdre le lecteur.
Avez-vous éprouvé une difficulté particulière à traiter le thème du deuil dans un roman pour la jeunesse?
Le thème du deuil est un thème difficile, dont on a toujours tendance à vouloir trop protéger les enfants, ce qui n’est pas nécessairement une idée très judicieuse. Et on arrive dans notre société à une situation inquiétante : on surprotège les enfants, et on voit des adultes qui à un âge avancé n’ont jamais été confrontés à la mort, qui n’ont jamais vu un cadavre.
Pourquoi, pour un premier roman, avez-vous choisi d’écrire un roman pour la jeunesse ?
Moi, je ne savais pas que j’écrivais pour la jeunesse. J’écrivais cette histoire, je la faisais lire, et progressivement, les lecteurs ont évoqué la littérature jeunesse. C’est aussi la rencontre avec Cécile Terouanne chez Hachette jeunesse qui a clairement orienté l’écriture vers ce public. Mais le roman s’adresse aussi à un public adulte. Lors d’une signature, un homme assez âgé qui avait perdu son père jeune m’a dit avoir retrouvé, dans cette lecture, des émotions qui le renvoyaient à cette période.
Avez-vous d’autres projets ?
Oui, plusieurs. J’ai écrit un livre qui sortira en avril, Teddy n’a qu’un œil. Il raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur qui vivent près d’une maison de retraite. Ils s‘aventurent souvent vers la maison de retraite et découvrent Teddy, un gros lézard qui n’a qu’un œil. Intrigués, ils cherchent à comprendre de quoi se nourrit le gros lézard. J’ai écrit ce livre pour des enfants plus jeunes, mais il parle aussi de sujets graves.

Interviews parues dans la revue NRP Collège de janvier 2015

Publié le par La rédaction NRP
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Voyager au CDI

Publié le par La rédaction NRP

Par Yannick Denoix, Fabden

Désert de Mauritanie. BIS/ Ph. Toshiko Hasahara

Désert de Mauritanie.
BIS/ Ph. Toshiko Hasahara

Par l’espace qu’il propose et sa variété de sources d’informations, le CDI est un lieu idéal dans l’établissement pour réaliser une exposition sur le thème du voyage. La production écrite sur le sujet est particulièrement variée. Nous vous proposons donc ici une sélection de documents, permettant de réaliser et d’animer une exposition sur ce thème.

Concevoir l’exposition

Une exposition sur le voyage peut aborder plusieurs aspects. Elle peut être très générale, afin d’apporter une approche ouverte, permettant de nombreuses actions pédagogiques, ou au contraire se centrer sur un aspect précis du voyage, tels les grandes découvertes, ou les voyageurs autour du monde, par exemple. Deux documents seront d’une grande aide lors de la composition de l’exposition : le numéro 794 de la revue TDC, qui aborde le thème des récits de voyage, ainsi que le numéro de septembre 2005 de la NRP, qui lui aussi apporte de très nombreuses informations sur les récits de voyage, et sur les voyages en général. Selon le ou les thèmes choisis, de nombreux documents permettent d’enrichir le propos d’une exposition. On utilisera à bon escient la revue Géo Ado, qui propose de très nombreux articles sur le thème du voyage : les voyageurs-bloggeurs, les détails pratiques à ne pas négliger… Les numéros 337 et 350 de la revue Phosphore seront également particulièrement intéressants à exploiter, puisqu’ils abordent le thème du voyage chez les jeunes, ainsi que des témoignages de « jeunes baroudeurs ».

La réalisation : faire rêver le visiteur

Toute exposition sur le voyage qui se respecte se doit d’offrir à son visiteur un minimum de dépaysement, de rêve. Un soin tout particulier sera donc apporté à la composition des panneaux, qui par ailleurs n’en seront peut-être pas… Lorsque l’on pense à « voyage », on pense à mer, océan, coucher de soleil, forêt vierge… Certes, le voyage peut commencer au coin de la rue, ou même être intérieur, mais il implique avant tout un changement. D’optique, de cap, d’angle… Ce qu’une exposition devra offrir. On oubliera donc les classiques feuilles cartonnées simplement ornées de photocopies, et l’imagination prendra le pouvoir. Pour ce faire, une collection est indispensable, les excellents « Arts visuels et… », publiés par le Scérén. Cette collection propose de nombreuses idées d’ateliers, parmi ce qui a été fait de mieux dans les établissements scolaires. Pour le thème qui nous occupe aujourd’hui, le numéro Arts visuels et voyages, civilisations imaginaires est tout indiqué. On y trouvera une multitude d’idées pour orner des panneaux d’exposition, créer un univers original et dépaysant… Si l’espace s’y prête, le thème du voyage ouvre la voie à toutes sortes de mises en scène. Et si l’on oubliait les panneaux ? Une barque ou une gondole au milieu du CDI ? Pourquoi pas ? Les textes de l’exposition écrits sur des parchemins, roulés et enfermés dans une bouteille ? Des valises thématiques, dans lesquelles il faut fouiller pour trouver les informations ? Les idées de manquent pas, même s’il faut garder à l’esprit que le principal restera le contenu, qui sera mis en valeur par de telles activités. Et pour permettre un vrai dépaysement, les offices de tourisme de nombreux pays envoient gratuitement des affiches, des dépliants et autres documents, sur simple demande à leur siège français.

Animer une exposition autour du voyage

Une exposition sur le voyage se prêtera à de nombreuses activités. Parmi les grands classiques, la réalisation d’un carnet de voyage. Le numéro 228 de la revue Inter-CDI propose une intéressante réflexion sur les carnets de voyage. Plusieurs collègues peuvent s’associer à une telle démarche, selon le thème choisi au départ. On utilisera alors avec intérêt les livres Carnet de voyages, l’art de les réaliser, de Cécile-Alma Filliette, ainsi que Créer son carnet devoyage, d’Isy Ochoa, véritables mines d’or à utiliser pour une telle démarche. Notez qu’une séquence du numéro de mars de la NRP collège sera consacrée aux carnets de  voyage.

Bien entendu, des ateliers d’écriture, de poésie, de haïkus pourront trouver naturellement leur place au sein d’une telle exposition, qui ne peut que stimuler l’imagination créatrice des élèves !

Et puis, nous sommes au CDI, ne l’oublions pas, et une place importante pourra donc être réservée à la lecture. À côté des grands classiques des récits de voyage, de nombreuses œuvres de littérature jeunesse pourront être proposées aux élèves. Parmi elles, on pourra noter le magnifique 13 petites enveloppes bleues, de Maureen Johnson, publié chez Gallimard. Une jeune fille y parcourt un long voyage semé d’embûches, en suivant les consignes laissées par sa tante dans un paquet de lettres. Un voyage tout autant géographique qu’initiatique. On aimera aussi le fascinant voyage de Salamanca, dans Voyage à rebours, de Sharon Creech. Un road-movie sur les routes américaines, pour une jeune fille qui se découvre peu à peu.

Article paru précédemment dans la NRP Collège de janvier 2013

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Rencontre exceptionnelle avec Alain Pagès

Publié le par La rédaction NRP

L’Observatoire Zolien des Écritures Réflexives (OZER) propose une rencontre exceptionnelle le 23 janvier prochain autour du thème ZOLA ET LA LIBERTÉ avec Alain PAGÈS, professeur de littérature française à la Sorbonne Nouvelle et spécialiste de Zola.

Organisée dans le cadre d’un stage académique de Lettres, la rencontre se déroulera de 14h à 17h dans l’amphithéâtre de l’Institut du monde anglophone (Paris 3), 5, rue de l’École de Médecine, Paris 6e.

Le nombre de place étant limitée, une inscription auprès du secrétariat de l’Inspection des Lettres est indispensable : helene.goudou@ac-paris.fr.

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Remise du Prix NRP au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

Publié le par La rédaction NRP

Mais avant d’annoncer les trois lauréats, revenons un peu en arrière… L’été dernier, notre jury, vos collègues professeurs de lettres et professeurs documentalistes, ont lu 16 livres  sélectionnés par les éditeurs de littérature jeunesse. Chacun d’eux a écrit pour vous un avis de lecture  sur deux ou trois livres qu’ils ont particulièrement aimé. Nous vous invitons donc, comme un amuse-bouche avant le plat principal, à découvrir ces avis, ainsi que les résumés, biographies et extraits des livres qui ont concouru pour ce Prix 2014-2015. (Cliquez sur l’image pour le découvrir).

 Prix NRP la sélection

Bon, allez, nous n’allons pas vous faire patienter plus longtemps… les heureux lauréats du prix NRP sont :

Les trois soeurs et le dictateur, Elise Fontenaille, Le Rouergue 

Élise Fontenaille, Les Trois sœurs et le dictateur, aux éditions du Rouergue

 

Les substituts, Johan Héliot, le SeuilJohan Héliot, Les Substituts, au Seuil Jeunesse

 

 

Gaspard des profondeurs, Yann Rambaud, HachetteYann Rambaud, Gaspard des profondeurs, chez Hachette romans

 

 

 

 

Toutes nos félicitations à eux trois ! Et félicitations également aux 13 autres qui n’ont pas démérité.

La remise du prix a eu lieu le mercredi 26 novembre au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en présence des auteurs, de leurs éditeurs et attachés de presse et de quelques membres du jury qui avaient fait le déplacement exprès. En attendant la vidéo, voici quelques photos.

Discours d'introduction par Yun Sun Limet, directrice de la rédaction NRP

Discours d’introduction par Yun Sun Limet, directrice de la rédaction NRP

 

Claire Beilin-Bourgeois présente les lauréats

Claire Beilin-Bourgeois présente les lauréats

 

Johan Héliot reçoit son prix...

Johan Héliot reçoit son prix…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand merci à toutes et à tous pour votre investissement, votre participation et pour tous ces beaux ouvrages qui nous ravissent chaque année.  Nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine pour de nouvelles aventures !

 

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Une Belle Saison pour l’enfance et la jeunesse

Publié le par La rédaction NRP

Par Gaëlle Bebin

La Belle Saison

La Belle Saison, lancée par le ministère de la Culture, vise à faire découvrir toutes les richesses de la création dans le domaine des arts vivants pour le jeune public. Sa programmation dans toute la France s’étend jusqu’à fin 2015, mais elle a vocation à susciter une dynamique pérenne. L’ouverture a eu lieu lors du Festival d’Avignon cet été.

Au même moment, au Festival, était repris Mai, juin, juillet de Denis Guénoun dans la mise en scène de Christian Schiaretti. Un spectacle inégal qui, revenant sur divers événements de l’année 68 (occupation de l’Odéon dirigé à l’époque par Jean-Louis Barrault, réunion à Villeurbanne de directeurs de centres dramatiques et de maisons de la culture, altercations de jeunes spectateurs avec Jean Vilar à Avignon), a le mérite de faire réfléchir, justement, sur certains rapports de la jeunesse au théâtre. Le modèle de transmission que Vilar proposait aux jeunes n’est plus compris et s’écroule en 68, explique Schiaretti. En mai, une partie de cette jeunesse veut se couper de l’art en empêchant les représentations à l’Odéon et en lançant « Plus jamais Claudel ! ». En juillet, Vilar est contesté au profit de la contre-culture américaine – incarnée notamment par le Living Theatre de Julian Beck. Entretemps, en juin, les directeurs de théâtre prennent conscience du « non-public », c’est-à-dire de tous ceux qui sont coupés de la culture, et cherchent un moyen de développer la démocratisation culturelle. « Si le mot de culture peut encore être pris au sérieux, c’est dans la mesure où il implique l’exigence d’une intervention effective tendant à modifier les rapports actuels entre les hommes, et, par conséquent, d’une enquête active entreprise de proche en proche en direction de tous : c’est-à-dire, enfin, une authentique action culturelle » écrivaient-ils alors, soulignant aussi « l’urgence d’inclure l’étude du théâtre pour l’enfance dans toute réflexion sur la culture ».

Mai, juin, juillet de Denis Guénoun, mise en scène de Christian Schiaretti Du 26 mai au 6 juin 2015, TNP de Villeurbanne

Aujourd’hui, et depuis longtemps, des créations et des projets de médiation de grande qualité sont diffusés par des professionnels engagés (enseignants, auteurs, artistes, éditeurs…). La Belle Saison les recense et leur donne un coup de projecteur. Cela fait grincer les dents de certains, qui déplorent une opération de communication – « Label Saison » ! – plutôt que de production, en l’absence de financements. Il est cependant important de favoriser les coopérations et de soutenir l’innovation dans les parcours et les créations tournés vers la jeunesse, ne serait-ce qu’en donnant aux meilleures d’entre eux une plus grande visibilité. Par ailleurs, le dispositif CLEA (contrat local d’éducation artistique) se développe sur l’ensemble du territoire. Il est destiné aux jeunes et permet notamment d’organiser des résidences-missions, financées par les DRAC : un artiste est présent plusieurs mois pour transmettre sa démarche, en lien avec les équipes éducatives. Pour les artistes qui viennent dans les classes, l’action culturelle devrait être plus souvent envisagée comme une recherche artistique enrichissante ; leurs échanges avec les jeunes peuvent leur apporter beaucoup. Certains auteurs sont même amenés, à travers des commandes d’écriture, à écrire spécifiquement pour la classe. C’est le cas de David Lescot, qui prépare une création pour salle de collège…

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Falstafe, pour tous les âges

Publié le par La rédaction NRP

Par Gaëlle Bebin

Falstafe © Christophe Raynaud de Lage

Falstafe © Christophe Raynaud de Lage

Falstafe de Valère Novarina, pièce directement inspirée du personnage de Falstaff dans le Henry IV de Shakespeare, est adapté pour tout public à partir de 9 ans par le jeune metteur en scène Lazare Herson-Macarel. Son spectacle a été créé cet été au Festival d’Avignon où une attention particulière est portée au jeune public par le nouveau directeur, Olivier Py, qui monte à nouveau son spectacle inspiré d’un conte de Grimm, La Jeune fille, le diable et le moulin.

Lazare Herson-Macarel a raccourci le texte de Novarina, resserré le nombre de personnages, conservé tout ce qui permet de mettre en valeur les ressorts comiques de la pièce et choisi les répliques qui font du personnage principal un Peter Pan. Falstafe est un vieil enfant qui ne veut pas grandir. « Je voudrais que ce soit déjà le soir, que je sois déjà au lit et que tout se soit très bien passé », dit-il, effrayé. Ce poltron truculent, voleur et menteur, refuse le réel. Clin d’œil à Don Quichotte, les scènes sont annoncées comme des chapitres de roman d’aventures : « Où l’on verra… ». Falstafe vit dans l’imaginaire, passe son temps à faire semblant – se déguisant en roi Henry IV, faisant le mort sur le champ de bataille, prétendant avoir combattu vaillamment contre de nombreux assaillants…

Créer une autre réalité, n’est-ce pas justement ce que fait l’artiste ? Falstafe est aussi une pièce sur le théâtre. Le personnage principal, ce Matamore, s’invente des exploits guerriers avec une telle énergie, une telle jubilation du langage, que le public, complice, se prend à y croire et se prête même au jeu de ses mensonges. « Au fond, à ce moment-là, tout le monde a 8 ans dans la salle ! », commente le metteur en scène. Il aime à rappeler ce que lui a confié Novarina : « Il n’y a que les enfants qui me comprennent ». Transformer l’ensemble des spectateurs en jeune public, pourquoi pas ? La démarche de la troupe, qui s’appelle la Compagnie de la jeunesse aimable (en référence à Rimbaud), est de défendre un théâtre populaire avec l’obsession de travailler pour ceux qui n’ont pas l’habitude du théâtre, grâce à l’engagement et la générosité des acteurs.

Le début de la pièce montre l’amitié scandaleuse entre un jeune prince (le futur Henry V) et le vieux Falstafe. Insouciants, ils font la fête sur un air de Don Giovanni, « Fin ch’an dal vino ». Dans un « décor de temps de crise », comme le décrit le metteur en scène – une sorte de décharge où s’amoncellent des objets du quotidien – les deux compères ne cessent de se déguiser, se jouer des tours, car ce lieu est aussi un paradis de l’enfance où l’on fait théâtre de tout ce qui traîne. Dans cet univers burlesque, la couronne est une assiette en papier, le trône du vieux roi Henry IV une poubelle, un instrument de cuisine devient sceptre ou tambour… Mais c’est précisément au cours d’un jeu, lors d’une scène de théâtre dans le théâtre, qu’ils sont amenés à se dire des vérités qu’ils n’auraient pas exprimées autrement, et que le prince va prendre conscience de ses responsabilités, se transformant réellement… Surchargé au début, l’espace se vide à la fin, laissant Falstafe seul. Car cette pièce est aussi le parcours initiatique d’un jeune homme qui accède à l’âge adulte, se réconcilie avec son père, assume son héritage, va de l’avant en abandonnant une part de lui-même. « Je ne te connais pas, vieil homme », dit-il à son ancien compagnon de débauche. Tout se termine en chanson, celle de la fin de la Nuit des Rois, qui est un adieu de la troupe au public.

Que peut apporter Falstafe aux plus jeunes ? « Le sentiment de leur propre liberté », répond Lazare Herson-Macarel. « Le théâtre est un endroit où lancer l’homme, le jeter autrement, le jouer d’un trait, le renouveler d’un saut, le ressusciter d’une chute » (Valère Novarina, L’Envers de l’esprit, 2009).

Des élèves du collège Anselme Mathieu à Avignon ont réalisé avec l’aide de deux journalistes une courte WebTV à partir de leur rencontre avec l’équipe de Falstafe, juste après avoir assisté à la représentation.

Tournée de Falstafe :
- Le 29 novembre à l’Espace du Séquoia à Corné
- Du 15 au 19 décembre au Nouveau Théâtre d’Angers
- Les 7 et 8 avril 2015 au Théâtre du Luxembourg à Meaux
- Du 15 au 25 avril 2015 au Théâtre Paris – Villette<
- Les 27 et 28 avril 2015 au Théâtre Sorano – Jules Julien à Toulouse

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Jeunes critiques en Avignon

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Par Gaëlle Bebin

Le Prince de Hombourg, mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti © Christophe Raynaud de Lage

Le Prince de Hombourg, mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti © Christophe Raynaud de Lage

Au Festival d’Avignon, des collégiens et des lycéens ont pour la première fois été invités à réaliser, parallèlement au dispositif annuel « Lycéens en Avignon », de brefs reportages sur quatre spectacles, menant une véritable enquête avec micros et caméras.

