Rencontre avec la danseuse étoile Alice Renavand

Publié le par La rédaction NRP

Propos recueillis par Alexandra Guidal

Alice Renavant - photo Frédéric Poletti

© Frédéric Poletti

Depuis le début de sa carrière Alice Renavand a travaillé avec les plus grands chorégraphes contemporains : Pina Bausch, Mats Ek, Jiří Kylián, Angelin Preljocaj… et a dansé quelques grands rôles classiques, Kitri dans Don Quichotte (Noureev), Paquita, dans le ballet du même nom (Lacotte) ou plus récemment Lise dans La Fille mal gardée (Ashton). Elle sera en novembre à Garnier dans le très jazzy Fancy Free de Jerome Robbins puis à Bastille dans Cendrillon version Noureev.

Comment vous appropriez-vous les rôles classiques pour en donner votre propre interprétation ?
La personne qui nous fait travailler un rôle influe beaucoup, ainsi que le visionnage de vidéos d’anciennes distributions. Par exemple, pour Don Quichotte, j’ai vu plein de vidéos de Kitri et certaines m’ont plu plus que d’autres. Même sans reproduire ce qui a été fait, on aime s’inspirer de certaines danseuses. Après, c’est le travail en studio avec le répétiteur qui fait que l’on va proposer certaines choses qui vont être validées ou non, et qui vont permettre de faire évoluer le personnage. Il y a aussi une réflexion permanente hors studio. C’est l’ensemble de ces réflexions qui construit notre propre interprétation du rôle. Et pour donner de l’émotion, j’aime me mettre dans le contexte, m’imaginer les gens, dans quel pays on est, voire même la température qu’il fait. Planter le décor. Dans beaucoup de ballets, le décor et la période jouent beaucoup. J’adore m’imaginer tout ça, c’est très important pour moi d’humaniser, de faire comme si j’étais dans un film, pour rendre les émotions, la manière d’être pour être plus réelle, plus actuelle. Ces ballets classiques sont géniaux car finalement même si la technique est difficile, on a une grande liberté d’interprétation.

Et comment arrivez-vous à véhiculer de l’émotion par le geste ?
Déjà, l’interprétation au niveau du visage est très importante. Il y a mille façons de faire un geste écrit dans une chorégraphie, la jambe croisée, le buste en torsion. Le corps aussi donne cette émotion et cette compréhension du moment, et c’est ça qui est magnifique avec la danse. C’est Laurent Hilaire1 qui m’a enseigné toute cette gestuelle, tout ce qui fonctionne scéniquement.

Et pour les ballets contemporains sans histoire ?
La question principale est quelle idée l’on veut véhiculer. Dans certains pas de deux, même s’il n’y a pas d’histoire, il va y avoir une manière d’être avec son partenaire. Dans sa tête on va se dire qu’on est mélancolique, dans la séduction ou au contraire dans un rejet ou une frustration. Quand les chorégraphes créent un pas de deux, ils ont toujours une idée de ce qu’ils souhaitent, une couleur, une ambiance. La musique aussi donne le ton. Elle influe beaucoup, presque plus que pour un grand classique.

Comment se passe la relation avec les chorégraphes quand vous créez un rôle ?
C’est une autre expérience complètement différente. Chaque chorégraphe a sa manière de travailler, il y a des chorégraphes qui viennent avec leur chorégraphie tout prête et d’autres qui donnent un cadre, et qui modèlent sur vous ensuite. C’est super d’essayer d’arriver au plus proche de ce qu’il veut, de son style. Mais création ou pas, travailler avec le chorégraphe, c’est irremplaçable. Ce qui me plait le plus dans les créations, c’est la rencontre avec la personne. Il y a quelque-chose d’impressionnant à se retrouver devant ses idoles.

