La science-fiction au collège

Publié le par La rédaction NRP

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Natacha Vas-Deyres, docteur en littérature française, francophone et spécialiste de la science-fiction a concocté pour les abonnés de la NRP collège un dossier passionnant autour du genre. Et comme une cerise sur un gâteau, elle a interviewé quatre auteurs de science-fiction pour la jeunesse. Extraits.

La science-fiction, une machine à écrire les futurs.

En 1976, Ray Bradbury, auteur des célèbres Chroniques martiennes (1950), écrivait que la science-fiction était devenue « une littérature centrale de notre temps » : « Nous retrouvons dans chaque récit de science-fiction l’ensemble des problèmes idéologiques, philosophiques et moraux posés par le développement de l’humanité ». La science-fiction, dont la nature originelle est littéraire, s’est métamorphosée aujourd’hui en un domaine culturel polymorphe. Son caractère transmédiatique se décline entre littérature, cinéma, séries télévisuelles, jeux de rôle ou jeux vidéos. Cette transversalité formelle, iconographique, thématique est aujourd’hui intégrée de manière évidente dans la culture des jeunes générations.

Le mot : un américanisme

Pour éclairer les origines, aujourd’hui encore discutées par les exégètes, du domaine science-fictionnel, sans doute faut-il, dans un premier temps, revenir à l’étymologie du mot lui-même. Le terme français « science-fiction » a pour origine l’expres­sion anglaise science fiction, sans tiret, apparu pour la première fois en 1851 sous la plume de l’écrivain britannique William Wilson : « We hope it will not be long before we may have other works of Science Fiction, as we believe such books likely to fulfil a good purpose, and create an interest, where, unhappily, science alone might fail… » (Nous espérons que peu de temps s’écoulera avant de lire d’autres ouvrages de science-fiction que nous croyons capables d’objectifs pertinents et de créer un intérêt, là où, malheureusement, la science a échoué.)
Il faut attendre presque soixante-dix ans pour retrouver l’utilisation de ce néologisme anglophone que Gérard Klein, écrivain et éditeur français, fon­dateur entre autres de la collection « Ailleurs & Demain » chez Robert Laffont, estime être un amé­ricanisme. Hugo Gersnback, créateur du magazine américain Amazing Stories en 1926, est considéré comme le fondateur de la science-fiction aux États- Unis. En 1929, suite à un éditorial qu’il a écrit dans le premier numéro du Pulp Science Wonder Stories, le terme commence à s’imposer en Amérique du Nord, aussi bien dans les milieux professionnels que chez les lecteurs, remplaçant ainsi d’autres vocables alors en usage dans la presse spécialisée comme scientific romance ou scientifiction. Pour les Américains, qui se voient comme les créateurs modernes de la science-fiction, le terme exprime « un courant littéraire nouveau à mettre au service de l’idéal représenté par le Nouveau Monde. [...] En faisant table rase du passé, l’imaginaire moderniste de la nation américaine projette fièrement dans le futur son désir d’âge d’or 3 ».
Les années 1930 ont donné naissance aux plus grands maîtres du genre. En 1937, John Campbell, écrivain déjà confirmé, est nommé à la tête de la revue Astounding Stories 4. Pour lui, la science-fiction n’a pas seulement valeur littéraire : elle propose un outil de réflexion sur l’évolution scientifique de l’hu­manité. Ce travail d’exigence fit en grande partie le succès de la revue. Il aurait eu cependant moins de portée si Campbell n’avait su repérer le talent d’une poignée de jeunes auteurs : Robert Heinlein, Isaac Asimov, Theodore Sturgeon, Alfred Elton van Vogt ou Clifford D. Simak, autant d’écrivains considérés aujourd’hui comme des maîtres de la science-fiction américaine. Leurs œuvres sont devenues des classiques de la littérature mondiale : Une porte sur l’été (Heinlein, 1956), Fondation et Les Robots (Asimov, 1951, 1950), Les Plus qu’humains (Sturgeon, 1953), Le Monde des A (Van Vogt, 1945) 5, Demain les chiens et Le Torrent des siècles (Simak, 1952, 1952).

