Tout l’été des séquences NRP à télécharger !

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En 3e « Chants de révolte, poèmes de la négritude »

Dans les archives de la NRP, d’autres idées : une étude de la BD de Tardi, C’était la guerre des tranchées (janvier 2016), des séquences à partir de la collections « Ceux qui ont dit non », Actes Sud junior (supplément, septembre 2015), Si c’est un homme de Primo Levi (janvier 2017).

À venir : La Ferme des animaux en mars 2018.

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En 4e «Être une femme aux XVIIIe et au XIXe siècles : quels horizons ? »

Dans les archives de la NRP, d’autres idées : la critique de la mode au XVIIIe siècle (septembre 2010), L’École des femmes (supplément mars 2014).

À venir, en septembre 2017 un supplément sur Carmen, dans la nouvelles et l’opéra.

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En 5e « L’Or bleu , de Danièle Martinigol.»

Dans les archives de la NRP, d’autres idées : Le Royaume de Kensuké, de Morpurgo (janvier 2014), Le Pays où l’on n’arrive jamais, d’André Dhôtel (mars 2017).

À venir : François Place, Le Secret d’Orbae, en mars 2018.

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En 6e « Les Fourberies de Scapin, un valet maître du jeu. »

Dans les archives de la NRP, d’autres idées : Les Aventures de Tom Sawyer (supplément de mars 2017), Les Métamorphoses d’Ovide (supplément composé à partir des 20 métamorphoses d’Annie Collognat, septembre 2014).
À venir, un supplément sur une anthologie Carrés classiques Ruses mensonges et masques (mars 2018).

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Horizons poétiques – n°653 mai/juin 2017

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Célébrer le monde : la poésie de l’éloge (6e)

Le poète, enfant de la ville (4e)

Paysages en poésie, paysages en peinture (3e)

 

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Préparez le brevet avec vos élèves

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Dernière ligne droite avant le brevet des collèges. La NRP vous propose deux exercices complets conformes aux nouvelles épreuves pour entraîner vos élèves. Vous trouverez la fiche élève en PDF ou sous Word, accompagné d’une fiche enseignant qui contient les corrections et le texte de la dictée.

 Télécharger l’exercice de brevet de mars en format word et son corrigé.

 Télécharger l’exercice de brevet de mai en format word et son corrigé.

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Le poète, enfant de la ville ?

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En 4e, la séquence présente un parcours au cœur de la poésie urbaine, traitant successivement la ville comme source d’inspiration, comme reflet de l’intimité du poète, comme le lieu où l’on ressent avec acuité la présence de l’autre.

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Redécouvrir Pagnol et La Gloire de mon père en 5e

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nrp_supplement_college_mai_couvertureLoin des clichés et des stéréotypes, l’écrivain provençal décrit les liens familiaux avec humour et tendresse. Il restitue aussi la lumière et la richesse de la nature méditerranéenne, ce qui faisait dire à Mauriac que Pagnol était parmi les écrivains de son temps « le seul qui sente l’air du dehors ».

Marcel Pagnol est un immortel : il a été reçu à l’Académie française en 1947. À la lecture de ses œuvres, on aurait pourtant du mal à l’imaginer engoncé et sérieux dans son habit vert si celui-ci n’était brodé de rameaux d’olivier. François Mauriac, dans Bloc-notes, écrivait à ce sujet : « Pagnol, le seul à ne pas avoir de socle. Il semble s’être glissé dans cette antichambre de l’éternité en passant par la fenêtre, le seul qui sente l’air du dehors. »

L’œuvre choisie et les questions au programme

La Gloire de mon père, récit d’enfance publié en 1957 et porté à l’écran en 1990 par Yves Robert, nous semble probablement familier. Il évoque aussitôt le chant des cigales, l’odeur du thym et l’accent provençal qui s’impose de lui-même à la lecture. Il appartient à ces classiques de l’enfance que chaque relecture nous fait découvrir autrement.

