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Un secret, Philippe Grimberg – n°663-2 mai 2019

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Voyages en mer – n°663 mai 2019

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Mondo et autres histoires, de J.-M.G. Le Clézio (6e)

Vents et marée : le souffle hugolien (5e)

Moby Dick, un roman-océan (4e)

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Philippe Grimbert, Un secret

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Par Florence Renner, professeure de lettres modernes, et Fabrice Carnet, professeur de lettres modernes et formateur à l’ESPE de Lyon

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Auteur et psychanalyste rendu célèbre par ce roman publié en 2004, après la mort de son père, Philippe Grimbert a su faire de cette histoire individuelle une histoire qui parle au cœur de tous. Il évoque dans un entretien ces nombreux témoignages de lecteurs qui lui avouent s’être entièrement retrouvés dans ce récit, et explique ainsi les raisons du succès de son livre : « Cela me fait penser qu’un livre qui fonctionne raconte forcément au lecteur son propre vécu, même s’il est très différent. Ici, cela tient au fait que le livre touche à une chose qui nous concerne tous : le secret de famille. »

Un roman autobiographique qui plaît aux Troisièmes
Ce roman est souvent étudié en classe de troisième, et il rencontre généralement un franc succès. Les élèves sont en effet touchés par l’histoire de ce garçon dont l’âge n’est pas très éloigné du leur, eux qui sortent à peine de l’enfance ; et le contexte historique, la Seconde Guerre mondiale, est toujours porteur pour eux d’émotions fortes. Certains passages les bouleversent, comme le sacrifice d’Hannah qui emmène Simon avec elle vers une mort certaine, ou la projection du film sur les camps de la mort dans le lycée du narrateur. D’autres les émeuvent, l’amour entre Maxime et Tania, la faiblesse du père à la fin du roman, la découverte du cimetière des chiens… Mais surtout, le souffle si particulier de l’auteur, cette écriture simple et immédiate, les touche au cœur, et les jeunes lecteurs sortent généralement troublés de cette histoire.

Un livre, un film
Il serait dommage de ne pas étudier le roman en parallèle avec le très beau film qu’en a tiré Claude Miller en 2007, avec Cécile de France et Patrick Bruel dans les rôles principaux. Miller qui lui aussi avoua un secret de famille, et qui donne au roman une portée nouvelle par ses choix de narration cinématographique, alternance de scènes en couleurs et en noir et blanc, selon une narration inversée. Les acteurs donnent un visage, une voix, une attitude aux personnages croisés dans le roman, et les élèves pourront s’interroger alors sur le travail d’adaptation d’un roman en film.

Ce que propose la séquence
On demandera aux élèves de lire le roman avant le début de la séquence, en autonomie. Ils rencontreront peut-être certaines difficultés, qui seront levées par l’étude de passages précis faits en classe et par le travail transversal proposé sur certains grands thèmes de l’œuvre. Les séances proposées permettent en effet de circuler dans l’œuvre en alternant étude générale et focus sur des passages essentiels, selon des modalités de travail en groupes, en binômes ou individuel. Il s’agit d’inciter les élèves à développer leur interprétation d’une œuvre à fort potentiel symbolique, tout en les préparant aux épreuves du brevet et à l’analyse de film. Les fiches accompagnent et prolongent cette lecture de l’œuvre, en proposant en particulier une lecture cursive supplémentaire, elle-même suivie d’une adaptation filmique : celle du roman Effroyables Jardins de Michel Quint, mis en film par Jean Becker en 2003.

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La mer et la littérature

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En ce mois de mai, en prémices de l’été, la mer est notre invitée d’honneur. Une mer romanesque et poétique, source d’inspiration pour les artistes et motif récurrent dans la littérature, comme le retrace notre Dossier. Lieu magique dans le recueil de nouvelles de Le Clézio (6e), elle émerveille et effraie chez Victor Hugo (5e), et se présente comme un personnage à part entière dans Moby Dick, ce roman-océan, œuvre majeure de la littérature mondiale (4e).