La science-fiction jeunesse : des écrivains qui rêvent et qui osent

Pierre Bordage, Christian Grenier, Danielle Martinigol et Joëlle Wintrebert, tous quatre romanciers, nous livrent quelques secrets de fabrication d’une science-fiction destinée à un jeune lectorat.

Pourquoi, en tant qu’écrivain de science-fiction – entre autres –, avez-vous choisi d’écrire pour un jeune public ?

Christian Grenier : Si j’ai choisi, en 1968, d’écrire de la science-fiction, Barjavel et les missions Apollo y étaient pour beaucoup. Depuis l’adolescence et le lancement du premier Spoutnik (1957), j’étais passionné par l’astronomie et je suivais les progrès de la conquête spatiale. À la suite du chagrin de mon épouse qui venait d’achever, en pleurs, la lecture de La Nuit des temps, j’ai décidé d’écrire spécialement pour elle « un roman de science-fiction qui se terminerait bien ». Seule destinataire de ce récit, elle m’a encouragé à le publier. C’est Tatiana Rageot, qui avait alors 70 ans, qui l’a édité, et à ma grande surprise, je suis devenu un « écri­vain de science-fiction » pour les garçons de 14-15 ans.

Danielle Martinigol : L’écriture est un processus d’imitation. On lit, on aime, on imite, on écrit. Je parle là d’enthousiasme, d’admiration, d’amour pour un genre et des auteurs qui génèrent l’envie d’en faire autant. J’ai découvert la science-fiction à onze ans avec les romans de la collection « Anticipation » que lisait mon grand-père. Devenue professeur de lettres, j’ai cherché des romans adaptés pour faire découvrir le genre à mes élèves. J’en ai trouvé d’excel­lents, mais peu. Le besoin d’imitation s’est alors installé, lentement… J’ai mis cinq ans pour écrire L’Or bleu.

Pierre Bordage : Je ne l’ai pas vraiment choisi. Alain Grousset, directeur de la col­lection « Ukronie » chez Flammarion, me l’a proposé. Résultat, j’ai écrit trois romans : Ceux qui sauront, Ceux qui rêvent et Ceux qui osent. Auparavant, j’avais adapté le film d’animation Kaena, la prophétie, pour lequel j’avais été scénariste au tout début.

Joëlle Wintrebert : Je n’ai pas non plus vraiment choisi d’écrire pour un jeune public, j’étais même plutôt réticente. Cas­terman, l’éditeur de la collection « L’Ami de poche », m’a sollicitée avec insistance en m’assurant que l’écriture à destination d’adolescents n’était pas différente de l’écri­ture pour adultes, à l’exclusion du sexe et de la violence. Ainsi est né Nunatak, devenu Les Gladiateurs de Thulé chez Flammarion.

À suivre… dans le numéro collège de mars 2016

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L'épopée d'Héraclès, Jacques Cassabois
« L’Épopée d’Héraclès, le héros sans limites » de Jacques Cassabois (éditions Livre de poche Jeunesse, 2015)

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Du mythe, Jacques Cassabois sait faire un roman. Après la réussite du Premier roi du mondeL’Épopée de Gilgamesh (Le livre de poche, 2004) à partir de la matière dense et complexe des récits antiques, il raconte Héraclès. Loin d’être simplement érudit, son texte est aussi une œuvre d’imagination.

Jacques Cassabois : « Adapter suggère un travail extérieur de recherche puis un effort d’organisation et de mise en forme. Mais cette démarche ne rend pas compte d’un aspect fondamental : l’intériorisation. Il faut commencer par s’imprégner de l’époque qui a produit l’œuvre dont on s’occupe, la ruminer, en respirer les parfums, pour ensuite pouvoir s’identifier à chaque personnage. En un mot la vivre. La documentation et les recherches ne font pas tout. J’écris des romans. Je dirais plutôt des poèmes épiques – rien à voir avec une conférence ou un cours magistral. Il faut pour y parvenir un ingrédient majeur, l’engagement personnel, le souffle du cœur. » C’est ce souffle qui habite son Épopée d’Héraclès et qui rend sa lecture à la fois passionnante et instructive. Ce mois-ci dans le supplément de la NRP Collège.