L’idée est de développer non seulement leur connaissance du spectacle vivant et leur regard critique grâce aux questions qu’ils posent aux équipes artistiques, mais aussi, via la vidéo, de partager leur compréhension de ce qu’ils ont découvert. Reporters en herbe, 36 jeunes d’Avignon (provenant pour certains d’entre eux du collège Anselme Mathieu et du lycée Aubanel) ont participé à l’opération pendant 5 jours avec l’aide de deux journalistes de A Way to Wake Up Productions, qui leur ont appris les bases de la réalisation et du montage. L’ensemble de leurs travaux sont en ligne sous forme de WebTV.

Ainsi, à propos de la mise en scène du Prince de Hombourg de Kleist par Giorgio Barberio Corsetti, les 3e du collège Anselme Mathieu ont interrogé techniciens et comédiens sur le défi technique que constitue la Cour d’honneur du Palais des papes, qui est aussi hantée de fantômes à travers 60 ans de théâtre…

WebTV des collégiens, dossier pédagogique Pièce (dé)montée et captation intégrale du spectacle  (à visionner sur Culturebox d’ici janvier 2015) sont en ligne.

Tournée du Prince de Hombourg :

- Gémeaux, scène nationale de Sceaux : du 5 au 8 et du 10 au 14 février 2015
– Théâtre Liberté à Toulon : les 19 et 20 février 2015
- Théâtre National Populaire à Villeurbanne : du 25 au 8 mars 2015

En visitant la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, les collégiens ont également cherché à comprendre comment ce lieu originellement destiné aux moines a pu s’adapter pour accueillir des spectacles. Accès à la Web TV.

Les lycéens, eux, se sont aventurés entre autres du côté de la carrière de pierre de Boulbon pour en explorer les coulisses et interviewer l’équipe artistique japonaise avant la représentation de leur Mahabharata-Nalacharitam. Les questions portent sur  cette épopée indienne et sur leur propre culture, mais aussi sur leurs magnifiques costumes blancs, proches du papier – une matière propre à représenter l’existence abstraite des personnages, éloignés de la vie quotidienne, explique le metteur en scène Satoshi Miyagi. WebTV  et extraits du spectacle .

Espérons que cette belle initiative des « Jeunes critiques en Avignon » sera offerte l’année prochaine à davantage d’élèves parmi ceux qui sont accueillis par les CEMEA pendant le Festival.

 

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Programme collège 2014-2015

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Découvrez le nouveau programme de la NRP !

Septembre 2014

Revue Littérature et humour
Séquence 5e : Jeux poétiques, de la grande rhétorique à l’Oulipo
Séquence 4e : La peinture d’un ridicule : le provincial à Paris selon Molière (Monsieur de Pourceaugnac)
Séquence 3e : Roy Lewis, Pourquoi j’ai mangé mon père

Supplément
Les Métamorphoses d’Ovide – Le monde depuis les origines, la vision d’un poète – Niveau 6e

Novembre 2014

Revue Travailler l’oral
Séquence 6e : Le Loup dans les fables : jouer, déclamer et débattre
Séquence 5e : S’inscrire dans le patrimoine avec La Chanson de Roland
Séquence 4e : La voix des Lumières : aborder la critique sociale par l’oral

Supplément
Stefan Zweig, Le Joueur d’échecs (Carré classique) – Niveau 3e

Janvier 2015

Revue  Lettres d’Afrique
Séquence 6e : Contes initiatiques africains : les enseignements de la savane
Séquence 4e : La bande dessinée Aya de Yopougon, un nouvel art du récit
Séquence 3e : Chants de révolte, poèmes de la négritude

Supplément
Joseph Kessel, Le Lion – Niveau 5e

Mars 2015

Revue La Lettre et le Journal
Séquence 6e : Les Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet, un conte pour grandir
Séquence 5e : Carnets de route, récits de voyage… : de l’observation à la création
Séquence 4e : Norlande de Jérôme Leroy, au croisement du roman policier et du roman par lettres

Supplément
Hélène Berr, Un Journal dans l’Histoire – Niveau 3e

Mai-juin  2015

Revue  Théâtre contemporain au collège
Séquence 6e : Conte, clown et marionnettes : comprendre l’écriture scénique de Faim de Loup de Laurie Cannac et Ilka Schönbein
Séquence 5e : Le Syndrome de Gaspard d’Hervé Blustch, une farce contemporaine
Séquence 3e : Cendrillon de Joël Pommerat, modernité d’un conte

Supplément
Quatre nouvelles réalistes sur l’argent– Niveau 4e

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Clôture des inscriptions « jury » pour le prix NRP littérature jeunesse 2014-2015

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Vous avez été très nombreux à vous porter candidat pour faire partie du jury du prix NRP littérature jeunesse et nous vous en remercions vivement. C’est le signe de l’intérêt que vous portez à la littérature jeunesse et à sa transmission.

Nous devons clore ces inscriptions pour cette année.
Nous informerons les 7 membres retenus d’ici la fin de ce mois de mai.

Comme chaque année, vous pourrez suivre les étapes de ce prix dans la revue, sur le site et sur les réseaux sociaux : début novembre, une présentation des livres en lice, fin novembre remise du prix aux 3 lauréats, et début janvier, les interviews des écrivains lauréats.

Encore merci pour votre enthousiasme !

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Devenez membre du jury du prix NRP 2014-2015

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COUV

Vous êtes abonnés à la NRP et professeur de lettres ou documentaliste en collège, vous vous intéressez à la littérature jeunesse, vous pouvez devenir membre du jury de notre prix Littérature jeunesse.

Comme chaque année, la NRP Collège fait appel à ses abonnés pour constituer le jury du Prix NRP Littérature Jeunesse.

Devenez membre du jury de l’édition 2014-2015 !

Votre mission est simple et votre participation vous permettra d’avoir un beau panorama des meilleurs romans parus en 2014 :

  • Vous recevez fin juin à votre domicile les ouvrages sélectionnés par les éditeurs participants
  • Vous les lisez durant l’été
  • Vous nous adressez en septembre votre classement puis un avis de lecture sur les 3 ouvrages que nous vous indiquerons, choisis en fonction de vos préférences.

Pour devenir membre du jury, il vous suffit de nous écrire en nous expliquant en quelques lignes votre motivation. Merci de préciser également vos coordonnées (téléphone notamment) et votre fonction à :
nrpediteur@sejer.fr

Les 7 abonnés sélectionnés seront contactés par la rédaction d’ici fin juin.

Au plaisir de vous lire…

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La Cour de Babel : entre les murs d’une classe d’accueil

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Par Gaëlle Bebin

La Cour de Babel, Julie Bertuccelli

Cinq ans après Entre les murs, un film plonge à nouveau le spectateur dans la vie d’une classe de français dans un collège difficile de l’Est parisien tout au long d’une année : La Cour de Babel de Julie Bertuccelli, au cinéma à partir du 12 mars. Ce documentaire est né d’une rencontre, lors d’un festival de film scolaire, entre la réalisatrice et un professeur en classe d’accueil, Brigitte Cervoni.

Le réalisateur Laurent Cantet avait trouvé son inspiration dans le livre Entre les murs, où François Bégaudeau créait des scènes tirées de son expérience de professeur de français. Le film, remarquable, est une fiction avec d’authentiques élèves et des situations de classe reconstituées, plus vraies que nature. On y voit la solitude du professeur face au groupe en rébellion contre les règles et l’autorité, la lutte épuisante pour tenter d’instaurer le respect, de transmettre la maîtrise de la langue, le goût du mot juste. La Cour de Babel montre un autre aspect de l’école. Très émouvant, ce film suit l’année particulière d’une vingtaine d’élèves de cultures différentes qui viennent d’arriver en France. Inscrits dans une classe qui leur laisse le temps d’améliorer leur français et de s’adapter au collège pour rejoindre ensuite une classe ordinaire, ils apprennent aussi à se connaître, prendre confiance, former de nouvelles racines, réfléchir à ce que sera leur avenir. Les conditions de vie sont pour certains d’entre eux difficiles, et les relations avec les autres élèves du collège sont malaisées. Des tensions s’expriment également dans la classe mais elles s’y apaisent parce que la classe d’accueil est vécue comme une chance plutôt que comme une obligation, parce qu’elle est un lieu de vie et d’échanges autant que d’apprentissage, et que celui du français est pour eux le meilleur moyen de s’intégrer et de réussir.

 

Entretien avec Brigitte Cervoni

G. B. : Dans quel objectif avez-vous autorisé la réalisatrice Julie Bertuccelli à filmer vos cours et vos rencontres avec les parents des élèves pendant une année scolaire ?
B. C. : Je n’aurais pas laissé un journaliste venir quelques jours chercher le sensationnel. Julie a un regard bienveillant, nous avons beaucoup échangé, elle a pris le temps de poser sa caméra en venant deux fois par semaine pendant un an. Ayant fait l’impasse sur les moments d’apprentissage du français écrit, elle n’a pas fait un film pédagogique. On découvre plutôt comment ces élèves réussissent à établir une fraternité. La Cour de Babel montre l’apprentissage de la tolérance, l’importance de la laïcité pour vivre ensemble harmonieusement, l’égalité des chances qu’offre l’école, la résilience aussi – malgré une histoire parfois très difficile, ces jeunes vont de l’avant.

G. B. : Quelles sont les particularités de l’enseignement en classe d’accueil ?
B. C. : Les élèves et leur professeur passent une dizaine d’heures par semaine ensemble. La classe est très hétérogène du fait de la grande différence entre les âges (de 11 à 16 ans), les langues, les cultures, les parcours. Certaines familles sont là parce qu’elles demandent l’asile (fuyant la persécution, le mariage forcé), parce que les parents ont perdu leur travail dans leur pays, ou qu’ils recherchent de bonnes études pour leurs enfants. Ils placent tous leurs espoirs dans le pays d’accueil. Ce qui réunit ces élèves est une grande appréhension en arrivant dans un pays dont ils ne maitrisent pas la langue, et un désir très fort de réussir. C’est sans doute moins le cas des jeunes issus de l’immigration qui ont vu les espoirs de leurs parents déçus.

G. B. : La pédagogie que vous utilisez peut-elle inspirer celle des professeurs en classe ordinaire ?
B. C. : Ce qu’il faut, en classe d’accueil comme en classe ordinaire, c’est mettre en place une vraie différenciation pédagogique pour proposer à chacun ce dont il a besoin – des moments en commun et des travaux par groupes de niveau par rapport à un même thème d’apprentissage. Il faut aussi, partout, valoriser les réussites, en partant de ce qu’ils savent, pas de ce qu’ils ignorent. L’évaluation ne doit pas être vue comme une sanction douloureuse, elle est au service des apprentissages, elle vérifie que l’élève a ou non les compétences. Une mention, comme les félicitations par exemple, devrait prendre en compte moins le niveau atteint que les progrès accomplis.

G. B. : Le cinéma est présent dans votre pédagogie puisque vous faites participer vos élèves à la réalisation d’un film, présenté au festival du cinéma scolaire Ciné-Clap à Chartres. Comment ce projet est-il mené ?
B. C. : Entre collègues (d’école, de lycée professionnel et de collège), nous nous fixons tous les ans une thématique et une contrainte de forme communes. Cette année-là, ce furent la différence et le documentaire. Dans le cadre du dispositif École et Collège au cinéma, nous choisissons un film au programme qui va servir de support à la réflexion. J’organise un brainstorming pour que les élèves trouvent des idées de thèmes à aborder, de scènes à tourner ; nous étudions les types de plans, de cadrages, nous nous interrogeons sur la présence ou pas d’une voix off, de musique, avec quels droits… Les élèves conçoivent le storyboard, une intervenante les aide à filmer, à monter. Le titre de notre film : Élèves d’ici venus d’ailleurs.

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Rencontres NRP à la BnF : Jeux et stratégies pour l’étude de la grammaire, 5 mars 2014

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Rencontres NRP Le 5 mars 2014 de 14h à 17h

À la 260809-Logo-BnFBibliothèque Nationale de France
Quai François Mauriac
75013 Paris

 

«  Ne pas donner sa langue au chat
L’étude de la langue en classe de français au collège et au lycée
Partager avec de jeunes esprits le bonheur de lire, écrire ensemble des histoires, disséquer un petit texte sont autant de défis que le professeur de Français a l’habitude de relever, avec souvent un vrai plaisir pédagogique. Il lui est plus difficile de transmettre son goût pour la langue, les finesses de l’orthographe, les subtilités de la grammaire. Comment aborder ces questions ? Pourquoi a-t-on si souvent le sentiment que ça ne fonctionne pas, que les acquis sont à reprendre tous les ans ? Peut-on trouver des stratégies, des détours, pour rendre les cours de langue plus efficaces ? Plusieurs personnalités d’horizons différents répondront à ces questions : des professeurs, un écrivain de l’Oulipo, ces gymnastes du langage, une spécialiste des neurosciences qui fera un point sur les dernières avancées sur l’étude de l’apprentissage chez les ados et enfin des professionnels de la Bibliothèque nationale de France. Autant d’approches différentes et originales, hors des sentiers battus, au secours de la grammaire.

Yun Sun Limet, directrice de la rédaction
Claire Beilin-Bourgeois, conseillère pédagogique

Télécharger le programmeTélécharger les infos  pratiques

Inscription recommandée à l’adresse nrpediteur@sejer.fr
Nombre de places limité

Se rendre à la BnF :
Métro

Lignes 6 (Quai de la gare), 14 et RER C (Bibliothèque François-Mitterrand)
Bus
Lignes 89, 62, 64, 132 et 325
Télécharger le plan

Programme :

Chaque intervention sera suivie d’un échange avec le public.

Des bonbons aux épinards ? Quelques considérations cognitives sur l’incorporation du jeu dans l’enseignement
Par Alex Cristia, docteur en linguistique générale, spécialiste de l’apprentissage des langues chez l’enfant, elle est actuellement chargée de recherche au CNRS.

 « Décoder » la grammaire : pour une vision d’ensemble du système grammatical
Par Mariane Zingraff, professeur certifiée de Lettres modernes, elle s’occupe égalementd’une unité pédagogique pour les élèves allophones primo-arrivants.

Enseigner la langue au lycée : des pistes pour un enseignement problématique
Par Edith Wolf, professeur agrégée de Lettres moderne, auteur de manuel scolaire, elle anime également des ateliers d’écriture.

Les fonds oulipiens conservés ou en dépôt à la Bibliothèque de l’Arsenal
Par Claire Lesage, archiviste paléographe, elle est conservatrice en chef, chargée de collections et chef du Service collections à la Bibliothèque de l’Arsenal.

L’ouvroir de littérature potentiel : un gros potentiel pour l’étude de la langue
Par Hervé Le Tellier, écrivain et membre de l’OuLiPo, il a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages et participe à 1991 à l’émission « Des Papous dans la tête » sur France Culture.  

Présentation du Candide enrichi : le multimédia comme chemins de lecture 
Par Françoise Juhel, chef du Service des éditions multimédia, Département des éditions, Direction à la diffusion culturelle de la BnF.

 

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Queue de poissonne d’Ilka Schönbein et Laurie Cannac

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Queue de poissonne d’Ilka Schönbein et Laurie Cannac (c) Marinette Delanne

Après Faim de loup (tiré du « Petit Chaperon rouge », une pièce dont vous retrouver une activité dans les ressources du numéro de mai 2011) Ilka Schönbein et Laurie Cannac s’inspirent de « La Petite sirène » pour raconter une autre histoire d’émancipation, de métamorphose et de rencontre destructrice avec le masculin…

 
 
 
 
 

Queue de poissonne, avec Laurie Cannac et Alexandra Lupidi. Mise en scène : Ilka Schönbein.
Conception, marionnettes, manipulation et jeu : Laurie Cannac.
Composition musicale originale : Alexandra Lupidi.
Durée : 1heure, tous publics.

En tournée :

– les 24 et 25 janvier à Pau (Espaces Pluriels) ;
– les 29 janvier et 2 février à Hendaye (Salle Mendizolan) ;
– du 19 au 21 février à Amiens (Maison du théâtre) ;
– le 27 février à Laval (Théâtre de Laval) ;
– le 15 mars à Charleroi (Palais des Beaux-Arts) ;
– le 21 mars à Homécourt (Centre Culturel Pablo Picasso) ;
– le 28 mars à Pont-Scorff (Le Strapontin) ;
– du 1er au 3 avril à Grenoble (Espace 600) ;
– du 13 au 15 mai à Saint-Étienne (Comédie de Saint-Étienne).

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Prix NRP 2013-2014… Les résultats

Publié le par La rédaction NRP

Et voilà nous y sommes… les résultats tant attendus de cette nouvelle édition du Prix NRP littérature jeunesse vont être dévoilés.  Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps…                   

Les lauréats sont : 

 

COUV bacha posh OK HDBacha Posh  de Charlotte Erlih, aux éditions Actes Sud junior

 

 

SweetSixteen HDSweet Sixteen d’Annelise Heurtier, aux éditions Casterman


 

norlande

Norlande de Jérôme Leroy, aux éditions Syros

 

 

Félicitations à nos trois lauréats… Merci également aux autres auteurs et éditeurs qui ont participé avec de très beaux ouvrages.  

Le prix à été remis officiellement ce mercredi 27 novembre dans une ambiance festive à l’occasion d’une rencontre entre les auteurs, les éditeurs, les membres du jury et bien sûr l’équipe NRP.

Charlotte Erlih, l'auteur de "Bacha Posh" chez Actes Sud Junior entourée de son éditeur et de son attachée de presse.

Charlotte Erlih, l’auteur de « Bacha Posh » chez Actes Sud Junior entourée de son éditeur et de son attachée de presse.

 

Brigitte Ventrillon, l'éditrice d'Annelise Heurtier, lit ses remerciements pour "Sweet Sixteen" (Casterman).

Brigitte Ventrillon, l’éditrice d’Annelise Heurtier, lit ses remerciements pour « Sweet Sixteen » (Casterman).

 

 

 

Natalie Beunat, directrice de la collection Rat noir chez Syros, lit les remerciements de l'auteur de "Norlande" Jérôme Leroy en compagnie de Sandrine Mini.

Natalie Beunat, directrice de la collection Rat noir chez Syros, lit les remerciements de l’auteur de « Norlande » Jérôme Leroy en compagnie de Sandrine Mini.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur nos trois gagnants et sur les autres livres de la sélection ? Découvrez notre supplément interactif, en cliquant sur le visuel ci-dessous .  Vous y trouverez : biographie des auteurs, extraits, résumés, avis du jury… À moins d’un mois de Noël, cela vous donnera peut-être quelques idées de cadeaux… 

COUV

 

Encore merci à tous les participants et à l’année prochaine !