Découvrez les premières pages de chaque séquence en cliquant sur les images

Séquence 6e – Mondo et autres histoires de J.-M. G. Le Clézio

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Séquence 5e – Vents et marée : le souffre hugolien

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Séquence 4e – Moby Dick, un roman océan

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Luc Ferry et la transmission des mythes

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Propos recueillis par Claire Beilin-Bourgeois

Thesee-ou-la-loi-du-courageLa transmission des mythes, que les programmes scolaires ont longtemps appelés « textes fondateurs », est pour Luc Ferry une affaire sérieuse. À la collection de bandes dessinées qu’il dirige chez Glénat depuis quelques années, s’ajoutent désormais les premiers volumes d’une série de récits illustrés destinés aux élèves des collèges.

Quelle est la spécificité de cette nouvelle collection pour la jeunesse ?
La différence avec une collection destinée à des lycéens ou à des adultes est beaucoup moins importante qu’on pourrait le penser. Les enfants sont bien plus intelligents qu’on ne croit, dès lors qu’un récit les intéresse vraiment. La collection jeunesse est, bien entendu, moins détaillée qu’une version des mêmes récits racontés à des adultes. Mais les grands mythes sont au fond les mêmes de « 7 à 97 ans », pour parodier la fameuse formule de Tintin.

 Vous parlez d’érudition dans votre présentation de la collection. Jusqu’où va-t-elle ?
Jusque dans le détail, ce qui n’empêche nullement la lecture d’être accessible aussi bien à un enfant de sept ou huit ans qu’à ses grands-parents. J’évite les mots savants, ou je les explique quand je les emploie, et j’ai conscience à chaque phrase que je m’adresse à des enfants. Les parents qui se serviront de ces livres pour les lire à leurs enfants ne perdront pas leur temps : ce sera tout aussi passionnant et utile pour eux que pour les petits. Il n’y a pas d’erreurs, ni dans les noms, ni dans l’intrigue du récit, ni dans les lieux ni, a fortiori, dans le sens du mythe. Tout est absolument fidèle aux textes d’origine, d’abord et avant tout à Homère et Hésiode, bien sûr, mais aussi aux grands poètes et tragédiens du VIe ou du Ve siècle.

Que cherche-t-on dans la lecture des mythes ?
Les mythes grecs portent moins sur la morale, sur le bien et le mal, que sur la sagesse et le sens de la vie et c’est en cela qu’ils sont passionnants, bien plus intéressants que des fabliaux qui ne se termineraient pas par une leçon édifiante… Si ça marche depuis près de 3 000 ans, c’est qu’il y a dans les mythes, comme dans les grands textes sacrés, des messages d’une profondeur abyssale qui touchent toutes les grandes questions de la vie humaine : la guerre, l’amour, la haine, le mensonge, la ruse, mais aussi la question du sens de l’existence, du salut et de la vie bonne. Les grands mythes parlent aux enfants autant qu’aux adultes et réciproquement.

En tant qu’ancien ministre de l’Éducation nationale, êtes-vous favorable à un enseignement précoce de la philosophie ?
Non j’y suis très opposé. Je ne pense pas qu’on puisse commencer sérieusement la philosophie avant la classe de seconde. On peut certes parler de mille choses profondes avec de jeunes enfants, mais pas de Spinoza ou de Kant, or on ne peut pas entrer en philosophie aujourd’hui en faisant l’impasse sur les grands auteurs.

Que pensez-vous de la nouvelle discipline qui sera prochainement enseignée au lycée, « Humanités, littérature et philosophie » ?
J’ai regardé le programme et je le trouve mille fois trop compliqué. J’aurais préféré qu’on se borne à exposer à nos élèves trois ou quatre grandes visions du monde, par exemple le stoïcisme et la cosmologie grecque, la révolution scientifique des Lumières, la naissance de la pensée contemporaine avec Schopenhauer et Nietzsche… Ce serait largement suffisant et beaucoup plus intéressant que cet éparpillement de thèmes et d’auteurs prévu dans le programme actuel.