Si les élèves citadins sont bien souvent étrangers aux plaisirs des jeux, en toute liberté, dans la nature, ils seront invités dans cette séquence à un double dépaysement : géographique d’une part et historique d’autre part. À l’heure où l’on évoque avec nostalgie l’autorité des maîtres d’autrefois, l’œuvre de Pagnol est l’occasion aussi pour les élèves de découvrir ce qu’étaient vraiment la vie et l’instruction des enfants au début du xxe siècle. À travers la figure de l’instituteur anticlérical Joseph, ils seront sensibilisés au prestige lié au savoir et comprendront mieux la notion de laïcité en remontant aux lois de séparation des Églises et de l’État.

La littérature remplit ici pleinement son rôle qui consiste à rencontrer l’altérité pour mieux se comprendre et se connaître soi-même. Elle pose également des questions cruciales, intimes, auxquelles elle aide à réfléchir. Ici, c’est la relation de Marcel à son père Joseph qui pose la question de la gêne, voire de la honte, qu’un enfant peut être amené à ressentir pour ses parents malgré tout l’amour qui les unit. Cela rejoint le thème au programme de la classe de 5e : « Avec autrui : familles, amis, réseaux » et en particulier l’objectif « Comprendre la complexité de ces relations, des attachements et des tensions qui sont figurés dans les textes, en mesurer les enjeux ».

Une séquence organisée en quatre étapes

Trois premières séances sont consacrées à la découverte du genre autobiographique et au choix du récit en prose que l’auteur préfère ici au théâtre. Une recherche familiarise les élèves avec la vie de Marcel Pagnol puis les invite à mesurer l’écart poétique entre biographie et autobiographie.

La seconde étape est centrée sur la famille et les relations entre ses membres perçues à travers leurs actions ou même à travers leurs discours sur les objets du quotidien. On distingue le point de vue de Pagnol, écrivain adulte, de celui de Marcel enfant que l’auteur retrouve notamment pour dire l’amour envers son père.

L’immersion dans la nature occupe la troisième étape : le paysage provençal ne se réduit pas à un simple décor pittoresque, il plonge Marcel dans un univers riche et vivant qui aiguise les sens autant que la curiosité. La langue de Pagnol anime cette nature et en fait un lieu poétique et merveilleux, aux airs de Paradis perdu.

L’épisode de la chasse à la bartavelle et la gloire qui en résulte pour Joseph après son « coup du roi » constituent l’acmé du récit. Cette dernière étape, qui met en relation des extraits de Vipère au poing d’Hervé Bazin et de La Gloire de mon père, invite à une réflexion sur la complexité des relations parents-enfants. Elle amène également à réfléchir aux ressources spécifiques du cinéma par rapport au récit en prose, à travers l’étude de l’épisode de la chasse dans l’adaptation cinématographique d’Yves Robert.

Les objectifs de la séquence

La séquence accompagne les élèves dans leur découverte progressive de l’œuvre  en alternant lectures analytiques et synthétiques, l’objectif poursuivi étant d’acquérir de l’autonomie dans la lecture. Une séance de méthodologie et un exercice de lecture différenciée les aideront ainsi à naviguer dans l’œuvre et à l’interpréter. Les élèves apprennent à sélectionner des citations et à les insérer dans leur réponse, à formuler des hypothèses de lecture. La quatrième étape de la séquence insiste sur une participation active du lecteur, aussi bien pour comprendre la différence entre l’explicite et l’implicite que pour réfléchir au processus d’identification qui lui permet de partager les émotions du personnage.

Certaines séances proposent un travail sur le vocabulaire et sur la langue pour comprendre la dimension poétique du récit. Les élèves abordent ainsi les figures de la comparaison et de la métaphore et sont attentifs aux changements de points de vue. Régulièrement, des exercices d’écriture les aident à s’approprier les notions étudiées.

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Sortir au théâtre : La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht

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Cette année, deux metteurs en scène ont fait le choix de monter la pièce de  Bertolt Brecht.