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Victor Hugo, Tache, vers 1866-68, plume, pinceau, encre brune et lavis @ Bibliothèque nationale de France
Victor Hugo inspirateur des surréalistes

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Par Gaëlle Bebin

L’imagination et le rêve sont visionnaires, chez Hugo comme chez les surréalistes. L’exposition  présentée à la Maison de Victor Hugo à Paris, La cime du rêve, les surréalistes et Victor Hugo (jusqu’au 16 février 2014) met en évidence les correspondances entre les recherches plastiques et poétiques de l’écrivain romantique et d’André Breton, Max Ernst, André Masson, Robert Desnos…

Le texte choisi pour être placé en exergue est extrait de Promontorium somnii, où Hugo évoque le « réel rongé et disparaissant » qui fait apparaître des visions. Le poète plasticien les crée à travers les sujets qu’il choisit de dessiner, comme les châteaux des bords du Rhin, disparaissant en effet dans l’obscurité ou la brume, et rongés par le temps. Ses sujets de prédilection, comme plus tard ceux des surréalistes, laissent surgir des formes indéterminées, « les formes extraordinaires et fugitives, les choses sans nom  (…)  entrevues « dans l’obscur de la nuit » » que la raison renonce à identifier ou s’effraie de reconnaître : animaux ou élément naturels devenant monstrueux par la lumière ou l’angle choisis, ou par leur hybridation. Mais il va plus loin encore grâce aux techniques qu’il utilise, en particulier le lavis, où l’encre déborde toujours de l’idée, qui mène à la puissance de suggestion recherchée. « La rêverie est la pensée à l’état fluide et flottant », écrit encore Hugo. Les taches, pochoirs, frottages, où le hasard est maître et où l’inconscient se révèle, deviendront les techniques de prédilection des surréalistes. « De même que le rôle du poète est d’écrire sous la dictée de ce qui se pense (s’articule) en lui, le rôle du peintre est de cerner et de projeter ce qui se voit en lui » (Max Ernst, « Comment on force l’inspiration »).

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Les Papesses en Avignon : mythes et mythologies personnelles

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Par Gaëlle Bebin

Une araignée de Louise Bourgeois exposée dans le Palais des papes © Gaëlle Bebin

Une araignée de Louise Bourgeois exposée dans le Palais des Papes © Gaëlle Bebin

Cinq artistes sont exposées à Avignon par la Collection Lambert jusqu’au 11 novembre 2013 : Camille Claudel, Louise Bourgeois, Kiki Smith (Américaine née en 1954), Jana Sterbak (Canadienne née en 1955) et Berlinde De Bruyckere (Belge née en 1964). Le titre de l’exposition qui les réunit, Les Papesses, renvoie à une légende du Moyen-Âge, celle de la papesse Jeanne, prise pour un homme et qui se trahit le jour où elle accoucha en pleine procession religieuse (histoire présente dans le Décaméron de Boccace). Montrées pour la plupart dans des salles de la forteresse médiévale du Palais des Papes, les œuvres des cinq artistes sont nourries de contes anciens, de mythes et de transgression…

 

 

La transgression, par exemple, d’être sculpteur pour une femme du XIXe siècle : « Je suis comme Peau d’âne ou Cendrillon condamnée à garder la cendre du foyer, n’espérant pas de voir arriver la Fée ou le Prince charmant qui doit changer mon vêtement de poil ou de cendre en des robes couleur de temps. Comment pouvez-vous dormir sur vos deux oreilles pendant que des quantités de femmes sculpteurs s’écrient : à l’aide, au secours, je me noie ! » écrit Camille Claudel à Eugène Blot en 1904, quelques années avant d’être internée de force pendant trente ans. Une vingtaine de ses œuvres sont exposées, ainsi que ses lettres écrites à l’asile.

Les « Papesses » de l’art moderne et contemporain s’inspirent de contes et de mythes pour se les approprier en créant des formes hybrides et nouvelles, comme le fait Berlinde De Bruyckere, inspirée par Ovide. Le livre III des Métamorphoses raconte l’histoire d’Actéon, le jeune chasseur qui, ayant surpris la déesse Diane au bain, fut transformé en cerf et dévoré par ses propres chiens. C’est la chair qui intéresse l’artiste, fille de boucher ; dans sa magnifique série des Actaeon, où des bois de cerf sont mêlés à la cire, le sang paraît circuler sous la peau fine de cette matière qu’elle rend totalement organique, comme le sont les bronzes et les marbres de Camille Claudel.

Née de Kiki Smith © Gaëlle Bebin

Née de Kiki Smith © Gaëlle Bebin

La Nature Study de Louise Bourgeois est un sphinx sans tête, autant animal qu’humain, deux éléments indissociables dans certaines œuvres de Kiki Smith. Dans Née, une femme naît d’une biche ; l’artiste fait triompher ses Eve des serpents et les jeunes filles des loups.

Jana Sterbak évoque les figures d’Atlas et de Sisyphe mais elle illustre également des contes avec les matelas de La Princesse au petit pois, le cercueil en verre qui pourrait être celui de Blanche-Neige, le lit fait de pains comme dans ces maisons de sorcières où tout se mange…

Jouant des objets associés aux femmes et des carcans dans lesquels on les enferme, l’artiste présente une robe qui devient brûlante lorsqu’on s’approche (celle qu’envoie Médée à Créuse ?), I want you to feel the way I do… ; et une crinoline métallique contrôlée par une télécommande, Remote control.

Louise Bourgeois brode sur des torchons, coud des tissus pour en faire une Ode à la Bièvre, la rivière de son enfance. Une tisseuse, l’araignée, représente la figure de sa mère, qui travaillait sur des tapisseries. Louise Bourgeois crée des cellules et des chambres avec des objets symboliques qui renvoient aux tensions, aux liens mystérieux et aux rites inquiétants de son univers familial.

Dans le groupe sculpté de l’Âge mûr, où l’homme s’éloigne de sa jeunesse, Camille Claudel est cette implorante qui tente de retenir son amant entraîné vers une autre. Les artistes transfigurent leur histoire en images universelles. « Implorante, humiliée, à genoux (…). Ce qui s’arrache à elle, en ce moment même, sous vos yeux, c’est son âme ! ».  (Paul Claudel)

Camille Claudel, L’Âge mûr © Musée Rodin, photographie Christian Baraja

Camille Claudel, L’Âge mûr © Musée Rodin, photographie Christian Baraja

 

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Les nouveautés NRP de la rentrée 2013

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La NRP change quelque peu pour cette rentrée 2013. Voici un  récapitulatif pour mieux vous y retrouver.  Suivez le guide !

Commençons par un changement de nom pour le cahier collège, qui s’appelle désormais supplément collège. Pas d’inquiétude, le contenu reste le même : un numéro thématique en septembre consacré au lexique puis des numéros consacrés à l’étude d’œuvres intégrales.

D’autres changements ont eu lieu sur les sites NRP.  Vous l’avez déjà peut-être remarqué en vous connectant, vous êtes maintenant accueillis par un tout nouvel espace ressources : tout ce qui peut vous aider à concevoir vos cours se trouve  ici, organisé en six sous – catégories, dont certaines vont être développées au cours des prochains mois.

 

  • ressources abonnés,
  • boutique anciens numéros (anciennement boutique numérique), 
  • boutique fiches et séquences,
  • classe théâtre,
  • vidéo conférences,
  • cinéma et musique.

 

Attention les ressources «boutique » sont indépendantes de votre abonnement.

Ressources abonnés

 

Concernant,  l’espace abonnés,  c’est sur cette page que se trouvent l’ensemble des ressources liées aux revues, que vous soyez abonnés papier seul, papier plus numérique ou 100 % numérique.
Vous y trouverez les anciennes ressources dites gratuites – corpus, corrigés –  directement liées aux séquences. Celles-ci sont accessibles à tous sans distinction.
Les ressources réservées aux abonnés numériques (papier + numérique ou 100% numérique)  sont visibles par tous mais il faut être connecté pour  y accéder. Ces ressources sont différenciées par un cadenas qui disparait lorsque vous êtes connecté sur le site.

 

Que sont ces ressources abonnés ?  Des petits plus liés essentiellement aux objets et objectifs des séquences pour prolonger vos cours. Ces ressources peuvent être utilisées avec la séquence ou indépendamment. Vous y trouverez de l’iconographie,  des exercices et activités supplémentaires, des bibliographies, des fiche remédiation en langue, des fiches méthodes et notions, des questionnaires d’exploitation d’extraits vidéo, des extraits vidéos… De plus, toutes les  fiches destinées à vos élèves – fiches élèves des revues et suppléments ou hors séries –  sont proposées en format Word. Ainsi vous pourrez les adapter au niveau de votre classe, selon vos besoins.   Pour le moment,  seules les ressources des années scolaires 2012-2013 et 2013-2014 apparaissent.  Nous travaillons à vous proposer un espace ressources abonnés enrichi d’archives des années précédentes (depuis septembre 2009). Autre changement important pour les abonnés numériques : la disparition du feuilletage.  Nous vous proposons désormais un PDF, téléchargeable à parution et imprimable.  Il conserve les points forts du feuilletage, à savoir le sommaire interactif et les liens directement cliquables. Et il est lisible sur tablette !

Quelques indications sur les PDF

- Sur tablette vous pouvez les lire avec : PagePlace Reader de Deutsche Telekom AG (le logiciel lit aussi les Epub)
- Les liens des revues sont tous valides au moment de la parution, malheureusement il est possible qu’ils soient supprimés, modifiés au cours de l’année, ce sont les risques du Net.
- Les PDF se présentent sous la forme d’une double page. Vous pouvez changer le format en allant dans affichage, cela simplifiera l’impression si vous souhaitez n’imprimer qu’une page.

C’est une NRP tournée vers des ressources pédagogiques, nombreuses, variées, adaptées et adaptables, qui est vous est proposée. Et pour plus de fluidité dans vos recherches, nous avons ajouté aux sites un nouveau moteur de recherche plus performant et intégrant une recherche avancée, par niveaux, genres, thématiques, etc.  Avec le retour des anciennes ressources vous pourrez très prochainement en avoir le plein usage.

Voilà pour les grandes nouveautés de cette année, n’hésitez pas à  rester connectés aux réseaux NRP Facebook  et Twitter  pour vous tenir au courant des prochaines mises à jour des sites et de la mise en ligne des nouvelles catégories de ressources.

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Prix NRP 2013-2014 : les grandes tendances

Publié le par La rédaction NRP

Comme l’an dernier, le roman historique occupe les devants de la scène, que le lecteur se plonge dans une fratrie des années 1970, dans un XVIIe siècle pittoresque ou dans une Pompéi encore vivante. Le passé se fait aussi l’écho des combats d’aujourd’hui, notamment contre le racisme. De même, quand le monde contemporain est abordé, c’est souvent pour sensibiliser le lecteur à ses aspects sombres : sexisme, violence, méfiance envers les immigrés, montée des extrémismes.  Mais cette sélection 2013 voit émerger une nouvelle tendance : la présence forte du personnage de l’artiste. Des adolescents en mal de vocation artistique au génie tourmenté, en passant par un écrivain en herbe pris au piège de l’écriture, la littérature de jeunesse s’interroge sur la création et la figure du créateur.

Pour découvrir les titres de la sélection, rendez-vous chaque semaine sur Twitter et Facebook et en novembre dans un supplément enrichi.

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Que faire en 140 signes ?

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Voilà une excellente question à laquelle Delphine Regnard, professeur de lettres, et Sandrine Campese, journaliste, ont essayé de répondre. Découvrez leur petite révolution en 140 signes.

Twitter, nouvel atelier d’écriture

Par Delphine Regnard

Un certain nombre d’auteurs écrivent sur leurs blogs et sur le réseau social Twitter, pour réfléchir à haute voix et, en interaction avec leurs lecteurs, pratiquer ce que l’on nomme l’écriture web, c’est-à-dire explorer les nouvelles formes d’écriture induites par le numérique.

Au sein d’un questionnement général sur les formes littéraires

Avec mes élèves de 1re L, dans le cadre de l’objet d’étude « Réécritures », j’ai souhaité explorer les contraintes créatrices induites par les formats du blog et du réseau Twitter. Les problématiques posées sont, aussi, éminemment littéraires : comment on peut s’approprier une forme pour la façonner en texte littéraire, comment les formats techniques sont détournés dans une démarche esthétique, comment, également, les notions d’auteur et de lecteur, de littérature et d’écriture sont interrogées par ces nouvelles formes d’écriture dites ouvertes. Les interrogations soulevées par ces formes font écho à celles que rencontre la littérature depuis une trentaine d’années, qui s’interroge sur le genre, notamment romanesque.

Des ateliers Twitter

Cette étude prend la forme d’ateliers d’écriture en ligne, sur Twitter mais aussi sur le blog de la classe ; nos lecteurs pouvaient participer au moyen d’un mot-clé. Chaque tweet est à la fois, comme un vers, une microstructure, et en même temps l’élément d’un texte qui se construit au fur et à mesure que sont publiés les messages. Un des aspects particulièrement intéressants est de pouvoir à la fois faire se concentrer les élèves sur une phrase équivalant à un tweet, soumise à des contraintes (la longueur mais aussi telle figure de style, tel emploi d’un mode, etc.) puis d’étudier ensuite en quoi cette liste de tweets forme un texte qui peut être réécrit encore ensuite selon tel objectif littéraire. L’utilisation de Twitter n’est pas exclusive mais contribue à faire écrire les élèves le plus possible et dans des formes variées : ils ont ainsi noté dans leur carnet tout ce qu’ils remarquaient dans leur trajet vers le lycée. Les textes ont ensuite été publiés sous la forme de commentaires. Cette liste a suscité des remarques analytiques qui ont permis de faire comprendre les mécanismes de l’analyse littéraire.

En conclusion

C’est un travail d’écriture long : la préparation d’un seul tweetpeut prendre plusieurs heures jusqu’à la publication finale, pour laquelle on cherche la perfection, c’est-à-dire le respect de contraintes comme des figures de style imposées, ou un mode, ou un mot, jusqu’au nombre de caractères, 140, qui fonctionne comme les douze syllabes de l’alexandrin (au passage, les élèves ont de façon spontanée cherché à écrire en alexandrins).

Il s’agissait ainsi de profiter des différents formats numériques induisant autant de formes d’écriture et de situations d’énonciation. Les ateliers d’écriture, préparés, jouaient de la performance (les élèves devaient publier en même temps pour donner à lire aux lecteurs un texte en train de s’écrire sous leurs yeux, texte éphémère s’il n’est pas ensuite conservé par d’autres outils, et donc « vivant ») tandis que, sur le blog, le temps est différent et plus lent, le texte étant appelé à rester sous la forme où il a été publié. Loin d’être un facteur d’assèchement, d’appauvrissement de l’écriture et de la pensée, l’écriture par tweetau contraire la multiplie tout en permettant, par ses contraintes, un travail réel et précis sur la langue.

Twitter,  professeur de grammaire

Orthotweet - Sandrine Campese

Sandrine Campese, Orthotweet, Éditions de l’Opportun, 192 pages, 9,90 €.

Et si Twitter devenait un outil pour l’étude de la langue ? Orthotweet, de la journaliste Sandrine Campese, aborde l’étymologie, la conjugaison, la paronymie ou la prononciation sous forme de minimessages en 140 signes. Chaque page du livre présente un à trois tweets consacrés à un piège de l’orthographe française. La forme brève du tweet se révèle un excellent moyen de mnémotechnique : grâce à ces formules spirituelles, instructives autant qu’incisives, on apprend beaucoup et toujours avec le sourire.

 

Et vous que faîtes-vous en 140 signes ? Venez en parler sur le forum ou rejoignez-nous sur @nprlettres

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Marqué avec

Gilbert Garcin, Lorsque le vent viendra, 2007, courtesy galeries Les filles du Calvaire, Paris
Rentrée en images et jeu d’initiation à l’analyse de photographies

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Par Gaëlle Bebin

Les Rencontres d’Arles, comme tous les ans, ouvrent gratuitement les expositions de photographies aux classes, du 5 au 20 septembre, sur inscription.  (Photo Gilbert Garcin, Lorsque le vent viendra, 2007, courtesy galeries Les filles du Calvaire, Paris)

 

Parmi les activités proposées lors de cette Rentrée en images, on retrouve en particulier :

- La visite d’expositions aux Ateliers SNCF, menée par des médiateurs.
– La rencontre avec des photographes. Ce sont Alain Willaume, Raphaël Dallaporta et Philippe Chancel qui parleront aux élèves de la tradition du reportage avec plusieurs regards, en évoquant la mission photographique collective qu’ils mènent en Afrique du Sud.

Hiroshi Sugimoto, Révolution 008, mer des Caraïbes, Yucatan, 1990

Hiroshi Sugimoto, Révolution 008, mer des Caraïbes, Yucatan, 1990

- La visite libre de l’Espace Van Gogh. Cette année est présentée la somptueuse exposition « Révolution » de Hiroshi  Sugimoto, où le maître des paysages marins minimalistes en noir et blanc place la ligne d’horizon à la verticale et crée d’abstraites visions contemplatives de la nuit.
– L’atelier de prise de vue (au téléphone portable) avec des étudiants de lʼÉcole nationale supérieure de la photographie.
– La visite avec un médiateur du musée Réattu ; en ce moment et jusqu’au 31 octobre, la très belle exposition Nuage.

Parmi les nouvelles activités, on pourra découvrir :

- Une lecture de paysage, en regardant la Camargue depuis une construction de Tadashi Kawamata.

- Une initiation ludique à la lecture de l’image en jouant à Pause Photo Prose, conçu par l’équipe pédagogique du festival (contact : 04 90 96 76 06). Des suggestions d’activités complémentaires seront mises en ligne cet automne.

Ce jeu peut être utilisé lors d’une séance en classe de deux heures, la séance de jeu elle-même durant environ 1 h 15, et peut rassembler jusqu’à 36  participants. Les concepteurs du jeu ont sélectionné 32 photographies. Prises par des professionnels et des artistes contemporains comme Martin Parr ou Simon Norfolk, elles ont en commun d’avoir servi ensuite d’illustration pour divers supports (couverture de magazine ou de disque, publicité, article de presse…) qui ont transformé l’image initiale, notamment par le recadrage et l’ajout de texte.
Le point de départ de Pause Photo Prose est très simple. Il consiste à faire deviner  une de ces images initiales par des moyens divers (un dessin, un mot, un son…), puis d’en faire deviner une autre à partir d’un texte où le photographe présente son œuvre. 32 « paroles de photographes » ont été réunies. Chaque équipe devant se mettre d’accord sur la photographie correspondant au texte, une justification de leur choix est demandée aux élèves. Enfin, les joueurs sont amenés à réfléchir en iconographes ; ils doivent rechercher et choisir une image pour illustrer un article, un disque, une revue… C’est alors l’image transformée qui est commentée, avec ses fonctions nouvelles.
Après la séance de jeu, de nombreuses pistes sont possibles pour approfondir cette initiation à la lecture d’images. On peut consulter par exemple les sites des photographes afin de comprendre comment la photo découverte dans le jeu s’inscrit dans son travail. Les élèves peuvent partir faire des photographies eux-mêmes à partir d’une des « paroles de photographes » pour traduire en image cette réflexion, et faire deviner ensuite de quel texte il s’agit. Ou encore inventer une histoire à partir des images, les classer par genre, par fonction (informer, prendre parti pour ou contre…).