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Monstres et créatures – n°662 mars 2019

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Khodumodumo : des monstres et des hommes (6e)

Monstres et merveilles dans les récits du Moyen Âge (5e)

Frankenstein ou le Prométhée moderne, Mary Shelley (3e)

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Quand le quotidien devient étrange… – n°662-2 mars 2019

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Les Joyaux du Ballet, une découverte ludique de la danse

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Lydie Vareilhes et Takeru Coste © Julien Benhamou

Lydie Vareilhes et Takeru Coste © Julien Benhamou

 

 

Samuel Murez, dans le numéro NRP de novembre dernier consacré à la danse, nous parlait de partage : un spectacle, s’il « requiert un mode d’emploi en six tomes », risque fort de perdre qui n’en possède pas les codes, et de rompre alors avec cette dimension de partage. En parallèle de son activité avec le groupe 3e étage, il conçoit et met en scène les spectacles Joyaux du Ballet.

 

 

On nous prévient alors que les rideaux ne sont pas encore ouverts : si vous souhaitez rire, riez, et surtout, applaudissez quand vous voulez ! Dans ce spectacle, des fragments de grands ballets classiques et des pièces contemporaines — petits tableaux étincelants d’une perfection technique à couper le souffle — interprétés par des danseurs formés à l’École de danse de l’Opéra de Paris, alternent avec des petits interludes « ludo-pédagogique » dont la voix off est accompagnée d’une pantomime burlesque illustrant les propos. Le public, friand et attentif, apprend l’histoire du ballet et son évolution au fil des siècles : des pas (pirouettes, sauts et autres entrechats) aux costumes, en passant par la manière de raconter une histoire par le mouvement.

On retrouve ici le talent de Samuel Murez, sa capacité à construire un spectacle mêlant pédagogie, humour et virtuosité, et son engagement à faire de la danse un art accessible à tous. Les danseurs sont exceptionnels par leur talent et uniques par leur personnalité. Et dans la 2e partie, on aura le plaisir de découvrir son travail de chorégraphe, en particulier le magnifique Chaconne, dont il est fait mention dans le dossier.

Coup de cœur de la NRP, nous vous invitons à découvrir ce spectacle avec vos élèves, en famille, entre amis les :
16 mars (21h) et 17 mars (17h) à la Salle Poirel de Nancy
24 mars (17h) au Palais d’Auron à Bourges
2 juin (17h) à La Cité à Nantes

Billetterie : https://billets.zdp.fr

En bonus

- Un petit aperçu du spectacle

- Un extrait du dossier

 

 

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Quand la bande-dessinée réinvestit l’histoire contemporaine

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Antony Soron, Maître de conférences HDR, Sorbonne Université

Depuis le premier album d’Hergé, Tintin au pays des soviets, dont on va fêter cette année le quatre-vingt dixième anniversaire de la prépublication dans la revue « Le Petit Vingtième » (1929), l’histoire contemporaine a constitué une source féconde d’inspiration pour les auteurs de bande dessinée. Plusieurs albums récents viennent confirmer cet intérêt du neuvième art pour des faits que l’historiographie est parvenue à exhumer.

La fiction au plus près de la réalité historique
La rencontre entre BD et histoire contemporaine est manifeste dans le dernier album des aventures de Blake et Mortimer, La Vallée des immortels. L’aventure scientifique et archéologique qui sert de trame narrative s’inscrit en effet sur fond de rivalité entre Tchang Kaï-Chek et l’opposition communiste en Chine. Néanmoins, les péripéties auxquelles sont mêlés les deux héros laissent la réalité historique en arrière-plan. À l’inverse, l’entreprise d’Émile Bravo dans Spirou, Le Journal d’un ingénu, qui revient aux origines du fameux héros à la houppe rousse, s’applique à maintenir la vraisemblance d’une histoire débutant à « Bruxelles, été 1939 ». Le lecteur découvre Spirou comme un tout jeune homme, orphelin, élevé par des religieux, destiné à devenir groom dans un grand hôtel de capitale belge : le Moustic Hôtel. Or, dans le cadre de la genèse du personnage, Spirou apparaît bien comme un ingénu, complètement inconscient de la tragédie mondiale qui se prépare. Émile Bravo élimine le côté loufoque de la série popularisée par Franquin : pas de Zorglub, mégalomane excentrique, pas de Comte de Champignac non moins baroque. Comme un jeune de l’époque, Spirou prend conscience de ce qui se trame à l’échelle mondiale réalisant progressivement la gravité des tractations à l’œuvre dans le propre hôtel où il officie. Et tout le paradoxe de l’aventure réside dans le fait que c’est une soubrette, apparemment innocente, qui va lui révéler ce qu’il n’avait jamais présagé jusqu’alors : « Alors, il va y avoir la guerre dans ton pays ? » (Pologne) / « Mmmh… À moins d’un miracle, mais je ne suis pas croyante » (40).
La carte de l’expansion nazie, en pleine page (46) ainsi que la représentation tragique (68) du bombardement de la Pologne avec le bandeau, « Honorant leur alliance, la France et la Grande-Bretagne entrèrent en guerre contre l’Allemagne » soulignent combien l’auteur a voulu placer ses personnages, Spirou et son acolyte Fantasio, au cœur de l’histoire en marche. La suite de leurs aventures, intitulée L’Espoir malgré tout, débutant en janvier 1940, poursuit naturellement l’exploration de cette guerre éclair qui aboutira à unconflit mondialisé.