Le spectacle mis en scène par Dominique Pitoiset, avec Philippe Torreton,  termine sa tournée à la Passerelle de Saint-Brieuc les 26 et 27 avril (réservations 02 96 68 18 40).

À la Comédie française, la pièce, mise en scène par Katharina Thalbach sera jouée jusqu’au 30 juin. La distribution est époustouflante, et les jeunes qui assistent à la représentation en sortent enthousiastes (réservation pour les groupes d’élèves : 01 44 58 15 03).

 

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Les systèmes éducatifs scandinaves

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En ces temps où les politiques exposent leurs projets pour l’École, les systèmes scandinaves sont souvent désignés comme des modèles. Qu’en est-il exactement ? Un débat sur le modèle éducatif finlandais est accompagné d’un article pour en comprendre les principes.

Régulièrement placée en haut du classement proposé par les enquêtes PISA, la Finlande est également l’un des pays qui affiche le moins de disparités entre les meilleurs élèves et les plus faibles. Depuis les années 2000, la Finlande fait donc figure de modèle en matière d’éducation. À l’instar de Paul Robert et de Fred Dervin (voir l’extrait du débat ci-dessous et en p.5 de la NRP collège de mars 2017) nombreux chercheurs voyagent chaque année jusqu’en Finlande pour tenter de comprendre son système éducatif, qui ne fait pourtant pas l’unanimité.

Un système curriculaire

Le système éducatif finlandais actuel est le fruit d’une réforme ambitieuse entreprise en 1970. Le gouvernement décide alors de mettre en place un système curriculaire abolissant les notions de « classe » ou de « filière » au profit de l’école fondamentale (l’équivalent en France du primaire et du collège) qui est obligatoire pour tous les enfants dès l’âge de 7 ans et ce jusqu’à leurs 16 ans. Cette dernière propose un parcours scolaire organisé autour de classes d’âge réparties sur neuf années, au cours desquelles les élèves acquièrent, à leur rythme, les contenus des programmes. La scolarité est scindée en deux cycles distincts : les six premières années les élèves suivent un enseignement général inculqué par un seul professeur, puis ils suivent un enseignement disciplinaire les trois dernières années. Bien que le redoublement n’existe pas dans le système finlandais et que tous les élèves passent nécessairement dans les classes d’âge suivantes, ils doivent se soumettre à un examen au terme du premier cycle, ce qui permet de mettre en exergue leurs éventuelles faiblesses et peut donner lieu à des cours de soutien. Si le début de la scolarité obligatoire est fixé à l’âge de 7 ans, il est toutefois possible pour les élèves d’entreprendre une année « préscolaire » (ce qui est le cas de 97 % des élèves) durant laquelle les enfants appréhendent, par le biais du jeu, leur futur rôle d’élève. Au terme de l’école obligatoire, les élèves auront le choix de poursuivre ou non leur cursus scolaire dans un lycée général ou un établissement professionnel, selon les résultats obtenus lors de leur « matriculation», qui certifie la fin de la scolarité obligatoire sous la forme d’un contrôle continu. Les élèves peuvent néanmoins choisir de rester une année supplémentaire à l’école fondamentale dans le but d’améliorer les résultats de leur matriculation. La continuité pédagogique caractérise le système éducatif finlandais, puisque l’ensemble de la scolarité est pensé comme un tout, de l’école préscolaire au lycée. […]

 Extraits du débat

Un système exemplaire

Par Paul Robert, agrégé de lettres classiques, proviseur du lycée Jacques Prévert à Saint-Christollès-Alès et auteur de La Finlande : un modèle éducatif pour la France ? (ESF éditeur, 3e édition 2010)