Attention, contrairement à ce qui a été annoncé dans la revue NRP de novembre, ce titre est publié aux éditions Livre de Poche Jeunesse et non pas J’ai lu.

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L’édito du supplément de septembre : Ceux qui ont dit non

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Découvrir des romans engagés en 3e
Par Laure Péborde

Suite aux attentats de janvier, l’Éducation nationale a rappelé l’une des missions essentielles de l’école : « L’école de la République transmet aux élèves une culture commune de la tolérance mutuelle et du respect. Chaque élève y apprend à refuser l’intolérance, la haine et le racisme et la violence sous toutes leurs formes. » (Lettre de la ministre Najat Vallaud-Belkacem écrite le 7 janvier 2015). Or, l’enseignement moral passe d’abord par la culture et en particulier par la fiction. Le professeur de français est, autant que le professeur d’histoire, au cœur des préoccupations qui concernent l’éducation civique.
La collection « Ceux qui ont dit non » chez Actes Sud Junior

La collection « Ceux qui ont dit non », dirigée par Murielle Szac et publiée aux éditions Actes Sud Junior, regroupe des romans accessibles et courts pour faire découvrir à de jeunes lecteurs des hommes et des femmes qui ont su s’élever contre ce qu’il leur paraissait inacceptable. Ces œuvres sont de difficultés variées, ce qui permet de s’adapter facilement au niveau des élèves. De plus, la collection s’intéresse aux « incontournables » de la résistance comme Zola, Gandhi ou Mandela, ainsi qu’à des figures moins connues : Sophie Scholl ou Mordechaï Anielewicz. En proposant des modèles de papier, nous offrons aux élèves des parcours et nous leur permettons ainsi de s’identifier ou de se révolter contre un personnage, de se mettre à la place d’autrui et d’adopter pour une durée limitée son point de vue.

Choix pédagogiques
De nombreux thèmes sont abordés : la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, les opposants aux différentes dictatures, thèmes qui sont faciles à utiliser en classe puisqu’au cœur des programmes de 3e, mais également d’autres qui posent des questions concernant la société dans laquelle nous vivons. C’est le cas des romans consacrés à Harvey Milk (Non a l’homophobie), Gisèle Halimi (Non au viol) ou Gabriel Mouesca (Non a la violence carcerale), autant de sujets plus polémiques et plus délicats à traiter dans le cadre d’un cours, mais qui peuvent aussi être vecteurs de réflexion et de prise de conscience chez les élèves. Pour ce cahier, nous avons choisi des romans liés au thème de la Seconde Guerre mondiale afin de donner une unité au corpus et de faciliter l’articulation entre ce travail et le reste du programme de français. Dans la première partie, je vous propose l’étude d’une œuvre intégrale, Sophie Scholl, écrite par Jean-Claude Mourlevat, pour sa simplicité, sa clarté et sa pertinence. Dans un second temps, nous élargissons la réflexion à des récits qui abordent la question de la résistance à la dictature, essentiellement pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela permet un travail de lecture comparée et la mise en place d’échanges entre les lecteurs. Enfin, la dernière partie présente des activités orales et des activités d’écriture afin qu’à leur tour, les élèves s’interrogent sur ce à quoi ils diraient NON. Partout, une place importante est faite à l’oral et aux débats qui permettent aux élèves de s’exprimer et de s’interroger collectivement sur ce qu’ils lisent. Le travail proposé dans ce cahier sera aussi l’occasion en 3e d’aborder un point essentiel des programmes de 2de et 1re : la valeur argumentative et la force politique des textes littéraires.

