Il était une fois Cendrillon, Matamore et quelques tours de piste

Publié le par La rédaction NRP

Par Carole Guidicelli

Profitez du printemps pour (re)découvrir trois spectacles très inventifs : Cendrillon, (J. Pommerat), Grand fracas issu de rien (d’après V. Novarina), et Matamore (Cirque Trottola / Petit Théâtre Baraque).

Cendrillon, encore et toujours Pommerat

Cendrillon, mise en scène Joël Pommerat
© Cici Olsson

Nul mieux que Joël Pommerat ne sait rendre palpable sur une scène de théâtre la peur ancestrale du loup ou encore métamorphoser la silhouette d’une comédienne en petite fille puis en grand-mère. Son travail de réécriture des contes (Le Petit Chaperon rouge puis Pinocchio) culmine avec Cendrillon : sa « Sandra » (« Cendrier » pour les filles de sa belle-mère) n’est pourtant pas une jolie princesse qui rêve au garçon idéal. Et le prince n’a rien des qualités physiques ou morales des héros de conte de fées : c’est un grand enfant triste et lourdaud qui vit dans l’illusion du retour imminent de sa mère défunte. Les deux enfants du conte partagent la même perte, qu’ils surmonteront ensemble. « Quand j’ai commencé à travailler sur Cendrillon, explique Pommerat, j’ai réalisé à quel point la mort de sa mère détermine ce qui va suivre : la manière dont elle refuse de vivre et se laisse maltraiter par les autres. »

On rit malgré tout beaucoup à cette Cendrillon, quand retentit pour la énième fois l’air d’Ah vous dirais-je maman parce que Sandra porte autour du cou une montre-réveil qui lui rappelle toutes les cinq minutes de ne jamais oublier sa mère…

Les rôles y sont inversés pour notre plus grand plaisir : le prince offre son soulier verni à Sandra, la marâtre rêve au prince charmant, la fée a le blues et rate tous ses tours de magie. Si Pommerat joue du pouvoir des mots, et les dénonce — Sandra se rend malheureuse d’avoir mal entendu les dernières volontés de sa mère —, il use aussi de la puissance hypnotique des images numériques pour nous faire voyager très loin en nous-mêmes…

Consultez les dates de Cendrillon

Un Matamore de foire

Le trio du cirque Trottola (l’acrobate et clown Bonaventure Gacon, la voltigeuse aérienne Titoune et le jongleur Mads Rosenbeck), expert en rafistolage et adepte de l’absurde, s’associe au duo du Petit Théâtre Baraque (Branlo et Nigloo Roussayrolles) pour Matamore. Cofondateurs du Cirque Aligre, anciens comédiens du Footsbarn Travelling Theatre et de Zingaro, Branlo et Nigloo ont inventé un dispositif scénique inédit, le tonneau, où ils créent des spectacles destinés à être vus par un spectateur depuis une place vertigineuse. Augustes, la saison dernière, était stupéfiant de créativité plastique. Jouant de leur espace comme d’une lanterne magique ou d’une boîte à musique, ces clowns convoquent l’imaginaire d’un Van Gogh ou d’un Picasso.

Avec Matamore, une arène sous chapiteau a été créée de toutes pièces pour démultiplier les apparitions par les dessous et les hauteurs, jouer de l’équilibre et de la chute et permettre au jeu de l’acteur et à l’art du circassien de se déployer sous toutes ses formes.

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Grand Fracas issu de rien

À vos agendas pour la dernière représentation de Grand fracas issu de rien, spectacle interdisciplinaire échevelé conçu à partir des textes les plus loufoques de Valère Novarina. Un percussionniste, une chanteuse d’opéra, un gymnaste spécialiste des agrès, un jongleur, et des mots, des mots, des mots qui tombent littéralement sur scène pour déborder le jeu de Dominique Parent…

Grand fracas issu de rien : le 14 mars à Dole (Scènes du Jura).

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