Sergio Larrain, Rue principale de Corleone, Sicile, 1959 © Sergio Larrain/Magnum Photos

Sergio Larrain, Rue principale de Corleone, Sicile, 1959 © Sergio Larrain/Magnum Photos

De brefs films dans la collection « Parcours d’exposition » ont été réalisés par le SCÉRÉN [CNDP-CRDP] sur quelques expositions des Rencontres d’Arles. À voir en ligne : Sergio Larrain et Hiroshi Sugimoto.
L’exposition des photographies de Sergio Larrain sera à Paris à la Fondation Henri Cartier-Bresson du 11 septembre au 22 décembre.

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Les nouvelles fiches « Etude de la langue »

Publié le par La rédaction NRP

Depuis un an, la NRP vous propose des fiches « Étude de la langue » qui ont été pensées pour travailler la différenciation en classe. Des faits de langue sur une progression annuelle, avec fiche test, fiches niveaux et évaluation finale. Voici un petit tutoriel vidéo qui vous aidera à mieux les utiliser avec vos élèves. Et retrouvez-les dans la NRP dès septembre prochain.

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Cahier NRP L’Odyssée, « Odysseus, un homme rentre chez lui » de Corinne Durand Degranges

Publié le par La rédaction NRP

Odysseus, un homme rentre chez lui

Odysseus, un homme rentre chez lui, Corinne Durand Degranges, WeblettresComplément indispensable au Cahier de mai-juin 2013 de la NRP, le texte de la pièce Odysseus, un homme rentre chez lui s’adresse aux élèves.

Pour les inciter à découvrir Ulysse, les Sirènes, les Cyclopes et le difficile retour vers la terre natale, elle adapte le récit d’Homère pour le théâtre. Elle suit fidèlement le récit d’origine tout en l’inscrivant dans une langue facile d’accès. La dimension poétique du texte originel se retrouve, quant à elle, dans une alternance de dialogues parlés et de chants assumés par un chœur.

L’ouvrage rassemble des ressources pour introduire à l’étude du texte et à celle de l’histoire des arts ; il comporte également des activités autour de la langue grecque et quelques jeux de réflexion. En écho au travail mené en classe, des conseils pratiques incitent à le représenter sur scène, afin d’aider les élèves à gérer leur corps et leur voix, à explorer le texte et sa mise en espace.

Pour se procurer le livre

Édité par l’association WebLettres, l’ouvrage s’acquiert en ligne au prix de 6 euros, à l’adresse

www.weblettres.net/odysseus/

Le site compagnon propose des exercices complémentaires et des partitions, des documents multimédias et les musiques originales de la Première.

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Prix NRP
Devenez membre du jury du prix NRP 2013-2014

Publié le par La rédaction NRP

Vous êtes abonnés à la NRP et professeur de lettres ou documentaliste en collège, vous vous intéressez à la littérature jeunesse, vous pouvez devenir membre du jury de notre prix Littérature jeunesse.

Comme chaque année, la NRP Collège fait appel à ses abonnés pour constituer le jury du Prix NRP Littérature Jeunesse.
Devenez membre du jury de l’édition 2013-2014 !

Votre mission est simple et votre participation vous permettra d’avoir un beau panorama des meilleurs romans parus en 2013 :

 

  • Vous recevez fin juin à votre domicile les ouvrages sélectionnés par les éditeurs participants
  • Vous les lisez durant l’été
  • Vous nous adressez en septembre votre classement puis un avis de lecture sur les 3 ouvrages que nous vous indiquerons, choisis en fonction de vos préférences.

Pour devenir membre du jury, il vous suffit de nous écrire en nous expliquant en quelques lignes votre motivation. Merci de préciser également vos coordonnées (téléphone notamment) et votre fonction à :
nrpediteur@sejer.fr

Les 7 abonnés sélectionnés seront contactés par la rédaction d’ici fin juin.

Au plaisir de vous lire…

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Une nuit au théâtre

Publié le par La rédaction NRP

Par Gaëlle Bebin

Ali Baba de Macha Makeieff - La Criee - Theatre National de Marseille © Brigitte Enguerand

Ali Baba de Macha Makeieff – La Criée – Théâtre National de Marseille
© Brigitte Enguerand

Dans une ville de Perse, il y avait deux frères, dont l’un se nommait Cassim et l’autre Ali Baba…

Ali Baba, Cassim et sa femme bientôt veuve, la rusée Morgiane et un peu moins de quarante voleurs se retrouvent sur le plateau dans la mise en scène de Macha Makeïeff. Si l’on voit souvent des contes européens – ceux de Grimm, Perrault, Collodi – adaptés au théâtre, notamment par Olivier Py et Joël Pommerat, la directrice du théâtre de La Criée à Marseille a choisi un récit oriental très ancien à l’origine incertaine. Ajouté a posteriori au recueil des Mille et une Nuits, Ali Baba et les quarante voleurs en est devenu l’un des plus célèbres épisodes. On reconnaît dans le spectacle les caractéristiques principales du récit, comme les frères que tout oppose, la magie du hasard et du « Sésame, ouvre-toi » ; des éléments arabes traditionnels sont bien présents dans le décor, les costumes, la musique et les danses. Mais certains sont modernisés à plaisir, comme la relation entre Ali et Aziz, son fils paresseux, ou le mariage de celui-ci, non avec Morgiane mais avec un autre… Le spectacle, plein de fantaisie et très rythmé, mélange les langues (perse, arabe, française) et les genres.

Tournée d’Ali Baba

Théâtre en Dracénie, Draguignan : le 3 mai 2013
Théâtre Anne de Bretagne, Vannes : le 23 mai 2013
Théâtre national de Chaillot, Paris : du 19 au 29 décembre 2013

Quelques ressources autour du conte et du théâtre

  •  La séquence pédagogique d’une enseignante de Lettres qui a fait écrire à sa classe de 6e de nouveaux contes des Mille et une Nuits, enregistrés et illustrés
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France Télévision met Aimé Césaire à l’honneur

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Capture d'écran, Aimé Césaire, un nègre fondamental ©france5/2F productions/2007

Capture d’écran, Aimé Césaire, un nègre fondamental ©france5/2F productions/2007

France Télévision crée l’évènement autour du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire en proposant des contenus pédagogiques exclusifs.

Actuellement disponible sur le site France TV éducation,  un dossier sur Aimé Césaire  vous propose de découvrir les différents visages d’Aimé Césaire.

D’abord l’homme de lettres, l’auteur de l’inoubliable « Cahier d’un retour au pays natal », qui a laissé en héritage une importante œuvre poétique et théâtrale, l’homme politique – il fut député puis maire – et l’homme engagé pour la cause noire,  père de la négritude.  Ce  très riche dossier est augmenté de vidéos d’archives et d’extraits de documentaires. Il propose des ressources intéressantes pour une exploitation en classe.

En parallèle France Ô organise une programmation dédiée :

–  du 17 au 27 juin : diffusion de  programmes courts Poèmes du monde
–  23 juin : diffusion  de la  pièce de théâtre Une saison au Congo au Théâtre National Populaire
–  26 juin : diffusion du docu fiction Césaire et du documentaire Aimé Césaire et les révoltes du monde

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Littérature jeunesse et récits de vie : « Nos étoiles contraires » de John Green

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L’émergence de la littérature jeunesse dite Young adults, a mis en avant les récits de vie au travers de collections dédiées, « DoAdo » au Rouergue, « Exprim » chez Sarbacane, « Scripto » chez Gallimard, etc. Conséquence, les débats sur la violence des textes adressés aux adolescents sont relancés. Alors jusqu’où peut-on aller en littérature jeunesse ?

Les sujets difficiles en littérature ont toujours existé et ont toujours occasionné des débats. Il y a les « contre » qui jugent cette littérature traumatisante et loin des préoccupations des adolescents. Ceux qui voient une littérature malsaine et reprochent l’« effet miroir » d’une société trop violente.
Les « pour » défendent le côté « éducatif » de cette littérature, dans cette période charnière du « passage à l’âge adulte », apprendre à surmonter ses peurs, découvrir le concept de résilience, trouver sa place ou un écho à sa propre expérience, etc. Les bénéfices peuvent être multiples et ces livres devenir les compagnons de ce voyage qui échappe à toute raison : la vie.
Nous pourrions donc potentiellement tout écrire, mais pas n’importe comment. Eva Grynszpan, éditrice jeunesse chez Nathan, souligne qu’il est important de prendre de la distance pour écrire ces textes : « Pour ne pas entrer dans la complaisance, qui est le plus grand risque des récits de vie, il faut savoir considérer les évènements autrement. Souvent c’est le regard porté sur les actes qui choque, plus que l’acte lui-même ». Cette distance nécessaire, explique peut-être pourquoi des romans tels que Hunger Games, ou Instinct semblent moins choquer. Parce qu’ils se situent à une autre époque, parce qu’ils apportent une part de fantastique, on ressent moins le poids de la réalité. Finalement ce qui met mal à l’aise, n’est-ce pas cette réalité frontale et abrupte, ce trop plein de réalisme ?

À ce titre, Nos étoiles contraires est très juste. John Green, réussi l’exploit de parler de l’un des sujets les plus douloureux – le cancer chez les enfants – sans faire pleurer et sans rentrer dans le pathos. C’est avec délicatesse et honnêteté qu’il raconte l’histoire de ces deux ados qui s’aiment en dépit de la maladie. On en oublierait presque qu’ils sont malades ! John Green décrit ce quotidien en rajoutant juste ce qu’il faut de douceur pour le rendre supportable aux yeux du lecteur. Il transforme très légèrement la vie. Parce que comme le rappelle Eva Grynzpan, « la littérature doit aussi sublimer la vie, de la même manière qu’elle doit offrir au lecteur les clefs pour s’en sortir et un soupçon d’espoir ».

Alors finalement, jusqu’où peut aller la littérature jeunesse ? Peut-on réellement tout écrire, tout donner à lire à nos adolescents ? Venez en débattre sur le forum.

 

Ce qu’en dit Edith Wolf :

Nos étoiles contraires, John Green« À première vue, ce roman a tout pour agacer. Le thème pathétique d’abord : le cancer vécu par de très jeunes gens. Le choix du point de vue ensuite : le narrateur adolescent qui, depuis L’Attrape-Cœur de J-D. Salinger, a envahi jusqu’à la littérature adulte. Le livre serait-il un de ces innombrables récits qui infligent à la jeunesse les clichés du misérabilisme contemporain : drogue, maladie d’Alzheimer, prison, viol etc… ? Le roman de John Green échappe à ces pièges. La narratrice, Hazel, en phase 4 d’un cancer de la thyroïde et des poumons, survit grâce à un traitement expérimental. Son existence quotidienne, rythmée par l’alternance des dispositifs qui lui permettent de respirer, est racontée avec précision. On y découvre l’organisation d’une vie contre et avec la maladie : la poursuite des études, les réunions avec l’équipe médicale, le groupe de paroles de malades. C’est pendant une réunion de ce groupe que Hazel rencontre Augustus, en rémission après un cancer. Au centre de l’histoire d’amour il y a la maladie mais aussi les livres. Un livre surtout : Une Impériale Affliction, récit de la vie d’une jeune cancéreuse. L’ouvrage finit sur une phrase incomplète, laissant le lecteur dans l’incertitude. Mais l’héroïne réussit, grâce à Gus, à rencontrer l’écrivain…

Les personnages sont, malgré le caractère un peu trop exemplaire du comportement des héros, vus de manière nuancée. Le choix d’un style sobre qui n’imite pas le parler adolescent, permet l’émotion sans tomber dans le pathos ni la caricature. À conseiller en 3e comme récit d’adolescence. »

John Green, Nos étoiles contraires, Nathan, 330 pages, 16,50

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Le handicap en classe : Posez vos questions à Benoît Virole

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Suite à son article, Benoît Virole se propose de répondre à vos questions sur le handicap. Faites-nous part de vos interrogations sur le forum et nous les lui transmettrons. Ses réponses seront par la suite publiées sur le forum. .

Un autiste en classe
Par Benoît Virole, psychologue-psychanalyste

Si bien comprendre les caractéristiques de ce handicap est indispensable pour réussir l’accompagnement d’un jeune autiste en classe, c’est aussi l’occasion pour l’enseignant de mettre en place des pratiques pédagogiques innovantes.

Longtemps considéré à tort comme un trouble psychiatrique, l’autisme est reconnu aujourd’hui comme faisant partie des handicaps d’origine neuro-développementale.  L’autisme n’est donc pas une maladie. C’est une structure innée de développement, déviante par rapport aux normes, mais présentant des particularités certes handicapantes socialement, parfois gravement, mais qui peuvent aussi comprises dans le cadre de la variabilité  des formes du vivant.

À la suite de la reconnaissance médicale et administrative de son handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) à laquelle il est rattache, le jeune autiste est donc redevable, suivant la loi de 2005, des dispositifs d’accueil à l’école, au collège et au lycée. Il n’est donc pas rare de voir des enfants et adolescents autistes dans les classes tout-venant de l’Éducation nationale.  Ce n’est pas le cas de tous les jeunes autistes. Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui pris en charge uniquement dans des structures éducatives spécialisées. D’autres sont aides par des équipes médico-psychologiques en hôpitaux de jour car leur autisme s’accompagne de complications psychopathologiques. D’autres enfin sont accueillis dans les classes spécialisées de l’Éducation nationale, CLIS à l’école et ULIS au collège. Malheureusement, certains jeunes autistes ne peuvent trouver des structures d’accueil du fait des manques de place et du sous-équipement en la matière. L’orientation dans ces différentes entités résulte d’une concertation entre les choix des parents et les avis des partenaires éducatifs auquel s’adjoint un avis médical spécialisé. Dans la plupart des situations, le jeune autiste est accompagné en classe  d’une Assistante à la vie scolaire (AVS).

Parmi l’ensemble des caractéristiques de l’autisme, trois plus importantes doivent être bien comprises par l’enseignant pour éviter des mésinterprétations. Premièrement, beaucoup de jeunes autistes manifestent leurs émotions de joie, de surprise, de colère, de frustrations, par des mouvements, voire des sautillements. Il est vain de s’y opposer frontalement ou du moins une demande de stabilité doit s’accompagner dans l’esprit de l’enseignant de la compréhension qu’il s’agit bien d’une manifestation émotionnelle et non d’une provocation ou d’un trouble du comportement. Par ailleurs, les autistes fuient les rituels sociaux et les moments collectifs ludiques de la vie scolaire. Cet isolement est à respecter. La recherche coercitive d’une participation systématique à des jeux en commun, à des repas, est souvent contreproductive.  La façon d’apprendre et de penser des personnes autistes présente souvent, mais pas toujours, des singularités qui peuvent décontenancer l’enseignant. Les systèmes sériels (les lettres, les chiffres…),  les plans, les calendriers sont des supports  privilégiés de prise de connaissance. Par  contre, certains ont des difficultés importantes sur le plan praxique (difficulté à s’habiller seul) et peuvent compenser par  une mémoire visuelle impressionnante. Leur utilisation du langage est particulière et parfois l’organisation de leurs connaissances défie la rationalité. Dans tous les cas, l’utilisation des interfaces numériques est pour eux un appui et une sécurité : elle constitue la voie royale pour leur scolarisation. En ce sens, l’enfant autiste en classe, loin d’être le poids que certains redoutent, peut initier des pratiques pédagogiques innovantes. Après tout, l’histoire de la pédagogie (Itard, Seguin, Montessori et tant d’autres) montre bien que l’on remet en chantier les fondements de notre pédagogie lorsqu’on est vraiment confronte a la radicalité d’une différence.

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Revue et cahier de mars 2013

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Couverture revue NRP Collège janvier2013
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Il était une fois Cendrillon, Matamore et quelques tours de piste

Publié le par La rédaction NRP

Par Carole Guidicelli

Profitez du printemps pour (re)découvrir trois spectacles très inventifs : Cendrillon, (J. Pommerat), Grand fracas issu de rien (d’après V. Novarina), et Matamore (Cirque Trottola / Petit Théâtre Baraque).

Cendrillon, encore et toujours Pommerat

Cendrillon, mise en scène Joël Pommerat
© Cici Olsson

Nul mieux que Joël Pommerat ne sait rendre palpable sur une scène de théâtre la peur ancestrale du loup ou encore métamorphoser la silhouette d’une comédienne en petite fille puis en grand-mère. Son travail de réécriture des contes (Le Petit Chaperon rouge puis Pinocchio) culmine avec Cendrillon : sa « Sandra » (« Cendrier » pour les filles de sa belle-mère) n’est pourtant pas une jolie princesse qui rêve au garçon idéal. Et le prince n’a rien des qualités physiques ou morales des héros de conte de fées : c’est un grand enfant triste et lourdaud qui vit dans l’illusion du retour imminent de sa mère défunte. Les deux enfants du conte partagent la même perte, qu’ils surmonteront ensemble. « Quand j’ai commencé à travailler sur Cendrillon, explique Pommerat, j’ai réalisé à quel point la mort de sa mère détermine ce qui va suivre : la manière dont elle refuse de vivre et se laisse maltraiter par les autres. »

On rit malgré tout beaucoup à cette Cendrillon, quand retentit pour la énième fois l’air d’Ah vous dirais-je maman parce que Sandra porte autour du cou une montre-réveil qui lui rappelle toutes les cinq minutes de ne jamais oublier sa mère…

Les rôles y sont inversés pour notre plus grand plaisir : le prince offre son soulier verni à Sandra, la marâtre rêve au prince charmant, la fée a le blues et rate tous ses tours de magie. Si Pommerat joue du pouvoir des mots, et les dénonce — Sandra se rend malheureuse d’avoir mal entendu les dernières volontés de sa mère —, il use aussi de la puissance hypnotique des images numériques pour nous faire voyager très loin en nous-mêmes…

Consultez les dates de Cendrillon

Un Matamore de foire

Le trio du cirque Trottola (l’acrobate et clown Bonaventure Gacon, la voltigeuse aérienne Titoune et le jongleur Mads Rosenbeck), expert en rafistolage et adepte de l’absurde, s’associe au duo du Petit Théâtre Baraque (Branlo et Nigloo Roussayrolles) pour Matamore. Cofondateurs du Cirque Aligre, anciens comédiens du Footsbarn Travelling Theatre et de Zingaro, Branlo et Nigloo ont inventé un dispositif scénique inédit, le tonneau, où ils créent des spectacles destinés à être vus par un spectateur depuis une place vertigineuse. Augustes, la saison dernière, était stupéfiant de créativité plastique. Jouant de leur espace comme d’une lanterne magique ou d’une boîte à musique, ces clowns convoquent l’imaginaire d’un Van Gogh ou d’un Picasso.

