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Célébrer le centenaire de la naissance de Salinger

Publié le par La rédaction NRP

Par Claire Beilin-Bourgeois

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Ce 1er janvier 2019, J. D. Salinger aurait eu 100 ans. L’occasion pour son éditeur français Robert Laffont et pour la NRP de fêter un écrivain dont la voix est celle d’une éternelle adolescence.

La recette d’un succès
En 1951, les premiers lecteurs ont été marqués par la langue de ce récit à la première personne qui nous embarque dans la vie, les craintes et les rêves du jeune Holden Caulfield. Si certains ont d’abord été heurtés par les tournures familières et par la désinvolture de la syntaxe, d’autres ont immédiatement perçu une parole vivante et maîtrisée. Et parce qu’il raconte les chemins et les détours qui mènent de l’enfance à l’âge adulte, par la manière dont il parle de la famille, des liens qui se font et se défont, L’Attrape-cœurs a rapidement été considéré comme un classique du roman d’apprentissage.

Célébrer une aventure éditoriale
Le premier roman de Salinger a connu huit réimpressions dans les deux mois qui ont suivi sa publication aux États-Unis. Or, si le succès a été immédiat dans ce pays, il n’en a pas été de même en France. En 1953, l’éditeur français Robert Laffont rachète les droits et le publie sous le titre un peu énigmatique de L’Attrape-cœurs, en référence au roman de Boris Vian L’Arrache-cœurs.
Mais les errances de ce lycéen américain renvoyé de son école quelques jours avant Noël n’intéressent pas les lecteurs français. Il faudra attendre, presque dix ans plus tard, la publication du recueil Nouvelles pour que Salinger trouve son public en France. Depuis, le succès de L’Attrape-cœurs ne s’est jamais démenti. Génération après génération, le charme opère. Pour cet anniversaire, les éditions Robert Laffont publient plusieurs versions du célèbre petit livre orange dans sa collection « Pavillons Poche » : une édition bilingue avec une couverture bleue, ainsi qu’une édition collector avec de belles gardes jaunes et une couverture cartonnée.

Un projet avec des collégiens d’Île de France
Pour fêter dignement un livre sur la jeunesse, il fallait associer à l’événement de jeunes lecteurs d’aujourd’hui. L’éditeur français a choisi d’organiser un projet scolaire autour de L’Attrape-cœurs auquel participent deux classes de 3e de la région parisienne. Trois rencontres sont prévues au fil de l’année. Les 12 et 13 décembre, les éditrices des éditions Robert Laffont Maggie Doyle et Marine Alata se sont rendues dans les deux établissements à la fois pour présenter l’œuvre de Salinger et pour parler de leur métier. En janvier, les professeurs de français feront étudier L’Attrape-cœurs à l’aide de la séquence proposée dans la NRP de janvier 2019. Les élèves des deux classes se retrouveront en mars pour échanger sur le livre, et organiser en juin un dernier rendez-vous au cours duquel ils rencontreront Matt Salinger, le fils de l’auteur, et des écrivains contemporains passionnés par l’œuvre de J. D. Salinger.

J. D. Salinger, L’Attrape-cœurs, éd. bilingue,Robert Laffont, « Pavillons Poche », 2018, 8 €
L’Attrape-cœurs a connu deux traductions françaises, qui font des choix assez radicalement différents. Celle de Jean-Baptiste Rossi (qui deviendra plus tard Sébastien Japrisot) cherchait à rendre la voix juvénile et directe du jeune homme. La plus récente, d’Annie Saumont, colle davantage au texte d’origine. Comme l’anglais de Salinger est relativement facile à comprendre, il est pertinent – et réaliste – de proposer aux élèves de le lire dans la version originale grâce à l’édition bilingue.
Existe aussi en édition unilingue et en édition collector

J. D. Salinger, Nouvelles, Robert Laffont, « Pavillons Poche », 2017, 9 €
Salinger est d’abord un nouvelliste, connu pour ses publications régulières dans The New Yorker. En 1945, il publie une nouvelle dans laquelle Holden Caulfield apparaît pour la première fois, bien avant de devenir un personnage romanesque. Les Nouvelles (Nine Stories) réservent de belles surprises, mêlant réalisme, fantaisie et poésie.