Parmi tous ces rôles, vous en avez un favori ?
C’est difficile d’en choisir un. Évidemment, il y a Orphée et Eurydice de Pina Bausch que j’ai dansé pour la première fois dans le corps de ballet en tant que coryphée et que j’ai repris de nombreuses fois depuis à différents moments de ma vie. J’ai aussi adoré Kaguyahime de Kylián et Don Quichotte pour les rôles classiques. Et l’un de mes rôles préférés que je n’ai encore jamais dansé, c’est celui de Nikiya dans la Bayadère.

Y a-t-il des initiatives en dehors de l’Opéra de Paris qui permettent de faire découvrir la danse à un public différent ?
On essaie de faire des galas à l’extérieur, où l’on présente des pas de deux ou d’autres extraits du répertoire classique. Un jour, nous avons fait une scène sur un parking de HLM. Le public est arrivé plein de préjugés en se moquant et finalement il est reparti conquis. J’ai également participé à la vidéo qui accompagne la chanson Wuppertal d’Indochine, une chanson en hommage à Pina Bausch. Après m’avoir vue danser en live sur les dates au stade de France, une quarantaine de fans d’Indochine se sont pris par la main pour aller à l’Opéra.

1. Ancien danseur étoile de l’Opéra de Paris, Laurent Hilaire y a été pendant quelques années maître de ballet.

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Supplément Le Tour du monde en 80 jours

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coll_couv_vernePar Amélie Berthou-Sergeant

Ayant appris que M. Phileas Fogg était l’homme le plus exact et le plus sédentaire du Royaume-Uni, je me suis présenté chez monsieur avec l’espérance d’y vivre tranquille et d’oublier jusqu’à ce nom de Passepartout…» (p. 12)1. Cet espoir déçu du valet Jean Passepartout ne cesse de réjouir les lecteurs depuis la parution du roman en 1872. Quant à l’éditeur Jules Hetzel, il ne s’y était pas trompé quand il signa avec l’auteur des Voyages extraordinaires pour une littérature instructive, pour tous, tournée vers le voyage géographique et l’imaginaire. Immédiatement, Le Tour du monde en quatre-vingts jours acquit une renommée internationale et constitue aujourd’hui un modèle incontournable du roman d’aventures.

Étudier le roman en classe de 5e
Simple pari entre amis, fuite d’un voleur ou souci d’exactitude, le tour du monde entrepris par Phileas Fogg correspond au thème du programme « Le voyage et l’aventure : pourquoi aller vers l’inconnu ? » avec pour enjeux « découvrir diverses formes de récits d’aventures » et surtout « s’interroger sur le sens des représentations qui sont données des voyages et de ce qu’ils font découvrir ». Les deux protagonistes, au caractère si contrasté, mettent en débat la définition même du verbe « voyager » et ouvrent également une réflexion sur le thème « Héros et héroïsmes » avec pour enjeu de « s’interroger sur la diversité des figures de héros et sur le sens de l’intérêt qu’elles suscitent. »

L’organisation de la séquence
La lecture du roman se fonde sur les grandes étapes du schéma narratif :
– les élèves découvrent l’art du portrait original dans la situation initiale ;
– l’élément déclencheur rappelle l’importance d’une participation active du lecteur qui élabore des hypothèses et se construit un horizon d’attente ;
– les péripéties sont l’occasion de réfléchir à la diversité des valeurs et des formes d’héroïsme ;
– la construction élaborée du dénouement, avec des éléments de résolution successifs et un retournement pour la situation finale, vient compléter l’étude de la fabrique du suspense de ce roman d’aventures palpitant.

Les objectifs
L’attention portée au suspense dans la narration conduit notamment à l’étude de la négation ou à la mise en voix à l’oral d’un passage. La séquence interroge également la façon dont la fiction fait voyager le lecteur – « Il crée le monde à chaque phrase », disait Claude Roy en parlant de Jules Verne – alors même que son protagoniste peut faire le tour du monde sans réellement « voyager ». C’est l’occasion de travailler le vocabulaire du voyage et de la sédentarité mais aussi les compléments du nom et les techniques qui dynamisent ou enrichissent une description pour la rendre pittoresque. À l’instar du roman, la séquence ouvre les horizons des lecteurs en leur faisant découvrir une variété de récits d’aventure parmi les plus célèbres et en favorisant le dialogue avec d’autres genres artistiques : la bande dessinée et le cinéma, pour se pencher sur différentes adaptations. Dès que possible, les élèves pratiquent l’écriture sous toutes ses formes : pour développer leur point de vue de façon argumentée ou pour pratiquer l’écriture d’invention et s’essayer à des genres précis comme l’article de presse, pour s’approprier les outils de la langue en imitant le style de Jules Verne ou pour défendre un projet de groupe et servir de support à un exposé.