Avec Matamore, une arène sous chapiteau a été créée de toutes pièces pour démultiplier les apparitions par les dessous et les hauteurs, jouer de l’équilibre et de la chute et permettre au jeu de l’acteur et à l’art du circassien de se déployer sous toutes ses formes.

Consultez les dates de Matamore

Grand Fracas issu de rien

À vos agendas pour la dernière représentation de Grand fracas issu de rien, spectacle interdisciplinaire échevelé conçu à partir des textes les plus loufoques de Valère Novarina. Un percussionniste, une chanteuse d’opéra, un gymnaste spécialiste des agrès, un jongleur, et des mots, des mots, des mots qui tombent littéralement sur scène pour déborder le jeu de Dominique Parent…

Grand fracas issu de rien : le 14 mars à Dole (Scènes du Jura).

Publié le par La rédaction NRP
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PRIX NRP
Prix NRP littérature jeunesse 2012-2013

Publié le par La rédaction NRP

 

En cette nouvelle année découvrez le l’ensemble de la sélection du prix NRP littérature jeunesse 2012-2013 et ses trois lauréats.

Les lauréats :

Face à la richesse de la sélection, le choix  était difficile, mais trois livres sont sortis du lot :

Le Tigre de Baiming, de Pascal Vatinel, Actes Sud junior. ( Voir le site de l’auteur)
Parole de Singe, de Thierry Groensteen, Les Impressions Nouvelles  (Voir le site de l’auteur)
Swing à Berlin, de Christophe Lambert, Bayard Jeunesse. (Voir le blog de l’auteur)

Le prix a été officiellement attribué le mercredi 9 janvier 2013, en présence des trois auteurs, de leurs éditeurs et attachés de presse. Les trois lauréats sont repartis avec le Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert.

Les lauréats du Prix NRP littérature jeunesse 2012-2013
Pascal Vatinel, Thierry Groensteen, Christophe Lambert

Le Robert

La sélection

Pour en savoir plus sur les trois lauréats et l’ensemble de la sélection, cliquez sur le visuel ci-dessous.  Vous découvrirez dans ce mini-livre, résumés, extraits, biographies des auteurs et avis du jury.  Vous pourrez également écouter en exclusivité l’incipit de chacun des livres.

Et n’hésitez pas à venir en parler sur le forum.

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Revue et cahier de janvier 2013

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Couverture revue NRP Collège janvier2013
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« Caligula » en marionnettes et en musique à la Scène Nationale Evreux

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Par Gaëlle Bebin

La marionnette de Cesonia dans Caligula © Maroussia Podkosova

Imaginons le dangereux empereur romain – chez Camus une figure de la cruauté qui met en évidence le non-sens de l’existence – réduit à la taille d’une marionnette manipulée à vue, qui chante en italien avec une voix de ténor…

Cet opéra vénitien du XVIIe siècle pour marionnettes associe l’esthétique baroque et l’art des pupi siciliennes à tige, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Dans le cadre très structuré de la musique baroque, les chanteurs et les marionnettistes inscrivent beaucoup d’émotion dans les voix et une grande fluidité dans les mouvements des objets. Caligula devient fou et cherche toujours la lune, mais sa folie est passagère et elle fait naître de merveilleuses visions, dans un éclairage à la bougie. Même la dimension comique n’est pas absente de ce spectacle, pour tout public à partir de 10 ans.

Une dernière date de représentation pour l’instant est prévue mardi 18 décembre 2012 à 20h30 à la Scène Nationale Evreux – Théâtre Grand Forum. Dossier en ligne et dates ultérieures de tournée à surveiller !



À lire :
Dossier pédagogique sur les marionnettes au théâtre dans la collection Pièce (dé)montée : voir dans les annexes les modes de manipulation des marionnettes à fil (kathputli du Rajasthan) et à tige (pupi de Sicile), ainsi que le bunraku japonais.

- Les Arts de la Marionnette, Théâtre Aujourd’hui n°12, 2011

Cet ouvrage remonte aux origines, où « la marionnette a d’abord réalisé et concrétisé des puissances symboliques, et non imité des héros ou des acteurs humains » et parcourt le temps jusqu’au théâtre d’objets, en décrivant les formes, significations et techniques d’animation de cet « art critique qui refuse les facilités du divertissement, et notamment la fusion de l’identification ».

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Vendredi ou la vie sauvage dans une nouvelle édition

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Vendredi
Le cahier de novembre 2012 proposait une étude de Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier. Le parcours dans l’oeuvre renvoie à une édition antérieure à celle qui vient de paraître chez Gallimard, dans la collection « Textes classiques » de Folio Junior. Nous vous proposons ici un tableau de correspondances pour faciliter votre travail avec le renvoi aux pages de cette nouvelle édition. Des illustrations en couleurs et un dossier de lecture accompage l’ouvrage.

PDF du tableau de correspondances

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Rencontre : Enseigner l’histoire des arts 14 novembre à la Gaité lyrique

Publié le par la redaction nrp

Sous le signe du dialogue
Enseigner l'histoire des art L’entrée de l’Histoire des arts dans les programmes officiels, la création d’une épreuve du brevet en Histoire des arts, autant d’événements qui ont dérouté les pratiques et posé bien des questions aux enseignants qui en recevaient la charge. En première ligne, les professeurs de Lettres. Il nous a semblé important de revenir sur ces problématiques en variant les situations et les points de vue. Car cette variété est le quotidien de nos classes. Les intervenants de cette rencontre sont soit des enseignants qui ont mené des projets Histoire des arts en autonomie, soit des experts et artistes extérieurs qui viennent en classe apporter leur savoir-faire et leur expérience propre, ou bien encore des enseignants d’une discipline artistique avec lesquels travailler en interdisciplinarité. À chaque fois, il s’agit de bousculer les idées reçues ou les supposés savoirs et d’entrer en dialogue. C’est aussi ce dialogue que nous espérons engager entre vous et les orateurs, à l’image du dialogue entre les arts…
Yun Sun Limet, Directrice de la rédaction

Pour prolonger la journée, participez au forum de la NRP, échangez vos impressions et vos expériences sur l’enseignement de l’Histoire des arts.

Vous ne pouvez pas participer à la journée ? Suivez-nous sur Twitter @NRP_Lettres,  l’après-midi sera commentée en direct.

Le programme

MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012
14 H › 16 H 30

Chaque intervention d’un quart d’heure sera suivie d’un échange avec le public.

Quand les Lettres invitent les Arts : repères et perspectives pour la classe de français
Par Thierry Santurenne

L’opéra au collège et au lycée : « Prima le parole o prima la musica ?
Par Laurent Müller et Frédéric Simon

Histoire d’écrire l’Histoire des arts : retour sur un projet muséal en lycée
Par Véronique Delfau

Partage de ressources interdisciplinaires et productions d’élèves : les projets TRAAM
Par Joëlle Coudriou

« Ça, c’est du cinéma ! » ou l’analyse de film sans perdre le film
Par Chiara Dacco et Xavier Grizon

La musique, espace intérieur : interventions d’une pianiste en classe
Par Claire-Marie Le Guay

Les intervenants

THIERRY SANTURENNE est professeur agrégé de Lettres modernes(lycée Jeanne d’Albret, Saint-Germain-en-Laye) et docteur en littérature comparée. Spécialiste des rapports littérature/musique, il est l’auteur de L’Opéra des romanciers (L’Harmattan, 2007).

FRÉDÉRIC SIMON et LAURENT MÜLLER enseignent en classes préparatoires aux Grandes écoles après avoir longtemps été professeurs de Lettres en collège et en lycée, ainsi que formateurs à l’IUFM de Paris. Le premier est spécialiste du XIXe siècle, le second du XVIIIe et tous deux passionnés par la musique et l’opéra.

VÉRONIQUE DELFAU est professeure agrégée de Lettres modernes en 1re L option arts plastiques, en Terminale L et BTS (lycée Raymond-Nave, Toulouse). Après un parcours dans le primaire et une expérience de directrice de MJC, elle a également été en poste au collège royal de Rabat (Maroc).

JOËLLE COUDRIOU est musicienne, professeure d’éducation musicale en collège depuis 30 ans. Elle est coordinatrice GITPIC et formatrice en Histoire des arts à la DAFOR.

XAVIER GRIZON est responsable d’activités d’éducation à l’image en Seine-Saint-Denis au sein de l’association Cinémas 93. Chercheur en esthétique du cinéma, il a participé aux premières expérimentations du logiciel Lignes de Temps édité par le Centre de Recherche et d’Innovation du Centre Georges Pompidou.

CHIARA DACCO est responsable des actions éducatives au sein de l’association Cinémas 93. Elle coordonne notamment Collège au cinéma en Seine-Saint-Denis, dispositif d’éducation à l’image initié par le Département de la Seine-Saint-Denis, en partenariat avec le CNC, la DRAC Ile-de-France, la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de Seine-Saint-Denis et le Rectorat de Créteil.

CLAIRE-MARIE LE GUAY est une pianiste française de renommée internationale, victoire de la musique 2008. Elle a joué sous la direction de Daniel Barenboim, Emmanuel Krivine ou Gerard Korsten, entre autres. Le dernier titre de sa nombreuse discographie : Voyage en Russie (Borodine, Moussorgski, Rachmaninov…) Elle a été artiste en résidence au théâtre de l’Athénée en 2009-2011, et a conduit des projets avec des publics scolaires.

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Actualités en régions

Publié le par la redaction nrp

Retrouvez  l’ensemble des actualités en régions  de la revue de novembre.

À Lens

  • L’événement culturel dans le Nord Pas-de-Calais, c’est l’ouverture le 4 décembre du Musée du Louvre-Lens. Un « autre Louvre », installé dans un bâtiment à l’architecture volontairement contemporaine, avec des réserves visitables, un aperçu sur la « vie secrète » des œuvres, et des expositions au rythme de deux fois par an, la première étant consacrée à la Renaissance. Une politique d’actions d’éducation artistique et culturelle sera aussi menée.
  • Le musée disposera aussi d’un auditorium, « La Scène », qui proposera des manifestations culturelles (conférence, débat, spectacle vivant, etc.) en lien étroit avec le musée.

Renseignements sur le site du Musée du Louvre-Lens

À Saint-Malo

  • Pour qu’une visite au festival Étonnants Voyageurs ne soit pas une simple escapade, mais une véritable aventure, il est temps pour les classes des collèges de l’académie de Rennes de prendre leurs passeports pour l’ailleurs et de se lancer dans le « Défi presse fiction ».

En classe

  • Le « Défi presse fiction » débute début décembre : les classes participantes composent et rédigent un journal à partir d’une des œuvres de fiction proposées. Chaque élève a un rôle précis dans la rédaction du journal et signe son article, son édito ou son dessin de presse…
  • Et si vous n’êtes pas bretons…

Vous pouvez inciter vos élèves à participer au concours de nouvelles. À partir d’incipit inédits proposés par un écrivain, les collégiens rédigent leur texte. Une première sélection a lieu au niveau académique, puis un jury se réunit pour classer les 15 premières nouvelles, qui se verront publiées.

Renseignements

Association « Étonnants voyageurs », 24, avenue des Français-Libres, 35000 Rennes ; tél. 02 99 31 05 74.

À Mulhouse

  • Sous-préfecture du Haut-Rhin, Mulhouse possède une forte proportion de jeunes : les propositions culturelles ne manquent pas, sans oublier les nombreux marchés de Noël que la région accueille dès le 24 novembre.

Il est temps de réserver pour le 22e Festival international jeune public Momix qui aura lieu à Kingersheim près de Mulhouse du 1er au 10 février 2013. Une trentaine de compagnies proposent des spectacles allant du théâtre visuel à la danse en passant par le cirque et les marionnettes ainsi que des soirées cabaret et des expositions. Le prix varie de 5 à 11 euros selon les spectacles.

  • Entre Colmar et Mulhouse, l’Écomusée propose expositions, manifestations, événements au fil des saisons, comme « L’école d’antan au temps de Noël » du 24 novembre au 6 janvier. Le tarif scolaire est de 6,50 euros/enfant/journée

En classe

La légende de Saint-Nicolas, les histoires d’autrefois et le festival Momix offrent un ancrage concret et ludique pour les élèves de 6e en abordant le conte, le récit merveilleux et les arts vivants dont les exercices de restitution peuvent être riches et variés.

Renseignements

www.momix.org
www.ecomusee-alsace.fr

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Revue et cahier de novembre 2012

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Couverture revue NRP Collège novembre 2012
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La photographie pour les collèges et lycées avec les festivals d’Arles et de Perpignan

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Par Gaëlle Bebin

Visa pour l’image à Perpignan © Gaëlle Bebin

Visa pour l’image à Perpignan © Gaëlle Bebin

Deux festivals de photographie pour la rentrée

Prenant la suite des Rencontres d´Arles, la Rentrée en images se déroule sur une journée jusqu’au 21 septembre. A Perpignan, le festival de photojournalisme Visa pour l´image se prolonge pour une Semaine scolaire du 17 au 21 septembre. Visites des expositions et rencontres avec les photographes sont gratuites sur inscription pour les classes et les professeurs qui les accompagnent.

 


Arles

Les propositions pédagogiques de la Rentrée en images comprennent notamment une visite guidée par un médiateur de trois expositions dans les gigantesques espaces des anciens ateliers SNCF. Là, de jeunes photographes formés à l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles sont à découvrir.

Sunghee Lee photographie d’immenses panneaux d´affichage vides, des surfaces où se reflète l’inanité d’un message, impression renforcée par l’étrangeté de telles constructions dans le paysage. Ces écrans ouvrent aussi un espace de méditation.

Chez Aurore Valade , des surfaces blanches sont installées dans des intérieurs contemporains, au milieu d’une cuisine ou d’un salon au milieu desquels pose l’habitant des lieux. Le blanc est le fond neutre devant lequel se détache le modèle à peindre ou à photographier. On a l’impression de surprendre le hors-champ du portrait, en voyant les objets quotidiens et, au-delà, la vue par la fenêtre. Parmi ces objets, il y a des livres, des journaux, des magazines sur lesquels des mots apparemment visibles par hasard (un intitulé d’article, un slogan publicitaire) donnent son titre à la photographie. Ces formules prennent alors une ampleur nouvelle : elles définissent notre univers intime.

Joséphine Michel se livre explicitement à une étude du blanc. Souvent, dans la série Halfway to White, quelque chose d’éblouissant fait écran et le sujet de la photo devient cette difficulté à voir à cause de la lumière elle-même.

Toujours dans la Grande halle, il faut se diriger vers les photographies en noir et blanc d’Erwan Morère, des terres sous le ciel, de grands espaces presque vides qui pourraient servir d’introduction à la très belle rétrospective de Pentti Sammallahti exposée au Magasin électrique. Ce sont à nouveau des paysages nordiques, habités ici par la présence mystérieuse des animaux qui y règnent.

 

 

Javier Perez, Mascara de seduccion II, 2008

Javier Perez, Mascara de seduccion II, 2008

 

Parmi les activités à choisir ensuite par le professeur, est prévue notamment une visite guidée de l´exposition « Acte V » au musée Réattu. À voir jusqu´au 31 décembre 2012, « Acte V » est un parcours dans les salles de l´ancien Grand Prieuré de l´Ordre de Malte, devenue au XIXe siècle la résidence d´un peintre, Jacques Réattu. Des œuvres d´art contemporain, objets et photographies, résonnent entre elles. Le masque de Javier Perez, tressé de fils rouges, ramène l´intérieur (les vaisseaux sanguins) vers l´extérieur tandis que le visage sculpté photographié par Mimmo Jodice semble s´avancer vers nous.

Les objets et les lieux (les espaces du musée lui-même) sont habités.

 

Nancy Wilson-Pajic, Morrigane, 2003

Nancy Wilson-Pajic, Morrigane, 2003

 

La robe, sur la photographie au nom de déesse irlandaise, Morrigane, laisse une empreinte lumineuse presque surnaturelle ; certaines œuvres éphémères ne sont plus visibles que grâce à leur trace photographique, comme l’anamorphose de Georges Rousse sur les murs du musée ou la Sculpture for a moment de Ton Swerver. Ailleurs, le fauteuil Rhyzotopia se laisse envahir par une racine et d´autres métamorphoses s´opèrent tout aussi mystérieusement, dans la statue végétale du Vanuatu et dans les photomontages de Jerry Uelsmann.

Les œuvres de Sophie Calle exposées cet été à Arles sont, elles, montrées jusqu’au 27 octobre à la galerie Perrotin à Paris. Deux séries sont associées pour composer une belle méditation sur l’image, « pour la dernière et pour la première fois ». Dans Voir la mer, des vidéos montrent des hommes et des femmes de dos, devant le rivage. Ils se retournent ensuite face à la caméra et nous voyons les yeux qui ont vu la mer pour la première fois. La Dernière Image met en regard image et texte : le visage d’un aveugle, un paysage ou un objet d’un côté, et de l’autre le récit de la manière dont cette personne a subitement perdu la vue et ce qu’elle a vu pour la dernière fois. Celle qui a usé ses yeux sur des tapis a esquissé le dessin maladroit d’un motif, celui sur lequel elle travaillait alors. Pour celui qui a été victime d’une agression, ce sont les traits de son bourreau qui lui sont restés en mémoire, effaçant les visages de sa propre famille. On pense à ces vers du poète croate Ivan Goran Kovacic : « La dernière lumière avant la nuit terrible / Fut l’éclat fulgurant du couteau, et le cri / Qui demeure à jamais blanc dans la cécité / Et la blanche, blanche peau de l’exécuteur ».