Publié le par La rédaction NRP

Le retour de la dictée

Publié le par La rédaction NRP

Par Antony Soron, ESPE Sorbonne Université

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Combien d’exercices scolaires ont reçu les honneurs de la littérature ? On pense bien entendu à la rédaction décrite par Nathalie Sarraute dans Enfance ou encore à la récitation rapportée par André Gide dans Si le grain se meurt. Mais comment oublier aussi la fameuse dictée de Topaze dont Marcel Pagnol rend compte dans sa pièce éponyme : Topaze, il dicte en se promenant. – Des moutons… Des moutons… étaient en sûreté… dans un parc ; dans un parc. (Il se penche sur l’épaule de l’Élève et reprend.) Des moutons… moutonss… (L’Élève le regarde ahuri.) Voyons, mon enfant, faites un effort. Je dis moutonsse. Étaient (Il reprend avec finesse.) étai-eunnt. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas qu’un moutonne. Il y avait plusieurs moutonsse.

La charge symbolique de la dictée
Dans les souvenirs d’école, il y a nécessairement l’épisode de la dictée, comme s’il s’agissait sinon de « la » scène scolaire primordiale, au moins d’une des plus mémorables par son caractère tout à la fois sérieux et potentiellement dramatique. Gustave Flaubert a beau dire dans son Dictionnaire des idées reçues, que « [l’orthographe] [n]’est pas nécessaire quand on a du style », il n’en reste pas moins que dans les faits de classe, le temps de passation d’une dictée reste un moment très particulier. Il faut dire que la tradition scolaire française a longtemps attribué à cet exercice un grand nombre de vertus. Appelant la concentration, la mémorisation, la connaissance tout en présupposant une qualité parfaite sur le plan graphique, la dictée ne correspond en rien à une banale activité de répétiteur. Ainsi, des premières dictées que prisait l’Impératrice Eugénie aux si populaires dictées de Bernard Pivot, l’exercice a conservé une forme d’aura dont on ressent encore les effets quand on en propose une à des élèves. Manifestation d’une forme d’excellence pour les élèves les plus compétents en matière orthographique, la dictée demeure pour des élèves plus fragiles sur ce plan, plus qu’un pensum, une véritable épreuve. Le fameux « 0 » en dictée a de fait eu longtemps une terrible résonnance pour ceux qui en voyaient leur copie le plus souvent affublé. Dans leur conscience d’élève en équilibre instable, ce « 0 » ne signifiait-il pas par extension, « je suis nul en français » ?