1. L’édition de référence utilisée ici est : Le Tour du monde en 80 jours, texte intégral, Livre de Poche, 2000.

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Histoire des arts : et si on parlait de la danse ?

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Les 3 séquences de la NRP collège de novembre dessinent des ponts entre les lettres et la danse. Elles parlent de chorégraphies qui racontent des histoires, et de romans qui racontent le monde de la danse.

Cliquez sur les images pour découvrir les introductions des séquences 6e et 3e .

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Recontrez Anne-Marie Garat au théâtre de la Reine Blanche

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Cette année encore, Cécile Ladjali organise au théâtre de la Reine Blanche des rencontres culturelles et amicales avec des écrivains. Le 6 novembre, elle reçoit Anne-Marie Garat, l’auteur d’Aden, pour parler de son roman Le Grand Nord-Ouest paru en août aux éditions Actes Sud.

Cliquez sur l’image pour plus d’informations

Rencontre avec Anne-Marie Garat

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Idée sortie : Du sang sur mes lèvres d’Angélique Friant

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tract_spectacle_sangLa compagnie Succursale 101, présente du 13 au 19 octobre, à Nogent-sur-Marne, une revisite de la nouvelle de l’écrivain allemand Ernst Raupach Laisse dormir les morts.  

L’histoire d’un veuf qui en ramenant sa femme à la vie la condamne à se nourrir de sang humain pour l’éternité.  Une première figure vampire, féminine, née 70 ans avant le Dracula de Bram Stoker.

Adapté et mis en scène par Angélique Friant, en collaboration avec Carole Guidicelli auteure pour la  NRP, ce spectacle mêle théâtre classique et marionnette.

Des séances sont réservées aux scolaires avec un tarif spécial d’1 euro par élève.

Plus d’informations sur le site de la Scène Watteau.

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Travail de mémoire : commémorer l’Armistice

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Par Clémentine Coudray

Armistice« […] l’Armistice, c’est d’abord la fin de la sidération et l’amère découverte des ruines et de la résilience impossible […] » Cynthia Fleury, « Des nuits sans fin ».

Initié par la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, Armistice, à paraître chez Gallimard, donne à lire et à voir témoignages, souvenirs, récits et visions d’une trentaine d’auteurs de nationalités différentes ; un beau-livre illustré aux multiples voix qui dit l’empreinte de la Grande Guerre dans les esprits d’aujourd’hui.

Quelle place tient la Première Guerre mondiale dans les imaginaires du XXIe siècle ? Qu’évoque-t-elle chez les écrivains ? Ce recueil tente, par la pluralité des visions, des évocations, des souvenirs qu’il offre, d’approcher de qu’a été et ce que représente cette trêve des combats, survenue un 11 novembre 1918 à 11 heures du matin. Des tons et des histoires qui s’entrechoquent, se souviennent, exorcisent peut-être, relient hier à demain. Passé et présent s’entrelacent, et l’on se demande, comme Pierre Bergounioux, si l’on en finira, un jour, avec les séquelles de la Grande Guerre.