Un des aspects intéressants du modèle finlandais est le processus de réforme : à partir du moment où des principes clairs sont établis, ils sont mis en œuvre de façon très progressive, très déterminée et en allant toujours dans le même sens, quels que soient les changements de majorité. C’est vraiment ce qui manque en France, car malgré l’évolution du système éducatif qui est réelle et somme toute relativement cohérente, il y a toujours cette fâcheuse impression qu’un changement de majorité va tout mettre par terre. J’en veux pour preuve la réforme initiée par Vincent Peillon, qui n’a pas été toujours accueillie avec enthousiasme par les professeurs, parce qu’ils ont toujours à l’esprit qu’elle risque de ne pas être pérenne. […]

Une renommée exagérée

Par Fred Dervin, professeur en éducation interculturelle à l’université d’Helsinki et auteur de La Meilleure Éducation au monde ? Contre-enquête sur la Finlande (L’Harmattan, Paris, 2013)

Les façons de présenter le « modèle finlandais» se fondent souvent sur des réalités déformées, construites par les médias, les hommes politiques ou les exportateurs de l’éducation finlandaise. Un discours a-critique et parfois exagéré est apparu sur cette éducation (il n’y a pas d’évaluation ; tous les enseignants sont bons ; la formation des enseignants est exemplaire, etc.). Présenté comme révolutionnaire, le nouveau curriculum finlandais contient des idées déjà un peu vieilles voire dépassées (autonomisation des apprenants, prise en compte de la diversité culturelle, interdisciplinarité, approche par le jeu, politesse, etc.). Ces idées sont comprises et interprétées de façon différente selon les enseignants, les décideurs locaux et mises en place en fonction des moyens financiers disponibles localement. Les derniers résultats (moins bons) de la Finlande aux études PISA montrent d’ailleurs qu’un écart est en train de se creuser entre les régions. […]

 

Lire la suite dans la NRP collège de mars 2017

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La passion des histoires : Le Monde comme il va de Voltaire

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Pour aborder <i>Le Monde comme il va</i> de Voltaire, voici le début du dossier écrit par Dominique Barbéris:

Nabokov demandait à ses étudiantes d’aimer d’abord les histoires. Dans les cours de littérature que j’ai suivis, ce postulat devait rester tacite, attaché à un reste de naïveté – celle de l’enfant –, signe d’une attente de distraction un peu simpliste, peut-être même d’une méconnaissance de l’art le plus exigeant. Pourtant, nous avons besoin des histoires, elles restent le ressort le plus puissant du roman ; c’est à travers les récits et les fables que nous nous comprenons, nous sentons révélés à nous-mêmes, nous sublimons, et trouvons à combler dans « la poésie des événements » notre attente rêveuse devant le monde.

À propos de Nabokov

D’abord cette anecdote à propos de Nabokov : il enseignait la littérature dans le collège d’une université  américaine et avait pour habitude, au début de l’année, de demander à ses étudiantes (exclusivement des jeunes filles) pourquoi elles avaient choisi son cours. On imagine naturellement les étudiantes cherchant la réponse la plus intelligente, la plus stimulante, en un mot la plus « universitaire », mais le romancier s’avoua comblé par la réponse la plus « naïve » – et peut-être la plus honnête – qu’il obtint un jour : « parce que j’aime les histoires ». Je ne suis pas sûre que la formule aurait autant de succès auprès de nos universitaires. Elle ferait suspecter la naïveté, l’amateurisme, pire : le  « bovarysme ». Emma Bovary, elle aussi aime les histoires. Et on en rit.