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Ouverture de la saison des spectacles

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Par Carole Guidicelli

Liste des spectacles cités dans l’article « spectacle » du numéro de septembre

Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand, mise en scène par Dominique Pitoiset avec Philippe Torreton dans le rôle de Cyrano

    • du 20 février au 2 mars 2012 TnBA (Bordeaux)
    • du 6 mars au 9 mars 2013 au théâtre de Chateauvallon (Ollioules)
    • du 20 au 30 mars 2013 au MC2 (Grenoble)
    • du 17 au 20 avril 2013 à la Comédie St-Étienne (Saint-Étienne)
    • du 22 mai au 1er juin 2013 au théâtre des Célestins (Lyon)
    • le 13 et 14  mai 2013 au Phénix (Valenciennes)

L’Atelier volant, de Valère Novarina, mise en scène par Valère Novarina

  • du 6 septembre au 6 octobre 2012 au Théâtre du Rond Point (Paris)
  • du 9 au 13 octobre 2012 au TNP (Villeurbanne)
  • du 16 au 18 janvier 2013 à la Comédie St-Étienne (Saint-Étienne)

Cendrillon, de Joël Pommerat, mise en scène par Joël Pommerat

  • du 9 au 16 mai 2013 au TNB (Rennes)
  • du 22 au 25 mai 2013 à la Comédie (Béthune)
  • le 31 mai et le 1er juin 2013 au Carreau (Forbach)

La Scaphandrière, de Daniel Danis, mise en scène par Olivier Letellier

  • du 11 au 20 octobre 2012 au Théâtre national de Chaillot (Paris)
  • les 24 et 25 novembre 2012 au théâtre de Grasse (Grasse)
  • du 14 au 17 février 2013 au Théâtre de la Commune (Aubervilliers)

La Belle et la Bête, d’après l’œuvre de Jean Cocteau, mise en scène par Lemieux Pilon 4D Art

  • du 21 février au 1er mars 2013 au Théâtre national de Chaillot (Paris)

Faim de loup, d’après Le Petit Chaperon rouge, mise en scène par Ilka Schönbein

  • du 26 au 29 juillet 2012 au festival de Phalsbourg (Phalsbourg)
  • du 8 au 10 août 2012 à La Citadelle (Besançon)

Au fil d’Œdipe, mise en scène par la compagnie Les anges au Plafond

  • les 6 et 7 décembre au théâtre d’Arras (Arras)
  • du 10 au 12 janvier 2013 au théâtre Romain Rolland (Villejuif)
  • du 2 au 6 avril 2013 au Grand T (Nantes)

« Cirque en capitales »

  • du 25 janvier au 24 février 2013, région PACA

Le Cid, Pierre Corneille, mise en scène par l’Agence de Voyages imaginaires de P. Car

  • 8 juin 2012 : représentation au théâtre du Gymnase (Marseille)
  • 9 juin 2012 : départ de la caravane sur les routes
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Maupassant plus angoissant que « Hunger Games » ? Réagissez sur le forum de la NRP

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La littérature fantastique donnée à lire en 4e angoisserait-elle les élèves les plus sensibles ? Laure Meyer-Cousin, dans la revue NRP Collège de septembre, témoigne de son expérience de pédopsychiatre et interroge ces lectures imposées qui précipitent par fois des troubles. Édith Wolf et Franck Evrard, enseignants, ont réagi  à cet article.

Franck Evrard, enseignant en collège, Massy

L’article de Laure Meyer-Cousin a le mérite d’abord de rappeler comment les textes littéraires sont susceptibles de générer de la violence et ensuite, d’inviter les enseignants à rester vigilants par rapport au choix des textes tant les effets de lecture dans une classe composée d’élèves singuliers sont difficiles à maîtriser. En revanche, même nuancé, le point de vue dénature complètement ce que sont la littérature et l’activité de lecture. Aux antipodes d’une communication transparente, transitive et utilitaire, la littérature privilégie l’accès à la complexité du monde et de l’être humain en prenant en compte la dimension esthétique. Parce qu’elle se confond avec une expérience de la différence à travers l’étrange et l’étranger, parce qu’elle joue sur le doute dans nos représentations du réel, la littérature fantastique offre aux élèves de quatorze ans une chance d’ouverture sur l’altérité. Il serait regrettable de lui substituer des pré-textes aseptisés, du guide du mieux-vivre à l’historiette manichéenne de l’heroic fantasy. Le danger d’une approche trop psychologisante est de se focaliser sur ce qui dans l’acte de lire confère au texte un caractère pathologique ou déviant. L’enjeu pour les enseignants est de permettre aux élèves de devenir des acteurs de leur lecture, des acteurs capables de construire du sens entre participation, c’est-à-dire abandon à l’illusion référentielle, aux émotions, aux fantasmes, d’une part, et distance instaurée par rapport au texte, mise en veille de la subjectivité, de l’autre. Si le principe de précaution s’impose par rapport à « une potentialité traumatique » du texte lu, il me paraît caricatural de présupposer un sujet lecteur forcément fragile, a priori instable, qui risque d’être envahi et dévoré par des livres eux-mêmes prescrits par des adultes nihilistes, masochistes ou pervers.

Sur le plan même du contenu « angoissant » de la littérature fantastique, je ne suis pas convaincu de la dangerosité des œuvres de Maupassant ou de Poe. Libération cathartique des pulsions et angoisses, possibilité de verbaliser ses fantasmes et ses peurs, plaisir à se mouvoir dans un monde échappant à la rationalité et la normalité : il ne faut pas avoir peur de parler de la violence contre soi et l’autre. L’enjeu pour l’éducation est de substituer à cette violence fondamentale de l’enfant, évoquée par Jean Bergeret, un élan créateur et dynamique, de convertir la pulsion destructrice en une pulsion conquérante, source de plaisir, celui de voir, entendre et comprendre. En revanche, impensée, non fantasmée, la violence peut conduire à de terribles passages à l’acte comme à Columbine. En effet, l’erreur tragique est de ne pas lire dans la violence un acte, comme l’a dit Jacques Lacan, dont la parole doit être délivrée.

Pour finir, l’inquiétante étrangeté tiendrait plutôt aux yeux des enseignants dans ce retour paradoxal en raison du déclin du livre, mais hélas!, de plus en plus fréquent, « de l’horrible danger de la lecture ». En effet, le droit de regard revendiqué par certains parents sur des textes jugés nocifs menace de faire régresser la transmission de la culture en conduisant à l’occultation (l’autorisation de fermer le livre) ou l’évitement (le choix à la carte) de l’œuvre littéraire.

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Revue et cahier de septembre 2012

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Couverture revue NRP Collège septembre 2012
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Littérature audio

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Née en 2007 sur une initiative d’Augustin Brunault et de Clément Pitton, Littérature audio est une plateforme qui propose plus de 2500 livres audio en libre accès, alimentée par 190 bénévoles passionnés.

Si ces lectures sont à l’origine plutôt destinées aux non-voyants et aux malvoyants, elles sont tout aussi pertinentes pour une utilisation pédagogique : apprendre à lire à voix haute, mettre le ton, donner vie à un texte, permettre aux élèves non francophones de se familiariser avec la langue française, etc. C’est pour cela que la NRP utilise certains de ces livres audio de qualité dans ses compléments numériques.

Si vous aussi vous souhaitez contribuer au développement du site – en tant que donneur de voix ou autre ­– rendez-vous à cette adresse : www.litteratureaudio.com

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Pour un été sur la route au son des guitares électriques…

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Pour bien finir l’année scolaire et bien commencer les vacances, voici une petite sélection de romans rock n’roll pour les ados d’aujourd’hui. Trois livres (et une collection) qui ont retenu notre attention par leurs histoires touchantes et authentiques et leurs styles particulièrement rythmés. Un subtil mélange de divertissement et de réflexion, des histoires de jeunes à la recherche d’eux-mêmes et d’une place dans la société.

Goodbye Berlin de Wolfgang Herrndorf – Thierry Magnier

Maik et Tschick deux adolescents de 14 ans,Goodbye Berlin de Wolfgang Herrndorf – Thierry Magnier paumés et livrés à eux mêmes se mettent en tête d’aller en Valachie à la recherche de la famille de Tschick. Et c’est à bord d’une voiture volée, que les deux compères partent pour un road trip détonant sur les routes allemandes. S’enchainent rencontres loufoques et situations totalement invraisemblables,  qui feront le bonheur des lecteurs. Ces situations ne sont pas toujours très réalistes ? Peut importe, on en redemanderait presque ! Le ton très oral du récit – Maik nous raconte son histoire, avec toutes les imperfections et les digressions du langage parlé – nous accrochent d’avantage au récit. Mais sous ces aventures abracadabrantesques se cache un roman attendrissant sur l’amitié, la solidarité et les relations humaines à un âge où tout cela est parfois bien compliqué…

Rock addict de C.J. Skuse – Gallimard Jeunesse

Quand Jody, une adolescente rebelle, kidnappe sans le vouloir son idole Jackson Gatlin, Rock addict de C.J. Skuse – Gallimard Jeunessechanteur du groupe de rock Regulators, elle pense réaliser son rêve… Mais ce rêve va rapidement se transformer en cauchemar pour Jody quand son idole se révèlera être un looser, drogué, instable et capricieux. L’effet de surprise passé, la fan et la star vont finalement apprendre à se connaître, remettre de l’ordre dans leur relation et se sauver l’un l’autre. Rock addict, c’est un récit touchant sur le parcours d’une fan dans ses excès mais également dans ses failles. Au fil de l’histoire, Jody va prendre conscience que la célébrité ne rend pas forcément heureux, que tout est plus où moins manipulé dans le but de contenter les fans et que sa place n’est pas là où elle l’aurait pensé. Le récit est ponctué de moments très drôles, notamment quand Jody se rend compte à quel point son idole est infecte. On retiendra également la conversation à cœur ouvert des deux personnages et cette phrase de Jackson « Ne rencontre jamais tes héros Jody tu seras toujours déçue ». Un roman  très juste sur les fans et leurs idoles.

Au nom du père du fils et de John Lennon de Laurence Schaack et Goulven Hamel – Nathan, coll.Backstage

Alors que la Beatlemania est à son apogée, Cornelius Caine, Au nom du père du fils et de John Lennon de Laurence Schaack et Goulven Hamel – Nathan, coll.Backstageun jeune aristocrate, gauche et bègue, débarque chez sa cousine après la mort de celui qu’il croyait être son père. Fan de pop et de photographie, il suit les traces des Beatles et se lie d’amitié avec John Lennon en qui il croit voir un alter ego. De rencontres en désillusions, Cornelius finira par trouver sa voix tout en se libérant de ses démons. Avec le Swinging London en toile de fond, Au nom du père du fils et de John Lennon, nous plonge dans l’univers exalté des années 1960, des mods à la pop culture. On notera également l’originalité de la narration, l’histoire de Cornelius étant racontée au travers des voix des personnes qu’il croise, ses amis, sa cousine, sa grande tante, etc. Cornelius ne deviendra narrateur qu’à l’épilogue, quand il n’aura plus besoin des autres pour exister. Plus qu’un roman sur la musique Pop, Au nom du père du fils et de John Lennon, est également un récit sur le passage à l’âge adulte sur fond de quête d’identité.

Collection Backstage Laurence Schaack et Goulven Hamel – Nathan

Backstage c’est LA collection de référence de tous les amateurs de musique. Écrite par deux passionnés, Goulven Hamel (également guitariste de rock…) et Laurence Schaak, la série propose dans chaque livre un retour sur un courant musical et une époque. La société, la mode, l’histoire tous ces sujets sont abordés dans ces récits qui mêlent des histoires d’anonymes et les histoires des légendes de la musique du xxe siècle. Les dossiers qui complètent l’histoire permettront d’approfondir les courants et époques. Backstage c’est une collection qui donne envie de se mettre à la musique ! On regretterait presque que les romans ne soient pas vendus avec une compilation des meilleurs morceaux de l’époque !

Titres disponibles :

Le béton qui coule dans nos veines,  les années 1990 et le hip hop
Je chanterais sur terre et en enfer, les années 1950 et la naissance du rock n’ roll
Je hais l’amour véritable, les années 1970 et le mouvement punk
Les gens dansent pour ne pas mourir, les années 1970 et le reggea

Bonne lecture et stay tune !

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Les médiations en direction des adolescents

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Colloque CPLJLors du colloque du SLPJ de mars dernier, Benoît Virole, Claire Beilin-Bourgeois et Sandrine Reboul-Touré, les trois participants de l’après-midi organisé par la NRP ont discuté des médiations à destination des adolescents, et plus spécifiquement des remédiations scolaires. Tous ont le même objectif, « travailler autrement pour apprendre autrement ». Retour sur les grands points de leur réflexion.

Benoît Virole, psychanalyste spécialiste du public adolescent, s’est attaché à démontrer l’importance d’une pédagogie adaptée à chaque élève en soulignant la variabilité intellectuelle. Les enfants ne naissent pas tous avec le même potentiel cognitif et chacun dans son développement adopte des trajectoires différentes. Il y a deux grands types cognitifs : les enfants séquentiels et les enfants simultanés. Les enfants séquentiels ont des capacités cognitives qui leur permettent de traiter les informations les unes après les autres, ils sont favorisés par le système d’enseignement actuel. Les élèves simultanés traitent les informations dans leur ensemble et sont plus à leur aise avec les dessins et les schémas, mais les méthodes courantes ne leurs sont pas adaptées. Il y a donc un équilibre à rétablir pour que chaque élève puisse évoluer à son rythme. Benoît Virole insiste sur le fait que c’est à la pédagogie de s’adapter à l’élève et non l’inverse. Il souligne également que la remédiation doit servir à valoriser l’élève en difficulté. Il s’agit de limiter les vexations narcissiques liées à l’échec et la peur de décevoir parents et professeurs, souvent cause de l’agressivité des élèves en difficultés.

Dans son approche Claire Beilin-Bourgeois, professeur de français, entend créer une adhésion des élèves aux savoirs. Pour ce faire elle souligne la nécessité de donner du sens à l’apprentissage en proposant des activités plus concrètes et moins techniques. Elle évoque notamment sa volonté d’aller vers un travail fait en douceur, par le jeu plutôt que par la contrainte et insiste sur la notion de plaisir. Elle encourage également le travail en équipe qui vise à améliorer les liens entre le professeur et les élèves avec pour exemple son atelier consacré aux remédiations autour de Marivaux, présenté dans le numéro de mars de la NRP. L’objectif de cette activité est de faire prendre conscience aux élèves de l’importance qu’ont la grammaire et ses règles dans les situations qui nécessitent une communication. L’étude du film d’Abdel Kechiche, L’Esquive, met ainsi en avant toutes les difficultés  de compréhension liées au manque de vocabulaire, aux erreurs de syntaxe, que peuvent rencontrer les élèves dans leur quotidien. L’essentiel des propositions de Claire Beilin-Bourgeois se résume ainsi : intégrer, intéresser et faire participer les élèves.

Sandrine Reboul-Touré, maître de conférences en sciences du langage, a réfléchi aux passerelles possibles entre médiation et remédiation. À partir des méthodes pédagogiques reconnues, telles que la méthode différenciée, elle propose de mettre en place des actions innovantes en lien avec les médiations. Pour cela, elle souligne tous les avantages qu’apportent les nouvelles technologies de la communication et de l’information. Le TBI et les autres applications numériques sont autant d’outils de création possibles pour permettre une passerelle entre médiation et remédiation. Beaucoup d’autres initiatives en dehors de la classe sont aussi envisageables. Les FRAC proposent des prêts d’œuvres d’art par exemple. Sandrine Reboul-Touré souligne également la nécessité de mettre l’apprenant en action afin qu’il puisse s’approprier les savoirs. Elle propose aussi un déplacement du triangle pédagogique de Houssaye. Ici le professeur devient médiateur, il se place en retrait du savoir pour que les élèves puissent mieux s’en rapprocher.

Ces quelques réflexions permettent de mieux comprendre les élèves en difficulté et faciliter leur apprentissage. Elles ouvrent aussi de nouvelles perspectives sur d’autres pédagogies. Et vous qu’en pensez-vous ? Quelles pratiques mettez-vous en place pour aider vos élèves en difficulté ? N’hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires.

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Revue de mai-juin 2012

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Pratiquer le théâtre en classe

Séquence 5e : Lire dire et jouer les farces
Séquence 5e : Monsieur Vernet : lire en classe une pièce de Jules Renard
Séquence 4e : Le Folle Journée ou le Mariage de Figaro de Beaumarchais

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Cahier de mai-juin 2012

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Le XVIIe où l’âge d’or du théâtre.
Groupement de texte 3e

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Découvrez la NRP numérique en exclusivité

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Tout au long de l’année nous vous proposons des compléments gratuits aux revues, tableaux, iconographies, prolongements de séquence, etc.  Les abonnés – 100% numérique et Papier + Numérique –  ayant accès à l’espace « abonnés numériques » bénéficient quant à eux de compléments multimédia supplémentaires, audio, vidéos, exercices interactifs.  Nous vous proposons d’en découvrir quelques-uns en exclusivité.

À découvrir dans ce pack : un extrait du Barbier de Séville de Beaumarchais (COPAT), un extrait d’une lecture audio d’Aladin (Littérature Audio) et quelques exercices de grammaire en version interactive.

Cliquez sur l’image pour télécharger le pack.

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8e Nuit européenne des musées

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8e nuit européenne des musées

Réservez votre soirée du 19 mai, les musées vous ouvrent leurs portes à l’occasion de la 8e Nuit européenne des musées. De 18h à minuit environ 697 musées français proposeront – le plus souvent gratuitement – visites exceptionnelles, activités, rencontres, lectures de contes, concerts… à destination d’un public avant tout jeune et familial.

Pour vous mettre en appétit voici quelques exemples des activités auxquelles vous pourrez participer, avec ou sans vos enfants…

À Paris, vous pourrez assister à des démonstrations de l’atelier de restauration des Archives nationales, ou participer à un quizz autour de l’exposition « Des minutes qui font l’histoire ». Si vous préférez l’art, le Petit Palais, propose aux ados (à partir de 14 ans),  appareils photos numériques en main, une visite inédite du musée à la découverte des jeux d’ombres et autres formes nocturnes.

Envie de s’essayer à la calligraphie ? C’est à Dourdan dans l’Essonne qu’il faudra se rendre. Le musée du Château de Dourdan, ouvrira des ateliers consacrés à la calligraphie médiévale, l’écriture, son apprentissage, ses outils et supports n’auront plus de secrets pour vous, et si cela ne vous suffit pas, vous pourrez toujours aller faire un tour vers les ateliers d’enluminures.