Car l’Armistice, certes, renvoie à la fin des hostilités, à la joie de la paix retrouvée. Mais elle porte surtout en elle la conscience de plusieurs millions d’âmes ébranlées, le souvenir des atrocités passées, le spectacle de leurs conséquences et la crainte – l’intuition –, que ça revient déjà. Plus qu’un recueil traitant de la paix, il s’agit ainsi, dans cet ouvrage, d’élargir les perceptions. Les œuvres graphiques, elles, sont produites par des artistes contemporains de la Guerre. Dessins, gravures, aquarelles, gouaches font écho à la pluralité des récits et à la complexité de l’Histoire. Ici le trait cinglant et sombre d’Otto Dix, là les aplats colorés et expressifs de Charles Barclay de Tholey. Écrits d’aujourd’hui, œuvres graphiques d’hier, ce bel ensemble lègue à la postérité une mémoire vive et bigarrée, aussi bien textuelle que visuelle.

Entretien

À un an de la fin de son mandat, Alexandre Lafon, conseiller pédagogique et historique de la Mission du Centenaire, rappelle le rôle de l’école dans la transmission de la mémoire collective.

Quel est la place des projets pédagogiques au sein de La Mission du Centenaire ?
2 000 projets pédagogiques ont déjà été labellisés depuis 2013 : ebook, musée virtuel, expositions, spectacles autour de témoignages de soldats, mini films sur la vie à l’arrière, travaux de reconstitution de chars ou de tranchées. Beaucoup de ressources pédagogiques ont été produites pour les classes : par exemple, sur le portail national centenaire.org, le dossier intitulé « Six dates, six textes », comporte des extraits d’œuvres de témoins et d’écrivains qui peuvent être utilisés en classe.

Transmet-on l’Histoire de la même manière aux enfants et aux adultes ?
Il est important de montrer aux jeunes l’intérêt des commémorations, c’est-à-dire l’intérêt de l’histoire, et celui de la mémoire. Pour nous, l’important n’est pas d’être dans l’injonction d’un devoir de mémoire, mais d’effectuer un travail de mémoire, pour comprendre les enjeux contemporains du passé. Il s’agit d’intéresser les enseignants et d’impliquer les élèves dans un passé très éloigné d’eux, alors que beaucoup d’adultes de plus de cinquante ans ont encore un rapport mémoriel direct à la Première Guerre mondiale.

Y a-t-il une évolution dans la manière de transmettre l’Histoire, avec notamment l’émergence des nouvelles technologies ?
En un clic, Internet offre la possibilité de trouver des trésors d’archives. On a aujourd’hui la possibilité d’accéder à des registres matrimoniaux, des journaux des marches et opérations ou des journaux de tranchées. L’outil informatique est aussi un outil ludique. En 2014, la Mission du Centenaire a accompagné la création d’un jeu vidéo adressé aux collégiens de 3e : Valiant Hearts, par Ubisoft. Ni uniquement ludique, ni serious game, il propose une voie médiane, « ludo-pédagogique ». Il contient des petits textes explicatifs, et le graphisme, emprunté à celui de la bande dessinée, est néanmoins très fidèle à la réalité de l’époque.

Quel serait le rôle de l’école et des enseignants, dans cette mission de transmission ?
Les commémorations et la Grande Guerre sont un enjeu contemporain encore fort : un élève ne peut pas comprendre son espace proche, s’il ne sait pas qui est Foch, Clémenceau, la Marne, la Somme ou Verdun. Le dernier soldat français de la Grande Guerre, Lazare Ponticcelli est mort en 2008. Avec la disparition des témoins, Le Centenaire a été, il me semble, une étape dans la prise en main par l’école de la question mémorielle de la Grande Guerre. Ce qui est important est de rendre les élèves actifs dans les projets, et acteurs dans le rituel commémoratif.

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Nouveauté étude de la langue : Analyser pour mieux écrire

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Les « ajustements » du programme 2016 soulignent le lien entre l’étude de la langue et l’expression écrite. C’est l’axe choisi par la NRP pour l’année à venir. Les fiches de septembre permettent de s’approprier les modes autres que l’indicatif.

Découvrez un extrait en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Raviver des souvenirs – septembre 2018

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Le temps est venu d’ouvrir ses cahiers neufs et de raviver ses souvenirs d’école. De belles découvertes vous attendent, avec les Mémoires d’un âne de la comtesse de Ségur et Le Temps des secrets de Pagnol.
Découvrez un extrait de la revue en cliquant sur l’image ci-dessous.