Le goût de l’histoire
Les auteurs de bande dessinée ont progressivement assuré leur légitimité en investissant des « territoires » présumés inaccessibles par les contempteurs du neuvième art. Même si le parallèle peut sembler osé, la démarche de certains d’entre eux peut être apparentée à celle des écrivains réalistes du milieu du dix-neuvième siècle qui ont voulu faire du roman un genre « sérieux ». Non pas évidemment qu’Émile Bravo ait voulu se prendre au sérieux cependant, la capacité de la bande dessinée à scénariser, à imager et à mettre en mot l’histoire a permis de valider l’idée d’un art véritablement créatif et réflexif et non pas seulement illustratif et distrayant.
De ce point de vue, il semble justifié de mettre en perspective la singularité de l’entreprise de Tardi, de La Der des ders à C’était la guerre des tranchées, et même si l’auteur se refuse à ce que l’on apparente stricto sensu à un historien, son rapport aux faits historiques devient de plus en plus serré.
À ce titre les trois volumes consacrés à son père, « prisonnier au Stalag », rendent possible une approche singulière de tout ce qu’a pu vivre un homme simple non seulement en temps de guerre mais aussi durant l’après-guerre. Du point de vue textuel proprement dit, le troisième tome publié tout récemment se révèle d’une grande richesse informative comme si Tardi avait souhaité tout dire sur cette « fin » de deuxième guerre mondiale, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne s’est pas faite en seul un jour de « débarquement » héroïque. L’auteur n’utilise pas son art graphique afin de donner une vision panoramique de l’histoire mais un plan plus serré. Il ne livre pas une l’histoire illustrée dans ses grandes phases mais l’histoire qui désintègre les hommes, qui les broie. Certaines cases ont d’ailleurs quelque chose des peintures de guerre de l’artiste allemand, Otto Dix (1891-1969) tandis que le propos reste à la fois précis et cinglant, évitant de fait une lecture de la Seconde Guerre mondiale totalement manichéenne, comme en témoigne une bulle du tome 3 (39) : « En Italie, après la prise de Monte Cassino, la Wehrmacht plie bagage. C’était au mois de mai de l’année dernière. Les soldats du Corps expéditionnaire français se déchaînent. Femmes, hommes, enfants de 8 à 86 ans sont violés ! Le nombre des victimes varie de 2000 à 60000 (selon les sources) !! »
La bande dessinée, qui introduit ici le regard d’un enfant qui cherche à comprendre le drame vécu par son père, permet de réactualiser en images des aspects de l’histoire contemporaine restés à tort à la marge. Néanmoins, elle ne le fait pas avec une intention polémique mais avec sérieux et conviction comme en témoigne à titre exemplaire dans le tome III de Stalag, un dossier en postface matérialisant le caractère méticuleux de la recherche de Tardi contenant une bibliographie conséquente.