À Chalon-sur-Saône, le musée Vivant Denon vous apprendra à dessiner des portraits mais si ce sont plutôt les paysages qui tentent vos graines d’artistes, c’est vers Besançon et son musée des Beaux-arts et d’archéologie qu’il faudra vous diriger. Et pourquoi ne pas s’initier également à la bande dessinée ? C’est évidemment à Angoulême que vous avez rendez-vous, à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image plus exactement où vous y créerez un personnage…Et puis un peu partout ailleurs en France (ou en Europe) vous découvrirez l’histoire, les arts ou la science sous un jour nouveau… Pour connaître l’ensemble de la programmation, par ville ou par musée, visitez le site de la 8e Nuit européenne des musées.

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« J’aurais voulu être égyptien » – Théâtre Club Copat

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Le Théâtre Club Copat, propose le 30 avril prochain, une projection de la pièce tirée du roman Chicago d’Alaa El Aswany, J’aurais voulu être égyptien, dans une mise en scène de Jean-Louis Martinelli, une production du Théâtre Nanterre-Amandiers

Adapté pour le public français par Gilles Gauthier, J’aurais voulu être égyptien, a été choisi par la Copat parce qu’il fait écho aux évènements du Printemps Arabe :

« L’exilé peut-il se réenraciner ? Quels sont les effets d’un régime politique sur les espaces intimes ? Ici deux mondes se font face, se mêlent : l’Égypte et les États-Unis d’Amérique, dans un difficile dialogue amoureux porté par plusieurs couples d’hommes et de femmes, qui se font et se défont à la veille d’une visite du président Moubarak. »

Venez découvrir cette magnifique pièce lors de deux projections le 30 avril prochain au théâtre Marigny et bénéficiez du tarif spécial lancement à 6,50 € (au lieu de 10 €).

J’aurais voulu être égyptien

J'aurais voulu être égyptien d’après le roman Chicago de Alaa El Aswany, texte français de Gilles Gauthier, mise en scène de Jean-Louis Martinelli, réalisé par Jean-Louis Martinelli et Julien Bechara

Avec : Eric Caruso, Marie Denarnaud, Laurent Grévill, Azize Kabouche, Mounir Margoum, Luc Martin Meyer, Sylvie Milhaud, Farida Rahouadj, Abbés Zahmani.

« Chapeau les acteurs ! Chacun s’approprie son rôle de manière de plus en plus intense. Toujours présents sur scène, ils peuplent l’espace abandonné du début et rendent cette saga vraiment théâtrale. » Télérama

Lundi 30 avril 2012 Deux séances 16h00 et 19h30 (durée 2h30)

Théâtre Marigny – Salle Popesco Carré Marigny – 75008 Paris

Métro : Champs-Elysées Clémenceau (ligne 13) / Franklin D. Roosevelt (lignes 1 ; 9)
Bus : 28 32 42 73 80 93
Parking : Vinci, entrée avenue Matignon, sortie côté théâtre
Stations Vélib : n°8001 (avenue Dutuit), n°8031 (2, rue Jean Mermoz)
Station Taxi : Rond-Point des Champs-Elysées

Pour regarder la bande-annonce, réserver vos places ou consulter la programmation jusqu’en juin rendez-vous sur le site du Théâtre Club.

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Jack, Victor, Alice, Edward, Charlie, et les autres…

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Exposition Tim BurtonMaintenant que vous en savez un peu plus sur Tim Burton… découvrez en images son œuvre et son univers dans un voyage, inédit en Europe, proposé par la Cinémathèque de Paris…

Peu de mots mais des images pour raconter l’exposition Tim Burton, parce que c’est le meilleur hommage que nous pouvions rendre à celui qui a découvert dans le dessin son plus juste moyen d’expression. « Pense ce que tu ressens, dessine comme tu le sens », un conseil avisé d’un professeur qui l’aidera à s’exprimer et à prendre confiance en lui. La question n’étant plus de bien dessiner mais de bien s’exprimer. Et c’est ce qu’il souhaite à chacun, trouver le moyen, qu’il soit verbal ou non,  d’exprimer aussi bien ses angoisses et ses peines, que ses joies dans un monde plein de libertés et de possibles. Transformer ses émotions en créations.

Et si les apparences semblent monstrueuses c’est parce qu’elle cache la douleur d’une enfance souvent incomprise, où Tim Burton se sentait différent, un peu à l’image des enfants dont il  raconte l’histoire dans son livre The Melancholy Death of Oyster Boy and other stories

Pour en voir plus, rendez-vous à la Cinémathèque où freaks, dessins de jeunesse, esquisses sur serviettes en papier, court-métrages inédits et extraits de films vous-y attendent…

Edit du 26-04 Retrouvez la fiche pédagogique consacrée à l’exposition sur le site de la Cinémathèque

Stain Boy - Tim BurtonTim Burton, l’exposition du 7 mars au 5 août 2012.
La Cinémathèque française – 51, rue de Bercy – 75012 Paris
Lundi, mercredi, vendredi, de 12h à 19h
Jeudi 12h à 22h
Week-end, jours fériés et vacances scolaires de 10h à 20h
Billet coupe file disponibles sur le site de la Cinémathèque ou sur Fnac.com à partir de 5,50 euros

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La meilleure école du monde… Quand l’architecture se mêle à l’apprentissage

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École de Joensuu, Architectes Lahdelma & Mahlamäki, Joensuu 2007, photo Jussi Tiainen

École de Joensuu, Architectes Lahdelma & Mahlamäki, Joensuu 2007

Et si la pédagogie n’était pas le seul élément nécessaire à l’apprentissage ?  Un bon environnement est tout aussi essentiel et la Finlande – qui possède l’un des meilleurs systèmes éducatifs du monde – innove avec des écoles entièrement conçues pour améliorer le bien-être de ses élèves. L’Institut Finlandais de Paris nous fait découvrir sept de ces écoles hors normes.

À système éducatif exceptionnel, lieux exceptionnels, parce qu’il faut l’avouer ces écoles finlandaises, aussi étonnantes qu’attractives feraient rêver bon nombre d’élèves… et de professeurs. Des lieux vastes, lumineux et colorés, où tout est fait pour que chacun s’y sente à son aise. Et que penser de l’école primaire de Strömberg, qui accueille ses élèves avec un feu de cheminée ! Avec ces designs ultramodernes nous sommes loin de nos classiques écoles en briques  rouges… Mais l’esthétisme ne fait pas tout, l’essentiel étant de créer un environnement propice à l’apprentissage. Et dans de ce système éducatif où l’objectif n’est pas seulement de transmettre un savoir aux élèves mais de leur faire acquérir les aptitudes nécessaires à leur vie professionnelle et personnelle, les mots d’ordre sont polyvalence et interactivité. Polyvalence, parce qu’il ne s’agit pas seulement de dispenser les cours magistraux, mais d’offrir de véritables lieux de vie. Salles de travail, de lecture, ateliers – en intérieur ou en extérieur – , mais aussi salles de repos sont mises à disposition des élèves. Interactivité aussi, parce que tout est fait pour faciliter les échanges et sociabiliser des élèves qui souvent viennent de milieux, voire de pays différents.
Notons également l’importance donnée à la sécurité et à la lutte contre le harcèlement scolaire : l’école de Sakarinmäki, par exemple, est conçue de manière à ce qu’il n’y ait pas de zones difficiles à surveiller. L’exposition amène ainsi à une véritable réflexion sur l’environnement scolaire et sur ses enjeux.

École de Kirkkojärvi, Cabinet d’architectes Verstas, Espoo 2010, photo Tuomas Uusheimo

École de Kirkkojärvi, Cabinet d’architectes Verstas, Espoo 2010

Une conférence est organisée le 5 avril prochain sur les liens entre réussite scolaire et environnement. Comment tirer profit de l’environnement, qu’il soit physique social ou autre, comment améliorer le bien-être des élèves ? Voilà quelques unes des questions que se poseront, Jyri Manninen, docteur et professeur en éducation continue des adultes à l’Université de Finlande Orientale ; Clotilde Cuvigny membre de la Délégation Académique aux Relations Européennes, Internationales et à la Coopération de Rectorat de Paris ; Marko Kuuskorpi, directeur de l’école polyvalente de Piikkiö et chercheur en sciences de l’éducation et Johanna Illman, responsable en chef du projet TAKO.

La meilleure école du monde

Institut Finlandais, 60 rue des Écoles, 75005 Paris.
info@institut-finlandais-.assos.fr

Le mardi de 12h à 20h et du mercredi au samedi de 12h à 18h. Entrée libre

« Un bon environnement d’apprentissage – une garantie pour le succès et le bien-être des élèves ? »

Le  5 avril 2012 à 14h – Entrée libre réservation 01 40 51 89 09 ou
info@institut-finlandais-.assos.fr

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Exposition « L’Envers du décor »

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Carrefour de la ville de Constance, CNCS (c) Pascal François.jpg

Carrefour de la ville de Constance

Le Centre national du costume de scène et de la scénographie (CNCS) de Moulins dans l’Allier présente une exposition consacrée aux coulisses de la Comédie-Française et de l’Opéra de Paris. Plongez dans le théâtre du XIXe siècle pour y découvrir « l’envers du décor ».

Depuis 2006, le Centre national du costume de scène et de la scénographie accueille, une fois les représentations terminées, les décors et costumes de compagnies et théâtres français. Conservés, étudiés, mais surtout exposés, ils connaissent ainsi une seconde vie. C’est une exposition inédite au cœur des coulisses des théâtres du XIXe siècle que propose actuellement le CNCS. Une dizaine de salles lèvent le voile sur les machineries, trucages et autres mouvements de décors, désormais possibles grâce à l’apparition du gaz puis de l’électricité. Les prouesses techniques décuplent l’imagination des auteurs et metteurs en scènes qui n’hésitent plus à les utiliser, laissant de côté la simplicité des théâtres traditionnels. Les drames, opéras historiques et ballets romantiques peuvent alors s’épanouir dans une toute nouvelle scénographie.Trappe ascendante en étoile dite trappe anglaise (c) Illustration Georges Moynet, dans l'ouvrage Trucs et Décors

Huit vitrines mécanisées, conçues par les scénographes de l’exposition, Alain Batifoulier et Simon de Tovar, restituent des scènes des plus grands décors des spectacles de l’époque. À l’animation s’associe l’explication technique avec la projection d’éléments de machineries articulés. Le fonctionnement de la trappe anglaise (photo) , la démolition d’éléments de décors n’auront plus de secrets pour vous ! La dernière salle vous emmènera sous le plateau où vous pourrez prendre la place du souffleur ou vous essayer à l’exercice de l’effet sonore, avec des plaques de métal servant à créer le tonnerre, ou des tubes imitant le bruit d’un mur qui se démolit…

Plus qu’une simple exhibition, l’exposition est aussi un hommage aux grands décorateurs du XIXe siècle, que vous découvrirez au travers de dessins d’époques et de maquettes en trois dimensions.

Pour prolonger la visite, vous trouverez sur le site du CNCS, des interviews vidéo et un dossier documentaire. Le CNCS propose également une visite virtuelle de l’exposition. Et pour les scolaires un dossier pédagogique est à télécharger, vous y retrouverez tous les renseignements nécessaires à la visite de l’exposition, ainsi que des propositions d’activités, des ateliers et des ressources documentaires – bibliographies, glossaires, etc.

Exposition « L’Envers du décor » du 28 janvier au 20 mai 2012 au Centre national du costume de scène et de la scénographie, Quartier Villars, Route de Montilly, 03000 Moulins. Du lundi au dimanche de 10h à 18h – Tarif visiteur 5 Euros, groupes scolaires 2,50 Euros par personnes. Possibilité de faire des visites guidées.

Dernière salle, CNCS, (c) Pascal François

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Photoromans

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Par Gaëlle Bebin

Couverture "Qui vive ?" Jean-Philippe Blondel, Florence LebertDans la collection Photoroman aux éditions Thierry Magnier, particulièrement adaptée aux lecteurs adolescents, les photos inspirent et accompagnent la fiction ; elles ne l’illustrent pas. À chaque fois, un auteur se voit proposer une série de photographies d’un artiste contemporain dont il ne sait rien. À partir de ces images – reproduites dans le livre –, il élabore un récit.

Le photographe Gérard Rondeau s’est intéressé aux montages et aux coulisses des expositions. Ce sont des scènes insolites, de transition, où les œuvres sont déplacées, accrochées, emballées. Cathy Ytak, dans Il se peut qu’on s’évade (2011), a imaginé à partir de ces photos l’interrogatoire d’un gardien de musée solitaire, obsédé par le silence, à qui on présente successivement toutes ces images pour lui faire avouer ce qu’il a commis.

Dans Qui vive ? (2010) de Jean-Philippe Blondel sur les photographies de Florence Lebert, le narrateur est un lycéen. D’énigmatiques photos, adressées à son père, arrivent de loin par la poste, une par une. Elles rapprochent les deux personnages, qui cherchent à comprendre qui les envoie, et d’où. Le père est alors amené à raconter à son fils un moment très important de sa propre jeunesse. Le récit dans le récit est donc lui aussi déclenché par les photographies d’un(e) inconnu(e)… L’auteur reproduit ainsi, en quelque sorte, la manière dont ces mêmes images l’ont d’abord troublé puis inspiré.

En plein dans la nuit (2011) est l’histoire d’un collégien. Après une bagarre humiliante en plein cours de français, Julien s’enfuit dans la forêt, armé, avec son ancien meilleur ami, Chen. Deux sources d’inspiration irriguent ce texte de Hélène Gaudy : la série de photographies de Bertrand Desprez (d’étranges animaux artificiels dans des espaces naturels ou urbains : masques, jouets, éléments décoratifs…) et La Légende de saint Julien l’Hospitalier, lue à haute voix en classe, au début. Couverture "En plein dans la nuit" Hélène Gaudy, Bertrand Desprez Dans le récit de Flaubert, le héros traverse lui aussi les forêts et chasse les animaux avant d’être victime de sa propre violence. L’animal, dans En plein dans la nuit, est essentiellement présent à travers des métaphores et des comparaisons, mais aussi l’évocation d’un souvenir d’enfance, et la fête masquée dans laquelle s’introduisent Julien et Chen à la fin de leur parcours initiatique. L’animalité, selon l’auteur, est également associée à cet âge particulier, l’adolescence, où on ne reconnaît pas toujours son propre corps. Hélène Gaudy a participé pendant l’année scolaire 2010-2011 au plan départemental de Seine-Saint-Denis « La Culture et l’Art au Collège » en travaillant avec une classe du collège Les Mousseaux de Villepinte. Elle rapporte cette expérience dans son blog.

Flaubert, à travers des extraits de sa Correspondance, est aussi très présent dans Les Giètes (2007) de Fabrice Vigne ; les giètes, écrit ce dernier, « ce sont ces jours en surplus, ces jours qu’on peut arrêter de compter, il n’y a plus qu’à attendre ce qui aurait déjà dû arriver ». Il raconte le simple défilé des journées d’un vieil homme en maison de retraite. Les fileuses, antiques divinités de la destinée (Clotho, Lachésis et Atropos), sont discrètement présentes sous la forme de trois femmes qui tricotent, mesdames Cloteaud, Lachaise et Hatropoz… Rien d’extraordinaire n’arrivera à ce personnage dans ces pages, sinon réussir à supporter le quotidien, apprivoiser un peu la vieillesse, puiser de la force dans les rapports humains qui peuvent paraître les plus simples – faire connaissance avec sa voisine, discuter avec son petit-fils. Celui-ci est photographe. Il est, dans la fiction, l’auteur des photos du livre, qui ne représentent pas de visage mais des lieux et des objets habités, ceux d’une vieille dame russe. Fabrice Vigne écrit avec humour qu’il s’est « efforcé au fil de ce roman d’aborder systématiquement tous les centres d’intérêt des ados d’aujourd’hui : la vie quotidienne dans les maisons de retraite, la religion orthodoxe, le patois matheysin, l’histoire politique française, l’immigration russe, l’ictus répétitif post-traumatique, la correspondance de Gustave Flaubert, les morts célèbres du mois de février 2006, le changement d’heure biannuel, le cancer de la gorge, le mausolée de Lénine, le Scrabble, le crépuscule des idées révolutionnaires, et la fonction funéraire que renferme ontologiquement, d’un point de vue anthropologique, toute image (du latin imago : représentation, portrait, fantôme) ». L’auteur participe à l’opération « À l’école des écrivains. Des mots partagés » qui s’adresse à des collégiens des réseaux ambition réussite. Il mène cette année trois séances avec une classe du collège de Lubersac, en Corrèze.

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Théâtre Club Copat

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Théâtre Club CopatDepuis janvier dernier, la Copat en association avec le théâtre Marigny propose un nouveau rendez-vous aux amateurs de théâtre, « Les lundis du Marigny ». Cette initiative originale propose des projections sur grand écran de captations de pièces de théâtre récentes. Le Théâtre Club promet une sélection éclectique et de qualité. En bonus, la projection est introduite par une présentation filmée du metteur en scène et un débat avec les comédiens la conclut.

La prochaine séance aura lieu le lundi 12 mars, avec la pièce d’Henry Becque, La Parisienne, mise en scène de Didier Long, avec Barbara Schulz, Jérôme Kircher, Didier Brice, etc. Deux horaires sont disponibles 16h et 19h30 au tarif de 6,50 euros.

La Parisienne, Henry Becque

La Parisienne, « Paris, à la fin du XIXe siècle. Une coquette ambitieuse et intrigante jouit des hommes et les manipule avec une redoutable efficacité. »

Si vous aussi vous souhaitez participer à cette aventure, rendez-vous sur le site du Théâtre Club Copat, profitez-en des places sont encore disponibles !

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Revue de mars 2012

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NRPC5_COUV
Remédiation
Activité 1 6e : Lire un livre à des élèves de maternelle
Activité 2 Tous niveaux : Remèdes de lecture
Activité 3 Tous niveaux : Accueillir des élèves non francophones
Activité 4 3e : Remédiation autour de Marivaux
Activité 5 4e / 3e : Emprunter une œuvre d’art : une initiation à l’art contemporain par la confrontation directe avec les œuvres

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Cahier de mars 2012

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Jeux de langage : bêtes et poètes
Groupement de texte 5e

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Tim Burton s’expose à la Cinémathèque…

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Tim Burton sur le plateau des « Noces funèbres » (Corpse Bride) de Tim Burton et Mike Jonhson

Quand on parle de Tim Burton, on pense d’abord au réalisateur d’Alice au pays des merveilles, Charlie et la chocolaterie, Edward aux mains d’argent, etc. Mais Tim Burton est un également un artiste de talent, dessinateur, peintre, sculpteur et photographe, dont nous pourrons découvrir le travail à la Cinémathèque de Paris à partir du 7 mars prochain.