N’importe. Je me sens du côté d’Emma, non du côté de ceux qui se moquent d’elle. Moi aussi, j’ai commencé à lire, – et continué à lire, surtout parce que j’aimais les histoires, « les beaux contes d’amour et de mort ». Malheureusement, je n’ai pas suivi les cours de Nabokov. Je le regrette, car j’ai dû dissimuler ce penchant au cours de mes études, ce qui est tout de même un paradoxe. Je crois que c’est précisément ce paradoxe que Nabokov veut souligner. J’ai toujours également dissimulé le petit faible que j’avais pour les « histoires » d’amour. Tournant le dos à mes faiblesses, remontant ma « pente », comme Gide, je me suis scolairement attachée aux ennuyeuses (et desséchantes) questions de technique narrative : « Qui voit ? », « Qui parle ? ». J’ai appris à lire et à apprécier les romans pour autre chose que leur histoire : le style, les enjeux esthétiques ; j’ai vénéré l’hypothèse du « livre sur rien », du livre sans la moindre histoire qui se tiendrait devant nous, opaque et ambigu, dense comme la vie, peut-être illisible. Loin de moi, d’ailleurs, l’idée de critiquer cette hypothèse. Elle me hante. Je mets Flaubert au sommet de mon Panthéon personnel. Mais l’anecdote de Nabokov touche en moi un point sensible. Elle me libère (c’est donc que j’ai été contrainte) ; elle autorise l’aveu d’un plaisir un peu clandestin. Notre goût des histoires doit rester tacite, s’il n’est pas suspect. Il y a des raisons à cela, – et bien compréhensibles. C’est vrai que le mot « histoire » a des relents enfantins. C’est celui de l’enfant qui réclame un conte. Il ne fait pas partie des instruments de la critique. Il est trop flou. Le dictionnaire propose comme définition : « récit d’actions, d’événements réels ou imaginaires », puis aligne une suite de synonymes : fable, conte, mensonges, aventure. C’est vague ; autant dire qu’on ne sait pas trop ce qu’on saisit.

Lire la suite du dossier dans le numéro NRP collège de mars 2017.

Cliquer sur l’image pour découvrir un extrait de la séquence 3e   »La critique implicite dans Le monde comme il va de Voltaire ».

Séquence 3e : la critique implicite dans "Le Monde comme il va" de Voltaire

 

 

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« Le goût des livres » compte rendu du colloque du 20 octobre 2016

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LOGO_70ANS_NRPPour ceux qui n’ont pas pu se rendre au colloque NRP (organisé le 20 octobre dernier à l’ENS) sur la transmission des œuvres littéraires au collège et au lycée, voici un compte rendu détaillé des interventions de Cécile Ladjali, Blandine Longhi, Pierre Péju, Antony Soron et Aurélie Stauder.

 

Les interventions

  • La petite musique de nuit des classiques, par Cécile Ladjali, écrivain
  • Entrer dans les textes littéraires par une approche concrète, par Antony Soron, maître de conférences à l’ESPE Paris-Sorbonne
  • Faire aimer la littérature médiévale, par Blandine Longhi, professeur-formatrice à l’ESPE Paris-Sorbonne
  • Des journées pour jouer avec la littérature par des associations d’élèves de l’ENS
  • Enseigner la littérature à l’heure d’Internet,par Aurélie Stauder, professeur de lettres
  • Le goût des livres et la chair de l’écrivain, par Pierre Péju, écrivain

Compte rendu du colloque

Une approche documentaire

Lisez à vos élèves une lettre de Madame de Sévigné. Si élégante que soit la plume de l’épistolière, il y a fort à parier qu’ils seront tout à fait insensibles aux accès d’inquiétude, de tristesse et d’espoir de cette mère éloignée de sa fille de quelques centaines de kilomètres. Mais parlez-leur de la poste au XVIIe siècle, des lettres qui n’arrivent jamais, de celles qui mettent des semaines à parvenir à leur destinataire, des routes envahies de brigands, et les élèves partageront les émotions de la marquise, son inquiétude extrême. Ils verront même une forme de suspense dans ces échanges différés et interrompus. C’est grâce à cette approche documentaire qu’Antony Soron, maître de conférences à Paris I et responsable du parcours lettres à l’ESPE, dessine des chemins vers l’œuvre d’art.

L’association Journées Découvrir l’Antiquité animée par des élèves de l’ENS propose aussi une approche concrète pour aborder une littérature plus lointaine encore, celle de l’Antiquité. Les collégiens et lycéens accueillis rue d’Ulm sont conduits par le biais d’objets, d’images et d’histoires vers les textes difficiles d’Euripide, d’Aristo­phane ou de Cicéron.

