Archives mensuelles : octobre 2017

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Le roman policier – n°654 septembre 2017

Publié le par La rédaction NRP

Le Chien des Baskerville, d’Arthur Conan Doyle (5e)

Twist again de Sylvie Allouche, un roman noir au cœur de la cité (4e)

Le Diable s’habille en Voltaire, un polar historique (3e)

 

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Carmen, la nouvelle et l’opéra – n°654-2 septembre 2017

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4e

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Le redoublement peut-il être profitable ?

Publié le par La rédaction NRP

Propos recueillis par Fabrice d’Orso

Dès sa prise de fonctions, le nouveau ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’il souhaitait à nouveau autoriser les redoublements. Cette prise de position, en rupture totale avec la politique menée par Najat Vallaud-Belkacem, constitue-t-elle un retour en arrière ou une chance supplémentaire laissée aux élèves ayant accumulé trop de retard ? Regards croisés d’une professeure de mathématiques et d’un ancien redoublant.

UNE VRAIE SECONDE CHANCE

Joseph Bridge, 30 ans, directeur commercial

Mes années de primaire ont été un long calvaire. Année après année, mes lacunes s’accumulaient. En maths, en français, dans toutes les matières… J’avais le sentiment permanent de perdre pied. De ne pas « imprimer » les connaissances. De ne pas comprendre la moindre des consignes. Dans mon école, un établissement privé du Ve arrondissement de Paris, le redoublement n’existait pas. Je suis donc passé de classe en classe, avec cette désagréable impression de traverser ma scolarité comme un zombie. Lorsque je suis arrivé en classe de 6e au collège Georges Méliès, dans le XXe arrondissement, je n’ai jamais pu m’accrocher au train de la classe : les mauvaises notes s’enchaînaient malgré mes efforts et les nombreux cours de soutien. C’est en fin de second semestre que les professeurs ont commencé à évoquer la possibilité d’un redoublement. Je n’ai pas pris cela comme une sanction, mais plutôt comme une seconde chance qui m’était offerte. J’ai donc abordé ma seconde 6e dans de bien meilleures conditions. J’assimilais les connaissances avec plus de facilité. La confiance revenait et mes notes s’amélioraient. Avec le recul, je peux dire que ce redoublement m’a changé la vie. Il m’a replacé sur des rails. La suite de mon parcours scolaire n’a certes pas été un long fleuve tranquille – j’ai aussi redoublé ma terminale ES – mais j’ai fini par obtenir mon Bac et j’ai pu poursuivre mes études : BTS de Commerce, Licence de Commerce international, LEA, Mastère I et II en École de commerce. Que pèse finalement une année de retard en fin de parcours ? Aujourd’hui encore, je remercie ceux qui m’ont laissé cette possibilité de reprendre le fil de mes études.

AIDER, ACCOMPAGNER

Denise Galtier, 62 ans, professeure de mathématiques à Marseille

Lorsque j’ai entendu que le redoublement n’était plus banni du vocabulaire de l’éducation, j’ai été soulagée. Pourquoi se priver de cette possibilité qui, sans être la panacée, peut parfois s’avérer bénéfique pour l’élève en difficulté ? Lorsque trop de lacunes se sont accumulées, que les notions clés ne sont pas assimilées, n’est-il pas judicieux de proposer un nouveau départ ? Supprimer complètement le redoublement a des effets pervers. Les élèves savent qu’ils passeront de classe en classe, même avec des notes catastrophiques et des lacunes abyssales… Or, nous sommes à un âge fragile où les adolescents se cherchent. Les mauvaises notes sont beaucoup moins inquiétantes que le mal-être de ces jeunes qui perdent confiance. Les mathématiques sont une discipline dans laquelle les connaissances viennent s’agréger d’année en année. Il faut pouvoir bâtir sur un socle solide. D’autant que plus tard, en 3e, d’autres matières comme la physique ou les SVT vont faire appel à certaines notions mathématiques : il faut calculer des pourcentages, établir des graphiques, des tableaux, avoir recours à un raisonnement déductif. Ce qui est vrai pour les mathématiques l’est aussi pour d’autres matières comme les langues vivantes. Là encore, le socle des connaissances est primordial. Alors, oui, dans certains cas, le redoublement peut être une nouvelle chance. L’occasion de reprendre confiance, de se remotiver. Mais il y a une condition essentielle à mes yeux : pour être constructif, un redoublement doit être bien préparé et bien accompagné. Il faut prendre le temps de l’expliquer à l’enfant comme aux parents, afin qu’il soit compris et accepté. L’expérience m’a malheureusement appris que, dans les faits, un tel accompagnement ne va pas de soi.

Publié le par La rédaction NRP