Le handicap en classe : Posez vos questions à Benoît Virole

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Suite à son article, Benoît Virole se propose de répondre à vos questions sur le handicap. Faites-nous part de vos interrogations sur le forum et nous les lui transmettrons. Ses réponses seront par la suite publiées sur le forum. .

Un autiste en classe
Par Benoît Virole, psychologue-psychanalyste

Si bien comprendre les caractéristiques de ce handicap est indispensable pour réussir l’accompagnement d’un jeune autiste en classe, c’est aussi l’occasion pour l’enseignant de mettre en place des pratiques pédagogiques innovantes.

Longtemps considéré à tort comme un trouble psychiatrique, l’autisme est reconnu aujourd’hui comme faisant partie des handicaps d’origine neuro-développementale.  L’autisme n’est donc pas une maladie. C’est une structure innée de développement, déviante par rapport aux normes, mais présentant des particularités certes handicapantes socialement, parfois gravement, mais qui peuvent aussi comprises dans le cadre de la variabilité  des formes du vivant.

À la suite de la reconnaissance médicale et administrative de son handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) à laquelle il est rattache, le jeune autiste est donc redevable, suivant la loi de 2005, des dispositifs d’accueil à l’école, au collège et au lycée. Il n’est donc pas rare de voir des enfants et adolescents autistes dans les classes tout-venant de l’Éducation nationale.  Ce n’est pas le cas de tous les jeunes autistes. Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui pris en charge uniquement dans des structures éducatives spécialisées. D’autres sont aides par des équipes médico-psychologiques en hôpitaux de jour car leur autisme s’accompagne de complications psychopathologiques. D’autres enfin sont accueillis dans les classes spécialisées de l’Éducation nationale, CLIS à l’école et ULIS au collège. Malheureusement, certains jeunes autistes ne peuvent trouver des structures d’accueil du fait des manques de place et du sous-équipement en la matière. L’orientation dans ces différentes entités résulte d’une concertation entre les choix des parents et les avis des partenaires éducatifs auquel s’adjoint un avis médical spécialisé. Dans la plupart des situations, le jeune autiste est accompagné en classe  d’une Assistante à la vie scolaire (AVS).

Parmi l’ensemble des caractéristiques de l’autisme, trois plus importantes doivent être bien comprises par l’enseignant pour éviter des mésinterprétations. Premièrement, beaucoup de jeunes autistes manifestent leurs émotions de joie, de surprise, de colère, de frustrations, par des mouvements, voire des sautillements. Il est vain de s’y opposer frontalement ou du moins une demande de stabilité doit s’accompagner dans l’esprit de l’enseignant de la compréhension qu’il s’agit bien d’une manifestation émotionnelle et non d’une provocation ou d’un trouble du comportement. Par ailleurs, les autistes fuient les rituels sociaux et les moments collectifs ludiques de la vie scolaire. Cet isolement est à respecter. La recherche coercitive d’une participation systématique à des jeux en commun, à des repas, est souvent contreproductive.  La façon d’apprendre et de penser des personnes autistes présente souvent, mais pas toujours, des singularités qui peuvent décontenancer l’enseignant. Les systèmes sériels (les lettres, les chiffres…),  les plans, les calendriers sont des supports  privilégiés de prise de connaissance. Par  contre, certains ont des difficultés importantes sur le plan praxique (difficulté à s’habiller seul) et peuvent compenser par  une mémoire visuelle impressionnante. Leur utilisation du langage est particulière et parfois l’organisation de leurs connaissances défie la rationalité. Dans tous les cas, l’utilisation des interfaces numériques est pour eux un appui et une sécurité : elle constitue la voie royale pour leur scolarisation. En ce sens, l’enfant autiste en classe, loin d’être le poids que certains redoutent, peut initier des pratiques pédagogiques innovantes. Après tout, l’histoire de la pédagogie (Itard, Seguin, Montessori et tant d’autres) montre bien que l’on remet en chantier les fondements de notre pédagogie lorsqu’on est vraiment confronte a la radicalité d’une différence.

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