Le corps et l’esprit

Un moment clé du cours de français est la mise en voix du texte. Christine Culerier et Florient Azoulay, tous deux comédiens, ont montré, si besoin était, qu’une lecture précise autant qu’expressive est non seulement un outil de compréhension, mais aussi un cadeau pour l’auditoire. Cécile Ladjali, professeur et écrivain, est une militante de l’oralisation des textes, et du par-cœur. Ainsi, dit-elle, on n’apprend plus seulement avec la tête, mais aussi avec le cœur. Le texte inté­riorisé nous appartient.

Le sens avant toute chose

Cela a été un leitmotiv : on n’entre pas dans la littérature en se demandant qui est le narrateur ou en repérant des figures de style. En 2005, Pierre Péju a eu l’agréable surprise de voir qu’on avait choisi pour le brevet des collèges un extrait de son roman La Petite Chartreuse. Mais les questions posées aux élèves de 3e ont suscité en lui une certaine perplexité : il se savait pas très bien que répondre. Comment peut-on imaginer aider les élèves à ressentir de l’empathie avec cette petite fille sur le point de se faire renverser par une voiture et dont le destin bascule en demandant : « Qui les expressions « imperméables humides », « parapluies dégoulinants » et « silhouettes » désignent-elles ? » ? C’est pourtant la première question de l’exercice. Il faudra attendre une vingtaine de questions pour que le mot « accident » soit prononcé. Lui à qui le goût des mots est venu très tôt, par le rêve, dit avoir eu en lisant cet énoncé une impression de dessèchement. Pour Pierre Péju, il faut beaucoup de subtilité et de délicatesse au professeur de littérature, qui confirme et incarne ce rapport fragile à la langue et aux histoires, construit dans la petite enfance.

Aurélie Stauder, professeur de lettres, cherche des méthodes pour que ses élèves se concentrent sur l’essentiel : le sens texte. Pour cela, elle a aussi recours aux outils numériques. Forums, sites contributifs, enregistrements permettent à l’élève de s’engager dans la lecture, et de confronter une œuvre à ses propres représentations. Ses propositions ont déclenché des questions, des commentaires, des objections. Les outils numériques ont-ils un intérêt spécifique pour lire et comprendre un texte ? La littérature est-elle compatible avec le caractère cumulatif du savoir numérique ?

La musique des classiques

Ce qu’on aime, il faut le partager. C’est le sens de notre engagement de professeurs, d’écrivains, d’éditeurs. Blandine Longhi, professeur et formatrice à l ‘ESPE, nourrit depuis longtemps une véritable passion pour la littérature médiévale. En décodant des vers de Guillaume de Machaut comme s’il s’agissait d’un jeu, en comparant une ballade de Villon au lyrisme plus accessible de Victor Hugo, elle ouvre la porte aux raffinements des poètes du Moyen Âge. Cécile Ladjali a montré quant à elle qu’on ne gagne rien à vouloir adapter les contenus à un niveau supposé des élèves ou à l’idée fallacieuse que certains publics ne pourraient recevoir que ce qui est en lien avec le monde qui les entoure. Au contraire, c’est l’altérité du texte littéraire, son étrangeté qui en font le prix. Le rôle du professeur est de croire à la transmission d’une culture, de montrer à ses élèves que le patrimoine littéraire est notre bien commun. Soyons élitistes, dit-elle, en enseignant à tous ce qu’il y a de meilleur.

Les interventions

À venir

 

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Si c’est un homme, Primo Levi

Publié le par La rédaction NRP

nrp_supplement_college_janvier_couverture_miniLe supplément collège de la NRP de janvier contient de nombreuses activités pour rendre accessible Si c’est un homme. Ainsi guidée, la lecture du témoignage et de la pensée de Primo Levi est pour les élèves de 3e une expérience littéraire et morale exceptionnelle.