La dictée comme le phénix…
La pratique pédagogique a évidemment ses marottes en fonction des époques et des modes. Aussi, faut-il quand même le préciser, l’importance des dictées en classe, notamment au collège, a connu des périodes creuses. Du « tout pour la dictée », on est passé à une forme de « haro sur la dictée ». Il n’est ainsi pas rare du tout que des élèves de collège ayant pourtant pour entre autres finalités au brevet de passer l’épreuve de la dictée n’en effectuent qu’un nombre infinitésimal au cours de leurs quatre années. D’où le saisissant paradoxe observable à la dernière session du brevet des collèges. Extrait du roman de Marcel Aymé, Uranus, le texte de référence de la dictée n’était pas de la première facilité. Que l’on en juge après une rapide relecture de l’extrait :
« Le collège de Blémont étant détruit, la municipalité avait réquisitionné certains cafés pour les mettre à la disposition des élèves, le matin de huit à onze heures et l’après-midi de deux à quatre. Pour les cafetiers, ce n’étaient que des heures creuses et leurs affaires n’en souffraient pas. Néanmoins, Léopold avait vu d’un très mauvais œil qu’on disposât ainsi de son établissement et la place Saint-Euloge avait alors retenti du tonnerre de ses imprécations. Le jour où pour la première fois les élèves étaient venus s’asseoir au café du Progrès, il n’avait pas bougé de son zinc, le regard soupçonneux, et affectant de croire qu’on en voulait à ses bouteilles. Mais sa curiosité, trompant sa rancune, s’était rapidement éveillée et Léopold était devenu le plus attentif des élèves.»
Pourquoi tant de « nn », « soupçonneux » « réquisitionné[s] » ? Jeu de mots mis à part, on conviendra de la difficulté intrinsèque du texte donné. Et l’on sera à même alors de se dire que quelque chose de traditionnel reste attaché à l’exercice : il doit être issu d’une œuvre littéraire de langue française patrimoniale. En ce sens, les concepteurs du sujet de français, ou si l’on préfère les sélecteurs du texte de la dictée, ne semblent pas déroger à une ligne historique, comme si cette dictée constituait rien moins qu’un vivant pilier de l’éducation à la française… Et qu’importe finalement qu’elle ne rapporte que peu de points. L’essentiel est ailleurs : il tient à la symbolique et à la tradition a fortiori dans un contexte où le Ministère s’applique à revivifier les points d’ancrage éducatifs bien installés dans la conscience collective hexagonale : redoublement, devoirs à la maison et donc, dictées.

Revenir à la pratique concrète
Tout cela étant mis en perspective, il convient tout de même de dire et redire que l’activité scolaire relevant de la dictée n’est en rien nuisible si elle est bien contractualisée avec les élèves. Posons d’abord un argument favorable même s’il peut apparaître au premier abord comme artificiel : la dictée permet le retour au silence ! C’est d’ailleurs ce que fait remarquer Laurent Torres dans son autofiction, Sortie de classes (Albin Michel, 2016) : « La dictée est un exercice apaisant pour un professeur de français. Pendant quelques minutes, j’obtiens un peu de calme et tous les élèves écrivent » (54). Le problème, on l’aura compris, n’est donc pas de proposer des dictées aux élèves mais de savoir pourquoi et comment on le fait. À ce titre, les travaux de Danièle Cogis notamment mettent en perspective la nécessité de sortir d’une vision totalitaire de la dictée. Au lieu de représenter uniquement une forme d’évaluation factice impliquant naturellement une logique de discrimination, la dictée doit redevenir une activité scolaire inscrite dans un processus d’apprentissage. En conséquence, le premier élément terminologique de reconsidération de « la » dictée serait de généraliser la mise au pluriel du mot ! Car, les pratiques heureusement observées dans certaines classes, notamment à l’école élémentaire, mettent en perspective la diversité des dictées données : dictée négociée et/ou dialoguée ou encore dictée du jour pour n’en rester qu’à quelques exemples. De ce point de vue, les chercheurs, dont Danièle Manesse et Catherine Brissaud, observent dans les classes un spectre très large de conception de la dictée. En ce qui concerne spécifiquement le collège, la bonne piste consisterait sans doute, outre à renouveler les pratiques en fonction des apports de la recherche, à accepter les propositions souvent très fructueuses des collègues du premier degré. Les dictées doivent s’inscrire dans des pratiques rituelles et n’ont d’intérêt que si elles permettent non pas de stigmatiser des fautes mais de réfléchir aux causes des erreurs commises.