Pour vous abonner à la revue, c’est par ici.

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Les nouveautés NRP de la rentrée 2013

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La NRP change quelque peu pour cette rentrée 2013. Voici un  récapitulatif pour mieux vous y retrouver.  Suivez le guide !

Commençons par un changement de nom pour le cahier collège, qui s’appelle désormais supplément collège. Pas d’inquiétude, le contenu reste le même : un numéro thématique en septembre consacré au lexique puis des numéros consacrés à l’étude d’œuvres intégrales.

D’autres changements ont eu lieu sur les sites NRP.  Vous l’avez déjà peut-être remarqué en vous connectant, vous êtes maintenant accueillis par un tout nouvel espace ressources : tout ce qui peut vous aider à concevoir vos cours se trouve  ici, organisé en six sous – catégories, dont certaines vont être développées au cours des prochains mois.

 

  • ressources abonnés,
  • boutique anciens numéros (anciennement boutique numérique), 
  • boutique fiches et séquences,
  • classe théâtre,
  • vidéo conférences,
  • cinéma et musique.

 

Attention les ressources «boutique » sont indépendantes de votre abonnement.

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Cahier NRP L’Odyssée, « Odysseus, un homme rentre chez lui » de Corinne Durand Degranges

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Odysseus, un homme rentre chez lui

Odysseus, un homme rentre chez lui, Corinne Durand Degranges, WeblettresComplément indispensable au Cahier de mai-juin 2013 de la NRP, le texte de la pièce Odysseus, un homme rentre chez lui s’adresse aux élèves.

Pour les inciter à découvrir Ulysse, les Sirènes, les Cyclopes et le difficile retour vers la terre natale, elle adapte le récit d’Homère pour le théâtre. Elle suit fidèlement le récit d’origine tout en l’inscrivant dans une langue facile d’accès. La dimension poétique du texte originel se retrouve, quant à elle, dans une alternance de dialogues parlés et de chants assumés par un chœur.

L’ouvrage rassemble des ressources pour introduire à l’étude du texte et à celle de l’histoire des arts ; il comporte également des activités autour de la langue grecque et quelques jeux de réflexion. En écho au travail mené en classe, des conseils pratiques incitent à le représenter sur scène, afin d’aider les élèves à gérer leur corps et leur voix, à explorer le texte et sa mise en espace.

Pour se procurer le livre

Édité par l’association WebLettres, l’ouvrage s’acquiert en ligne au prix de 6 euros, à l’adresse

www.weblettres.net/odysseus/

Le site compagnon propose des exercices complémentaires et des partitions, des documents multimédias et les musiques originales de la Première.

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Revue et cahier de mars 2013

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Couverture revue NRP Collège janvier2013
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Revue et cahier de janvier 2013

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Couverture revue NRP Collège janvier2013
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Vendredi ou la vie sauvage dans une nouvelle édition

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Vendredi
Le cahier de novembre 2012 proposait une étude de Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier. Le parcours dans l’oeuvre renvoie à une édition antérieure à celle qui vient de paraître chez Gallimard, dans la collection « Textes classiques » de Folio Junior. Nous vous proposons ici un tableau de correspondances pour faciliter votre travail avec le renvoi aux pages de cette nouvelle édition. Des illustrations en couleurs et un dossier de lecture accompage l’ouvrage.

PDF du tableau de correspondances

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Revue et cahier de novembre 2012

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Couverture revue NRP Collège novembre 2012
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Revue et cahier de septembre 2012

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Couverture revue NRP Collège septembre 2012
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Revue de mai-juin 2012

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Pratiquer le théâtre en classe

Séquence 5e : Lire dire et jouer les farces
Séquence 5e : Monsieur Vernet : lire en classe une pièce de Jules Renard
Séquence 4e : Le Folle Journée ou le Mariage de Figaro de Beaumarchais

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Cahier de mai-juin 2012

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Le XVIIe où l’âge d’or du théâtre.
Groupement de texte 3e

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