 L’étude de Si c’est un homme de Primo Levi (1947), est autant un devoir de mémoire qu’un engagement citoyen pour le professeur ; elle n’en pose pas moins des questions. Doit-on faire lire l’horreur en 3e ? Comment accompagner les élèves dans leur découverte, parfois choquante, souvent marquante, du texte ?

 Accompagner les élèves dans leur lecture du témoignage de Primo Levi

Pour cela, nous avons pris le parti d’insérer des avertissements au fil des séances pour mettre en garde les professeurs sur des points pouvant heurter les collégiens. Il nous a également semblé particulièrement pertinent de prévoir un accompagnement à la lecture du récit, qui se présente comme des séries de questions propices à la discussion. Elles pourront être soumises aux élèves pour ponctuer leur lecture. À chacune des étapes, vous pourrez échanger sur un point du récit, lire un passage et le commenter en classe. L’objectif est d’amener tous les élèves à donner du sens à leur lecture.

 Une séquence exigeante, en lien avec le cours d’histoire

Si c’est un homme est une œuvre majeure de la littérature européenne du XXe siècle. Ancrée dans le programme d’histoire, elle peut constituer le point de départ d’une réflexion sur la déportation. Nous avons donc souvent abordé des aspects historiques, en écho à ce que les élèves auront appris en cours d’histoire. Cependant, l’objectif de l’étude du livre de Primo Levi est ici avant tout littéraire et vise à « comprendre en quoi les textes littéraires dépassent le statut de document historique et visent au-delà du témoignage » (IO, « Agir dans la cité »).

 Mode d’emploi de la séquence

La séquence proposée permet un travail à partir de l’entrée thématique « Agir sur le monde » du cycle 4 (3e : Agir dans la cité : individu et pouvoir). Cette étude complète aussi l’entrée « Se raconter, se représenter ». Dans sa progression annuelle, le professeur pourra la placer après une séquence consacrée à l’écriture de soi et avant une séquence organisée autour de l’entrée « Dénoncer les travers de la société ». Cette séquence est exigeante : elle requiert des capacités de mémorisation et d’argumentation de la part des élèves et ne peut donc être proposée qu’en fin d’année de 3e.

Assez longue, cette séquence peut être utilisée lors de l’étude intégrale ou fragmentée de l’œuvre. Certaines activités peuvent accompagner un projet de participation au Concours national de la Résistance et de la Déportation par exemple. Il est également possible d’utiliser des fiches et des séances dans le cadre d’un EPI consacré à la connaissance de la déportation (avec l’histoire) ou sur les langues (avec un enseignement d’italien).

 Avertissement

Dans son récit, Primo Levi désigne les déportés les plus éloignés de leur humanité, condamnés à survivre au prix d’une grande déchéance physique et psychologique, sous le nom de Musel­männer, comme on le faisait dans le camp d’Auschwitz. Ce terme, traduit par « musulmans » dans la version française (p. 135), peut choquer les élèves et porter à confusion. Il nous semble bon de leur expliquer que, dans ce contexte, son origine est inconnue et qu’elle n’a pas de lien avec l’islam. Selon Philippe Mesnard (Primo Levi, 2011), il peut s’agir d’une déformation de l’allemand Mushelmann (homme coquillage), du yiddish Mozlemener (hommes atteints de la rougeole).

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L’Épreuve de Marivaux en 4e

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nrpns_janvier17_seq4Les cinéastes et les romanciers contemporains évoquent souvent Marivaux lorsqu’ils parlent d’amour et d’adolescence. La séquence 4e sur la courte pièce L’Épreuve permet de goûter la délicatesse du langage des sentiments au XVIIIe siècle.

Présentation et problématique

• « Je ris parce que je vous récite du Marivaux et que vous n’y voyez que du feu », se réjouit le personnage principal du dernier roman de Camille Laurens, Celle que vous croyez (2015). En effet, la langue de Marivaux dit avec simplicité les élans du cœur : c’est sans doute pour cela que les pièces du dramaturge ont toujours autant de succès aujourd’hui.