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Dossier : Papiers collés d’Amérique

Publié le par La rédaction NRP

De l’Amérique rêvée de son enfance à son projet photographique, nous suivons le parcours de Jean-Luc Bertini dans un dossier personnel qui nous permet de confronter rêves et réalités, mythes et vérités.
Cliquez sur l’image pour lire un extrait du dossier

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Entrez dans la danse – n°660 novembre 2018

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La Belle au bois dormant, du conte au ballet (6e)

Orphée, en mots, images, musique et danse (4e)

Le Choix de Rudi, roman jeunesse sur Noureev (3e)

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Jules Verne, Le Tour du monde en 80 jours – n°660-2 novembre 2018

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Rencontre avec la danseuse étoile Alice Renavand

Publié le par La rédaction NRP

Propos recueillis par Alexandra Guidal

Alice Renavant - photo Frédéric Poletti

© Frédéric Poletti

Depuis le début de sa carrière Alice Renavand a travaillé avec les plus grands chorégraphes contemporains : Pina Bausch, Mats Ek, Jiří Kylián, Angelin Preljocaj… et a dansé quelques grands rôles classiques, Kitri dans Don Quichotte (Noureev), Paquita, dans le ballet du même nom (Lacotte) ou plus récemment Lise dans La Fille mal gardée (Ashton). Elle sera en novembre à Garnier dans le très jazzy Fancy Free de Jerome Robbins.

Comment vous appropriez-vous les rôles classiques pour en donner votre propre interprétation ?
La personne qui nous fait travailler un rôle influe beaucoup, ainsi que le visionnage de vidéos d’anciennes distributions. Par exemple, pour Don Quichotte, j’ai vu plein de vidéos de Kitri et certaines m’ont plu plus que d’autres. Même sans reproduire ce qui a été fait, on aime s’inspirer de certaines danseuses. Après, c’est le travail en studio avec le répétiteur qui fait que l’on va proposer certaines choses qui vont être validées ou non, et qui vont permettre de faire évoluer le personnage. Il y a aussi une réflexion permanente hors studio. C’est l’ensemble de ces réflexions qui construit notre propre interprétation du rôle. Et pour donner de l’émotion, j’aime me mettre dans le contexte, m’imaginer les gens, dans quel pays on est, voire même la température qu’il fait. Planter le décor. Dans beaucoup de ballets, le décor et la période jouent beaucoup. J’adore m’imaginer tout ça, c’est très important pour moi d’humaniser, de faire comme si j’étais dans un film, pour rendre les émotions, la manière d’être pour être plus réelle, plus actuelle. Ces ballets classiques sont géniaux car finalement même si la technique est difficile, on a une grande liberté d’interprétation.

Et comment arrivez-vous à véhiculer de l’émotion par le geste ?
Déjà, l’interprétation au niveau du visage est très importante. Il y a mille façons de faire un geste écrit dans une chorégraphie, la jambe croisée, le buste en torsion. Le corps aussi donne cette émotion et cette compréhension du moment, et c’est ça qui est magnifique avec la danse. C’est Laurent Hilaire1 qui m’a enseigné toute cette gestuelle, tout ce qui fonctionne scéniquement.

Et pour les ballets contemporains sans histoire ?
La question principale est quelle idée l’on veut véhiculer. Dans certains pas de deux, même s’il n’y a pas d’histoire, il va y avoir une manière d’être avec son partenaire. Dans sa tête on va se dire qu’on est mélancolique, dans la séduction ou au contraire dans un rejet ou une frustration. Quand les chorégraphes créent un pas de deux, ils ont toujours une idée de ce qu’ils souhaitent, une couleur, une ambiance. La musique aussi donne le ton. Elle influe beaucoup, presque plus que pour un grand classique.

Comment se passe la relation avec les chorégraphes quand vous créez un rôle ?
C’est une autre expérience complètement différente. Chaque chorégraphe a sa manière de travailler, il y a des chorégraphes qui viennent avec leur chorégraphie tout prête et d’autres qui donnent un cadre, et qui modèlent sur vous ensuite. C’est super d’essayer d’arriver au plus proche de ce qu’il veut, de son style. Mais création ou pas, travailler avec le chorégraphe, c’est irremplaçable. Ce qui me plait le plus dans les créations, c’est la rencontre avec la personne. Il y a quelque-chose d’impressionnant à se retrouver devant ses idoles.