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À voir en septembre : l’adaption du livre de Cécile Ladjali Illettré

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Illettré – Entretien avec Jean-Pierre Améris
Propos recueillis par Yun Sun Limet

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Jean-Pierre Améris aime filmer des personnages qui sortent de leur isolement, qui se libèrent de leur souffrance. Son adaptation pour la télévision du roman de Cécile Ladjali Illettré sera diffusée le 18 septembre prochain sur France 3.

Quel désir a présidé à la réalisation de votre téléfilm Illettré ?
Depuis plusieurs années, j’ai le désir de traiter de l’illettrisme, sujet qui me touche profondément. Et je voulais en faire un film de télévision, non pas de cinéma. Avec la télévision, je suis sûr de toucher plus de spectateurs. Après avoir cherché des documents sur l’illettrisme, je n’ai rien trouvé qui puisse nourrir une fiction. C’est Murielle Magellan, la scénariste, qui m’a proposé le roman de Cécile Ladjali. Après lecture, j’y ai trouvé l’histoire que je cherchais pour traiter le sujet.

Avez-vous une « théorie » de l’adaptation ?
Il faut juste que l’écrivain soit d’accord pour que l’adaptation soit comme un rebond. C’est un sentiment profond qui doit monter, pas seulement le thème. Là, je pense avoir été fidèle à l’esprit du roman de Cécile Ladjali – mais pas fidèle à la lettre. Cela demande beaucoup plus de concision. Le film n’a que les comportements, les gestes, les positions, équivalents cinématographiques de l’écriture, pour dire l’intériorité.

D’un point de vue pratique, comment avez-vous procédé ?
C’est la scénariste, Isabelle Magellan qui s’en est chargée. Il a été convenu au départ que Cécile Ladjali n’interviendrait pas dans son travail, outre le fait que je l’avais avertie que je ne pouvais traiter la fin du héros de façon aussi tragique. Et cela a toujours été ainsi pour mes adaptations. Ni Olivier Adam ni David Foenkinos n’ont participé aux scénarios de mes films.

En quoi Illettré est-il un film personnel ?
Adolescent et jeune homme, j’ai toujours été un garçon renfermé, avec du mal à communiquer. Le cinéma m’a sauvé. Grâce aux films, j’ai pu me relier aux autres. Je suis attiré par les histoires comme celle de Léo ou de Marie Heurtin (Voir le film éponyme sur une jeune femme du XIXe siècle, sourde et aveugle, 2014.) qui posent le problème de la communication. Et je suis heureux d’entendre qu’Illettré parle de la communication au sens large. Les personnages sont handicapés, enfermés, mais ils réalisent qu’on n’apprend pas sans l’aide de l’autre. Léo refuse l’apprentissage. C’est dur de sortir de soi. Pire encore, il a honte de son handicap. Grâce à Nora l’infirmière et aussi grâce à l’accident du travail, Léo va surmonter la honte. J’aime montrer, parce que cela m’est arrivé, ces personnes qui arrivent à surmonter leur handicap de communication.

Vous avez tenu à ce que des personnes non comédiennes interviennent dans le film.
À l’été 2017, j’ai tourné les scènes d’apprentissage à Marseille dans un centre où j’ai rencontré les éducatrices et des illettrés. Ils m’ont raconté leurs histoires. Comme cette dame merveilleuse, d’une soixantaine d’années, qui m’a raconté comment elle a surmonté sa honte. À 60 ans, elle disait : « Je veux apprendre ». C’est une leçon valable pour tous, à tous les âges.

 

CÉCILE LADJALI, ILLETTRÉ , ACTES SUD, 2016.