• Dans L’Épreuve, pièce en un seul acte, les sentiments sont dits en peu de scènes et peu de mots. Sa forme courte d’une extrême concision permet aux collégiens une entrée directe et aisée. Le langage de l’amour est aussi celui du cœur et du corps que la dramaturgie de Marivaux exploite pleinement, alliant l’intensité dramatique à la légèreté de la comédie.

• À l’âge où l’on peine à se dire et à dire, où la communication est une difficile exposition de soi, L’Épreuve, pièce sur la jeunesse et pour la jeunesse, est l’occasion d’aborder le langage voire les langages de l’amour. Qu’est-ce qu’aimer et être aimé ? Comment être sûr des sentiments de l’autre ?

Choix pédagogiques

• Conformément aux Instructions Officielles, nous avons respecté la proposition d’étude du programme de 4e qui préconise dans l’entrée « Se chercher, se construire » le questionnement « Dire l’amour » pour « comprendre les nuances du sentiment amoureux et quelques-unes des raisons qui ont en font un thème majeur de l’expression littéraire et artistique ».

• Cette séquence prend en compte une variété importante d’approches autour de la pièce de Marivaux, et s’attache particulièrement aux relations entre les échanges sociaux et les échanges amoureux. Il s’agit d’amener les élèves à saisir les enjeux de la comédie du XVIIe siècle qui s’inscrit dans la continuité de Molière tout en renouvelant le genre. L’enseignant peut choisir d’exploiter quelques séances seulement au gré de sa programmation.

• Le mot « épreuve » appartient à une famille aux dérivés nombreux. Ce travail permet une ouverture sur les LCA et peut être mené en collaboration avec le professeur de latin, en particulier s’il s’inscrit dans un EPI.

 

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Les 3 lauréats du Prix NRP Littérature Jeunesse 2016

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Les trois lauréats cette année sont, dans des genres très divers, particulièrement attachants. Les voici brièvement présentés par ordre alphabétique. Pour vous donner envie de les lire et de les faire lire à vos élèves. C’est un régal.

Sylvie Allouche, Twist again (Syros, 2016) se lit comme un polar, on ne le lâche pas avant de l’avoir fini. L’action se déroule principalement dans une banlieue dont les noms de quartier et les barres fleurent bon les bouquets de printemps : Les Magnolias, Les Iris… Sauf que rien n’y est rose. Et que le sang y coule et va y couler. Un roman d’amitié, de fratrie choisie, de famille, sans mièvrerie aucune, fort.

Pour Anne Lanoë, ce premier roman est un coup de maître. Le Ciel est la limite allie un récit de résilience et de voyage vers un pays lointain, avec une histoire d’amour. Pour reprendre les mots d’un membre du jury : « la plume est limpide et simple, elle nous emmène en voyage avec délicatesse et nous offre l’opportunité de découvrir un Brésil haut en couleur. Au-delà de l’histoire personnelle du narrateur, les questionnements de Sam sont universels : cesser de souffrir, est-ce trahir ? » Un très beau roman paru chez Fleurus.

Le livre de Bertrand Santini navigue à travers beaucoup de genres : le roman, le conte, fantastique, le polar, le gore… Hugo, poursuivi par un homme en noir, dans la nuit, tombe dans un étang et se noie. Tout pourrait s’arrêter là et ce serait un drame. Mais c’est là que le livre commence, enchanteur, drôle et surprenant Hugo de la Nuit,qu’on ne lâche pas non plus avant la dernière phrase. (Grasset Jeunesse, 2016.)

Le prix NRP a été remis aux lauréats au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil le 2 décembre 2016. Merci à tous d’être venus nombreux pour cet événement et pour vos contributions enrichissantes au débat sur les pratiques de lecture au collège. Continuer, plus que jamais, à donner le goût de lire aux collégiens, voici notre vocation pédagogique commune !

Bonnes lectures à toutes et à tous !
Pour découvrir ou redécouvrir la sélection 2016-2017

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Publié le par La rédaction NRP