Archives mensuelles : décembre 2017

nrp_college_nov_17_couverture_mini
Éternelle épopée – n°655 novembre 2017

Publié le par La rédaction NRP

L’Iliade, une parole qui célèbre le monde grec (6e)

Le Vicomte pourfendu, d’Italo Calvino, une œuvre à la croisée des genres (5e)

Le Comte de Monte-Cristo, le roman et ses adaptations (4e)

 

Voir la fiche produitSommaire de la revue

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec , , , , , ,

Les lauréats du prix NRP : de beaux romans à découvrir

Publié le par La rédaction NRP

Cette année, 3 romans engagés vous emmènent à la rencontre de Sohn Kee-Chung, 1er coréen victorieux aux jeux olympique de Berlin 1936, de Rage, une jeune exilée qui cherche à se débarrasser d’un passé douloureux et d’Elliot,  jeune urbain qui découvre une nature prodigue.

prix_nrp

Rage, Orianne Charpentier, Gallimard Scripto ; Le Collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes, L’École des loisirs ; Le Garçon qui courait, François-Guillaume Lorrain, Sarbacane.

Lauréats et éditeur lors de la remise du prix

Lauréats et éditeur lors de la remise du prix

Le prix NRP c’est aussi 15 autres romans tous choisis par leurs éditeurs que nous vous invitons à découvrir dans le supplément ci-dessous.

ns_janv_prix

 

 

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec , ,

La révolution russe à travers le grand écran

Publié le par La rédaction NRP

Propos recueillis par Rémi Boulle

Alors qu’on célèbre cette année le centenaire de la révolution de 1917, Lionel Lacour, créateur des conférences « Histoire et Cinéma » à l’Institut Lumière de Lyon, présente pour la NRP Collège trois films majeurs sur cette période de l’Histoire : Octobre, La Fin de Saint- Pétersbourg, Okraïna.

« Il est important de rappeler le rôle de propagande de ces films. À l’époque de leur réalisation, le régime communiste a compris l’importance du cinéma, art populaire, pour défendre son modèle idéologique. Par ailleurs, ils ont été réalisés aux débuts du cinéma et leurs réalisateurs ont contribué à faire évoluer la manière de raconter.

Octobre de Sergueï Eisenstein, (1898-1948)

Dans Octobre (1927), film de commande du régime communiste pour célébrer les dix ans de la révolution russe, Sergueï Eisenstein retrace les évènements de la révolution de février 1917 à celle d’octobre 1917. En montrant la prise de Saint-Pétersbourg par des vagues et des vagues de soldats, Octobre fait une entorse à l’Histoire. En réalité, il y a eu peu d’affrontements et peu de morts. L’activité de la ville a même continué normalement. Si les dirigeants du régime communiste ont commandé ce film à Eisenstein, c’est parce qu’ils le pensaient capable de mettre en valeur cette histoire. À cette époque, le réalisateur a déjà montré sa capacité à transformer une réalité en mythe, en réalisant en 1925 Le Cuirassé Potemkine. Sergueï Eisenstein a pu être considéré comme un réalisateur officiel de l’URSS. Mais pour beaucoup, Sergueï Eisenstein est plutôt un maître du septième art. Ses films ont montré que le cinéma n’est pas une simple reproduction de la réalité, que le cinéma peut s’affranchir du respect de l’espace et du temps par le montage. Ainsi, dans la séquence des escaliers du Cuirassé Potemkine, la foule pourrait descendre bien plus vite. Mais le réalisateur multiplie les plans, comme celui de la mère avec son enfant dans un landau, et cela donne de la force à cette séquence. D’ailleurs, elle a été reproduite dans un film de gangsters de Brian de Palma, Les Incorruptibles, sorti en 1987.

La Fin de Saint-Pétersbourg de Vsevolod Poudovkine (1893-1953)

Comme Octobre, La Fin de Saint-Pétersbourg (1927) est une commande pour célébrer les dix ans de la révolution Russe. Le film raconte la Première Guerre mondiale, les gens travaillant de manière acharnée dans les usines pour fabriquer les obus mais vivant dans la misère, les combats sur le front, puis la rébellion des soldats et la prise du Palais d’hiver. Le film légitime la mise en place du régime communiste. Et comme il raconte des choses que les gens du peuple ont vécues pendant cette période, le public de l’époque s’y reconnaît ! Il faut dire que Vsevolod Poudovkine a une capacité admirable à raconter des histoires. Les titres de ses films le montrent. Lorsque Eisenstein réalise un film sur une grève, il le nomme La Grève. Lorsque Poudovkine réalise un film sur une grève, il le nomme La Mère. Autrement dit, les personnages des films du premier ne sont que des archétypes. Et le second se sert davantage d’histoires individuelles pour raconter la grande Histoire.

Okraïna de Boris Barnet (1902-1965)

Okraïna (1933) raconte la Première Guerre mondiale, en montrant le départ de jeunes Russes pour le front, les combats meurtriers puis la fraternisation entre Russes et Allemands. Un soldat russe agite un drapeau blanc, se rend au milieu du champ de bataille, bientôt rejoint par les soldats des deux camps… C’est une manière de suggérer que les soldats qui appartiennent à la même classe sociale feraient mieux de se battre ensemble contre ceux qui les envoient. Mais aussi que le gouvernement provisoire mène la même politique que le tsar, aboutissant à la souffrance du peuple. Ce film ne montre pas la révolution russe d’octobre 1917 mais il la justifie. L’écriture de Boris Barnet, qui a été comédien et scénariste, est fine. Ainsi, dans la séquence du départ des soldats pour le front, il met en scène des réactions variées. L’un se fait embrasser par son père, à la moustache très fournie, sur la bouche, comme cela se fait en Russie. L’autre, voyant les acclamations de la foule, est enthousiaste.

 Un troisième est triste de quitter sa petite amie. Le plan suivant montre que ce soldat tient son chien en laisse et que, pris par l’émotion, il la tire tandis que le chien, soulevé, s’étrangle presque. On reprochera au cinéaste de réaliser des films coupés des  grands évènements de l’Histoire. Mais des critiques français reconnaîtront que le talent de Boris Barnet a influencé des réalisateurs de la Nouvelle Vague à partir des années 1950. »

Profiter de l’Institut Lumière avec ses classes

• Visite guidée du musée Lumière, projections, initiations pratiques au cinéma… En 2017-2018, l’Institut Lumière de Lyon propose de nombreuses animations aux classes de collégiens, à Lyon mais pas seulement. En savoir plus : www.institut-lumiere.org/pédagogie/activités-éducatives.html

Publié le par La rédaction NRP