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Léo, vingt ans, est ouvrier dans une imprimerie. Il vit avec sa grand-mère dans une cité, porte de Saint-Ouen à Paris. Jeune homme discret, il a quitté l’école très jeune, sans diplôme et a, au fil du temps, désappris la lecture. Elle-même illettrée, sa grand-mère le maintient dans ce qui pour lui devient un handicap. Jusqu’au jour où, à l’usine, une machine lui blesse gravement la main. L’accident aurait pu être évité s’il avait su lire le panneau avertissant du danger. Suite à ce drame, il fait la connaissance de Sybille, l’infirmière qui vient à domicile faire les soins pour sa main. Peu à peu des liens se nouent, au point que Léo lui avoue ce qu’il a toujours voulu cacher.

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Programme 2018-2019

Publié le par La rédaction NRP

Découvrez le programme 2018-2019 de la NRP

Septembre 2018

Revue Je me souviens
Séquence 6e : La comtesse de Ségur, Mémoires d’un âne
Séquence 5e : Pagnol, Le Temps des secrets
Séquence 3e : Aragon, Le Collaborateur et autres nouvelles

Supplément
Marivaux, La Colonie Carrés classiques – Niveau 4e

Novembre 2018

Revue La musique et la danse
Séquence 6e : La Belle au bois dormant du conte au ballet
Séquence 4e : Créer et aimer : l’histoire d’Orphée, en mots, musique et danse
Séquence 3e : Le Choix de Rudi de Françoise Dargent, ou la naissance d’une étoile

Supplément
Jules Verne, Le Tour du monde en 80 jours – Niveau 5e

Janvier 2019

Revue Découvrir l’Amérique
Séquence 5e :Christophe Colomb : l’histoire et le mythe
Séquence 4e : Le monde de Calamity Jane
Séquence 3e : L’Attrape-cœur de Salinger

Supplément
Michel Tournier, Sept contes – Niveau 6e

Mars 2019

Revue Monstres
Séquence 6e : Les histoires de monstres racontées par Jacques Cassabois
Séquence 5e : Le merveilleux dans les aventures médiévales
Séquence 3e : La créature de Frankenstein dans le roman de Mary Shelley et au cinéma

Supplément
Quand le quotidien devient étrange, Une anthologie sur les objets maudits dans les nouvelles fantastiques Carrés classiques – Niveau 4e

Mai 2019

Revue La mer
Séquence 6e : Le Clézio, Mondo et autres histoires
Séquence 5e : Victor Hugo et la mer
Séquence 4e : Lire Moby Dick, le chef-d’œuvre de Melville

Supplément
Philippe Grimbert, Un secret– Niveau 3e

Publié le par La rédaction NRP

Xavier-Laurent Petit à l’honneur

Publié le par La rédaction NRP

image_petitOn ne présente plus Xavier-Laurent Petit, un écrivain plébiscité par les adolescents … et leurs parents.  Il nous a accordé un entretien à l’occasion de la parution du supplément NRP consacré aux trois romans de La trilogie Galshan publiés chez Flammarion.

 

 

Propos recueillis par Claire Beilin-Bourgeois

Depuis plus de 20 ans, les romans de Xavier-Laurent Petit, nourris de voyages, de rencontres et de lectures, entraînent son jeune public vers d’autres terres et d’autres hommes, loin de la cour de l’école et du collège. C’est un écrivain méticuleux et exigeant que nous avons rencontré à l’occasion de la sortie du Supplément NRP sur les trois romans qui constituent la trilogie de Galshan.

Comment êtes-vous devenu écrivain ?
Pendant une période de congé parental, je me suis mis à écrire. Deux premiers romans sont nés, des polars destinés à un public adulte. J’ai ensuite écrit un recueil de nouvelles. Mais l’éditeur qui les publiait m’a demandé d’en retrancher une. J’ai alors décidé de la « recycler » et d’en faire un récit court pour les jeunes enfants qui avait un drôle de titre, Colorbelle-ébène, et qui a été publié par L’École des loisirs. Cela m’a conduit à rencontrer l’éditrice Geneviève Brisac qui m’en alors demandé d’en écrire un second…