Tim Burton fait partie de ces artistes dont l’empreinte est immédiatement reconnaissable, un imaginaire un peu morbide, plein d’humour et de tendresse, inspiré d’Edgard Allan Poe, une dose de merveilleux – parfois – en plus. Né en 1958, Burton a fait ses premières armes chez Disney en 1979, où il a travaillé entre autres sur Taram et le chaudron magique. Mais son style n’est alors pas vraiment du goût des studios, qui le trouvent trop morbide. Il quittera Disney quatre ans plus tard pour mieux y revenir en 2010 avec Alice au pays des merveilles. L’univers de Tim Burton est très lié à celui de l’enfance, l’enfantin – pour reprendre la notion développée par Pierre Péju – est au centre de son œuvre, rien d’étonnant donc à ce qu’il ait choisi d’adapter Lewis Carroll et Roald Dahl. L’esthétique de Burton réside aussi dans ses freaks, ces monstres nés de sa propre enfance qui à l’image d’Edward Scissorhands – Edward aux mains d’argent – ou de Jack Skellington – L’Étrange Noël de monsieur Jack – n’ont de « monstrueux » que l’apparence. Dans l’inventaire de ses œuvres, figure le recueil The Melancholy Death of Oyster Boy and other stories, des poèmes  tragiques sur des enfants pas tout à fait comme les autres. L’un de ces personnages, Stain Boy, est une mascotte de l’exposition… Il y a aussi dans son travail le désir de s’affranchir des conventions pour acquérir davantage de libertés, pour sortir des tourments de l’enfance et de l’adolescence. Ce n’est pas pour rien qu’Halloween est sa fête favorite, le jour de l’année où tous les interdits tombent.

Tim Burton, Sans titre (La Triste Fin du petit enfant huître et autres histoires) 1998. Crayon, encre, et aquarelle sur papier, 27.9 x 35.6 cm.

L’exposition qui a été crée en 2009 pour le MoMA de New-York, s’installe à Paris, à la Cinémathèque, du 7 mars au 5 août 2012. On pourra y découvrir des courts-métrages inédits, des dessins préparatoires de ses films et d’autres œuvres originales du cinéaste. Tout cela fera l’objet d’un prochain article… En attendant, plusieurs rendez-vous autour de l’exposition sont organisés par la Cinémathèque.

• Le dimanche 4 mars de 14h30 à 17h, Tim Burton signera le catalogue de l’exposition ainsi que son livre L’art de Tim Burton.

• Du 7 mars au 23 mai, la Cinémathèque programme l’ensemble des films réalisés par Tim Burton. Des colloques et des conférences seront également organisés en mars et avril. Et pour les plus jeunes, la Cinémathèque proposera activités et stages pendant la durée de l’exposition.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la Cinémathèque où vous pourrez y découvrir la bande-annonce très « burtonienne » de l’exposition…

À suivre…

Tim Burton, l’exposition du 7 mars au 5 août 2012.
La Cinémathèque française – 51, rue de Bercy – 75012 Paris
Lundi, mercredi, vendredi, de 12h à 19h
Jeudi 12h à 22h
Week-end, jours fériés et vacances scolaires de 10h à 20h
Billet coupe file disponibles sur le site de la Cinémathèque ou sur Fnac.com à partir de 5,50 euros

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Jeu

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Dictionnaire historique de la langue françaiseUn mot n’a pas besoin d’être long pour être riche en sens et avoir une étymologie intéressante. La preuve par le jeu. De par sa racine indo-européenne, le jeu est d’abord un « jeu de mots » (jocus en latin, haut allemand jehan). C’est cette racine qui a perduré et s’est développée jusqu’aujourd’hui tout en héritant au fil du temps d’un autre sens, hérité de latin ludus, « jeu » également, mais activité d’amusement organisé selon une série de règles. De ce ludus, nous n’avons plus en français que quelques mots (ludique, ludothèque). Ce croisement entre une racine porteuse d’un sens restreint (jocus) et une autre qui va lui léguer son sens plus large (ludus), est sans doute un des jeux, tours de passe-passe dont la langue est friande. C’est l’esprit de la langue, et jouer avec les mots ne serait alors qu’un agréable pléonasme.

 

JEU n. m., d’abord glu (1080) et geu (1160), est issu du latin jocus « jeu en paroles, plaisanterie », rapproché de mots indoeuropéens désignant la parole, tels le moyen gallois ieith « langue », l’ancien haut allemand jehan « prononcer une formule ». Jocus, fréquemment associé à ludus (→ ludique ; allusion, illusion) « jeu en action », a fini par le remplacer en absorbant ses valeurs.
Jeu désigne, dès les premiers textes, à la fois un amusement libre (1080) et l’activité ludique en tant qu’elle est organisée par un système de règles définissant succès et échec, gain et perte (1160). Son évolution sémantique, qui procède de ce double pôle, est remarquable par la richesse de ses développements métonymiques et figurés, amorcés dès l’ancien français.
En tant qu’activité réglée, le mot s’applique aux compétitions qui seront appelées « sportives » (gius au pluriel, 1160) et, dans le domaine du théâtre, désigne la représentation, la pièce jouée (1200 ; dès le XIIe siècle dans jeu parti).
Dans ce dernier contexte, le mot a tendance à s’appliquer particulièrement à la manière dont un acteur interprète le rôle (1680) et à certains mouvements scéniques, de nos jours surtout dans jeux de scène (1873). Il semble que la locution vieux jeu (1511, c’est le vieux jeu « ce n’est plus à la mode », reprise plus tard avec une valeur d’adjectif (1867), est une métaphore du jeu des comédiens. Au XVIe siècle, jeu commence à se dire de jeux d’argent (après 1550, en emploi absolu). Dans un tout autre contexte, le mot s’applique à la manière dont on joue d’un instrument de musique (1559) ■  Par métonymie, le mot concerne ce qui sert à jouer (1200, jeu d’eskès « d’échecs »), en particulier un ensemble de cartes (1451) puis, de manière plus précise, l’ensemble des cartes entre les mains d’un joueur (1580). L’univers des jeux ainsi dénommés, s’est élargi au XXe et XXIe siècle, avec les jeux de société, les jeux de rôle et, avec la révolution technique apportée par l’électronique, les jeux électroniques, les jeux vidéo.  ■ La même métonymie appliquée au jeu musical fait que jeu désigne une rangée de tuyaux d’orgue de cylindre identique (jeu d’orgue, 1515) et l’ensemble des instruments dont il faut jouer à la fois (1611). Jeu se dit aussi d’un assortiment d’objets en marine (avant 1683) et en général (1845) ■ Une autre métonymie le rapporte à l’espace où l’on joue (1385) et, par extension, à un espace aménagé pour la course d’un organe, le mouvement aisé d’un objet (1689), par exemple dans avoir du jeu. Cette valeur spatiale est combinée à la valeur dynamique de « mouvement » dans le contexte de l’activité technique (1694), spécialement en parlant de l’effet artistique produit par des assemblages et mouvements d’eau (1704,  jeux d’eau). Ici, l’idée de réglage correspond à celle d’organisation qu’entraînent certains jeux (cf. la règle du jeu). C’est au contraire l’aspect gratuit qui est évoqué dans le sens de « ce qui relève ou semble relever de la fantaisie » (1558), parfois souligné dans libre jeu. L’autre notion « activité réglée » intervient dans les nombreux emplois métaphoriques du mot, pour manœuvre, façon d’agir » (vers 1200). Ces deux valeurs sous-tendant une phraséologie très riche, allant de  faire le jeu de quelqu’un (vers 1220), autrefois avec l’idée de « maladresse », à  d’entrée de jeu « d’emblée » (1689),  c’est son jeu (1633) et ce n’est pas de jeu « ce n’est pas normal, correct » (1824) être en jeu (1873), locutions empruntées à divers contextes ludiques. L’implication métaphorique du jeu est particulièrement active dans l’activité amoureuse – jeu était d’ailleurs synonyme « d’acte amoureux » au XIIIe et XIVe siècle – ainsi qu’en politique.  Ainsi le grand jeu, expression connue dans le jeu de tarot, et aussi à propos du jeu des acteurs, a pris la valeur figurée d’ « activité érotique la plus intense » (1864) et de déploiement de tous les moyens », dans plusieurs domaines. Mettre en jeu à produit enjeu. ■ Il convient enfin de mentionner que le sens strictement hérité du latin jocus, « plaisanterie verbale » vivant en moyen français, n’est plus retenu que dans le syntagme jeu de mots, (vers 1660) et dans jeu d’esprit, appliqué à une création littéraire badine (1648, Scarron), à un simple exercice d’esprit (1688).

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Évolutions, innovations, conservations ou résolutions : les médiations littéraires en question.

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Colloque CPLJCette année dans le cadre de son colloque annuel le CPLJ a choisi de s’intéresser aux médiations littéraires dans leurs évolutions actuelles. On observe depuis quelques années un profond changement aussi bien du public que de l’art lui-même. Les pratiques et les contextes évoluent et de ce fait les médiateurs doivent s’adapter. La NRP, partenaire de cette édition organisera un débat et une conférence sur les « médiations en direction des adolescents dans le cadre scolaire ». Le colloque se déroulera les 29 et 30 mars prochains à l’espace E.F.C.B à  Montreuil.

♦ Pour s’inscrire et télécharger le programme cliquez ici
♦  Et retrouvez dans le prochain numéro de la NRP l’interview de Benoît Virole, docteur en psychologie et sciences du langage, spécialiste du public adolescent.

Programme du colloque

Jeudi 29 Mars – 9h30 à 17h

Ouverture du colloque

Emmanuel Constant, vice-président du Conseil général

Introduction générale

- Éléments historiques, évolutions, actualité des questionnements sur la médiation
– Réflexions sur les relations entre littérature et médiation et sur la place de l’écrivain
– Les évolutions introduites par Internet, la communication mobile et les réseaux sociaux
– La médiation artistique et culturelle à l’échelle d’un territoire.
Avec la présence de Bruno Pequignot, directeur du département médiation culturelle de l’Université Paris III Sorbonne Nouvelle, Régine Detambel, écrivain et Karel Soumagnac, docteur en sciences de l’information et de la communication.

Médiations en direction des adolescents dans le cadre scolaire – Organisé par la NRP

Une conférence de Benoît Virole, psychothérapeute spécialiste du monde des adolescents, sera suivie d’un débat animé par deux des auteurs du numéro Remédiations de la NRP, Claire Beilin-Bourgeois, professeur de français et Sandrine Reboul-Touré, professeur de linguistique à Paris III, autour du thème suivant :  échange d’expériences et de réflexions sur le sens de la médiation dans le cadre scolaire, sur les relations professeurs-élèves et les évolutions du cadre de l’école.

Vendredi 30 Mars – 9h30 à 17h

Les médiations littéraires pour les petits

Dominique Ottavi, maître de conférences et professeur des universités spécialiste de l’éducation, Dominique Tabah, directrice de bibliothèque, Thierry Thieû Niang, chorégraphe et danseur, Majo de Sadler, directrice de la Fondation lire / Stichting Lezen / Flandres  et Gerhard Jäger, directeur artistique de Art Basics for Children, discuteront sur :

- Histoire des connaissances et des idées de la psychologie de l’enfance
– La place de la lecture dans la culture et dans l’école, l’évolution des méthodes actives
– État des lieux sur l’évolution des pratiques en bibliothèque
– Échange d’expérience sur la place de la voix et du corps dans les médiations littéraires pour les plus petits

Publics empêchés et démocratisation de la culture

L’échange animé par Nathalie Montoya, maître de conférences à l’université Paris-Diderot en politiques culturelles, Viviane Durand, orthophoniste et Serge Saada, responsable du programme des formations à Culture du cœur abordera les points suivants :

- La culture et l’art pour se faire sa place, s’insérer, raccrocher, surmonter les obstacles de la vie
– La médiation culturelle et littéraire dans la prise en compte des publics les plus en difficulté
– Rapport entre les évolutions des médiations culturelles et la démocratisation de la culture

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Regards d’artistes sur les migrations

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Par Gaëlle Bebin

 

Kimsooja, Bottari Truck – Migrateurs, 2007 – 2009 © Kimsooja

Kimsooja, Bottari Truck – Migrateurs, 2007 – 2009 © Kimsooja

Les collections d’art contemporain de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, exposées sous le titre « J’ai deux amours » jusqu’au 24 juin 2012 à Paris, constituent un intéressant parcours visuel sur l’expérience de la migration. Elle est donnée à voir dans une institution dont la mission première est, précisément, de changer les regards.


L’art contemporain n’est pas absent de la collection permanente, intitulée « Repères », dont l’approche des phénomènes migratoires est aussi historique et anthropologique, dans une dimension à la fois personnelle et universelle. Mais l’idée de réserver, avec cette exposition temporaire, un espace spécifique aux créateurs contemporains fait ressortir encore cette dimension.
Certains de ces artistes sont eux-mêmes issus de l’immigration et prennent comme objet leur propre expérience. Nés en France, ils évoquent en séries de photographies le retour dans le pays d’origine du père, le Maroc pour Malik Nejmi, l’Algérie pour Bruno Boudjelal. Bouchra Khalili, elle, transfigure les trajectoires des migrants – dont les récits douloureux sont enregistrés – en en faisant des constellations. L’errance, inscrite dans le ciel, devient dessin, et destin.

Les artistes explorent souvent les espaces intermédiaires (comme le périphérique parisien pour Mohamed Bourouissa) et les lieux de passage particulièrement sensibles : Ad Van Denderen photographie les frontières de l’Europe, la plage où les clandestins débarquent, la route… Denis Darzacq saisit ses modèles, jeunes danseurs en banlieue, suspendus en l’air ; mouvement entre chute et élévation.

Bouchra Khalili, The Constellation, fig.1, 2011 © ADAGP, Paris 2011

Bouchra Khalili, The Constellation, fig.1, 2011 © ADAGP, Paris 2011

Les endroits photographiés par Bruno Serralongue sont des non lieux, à l’écart, où l’on se cache provisoirement, où il ne reste plus que les traces d’un passage (série Calais). « Je n’ai rien vu des migrants » dit aussi Mathieu Pernot : dans ses photographies, les Afghans clandestins endormis dehors sont invisibles, totalement emmitouflés dans leurs sacs de couchage. Dans un autre travail, l’artiste s’intéresse à des espaces dont la destruction a été opérée, les barres des grands ensembles, dont il retrouve l’image sur des cartes postales des années 50 et 60 qui célébraient leur modernité. En agrandissant certains détails, il fait apparaitre des présences jusqu’alors invisibles, il fait resurgir du passé les silhouettes des gens qui y ont vécu.

À l’extrémité du parcours, le collectif d’artistes Claire Fontaine nous rappelle, avec sa série de néons Foreigners Everywhere dans toutes les langues, que nous sommes étrangers partout. Chen Zhen, avec ses chaises qui sont aussi des tambours, et Mona Hatoum, avec son tapis planisphère, inscrivent leur passage d’un continent à l’autre dans les objets les plus usuels, en les rendant hybrides. « L’immigration est une transformation » écrivent les commissaires de l’exposition.
Il y a dans cette exposition des passages obligés ; on y croise naturellement les thématiques du départ, de la frontière, du sentiment d’exil, mais au-delà, c’est à notre expérience d’humains fragiles en transit sur Terre que les artistes nous renvoient – la volonté de trouver sa place, la nécessité du contact avec autrui, le besoin de repères – une expérience à laquelle personne n’est étranger.

La Chute #1, 2006 © Denis Darzacq & Galerie VU'

La Chute #1, 2006 © Denis Darzacq & Galerie VU’

Des activités pédagogiques sont proposées, ainsi qu’un dossier constitué de témoignages et de textes littéraires (Zola sur la banlieue, Issa Makhlouf sur le départ, Laurent Gaudé sur l’émigration clandestine vers l’Europe, Tilla Rudel sur la fuite à la frontière espagnole de Walter Benjamin, Camus sur le retour en Algérie, Homère sur l’errance d’Ulysse sur la mer…).

Une visite de l’exposition est offerte sur inscription aux enseignants le mercredi 14 mars à 14h30 et le mercredi 28 mars à 13h. Ce jour-là suivra une formation sur le français langue étrangère / français langue seconde de l’école à l’université, également sur inscription.
La Cité nationale de l’histoire de l’immigration a accueilli en novembre dernier le séminaire d’inauguration au pôle de ressources pour l’éducation artistique et culturelle (PREAC) « Patrimoines et diversité ». Les conférences des intervenants lors de cette journée d’étude, qui a rassemblé de nombreux acteurs de l’éducation et de la culture, sont en ligne.

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Remise du prix NRP littérature jeunesse 2011-2012

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Michel Honaker, Pascale Maret, Gaël Bordet

Michel Honaker, Pascale Maret, Gaël Bordet

C’est autour d’un repas convivial que la NRP a remis le prix NRP littérature jeunesse 2011-2012 à ses trois lauréats, Michel Honaker, Pascale Maret et Gaël Bordet. Chacun est reparti avec un exemplaire du Petit Robert 2012 dédicacé par Alain Rey.

Pour rappel les trois livres lauréats sont :

Agence Pinkerton, Tome 1 Michel Honaker

L’Agence Pinkerton, le châtiment des hommes-tonnerres, de Michel Honaker. Premier tome d’une série consacrée à l’ancêtre du FBI, qui mêle western et fantastique.

 

Vert jade rouge sang, Pascale Maret

Vert jade rouge sang, de Pascale Maret, un roman plus sombre qui nous fait découvrir la culture birmane et les mines de jade.

 

Petits contes à régler, Gaël Bordet

Et enfin, Le cas Rubis C. de Gaël Bordet. Également premier tome d’une série, Petits contes à régler, il nous plonge dans l’univers fantastique des contes de fées.

 

Vous pouvez toujours consulter le supplément exclusif NRP consacré à l’ensemble de la sélection du prix.

Le Robert

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Rencontre avec Pierre Péju

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PIERRE PEJU photo C. HELIE

À l’occasion de son nouvel essai Enfance obscure, Pierre Péju, romancier et philosophe, est revenu pour la NRP sur quelques thèmes au centre de son oeuvre. De lui, il faut (re)lire, entre autres : La Petite fille dans la forêt des contes, Robert-Laffont, E.T.A. Hoffmann: une biographie, Phébus, Le Rire de l’ogre, Gallimard, et bien sûr, La Petite Chartreuse, Prix du livre Inter 2003.

L’enfantin

Pierre Péju, personnage pour essai, concept pour roman et le conte

L’enfance aujourd’hui

La littérature jeunesse

Pour une meilleure visibilité, afficher les vidéos en plein écran ou double cliquer pour les visionner sur la chaîne dailymotion de la NRP

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