Parmi tous ces rôles, vous en avez un favori ?
C’est difficile d’en choisir un. Évidemment, il y a Orphée et Eurydice de Pina Bausch que j’ai dansé pour la première fois dans le corps de ballet en tant que coryphée et que j’ai repris de nombreuses fois depuis à différents moments de ma vie. J’ai aussi adoré Kaguyahime de Kylián et Don Quichotte pour les rôles classiques. Et l’un de mes rôles préférés que je n’ai encore jamais dansé, c’est celui de Nikiya dans la Bayadère.

Y a-t-il des initiatives en dehors de l’Opéra de Paris qui permettent de faire découvrir la danse à un public différent ?
On essaie de faire des galas à l’extérieur, où l’on présente des pas de deux ou d’autres extraits du répertoire classique. Un jour, nous avons fait une scène sur un parking de HLM. Le public est arrivé plein de préjugés en se moquant et finalement il est reparti conquis. J’ai également participé à la vidéo qui accompagne la chanson Wuppertal d’Indochine, une chanson en hommage à Pina Bausch. Après m’avoir vue danser en live sur les dates au stade de France, une quarantaine de fans d’Indochine se sont pris par la main pour aller à l’Opéra.

1. Ancien danseur étoile de l’Opéra de Paris, Laurent Hilaire y a été pendant quelques années maître de ballet.

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Supplément Le Tour du monde en 80 jours

Publié le par La rédaction NRP

coll_couv_vernePar Amélie Berthou-Sergeant

Ayant appris que M. Phileas Fogg était l’homme le plus exact et le plus sédentaire du Royaume-Uni, je me suis présenté chez monsieur avec l’espérance d’y vivre tranquille et d’oublier jusqu’à ce nom de Passepartout…» (p. 12)1. Cet espoir déçu du valet Jean Passepartout ne cesse de réjouir les lecteurs depuis la parution du roman en 1872. Quant à l’éditeur Jules Hetzel, il ne s’y était pas trompé quand il signa avec l’auteur des Voyages extraordinaires pour une littérature instructive, pour tous, tournée vers le voyage géographique et l’imaginaire. Immédiatement, Le Tour du monde en quatre-vingts jours acquit une renommée internationale et constitue aujourd’hui un modèle incontournable du roman d’aventures.

Étudier le roman en classe de 5e
Simple pari entre amis, fuite d’un voleur ou souci d’exactitude, le tour du monde entrepris par Phileas Fogg correspond au thème du programme « Le voyage et l’aventure : pourquoi aller vers l’inconnu ? » avec pour enjeux « découvrir diverses formes de récits d’aventures » et surtout « s’interroger sur le sens des représentations qui sont données des voyages et de ce qu’ils font découvrir ». Les deux protagonistes, au caractère si contrasté, mettent en débat la définition même du verbe « voyager » et ouvrent également une réflexion sur le thème « Héros et héroïsmes » avec pour enjeu de « s’interroger sur la diversité des figures de héros et sur le sens de l’intérêt qu’elles suscitent. »

L’organisation de la séquence
La lecture du roman se fonde sur les grandes étapes du schéma narratif :
– les élèves découvrent l’art du portrait original dans la situation initiale ;
– l’élément déclencheur rappelle l’importance d’une participation active du lecteur qui élabore des hypothèses et se construit un horizon d’attente ;
– les péripéties sont l’occasion de réfléchir à la diversité des valeurs et des formes d’héroïsme ;
– la construction élaborée du dénouement, avec des éléments de résolution successifs et un retournement pour la situation finale, vient compléter l’étude de la fabrique du suspense de ce roman d’aventures palpitant.