Vos romans s’adressent à des jeunes d’âges divers. Pensez-vous à eux en écrivant ?
Je ne crois pas les auteurs qui disent qu’ils écrivent sans savoir qui les lira. Je fais très attention justement aux destinataires de mes livres, et à la classe d’âge à laquelle ils appartiennent. Comme cesont des enfants, j’écris très souvent à la première personne – les aventures de Galshan échappent à cette règle. La plupart du temps, le personnage principal a l’âge des lecteurs. Enfin, je n’ajoute pas de description physique des personnages, à l’exception des éléments qui sont indispensables. Mais le plus important pour moi, c’est que les mots doivent faire image. Je fais beaucoup de photos, et je vis depuis longtemps avec une femme qui est peintre et sculpteur, ce qui me rend très attentif à l’aspect visuel de mes textes. L’enjeu est de produire des images grâce au choix des mots, sans trop charger les descriptions. Et tant que je n’ai pas le bon mot, celui qui sonne juste et qui fait apparaître une image, je cherche. C’est pourquoi l’écriture de chaque livre me prend beaucoup de temps.

Le voyage est-il votre source principale d’inspiration ?
Il y a certes le voyage. Mais je n’ai pas forcément voyagé dans les pays dont je parle. Ce qui m’intéresse surtout, c’est de décentrer ceux qui vont me lire. Les jeunes ont une grande habitude des écrans et des images, et ont l’impression d’avoir accès à beaucoup d’informations à travers ces multiples médias. Mais il manque toujours les odeurs de marchés, la musique de la langue qu’on entend dans la rue, les sensations provoquées par les différents climats. Plein nord ou plein sud, les humains ont des coutumes, des langues d’une diversité incroyable. Cet aspect du monde tend à s’estomper, malheureusement, mais c’est de cela que je veux parler.

Comment est née l’idée de la trilogie de Galshan ?
153 jours en hiver a pour origine un trek au Népal, où j’ai vu des gens qui vivaient dans une grande solitude, entourés de leurs bêtes, isolés comme le sera le vieux Baytar dans le roman. L’impression que j’ai eue était celle d’un voyage géographique mais aussi d’un voyage dans le temps. Je me suis aussi inspiré d’un écrivain mongol, Galsan Tschinag, auquel j’ai d’ailleurs emprunté le prénom du personnage principal et dont les parents étaient bergers et nomades. Or, à un moment, le gouvernement mongol a décidé que tous les enfants devaient aller à l’école ; il a dû abandonner cette liberté pour se retrouver enfermé dans une sorte de pensionnat. Mais cela lui a permis de faire des études, et il est devenu chroniqueur de la vie nomade qu’il avait menée auparavant. Après ce premier tome, mon éditrice chez Flammarion a eu l’idée de reprendre le personnage de Galshan pour en faire un personnage récurrent, même si les trois histoires ne constituent pas une suite et sont indépendantes les unes des autres.

Dans vos romans, comment trouvez-vous le juste équilibre entre l’évocation d’un pays et d’une situation réels et les éléments propres à la fiction ?
Je n’ai écrit qu’un roman de science-fiction. Tout le reste est enraciné dans le monde. Je n’écris pas de romans historiques, et j’essaie d’éviter toute profusion de détails inutiles à l’histoire elle-même. Je n’ai aucune intention didactique, et ne pense jamais à une lecture scolaire de mes livres. Mes histoires frôlent la réalité. On comprend que les trois Galshan se passent en Mongolie, mais le nom du pays n’est jamais cité. Sous la chronique, je mêle des éléments variés : l’expérience du voyage, ce que j’ai lu, ce qu’on m’a raconté. Même si derrière, il y a beaucoup de documentation, l’essentiel reste de raconter des histoires qui représentent d’autres modes de vie et d’autres paysages, loin de notre quotidien.

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Entraînement au brevet

Publié le par La rédaction NRP

Le brevet change (encore !).  La NRP vous propose un exercice complet  pour préparer vos élèves à la version 2018 de l’examen.

Cliquez sur l’image pour afficher le brevet

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