L’Histoire et l’histoire familiale
L’investissement d’une période spécifique de l’histoire contemporaine peut être lié, comme c’est le cas pour Tardi, au fait que des parents proches en aient été les protagonistes : le grand-père de l’auteur ayant été mis à l’épreuve surréaliste de la guerre des tranchées : « C’était donc lui qui avait vécu tout ça… J’avais peine à y croire. Il avait été blessé plusieurs fois et aussi gazé. Mais la question qui me tarabustait était de savoir s’il avait tué des Boches ? » (Stalag III, 127). Le voyage de Marcel Grob mérite également une attention particulière. En effet, l’auteur, le journaliste radio Philippe Collin, a entrepris de réhabiliter une figure familiale honnie, alors qu’il était un jeune homme, celle de son grand-oncle : Alsacien enrôlé contre son gré à la SS et par là même impliqué dans des massacres de civils comme celui du 25 septembre 1944 dans la région italienne de Marzabotto. Structuré selon deux plans narratifs complémentaires, l’interrogatoire de Marcel Grob, alors âgé, par un juge chargé de l’instruction des crimes de guerre, et le récit de l’aventure terrifiante vécue par le jeune alsacien. L’enjeu de cette bande-dessinée se révèle par conséquent non pas unique mais triple. Il s’agit certes d’informer sur la réalité des « malgré-nous », soit l’incorporation dans la SS à partir de novembre 1942 et tout au long de l’occupation allemande de 100 000 Alsaciens et 30 000 Lorrains, nés entre 1909 et 1926 (dossier historique intégré à la BD, page 182). Mais l’intention est aussi de faire réfléchir sur la notion même de désobéissance, qui dans le cas des « malgré-nous », était quasi impossible. Enfin, l’idée consiste à montrer des hommes comme Ils étaient, en cherchant à s’abstraire d’une opinion strictement à charge, comme fut celle du magistrat à l’égard de son grand-oncle. D’où le fait que le dessinateur reste très focalisé sur les visages des personnages : comme si celui des lecteurs pouvaient se refléter dans le leur.
À la différence de l’album de Tardi, plus truculent et baroque, malgré les sujets dramatiques qu’il met en scène, Le Voyage de Marcel Grob reste concentré sur le parcours du « malgré-nous » en adoptant une esthétique percutante. L’utilisation de la couleur sépia combinée à un surlignage marqué des traits des visages pour traduire l’intensité émotionnelle des personnages, contribue à asseoir la valeur testimoniale de l’ouvrage, que l’on peut apparenter à un roman graphique, à mille lieux des comics d’antan.
La BD se révèle par conséquent un formidable medium pour aborder les angles morts de l’histoire contemporaine, ou si l’on préfère ses zones d’ombre. Stalag III comme Le Voyage de Marcel Grob, pris en tant qu’exemples dans notre propos, offrent au lecteur la possibilité d’un questionnement durable. Le poids des mots et la morsure des images ne tendent pas prioritairement vers le spectaculaire. En effet, il s’agit d’œuvres à lire, relire, qui nécessitent des fixations du regard mais aussi des retours en arrière. On est loin des illustrés vite lus et des comics échappatoires au réel. La BD pose son regard sur le monde d’hier, récusant au même titre que le cinquième art derrière lequel la critique l’a longtemps reléguée, l’amnésie collective des petits faits vrais qui ont fait la grande Histoire en même temps qu’ils ont défait les hommes.

BIBLIOGRAPHIE

• Thierry Groensteen, La Bande-dessinée, une littérature graphique, Milan, coll. LesEssentiels, 2005
• Hergé, Tintin au pays des soviets, Casterman, réed.2017.
• Yves Sente (auteur), Peter van Dongen illustrateur), La Vallée des immortels, Blake et Mortimer, 2018.
• Philippe Collin (auteur) et Sebastien Goethals (dessinateur), Le Voyage de Marcel Grob, Futuropolis, 2018.
• Daeninckx (auteur), Tardi (dessinateur), La Der des Ders, 1997.
• Tardi, C’était la guerre des tranchées,Casterman, nouvelle édition, 2014. Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, 2018.
• Émile Bravo, Spirou, Le Journal d’un ingénu, Dupuis, réed. 2018. Spirou, L’Espoir malgré tout, Dupuis, 2018.