Les objectifs
L’attention portée au suspense dans la narration conduit notamment à l’étude de la négation ou à la mise en voix à l’oral d’un passage. La séquence interroge également la façon dont la fiction fait voyager le lecteur – « Il crée le monde à chaque phrase », disait Claude Roy en parlant de Jules Verne – alors même que son protagoniste peut faire le tour du monde sans réellement « voyager ». C’est l’occasion de travailler le vocabulaire du voyage et de la sédentarité mais aussi les compléments du nom et les techniques qui dynamisent ou enrichissent une description pour la rendre pittoresque. À l’instar du roman, la séquence ouvre les horizons des lecteurs en leur faisant découvrir une variété de récits d’aventure parmi les plus célèbres et en favorisant le dialogue avec d’autres genres artistiques : la bande dessinée et le cinéma, pour se pencher sur différentes adaptations. Dès que possible, les élèves pratiquent l’écriture sous toutes ses formes : pour développer leur point de vue de façon argumentée ou pour pratiquer l’écriture d’invention et s’essayer à des genres précis comme l’article de presse, pour s’approprier les outils de la langue en imitant le style de Jules Verne ou pour défendre un projet de groupe et servir de support à un exposé.

1. L’édition de référence utilisée ici est : Le Tour du monde en 80 jours, texte intégral, Livre de Poche, 2000.

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Histoire des arts : et si on parlait de la danse ?

Publié le par La rédaction NRP

Les 3 séquences de la NRP collège de novembre dessinent des ponts entre les lettres et la danse. Elles parlent de chorégraphies qui racontent des histoires, et de romans qui racontent le monde de la danse.

Cliquez sur les images pour découvrir les introductions des séquences 6e et 3e .

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Recontrez Anne-Marie Garat au théâtre de la Reine Blanche

Publié le par La rédaction NRP

Cette année encore, Cécile Ladjali organise au théâtre de la Reine Blanche des rencontres culturelles et amicales avec des écrivains. Le 6 novembre, elle reçoit Anne-Marie Garat, l’auteur d’Aden, pour parler de son roman Le Grand Nord-Ouest paru en août aux éditions Actes Sud.

Cliquez sur l’image pour plus d’informations

Rencontre avec Anne-Marie Garat

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Idée sortie : Du sang sur mes lèvres d’Angélique Friant

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tract_spectacle_sangLa compagnie Succursale 101, présente du 13 au 19 octobre, à Nogent-sur-Marne, une revisite de la nouvelle de l’écrivain allemand Ernst Raupach Laisse dormir les morts.  

L’histoire d’un veuf qui en ramenant sa femme à la vie la condamne à se nourrir de sang humain pour l’éternité.  Une première figure vampire, féminine, née 70 ans avant le Dracula de Bram Stoker.

Adapté et mis en scène par Angélique Friant, en collaboration avec Carole Guidicelli auteure pour la  NRP, ce spectacle mêle théâtre classique et marionnette.

Des séances sont réservées aux scolaires avec un tarif spécial d’1 euro par élève.

Plus d’informations sur le site de la Scène Watteau.

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Je me souviens – n°659 septembre 2018

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Mémoire d’un âne, de la comtesse de Ségur (6e)

Le Temps des secrets de Marcel Pagnol (5e)

Résistants et collaborateurs dans des nouvelles d’Aragon (3e)

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Travail de mémoire : commémorer l’Armistice

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Par Clémentine Coudray

Armistice« […] l’Armistice, c’est d’abord la fin de la sidération et l’amère découverte des ruines et de la résilience impossible […] » Cynthia Fleury, « Des nuits sans fin ».

Initié par la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, Armistice, à paraître chez Gallimard, donne à lire et à voir témoignages, souvenirs, récits et visions d’une trentaine d’auteurs de nationalités différentes ; un beau-livre illustré aux multiples voix qui dit l’empreinte de la Grande Guerre dans les esprits d’aujourd’hui.

Quelle place tient la Première Guerre mondiale dans les imaginaires du XXIe siècle ? Qu’évoque-t-elle chez les écrivains ? Ce recueil tente, par la pluralité des visions, des évocations, des souvenirs qu’il offre, d’approcher de qu’a été et ce que représente cette trêve des combats, survenue un 11 novembre 1918 à 11 heures du matin. Des tons et des histoires qui s’entrechoquent, se souviennent, exorcisent peut-être, relient hier à demain. Passé et présent s’entrelacent, et l’on se demande, comme Pierre Bergounioux, si l’on en finira, un jour, avec les séquelles de la Grande Guerre.