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Des nouvelles fantastiques du XIXe siècle à étudier en 4e

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Par Rachel Druet et Adeline Pringault-Leguy

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La Main de Guy de Maupassant, La Tresse noire d’Erckmann-Chatrian, Le Pied de momie de Théophile Gautier, Le Portrait ovale d’Edgar Allan Poe, Le Monstre vert de Gérard de Nerval sont regroupés autour du thème programmatique : « Quand le quotidien devient étrange… » Ouvrir ce « Carrés Classiques » avec nos élèves, c’est entrer au cœur du fantastique et de la littérature du XIXe siècle.

Des fictions au cœur du cycle 4

En 4e, les élèves font le pont entre l’ouverture aux univers nouveaux qu’ils avaient pratiquée l’année précédente et l’étude des romans d’anticipation et de science-fiction qu’ils liront en 3e. « La fiction pour interroger le réel » oriente la thématique « Regarder le monde, inventer des mondes ». Et c’est bien à l’invention de mondes que nous convions les élèves en étudiant le fantastique. Pour nombre d’entre eux, aborder le fantastique est aussi aborder une littérature classique proche des livres de fantasy vers lesquels ils vont plus spontanément. Cette lecture, exigeante, devient également séduisante. Dans nos séances, nous avons mis l’accent sur des activités interprétatives, des propositions de débats, des dialogues entre les auteurs et les arts, afin de faire résonner les œuvres littéraires parmi les interrogations humaines. Par ailleurs, nous avons choisi de consacrer plusieurs séances à des ateliers d’écriture variés qui développent la créativité des élèves sous des formes diversifiées, qui peuvent être suffisamment divertissantes pour susciter le goût d’écrire. Un des buts de ces ateliers est d’inciter les élèves à étoffer leur cahier d’écrivain. Le professeur pourra ainsi encourager les élèves à écrire des textes courts autour d’une consigne simple : dresser une liste d’objets au potentiel fantastique, inventer un parcours inquiétant dans le corps humain, décrire et dessiner un lieu hanté… Les textes créés librement dans le cahier d’écrivain sont autant d’entraînements à l’écriture qui donnent de l’aisance aux élèves. Lors des tâches finales évaluées, ils sont ainsi plus à l’aise avec l’exercice d’écriture longue.

Ressources pour le professeur

Les séances du supplément sont autant de pistes d’exploitation pour l’enseignant qu’il ajuste selon sa progression, ses élèves ou ses envies. Une séquence peut se construire avec l’ensemble des nouvelles de l’édition « Carrés Classiques » ou autour d’une seule. Par ailleurs, nous avons panaché les niveaux de difficultés des fiches pour qu’elles soient utilisables à différents moments de la progression du professeur.
La nouvelle de Gérard de Nerval, Le Monstre vert, présentée en « autre lecture » à la fin du volume est intégrée dans nos séances. Les bilans de lecture et exercices d’expression du « Carré Classique » peuvent être proposés en autonomie aux élèves à l’issue d’une lecture cursive.
L’enseignant trouvera dans ce supplément des pistes pour aborder d’autres textes fantastiques du XIXe siècle en écho aux textes proposés. Le carnet de littérature, s’il est mis en place, peut accueillir et compléter les réflexions des élèves et favoriser leur posture d’auteur. Les supports iconographiques, extraits de films ou images telles que tableaux ou illustrations, permettent également de nourrir la réflexion sur les liens entre les œuvres et leurs inscriptions dans un « contexte historique et culturel », ainsi que le préconisent les attendus de fin de cycle 4. Le professeur en profitera pour aborder l’épreuve orale du Diplôme national du brevet, que les élèves présenteront l’année suivante et dont l’esprit se rapproche de ces mises en lien et en tension d’œuvres.

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Autour de Frankenstein

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Qui n’a jamais entendu parler du monstre du docteur Frankenstein ? Dans ce numéro, nous le découvrons sous toutes ses formes ! La séquence 3e est consacrée au magnifique roman de Mary Shelley et débouche sur une étude d’image qui montre comment le cinéma a donné un visage à l’être de papier.

Une analyse du film réalisé par James Whale en 1931 offre l’occasion de travailler sur un chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma.
Découvrez-là en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Michel Tournier, Sept contes – n° 661-2 janvier 2019

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