Car l’Armistice, certes, renvoie à la fin des hostilités, à la joie de la paix retrouvée. Mais elle porte surtout en elle la conscience de plusieurs millions d’âmes ébranlées, le souvenir des atrocités passées, le spectacle de leurs conséquences et la crainte – l’intuition –, que ça revient déjà. Plus qu’un recueil traitant de la paix, il s’agit ainsi, dans cet ouvrage, d’élargir les perceptions. Les œuvres graphiques, elles, sont produites par des artistes contemporains de la Guerre. Dessins, gravures, aquarelles, gouaches font écho à la pluralité des récits et à la complexité de l’Histoire. Ici le trait cinglant et sombre d’Otto Dix, là les aplats colorés et expressifs de Charles Barclay de Tholey. Écrits d’aujourd’hui, œuvres graphiques d’hier, ce bel ensemble lègue à la postérité une mémoire vive et bigarrée, aussi bien textuelle que visuelle.

Entretien

À un an de la fin de son mandat, Alexandre Lafon, conseiller pédagogique et historique de la Mission du Centenaire, rappelle le rôle de l’école dans la transmission de la mémoire collective.

Quel est la place des projets pédagogiques au sein de La Mission du Centenaire ?
2 000 projets pédagogiques ont déjà été labellisés depuis 2013 : ebook, musée virtuel, expositions, spectacles autour de témoignages de soldats, mini films sur la vie à l’arrière, travaux de reconstitution de chars ou de tranchées. Beaucoup de ressources pédagogiques ont été produites pour les classes : par exemple, sur le portail national centenaire.org, le dossier intitulé « Six dates, six textes », comporte des extraits d’œuvres de témoins et d’écrivains qui peuvent être utilisés en classe.

Transmet-on l’Histoire de la même manière aux enfants et aux adultes ?
Il est important de montrer aux jeunes l’intérêt des commémorations, c’est-à-dire l’intérêt de l’histoire, et celui de la mémoire. Pour nous, l’important n’est pas d’être dans l’injonction d’un devoir de mémoire, mais d’effectuer un travail de mémoire, pour comprendre les enjeux contemporains du passé. Il s’agit d’intéresser les enseignants et d’impliquer les élèves dans un passé très éloigné d’eux, alors que beaucoup d’adultes de plus de cinquante ans ont encore un rapport mémoriel direct à la Première Guerre mondiale.

Y a-t-il une évolution dans la manière de transmettre l’Histoire, avec notamment l’émergence des nouvelles technologies ?
En un clic, Internet offre la possibilité de trouver des trésors d’archives. On a aujourd’hui la possibilité d’accéder à des registres matrimoniaux, des journaux des marches et opérations ou des journaux de tranchées. L’outil informatique est aussi un outil ludique. En 2014, la Mission du Centenaire a accompagné la création d’un jeu vidéo adressé aux collégiens de 3e : Valiant Hearts, par Ubisoft. Ni uniquement ludique, ni serious game, il propose une voie médiane, « ludo-pédagogique ». Il contient des petits textes explicatifs, et le graphisme, emprunté à celui de la bande dessinée, est néanmoins très fidèle à la réalité de l’époque.

Quel serait le rôle de l’école et des enseignants, dans cette mission de transmission ?
Les commémorations et la Grande Guerre sont un enjeu contemporain encore fort : un élève ne peut pas comprendre son espace proche, s’il ne sait pas qui est Foch, Clémenceau, la Marne, la Somme ou Verdun. Le dernier soldat français de la Grande Guerre, Lazare Ponticcelli est mort en 2008. Avec la disparition des témoins, Le Centenaire a été, il me semble, une étape dans la prise en main par l’école de la question mémorielle de la Grande Guerre. Ce qui est important est de rendre les élèves actifs dans les projets, et acteurs dans le rituel commémoratif.

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